Stève Stievenart : L'Homme-Phoque Dompte les Eaux Extrêmes

Stève Stievenart, affectueusement surnommé "l'Homme-Phoque", est un nageur d'eau libre hors du commun. Son histoire est celle d'une résilience face à l'adversité, d'une passion dévorante pour la mer et d'une quête constante de dépassement de soi. À travers ses exploits aquatiques, il sensibilise également le public à la pollution plastique des océans.

Un Appel Précoce de la Mer

Né à Abbeville, dans la Somme, Stève Stievenart a ressenti l'appel de la mer dès son plus jeune âge. À 5 ans, son grand-père l'emmenait au Cap Gris-Nez pour observer les nageurs se préparant à traverser la Manche. Fasciné par ces athlètes enduits de graisse pour se protéger du froid, il rêvait déjà de les imiter.

Des Débuts Éclectiques

Avant de devenir un nageur d'endurance de renommée mondiale, Stève a exploré différents horizons. Il arrête l'école à 13 ans, devient champion du monde de jet-ski en 2005, court deux marathons et un Ironman. Il a quitté l'école à 13 ans pour se lancer dans le sport et a mené une carrière de reporter-photographe. Il a créé et géré une maison d'édition, tout en pratiquant différents sports mécaniques, remportant même le Trophée Andros sur neige. En 2007, il s'est essayé au triathlon longue distance.

La Natation comme Rédemption

C'est en 2017, à l'âge de 39 ans, que Stève découvre la nage en eau libre, à une période difficile de sa vie. Suite à une séparation amoureuse, il sombre. "Ça a été la spirale infernale. J’ai dormi pendant un an dans un hangar. Au moins, je me suis habitué au froid", ironise-t-il. Cherchant quelque chose à quoi se raccrocher, il se remémore un rêve d’enfant, qui devient sa bouée de sauvetage. Il part en Angleterre pour s'entraîner avec Kevin Murphy, un entraîneur renommé. En trois ans, il apprend les rudiments de la discipline et se prépare mentalement et physiquement.

Les Premiers Exploits

En 2018, Stève réalise sa première traversée de la Manche, dans des conditions météorologiques difficiles. Il parcourt 80 km au lieu des 45 habituels, et reçoit l'Award de la nage la plus méritoire.

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En 2020, il franchit une nouvelle étape en réalisant la traversée aller-retour de la Manche ("Two Way"), devenant le premier Français à accomplir cet exploit. Les 10 et 11 août 2020, le quadragénaire était devenu le premier Français à traverser la Manche à la nage, sans combinaison, en aller-retour. Soit 34 h 45 pour 105 kilomètres dans une eau oscillant entre 15 et 18 degrés. Cette performance lui vaut une reconnaissance internationale et lui permet de se consacrer pleinement à sa passion.

Un Palmarès Impressionnant

Depuis, Stève Stievenart a enchaîné les défis et les succès. Parmi ses réalisations les plus notables, on peut citer :

  • La traversée du lac Baïkal en Sibérie (2021). Huit nageurs mondiaux, parmi les meilleurs de la nage en eau libre et froide, se sont ainsi relayés dont l’Américaine Jaimie Monahan, habituée des traversées les plus frisquettes de la planète. « C’est un honneur de nager en sa compagnie », lâche le Français, dont l’aventure s’est arrêtée le deuxième jour. Il raconte : « Nous avons parcouru 26 km dans une eau à 4 °C, nous relayant toutes les cinq minutes mais la nature et la protection civile en ont décidé autrement !
  • Le tour de l'île de Manhattan (deux fois) : 96 km en 21h15 (2021). Il réalise ensuite le tour de l'île de Manhattan aux États-Unis en 2019 et le double tour en 2021.
  • La traversée du Loch Ness en Écosse (2021), une épreuve extrêmement difficile que seuls 25 nageurs avaient réussie avant lui.
  • Le premier nageur au monde à réussir la triple traversée entre l'île de Catalina et Los Angeles (2023) : 51h18 de nage non-stop. À l'heure de notre interview, son exploit le plus difficile remonte au 29 juin 2023 : "51 heures de nage non-stop en Californie.
  • Le premier Français à réussir la traversée du détroit de Cook en Nouvelle-Zélande (2024). Ce mardi, celui qui est surnommé « le Phoque » est devenu le premier Français à réussir en Nouvelle-Zélande la traversée du détroit de Cook, lequel sépare l'île du Nord à celle du Sud. Parti du port à 3h45, le nageur de Wimereux, qui est seulement arrivé la veille sur place, s'est jeté à l'eau à 6h10 heure locale de Perano Head et pour 21 km… sur le papier. Le Phoque a nagé 30,8 km, pendant 8 heures et 18 minutes, avec une arrivée à 14h28 à Cape Terawhiti. Et dans une eau à 14 degrès.
  • Un kilomètre nagé dans les eaux glacées de l'Antarctique, sans combinaison, en 19 minutes (2024). Samedi 24 février, Stève Stievenart, surnommé le Phoque, a réalisé l'exploit de nager un kilomètre dans les eaux glacées de l'Antarctique, sans combinaison, en 19 minutes.

Le Régime Alimentaire de l'Homme-Phoque

Le surnom de Stève Stievenart, "l'Homme-Phoque", lui vient de son régime alimentaire particulier, inspiré de celui des phoques. Pour supporter les températures basses et les efforts intenses, il consomme quotidiennement environ un kilo de poissons gras (harengs, sardines, maquereaux), riches en graisses et en oméga-3. Le nageur a opté pour une alimentation à base de poissons gras. Le gras permet un effet isolant et carburant pendant les longues traversées à la nage à eau froide. "C'est du poisson gras selon la saison bien évidemment, mais la base, c'est le kipper, du hareng fumé. Du haddock aussi, maquereau, sardine, beaucoup de sardines, de l'anchois, un peu de poisson un peu plus maigre selon la saison et encore du cabillaud ou du bar, mais je ne mange pas de viande, en fait.

Préparation Mentale et Physique

Outre son régime alimentaire, Stève accorde une grande importance à sa préparation physique et mentale. Il s'entraîne deux fois par jour, en fonction des marées, souvent de nuit. "C'est la nature qui fait mon agenda. Donc je m'adapte, j'adapte mes rendez-vous. La priorité, c'est mes deux entraînements quotidiens de jour comme de nuit. La nuit, c'est hyper important aussi parce que quand je fais un 51 heures, il y a quasi deux nuits complètes, plus la moitié d'une, donc la perception est différente. Il pratique la méditation et la visualisation pour se connecter à la nature et affronter les épreuves.

Il effectue des entraînements d'endurance, nageant jusqu'à 20 heures en deux jours, et des entraînements fractionnés pour améliorer son intensité. "Pour supporter les lunettes pendant 51 heures de nage, il a fallu mettre au point un entraînement spécifique. J'ai dormi six mois avec mes lunettes de nage pour que le globe oculaire s'habitue à la pression qu'elles exercent. Selon Stève, 90% de la réussite de ses traversées réside dans la préparation mentale.

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Défis et Dangers

Les traversées de Stève Stievenart ne sont pas sans risques. Parmi les principaux défis, on peut citer :

  • Le froid : l'hypothermie est un risque majeur, surtout dans les eaux glacées.
  • La faune marine : méduses, requins, orques, phoques… Stève a déjà rencontré plusieurs de ces animaux lors de ses traversées. Cette fois, de petites méduses en forme de serpentin sont venues chatouiller le Phoque, qui en a même avalé une par mégarde. « Ça m'a piqué la gorge, j'ai eu un coup de stress. Mais heureusement je n'ai pas eu d'effets secondaires. Sans compter qu'il n'avait pas, pour se protéger, un shark shield pour sa dernière ligne droite avant la terre ferme puis son retour au bateau. « Ça aussi cela m'a stressé, dans ces moments-là tu te sens vulnérable. J'ai vite fait valider ma traversée et je suis revenu au bateau le plus rapidement possible. »
  • La pollution : Stève est témoin de la pollution plastique des océans et s'engage à la combattre à travers sa fondation "Stop Plastic Pollution".
  • La fatigue : les traversées peuvent durer des dizaines d'heures, nécessitant une endurance physique et mentale exceptionnelle. "C'est très dur parce qu'on passe par l'ascenseur émotionnel. Des moments ça va très bien, des moments où ça va aller au plus bas du plus bas, donc il faut s'accrocher. Moi, je travaille sur mes projets, alors j'ai une bibliothèque dans ma tête. Donc je cherche un dossier, je travaille une heure dessus, entre deux, je vais me ravitailler et je gagne du temps comme ça en fait.

Stop Plastic Pollution

Conscient de l'urgence environnementale, Stève Stievenart a créé la fondation "Stop Plastic Pollution" pour sensibiliser le public à la pollution plastique des océans et promouvoir des solutions pour la prévenir. La fondation s'articule autour de quatre axes : la sensibilisation à l'environnement, l'art autour du plastique, la recherche scientifique et les défis sportifs.

Un Parcours Inspirant

L'histoire de Stève Stievenart est celle d'un homme qui a surmonté les épreuves et réalisé ses rêves grâce à sa passion, sa détermination et son amour de la mer. Son parcours est une source d'inspiration pour tous ceux qui cherchent à se dépasser et à repousser leurs limites. Au regard de ma famille, ils sont super fiers aujourd'hui que je sois sorti de la situation dans laquelle j'étais, parce que ce n'est pas simple, nous livre Stève.

Projets Futurs

Stève Stievenart continue d'explorer de nouvelles contrées et de créer des traversées. Il souhaite nager le plus longtemps possible et sensibiliser le monde à la protection de l'environnement. Après une année 2024 passée dans les eaux glacées du monde entier avec le défi de l'Ice Sevens, Stève Stievenart vient d'effectuer un joli retour dans les nages longues distances.

Un Nageur Engagé

Au-delà de ses performances sportives, Stève Stievenart est un homme engagé. À travers sa fondation, il lutte contre la pollution plastique des océans, un problème qui lui tient particulièrement à cœur. Il témoigne : "Être au contact quotidien de l'élément m'offre le poste de témoin malheureux de l'urgence de la situation. Plusieurs fois, je me suis retrouvé coincé dans un filet de pêche à l'abandon ou je me suis blessé après avoir été percuté par des déchets jetés à la mer."

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Une Philosophie de Vie

La vie de Stève Stievenart est guidée par une philosophie simple : se dépasser, vivre sa passion et protéger l'environnement. Il incarne la force de la volonté, la résilience et l'importance de croire en ses rêves.

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