Jacinda Ardern et le voile islamique : un symbole de solidarité après les attentats de Christchurch

Dans l'imaginaire occidental, Jacinda Ardern incarnait une figure de reine exotique, dont les actions étaient perçues à travers le prisme de l'allégorie politique. Son départ anticipé du poste de Première ministre de Nouvelle-Zélande à l'âge de 42 ans a été interprété comme une fable morale, celle d'une dirigeante démocrate cédant gracieusement le pouvoir, en contraste avec des figures populistes.

Les attentats de Christchurch et la solidarité envers la communauté musulmane

Le 15 mars 2019, la Nouvelle-Zélande a été frappée par une attaque terroriste d'une ampleur sans précédent. Un terroriste d'extrême droite a attaqué deux mosquées à Christchurch, faisant 51 morts et 49 blessés. Il s'agit de la tuerie la plus meurtrière commise contre des musulmans dans un pays occidental et de l'attentat d'extrême droite le plus meurtrier depuis les événements d'Oslo et d'Utoya en 2011.

En signe de solidarité envers la communauté musulmane, Jacinda Ardern a porté un voile lors de ses rencontres avec les rescapés et les familles des victimes. Ce geste symbolique a été largement salué et a marqué les esprits.

Le voile comme symbole de solidarité

Une semaine après les attentats, de nombreuses femmes non-musulmanes ont décidé de porter le voile islamique pour exprimer leur solidarité avec les victimes et leur rejet de toute forme de haine. Cette initiative, baptisée "Les voiles de la solidarité", a connu un large succès à travers le pays.

Pour beaucoup de participantes, c'était la première fois qu'elles portaient un voile. Certaines ont témoigné du sentiment de différence qu'elles ont ressenti en portant ce vêtement dans l'espace public.

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Une remise en question du modèle d'intégration

Les attentats de Christchurch ont conduit à une remise en question du modèle d'intégration de l'islam en Nouvelle-Zélande. Une polémique a notamment éclaté autour de l'unique école du pays qui interdit le port du voile islamique à ses élèves. De nombreuses voix se sont élevées pour critiquer cette interdiction, jugée contraire aux droits de l'homme et à la Charte des droits néo-zélandaise.

L'école diocésaine concernée a été pointée du doigt comme un exemple des discriminations dont sont victimes les femmes et jeunes filles musulmanes qui portent le hijab.

Les mesures prises par Jacinda Ardern après les attentats

En réaction aux attentats, Jacinda Ardern a annoncé l'interdiction des armes semi-automatiques de type militaire et des fusils d'assaut. Cette mesure forte a été saluée par la presse internationale, qui s'est interrogée sur les raisons pour lesquelles les États-Unis n'en faisaient pas autant.

La Première ministre a tenu sa promesse en interdisant la vente des armes utilisées par le terroriste de Christchurch. Cette décision a été perçue comme une réponse rapide et efficace à la tragédie.

La question du contrôle des armes aux États-Unis

L'interdiction des armes en Nouvelle-Zélande a ravivé le débat sur le contrôle des armes aux États-Unis. La presse américaine a souligné le contraste entre la réactivité de la Nouvelle-Zélande et l'inaction du gouvernement américain.

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Un dessin publié dans le Washington Post illustrait cette différence : d'un côté, Jacinda Ardern annonçant le changement de la loi sur les armes en Nouvelle-Zélande, de l'autre, un homme politique américain déclarant que la loi sur les armes ne changera pas, sous l'influence du lobby pro-armes NRA.

Réactions internationales et récupération politique

L'attentat contre la mosquée de Christchurch a suscité une vive émotion dans le monde entier. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a saisi l'occasion pour alimenter son discours victimaire et belliciste, accusant l'attentat de viser en réalité son pays.

Certains ont interprété les propos d'Erdogan comme une tentative de déclencher une guerre des civilisations entre le monde islamique et les "mécréants" européens.

La peur exponentielle et la manipulation des émotions

Le mathématicien Benoît Rittaud a analysé le discours du terroriste de Christchurch à travers le prisme de la "peur exponentielle", une obsession de la croissance rapide d'un phénomène perçu comme catastrophique.

Cette analyse met en lumière la manière dont les émotions peuvent être manipulées pour justifier la violence et la haine.

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