L'Épopée du Wakeboard : Des Pionniers aux Champions Français, entre Pistes Nautiques et Aventures Télévisées

Le monde des sports de glisse aquatique, riche et dynamique, a vu naître et évoluer de nombreuses disciplines au fil des décennies. Du ski nautique ancestral au wakeboard moderne, ces activités captivent par leur mariage unique de performance athlétique et d'expression artistique. Le ski nautique lui-même fut expérimenté en France dès 1920. Ce sont, dit-on, des chasseurs alpins, d’abord chaussés d’Hydroplans (planches), qui se sont fait tracter par un bateau sur le lac d’Annecy, marquant ainsi les premières tentatives de glisse sur l'eau dans l'Hexagone. L’affaire se corsa lorsqu’ils troquèrent leurs planches contre des skis de neige. En 1922, outre-Atlantique, l’Américain Ralph Samuelson, après quelques essais manqués sur les lattes de tonneaux et sur des skis de neige, réussit le premier tour de ski sur deux planches de sa fabrication, où il avait monté des fixations en cuir. Cet événement fonda véritablement la naissance du Ski Nautique.

Aujourd’hui, le ski nautique est un sport pratiqué et organisé sur les cinq continents, avec un nombre de skieurs de loisir dans le monde évalué à 30 millions de pratiquants. Les États-Unis sont le pays qui rassemble le plus grand nombre de skieurs nautiques dans le monde, avec 20 000 compétiteurs et plus de 13 millions de skieurs de loisir. Cet héritage a jeté les bases d'une nouvelle ère de glisse, menant à l'émergence du wakeboard. Le wakeboard fait son apparition en Europe au début des années 80 sur la Côte d’Azur, marquant une évolution audacieuse. Il s’agit d’une combinaison de surf, de snowboard et de ski nautique, connaissant alors une croissance très rapide dans les milieux de la glisse, puis dans le monde entier. Le développement du wakeboard est massif grâce à l’ouverture des téléskis nautiques, des pylônes reliés par des cordes qui tirent le rider sur l’eau, remplaçant ainsi le bateau et rendant la discipline plus accessible.

La Structuration du Sport et les Champions Français

La France a joué un rôle prépondérant dans la structuration internationale des sports nautiques. En 1946, le pays participe activement à la création de l’Union Mondiale de Ski Nautique, une entité qui deviendra en 1991 la Fédération Internationale de Ski Nautique (IWSF). Sur le plan national, le 18 mars 1947, Maguy Savard crée la Fédération Française de Ski Nautique (FFSN). L'organisation rapide du sport permet l'accueil de compétitions majeures : en 1949, les premiers championnats du monde sont organisés en France, à Juan-les-Pins (Alpes-Maritimes). Plus tard, en 1963, les Championnats du monde se déroulent à Vichy (Allier), puis en 1985 à Toulouse (Haute-Garonne) et en 1995 à Roquebrune-sur-Argens (Var).

La reconnaissance du wakeboard comme discipline à part entière au sein de cette structure intervient en 1996, lorsque la Fédération Française de Ski Nautique (FFSN) l'officialise et créé une commission dont l’objectif est de structurer son développement. Des formations de juges et d’initiateurs sont mises en place pour encadrer cette discipline en plein essor. Plus récemment, en 2023, les championnats d’Europe IWWF de Wake câble se sont déroulés à Paris / Choisy-le-Roi (Île-de-France), où l’Équipe de France de Wake et Para-wake a brillamment remporté le titre de championne d’Europe.

Au fil des décennies, des figures emblématiques ont marqué l'histoire de ces sports. Patrice Martin, par exemple, a marqué son époque : en 1978, il devient champion d’Europe à l’âge de 14 ans. Il possède aujourd’hui l’un des plus beaux palmarès du sport français, avec 12 titres de champion du monde, 34 titres de champion d’Europe et 25 records du monde, faisant de lui une légende du ski nautique. Mais les nouvelles générations et les disciplines émergentes continuent de produire des talents exceptionnels, notamment dans le wakeboard.

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Daniel Duquesnoy : Du Champion du Monde au Cœur de l'Aventure de "Koh-Lanta"

Parmi les riders qui performent et inspirent, Daniel Duquesnoy occupe une place particulière. Révélé au grand public dans la dernière saison de Koh-Lanta, ce rider originaire d’Arras n’a rien d’un parcours classique. Contrairement à la majorité des riders qui montent sur une planche dès l’adolescence, Daniel découvre le wakeboard sur le tard, à 28 ans. Le déclic est immédiat. "J’ai toujours été un fou de sport. J’ai fait dix ans de roller acrobatique avant le wakeboard. Au départ, c’est mon père qui me tractait sur son bateau de pêche !", raconte-t-il. Daniel ne se contente pas de rider pour le plaisir : il structure son entraînement, affine sa technique et se plonge à fond dans la discipline.

Le résultat de cet engagement est spectaculaire. Dès 2007, il frappe fort avec une 3e place aux Championnats du Monde Masters. Avec un palmarès incroyable, incluant le titre de champion du monde et d'Europe en 2015, trois fois champion d’Europe en Master et Master 2, et cinq fois champion de France, Daniel Duquesnoy est une figure incontournable du wakeboard français. En neuf ans, il a remporté dix médailles internationales. "C’est plus stylé que le ski nautique. Et aérien. On joue avec sa peur, on prend des risques. Le wakeboard est artistique et intense", explique Daniel Duquesnoy. Cet ancien champion du monde et d’Europe de wakeboard, ce Girondin d’adoption originaire du Nord de la France, transmet sa passion aux élèves du club qu’il a fondé voilà quatre ans à La Brède, près de Bordeaux. Ses années d’expérience de champion du monde en coaching parlent pour lui : "Cela fait dix ans que j’entraîne. D’ailleurs, toute l’équipe de France jeune sera en stage en juillet", précise-t-il. Il a d'ailleurs investi dans du matériel de pro, des planches neuves et, surtout, deux bateaux dont l’un, le Mastercraft Xstar, est utilisé pour les compétitions. Daniel Duquesnoy espère d’ailleurs organiser une manche du championnat de France de wakeboard à Saint-Germain, pour que la commune retrouve un peu de son lustre d’antan quand elle était encore un haut lieu du nautisme.

Ce qui distingue Daniel, ce n’est pas seulement sa capacité à performer, mais aussi sa volonté de partager. Le wakeboard s’adresse à tout le monde, tient à souligner Daniel Duquesnoy : "L’autre jour, j’ai eu en stage une petite fille de 5 ans. On réussit à s’amuser rapidement, à ressentir une sensation de glisse. Quel que soit l’âge ou le niveau." Son club, Le Yacht, situé au 16 avenue Jacques-Brel à Saint-Germain-au-Mont-d’Or, offre un cadre idéal. Un petit bar en bois avec une machine expresso, des tables rondes, quelques parasols, un jacuzzi et, une dizaine de mètres en contrebas, la Saône qui coule tranquillement en direction de Lyon créent une ambiance de vacances à seulement une petite demi-heure de la capitale des Gaules.

Plus récemment, Daniel Duquesnoy, ce professeur de wakeboard après avoir empilé les titres, a décidé de sortir de sa zone de confort en participant à l'émission "Koh-Lanta : les reliques du destin", la nouvelle saison du jeu d’aventure qui débute le 3 mars à 21h10 sur TF1 et TF1+. À 51 ans, Daniel est le doyen des candidats et est doté d’une condition physique impressionnante. Il se présente comme un leader naturel qui ne craint pas la concurrence. "Je viens pour révolutionner Koh-Lanta", annonce-t-il dans son portrait. "Je suis capable de faire du feu, j’ai un caractère de guerrier. À mon âge, je suis encore capable d’aller chercher les petits jeunes. Je suis un leader naturel, je n’ai pas besoin de m’imposer. Je pense que les gens vont venir vers moi naturellement." Hyper confiant avant le début de l’aventure, Daniel, le Girondin, va côtoyer d'autres personnalités comme Johan, instructeur dans l’armée de l’air, Caroline, sauveteuse en mer et pisteuse-secouriste, Cindy, agente de sécurité dans les transports, Clémence, la chimiste au caractère bien trempé ou encore Hugo, ingénieur océanographe et champion du monde de mangeur de moules.

Tournée comme les précédentes aux Philippines, la nouvelle saison de "Koh-Lanta" s’ouvrira sur un premier coup de théâtre. Arrivés de nuit, les 20 candidats seront accueillis par Denis Brogniart sur le site du conseil. L’animateur leur fera découvrir l’antre du destin où chaque éliminé aura l’opportunité de choisir entre huit poteries qui s’offrent à lui avant de la casser devant ses camarades. Si la poterie est vide, il quittera définitivement l’aventure. Si elle contient un collier d’immunité, il pourra le donner à l’un de ses alliés pour lui donner un coup de pouce. Une troisième possibilité est un message lui annonçant qu’il rejoint l’équipe adverse. La quatrième hypothèse, la plus savoureuse, est l’opportunité d’affronter en duel l’un des équipiers qui vient de l’éliminer pour revenir dans le jeu. Plus de câble, plus de planche pour Daniel dans cette aventure, mais une épreuve de survie qui testera ses limites.

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Loïc Deschaux : La Jeune Étoile Montante du Wakeboard Français et ses Défis

Il n’y a pas qu’aux États-Unis qu’on trouve des riders précoces : la France a elle aussi une future star de la glisse, ou plutôt une star actuelle, tant à 14 ans seulement, le Haut-Savoyard Loïc Deschaux s’impose déjà parmi les meilleurs pros du moment. Il est l’étoile montante du wakeboard français. Le Français de 14 ans a remporté le championnat du monde de wakeboard câble en format traditionnel, chez les pros, à Cancún, au Mexique, avec un run à 90,60 points, devant le Canadien de 16 ans Liam Brearley (83,90 points) et le Britannique Joe Battleday (82,50 points), âgé, lui, de 20 ans. Il convient de noter que ce championnat n'est pas reconnu par la fédération internationale IWWF.

S’il brille aujourd’hui sur les planches de wake, c’est via le snowboard que le natif de La Clusaz a commencé les sports de glisse, à l’âge de cinq ans. Depuis cette date, le Français alterne les saisons entre les deux disciplines. L’été sur l’eau, l’hiver sur la neige, il ne s’arrête jamais. Une passion pour le snowboard qui complète parfaitement sa pratique du wakeboard. Le palmarès de Loïc Deschaux est déjà bien rempli pour son âge, ce qui en fait l'athlète le plus primé chez les moins de 15 ans. Il fait bien sûr partie de l'équipe de France. Malgré ce premier titre de champion du monde chez les seniors, Loïc Deschaux ne compte pas s’arrêter là. La compétition au Mexique se poursuivra pour le jeune prodige puisqu'il participera dans les prochains jours au format « obstacles only ».

Cependant, la route vers le succès dans ces sports est souvent semée d'embûches financières. Une saison représente un budget conséquent : environ 20 000€ rien que pour Loïc, sans compter les frais liés aux déplacements de sa famille. Pour l'instant, ses sponsors ne couvrent même pas la moitié de cette somme, soulignant le coût élevé et l'engagement nécessaire pour évoluer au plus haut niveau dans le wakeboard.

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