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En France, la situation des mères et des enfants, en particulier lorsqu'ils se trouvent en situation de vulnérabilité ou de monoparentalité, est encadrée par diverses dispositions légales et fait l'objet d'une attention sociale et psychologique. Qu'il s'agisse des avantages fiscaux destinés à soutenir les parents isolés, des défis colossaux rencontrés par les familles sans abri, ou des complexités inhérentes aux liens affectifs, notamment entre une mère et son fils, l'expérience maternelle se révèle être un parcours riche et souvent exigeant. Cet article explore ces différentes facettes en s'appuyant sur des cadres réglementaires, des témoignages poignants et des analyses psychologiques.

Le Soutien Fiscal aux Parents Isolés en France : Une Reconnaissance de la Charge Maternelle et Paternelle

En France, les parents isolés ont droit à une demi-part supplémentaire auprès des impôts. Cette mesure fiscale vise à alléger la charge des foyers monoparentaux, reconnaissant ainsi les efforts supplémentaires requis pour élever un ou plusieurs enfants seul. Malheureusement, vivre seul n’est pas la seule condition pour en bénéficier pleinement. Pour bénéficier d’une demi-part supplémentaire en tant que personne vivant seule, il existe en effet deux dispositifs distincts.

La réduction d’impôt peut aller jusqu’à 2 390 € pour la case T, spécifiquement dédiée aux "parents isolés", et jusqu’à 1 050 € pour la case L, qui concerne le fait d'avoir "élevé un enfant seul pendant 5 ans". Si vous avez un ou plusieurs enfants à charge, vous pouvez ainsi avoir une demi-part en plus au titre de « parent isolé ». Il est primordial de vivre seul si vous souhaitez bénéficier de cet avantage fiscal. Ce n’est pas le mariage ou le pacs qui compte ici, il faut vraiment que vous habitiez seul dans votre logement. Le fait de vivre avec votre conjoint même si vous êtes seulement concubins vous fait perdre le bénéfice de la demi-part supplémentaire. Le fisc n’hésitera pas à vérifier le bail, la taxe d’habitation ou n’importe quel justificatif en cas de contrôle fiscal pour s'assurer que cette condition est bien remplie.

Pour percevoir l’avantage fiscal lié à la situation de parent isolé, il suffit de cocher la case T « parent isolé » lors de la déclaration de revenus. Par exemple, Mme Corrigetonimpôt vit seule au 1er janvier 2025 et est mère d’un enfant. Lors de sa déclaration 2026 sur les revenus 2025, elle pourra cocher la case T car elle remplit les deux conditions essentielles : vivre seule et avoir un enfant à charge. Grâce à cette demi-part supplémentaire, elle paiera ainsi moins d’impôt. Mr Corrigetonimpôt, s'il a des enfants à charge et peut cocher la case « parent isolé », verra son impôt baisser jusqu’à 2 455 € maximum grâce à la demi-part de la case T. C’est véritablement l’avantage en impôt maximum procuré par la case « parent isolé » qui est de 2 455 € maximum.

La seconde possibilité, si vous vivez seul pour avoir une demi-part de plus, concerne celles et ceux qui n’ont plus d’enfant à charge, autrement dit ceux qui ont un enfant majeur qui n’est plus sur la déclaration d’impôt. Les conditions pour ce dispositif sont d'avoir supporté à titre exclusif ou principal la charge d’au moins un enfant, pendant au moins cinq années au cours desquelles vous viviez seul. Une fois encore, il faut déjà vivre seul, sans situation de concubinage. Ensuite, il faut avoir supporté la charge effective d’un ou plusieurs enfants durant 5 ans où vous étiez seul. Le fisc détaille les conditions. Il faut avoir la charge de l’enfant pendant 5 ans où on était seul mais pas forcément de manière continue. Avoir supporté la charge de l’enfant signifie pour le fisc que : « Le parent doit avoir assumé, à titre exclusif ou principal, la charge de l’enfant, c’est-à-dire avoir supporté la responsabilité de son éducation et avoir pourvu à ses besoins matériels… le contribuable doit avoir assumé, outre la responsabilité de l’éducation de l’enfant, une partie au moins de ses besoins matériels. » Il est important de noter que le fait d’avoir élevé un enfant seul 4 ans et un autre 2 ans ne permet pas d’avoir cet avantage. Si vous répondez aux conditions, c’est la case L de la déclaration d’impôt qu’il faut cocher.

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De nombreux justificatifs peuvent faire foi pour prouver cette situation : avis d’imposition passés avec la case « parent isolé » cochée, copie du jugement de divorce, etc. Il est à souligner que c’est au fisc de prouver que vous ne viviez pas seul quand vous éleviez l’enfant en cas de contrôle, ce qui vous facilite la tâche (de votre côté, une déclaration sur l’honneur suffit). Il est important de ne pas passer à côté de cette opportunité puisque tant que vous vivez seul, vous avez cet avantage fiscal à vie ! Il suffit de cocher la case L pour l’obtenir. Mme Corrigetonimpôt, par exemple, est une femme seule au 1er janvier 2026. Elle a supporté les dépenses pour son fils pendant 5 ans où elle était célibataire. Aujourd’hui, son fils a 30 ans et fait sa propre déclaration d’impôt. Elle pourrait donc prétendre à cet avantage. Mr Corrigetonimpôt a également le droit de cocher la case L. Grâce à la demi-part, son impôt peut baisser jusqu’à 1 079 € maximum.

Le gain en impôt va varier selon le revenu du contribuable. Une personne qui ne paie pas d’impôt n’aura aucune baisse de l’impôt avec la demi-part supplémentaire. À l'inverse, une personne qui paie beaucoup d’impôt aura une baisse importante grâce à la demi-part. Il est important de noter que la baisse de l’impôt est différente selon que vous cochiez la case T ou la case L, même si dans les deux cas vous avez une demi-part, le gain en impôt est différent. La case parent isolé est bien plus efficace fiscalement que la case « élevé un enfant seul pendant cinq ans » malgré le fait qu’elles procurent toutes les deux une demi-part supplémentaire. Si on cumule les deux, on arrive alors à un gain maximal de 4 262 €. La réduction de l’impôt est donc conséquente et atteint plusieurs centaines d’euros pour ceux qui répondent aux conditions.

Concernant les situations de garde alternée, la question ne se pose pas pour ceux qui cochent la case L puisqu’ils n’ont plus d’enfants à charge. En revanche, il est tout à fait possible d’avoir un ou plusieurs enfants à charge en garde alternée et de vivre seul ! Dans ce cas, que faire vis-à-vis de la case T ? La bonne nouvelle, c’est que vous pouvez la cocher. La résidence alternée n’empêche pas d’avoir le bénéfice de la case « parent isolé » si vous vivez seul. La mauvaise nouvelle, c’est que le fisc ne fait pas de cadeau et va diviser l’avantage de la demi-part en deux ! Ainsi, si Mme Corrigetonimpôt, mère d’un enfant et vivant seule, pouvait cocher la case T en 2025, ce qui diminuait son impôt de 1 000 €, en 2026, un changement fait que l’enfant est déclaré en garde alternée. Sur la déclaration 2027 des revenus 2026, Mme peut toujours cocher la case T malgré le fait que son enfant soit déclaré en garde alternée, mais son impôt diminuera de seulement 500 € au lieu de 1 000 €.

La mise en place du prélèvement à la source ne change rien à ces dispositifs. Il faut faire la déclaration d’impôt et je vous invite à bien cocher la case T ou L si vous y avez droit. De fait, l’impôt diminuera et votre taux pris à la source en tiendra compte. En cas de changement sur une année (case T ou L perdue ou acquise), vous constaterez un décalage car le fisc prend un taux à la source calculé d’après la déclaration des revenus N-2 et régularise avec l’avis d’imposition un an après.

La Réalité Douloureuse de la Précarité : Enfants et Mères à la Rue

Au-delà des cadres fiscaux, la réalité de nombreuses familles, et en particulier des mères isolées avec leurs enfants, est marquée par une précarité extrême. C'est une situation qui interroge profondément la société. 3 000 enfants se posent cette question, dans notre pays, 7e puissance mondiale. Les témoignages de ces familles révèlent une lutte quotidienne pour la dignité et la survie.

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Xhevrie a 9 ans. Elle est arrivée d’Albanie avec ses parents et ses deux petits frères, il y a deux ans. Son récit illustre la dureté de la vie à la rue : « On dormait sous la tente et quand il pleuvait, l’eau rentrait. La directrice et la maitresse d’école savaient qu’on n’avait pas de maison. » On ne lit plus d’inquiétude dans le regard franc de cette petite fille ; mais pas non plus de gaité, encore moins d’insouciance. Xhevrie reste aux aguets, une vigilance forcée par les épreuves. Aujourd’hui, elle est à l’abri avec sa famille, mais demain ? À 9 ans, elle a tout à fait conscience de la précarité de la situation. À 9 ans, elle a déjà connu la rue et l’évacuation par la police ; l’occupation de son école, puis l’hébergement au gymnase de Bellecombe l’été dernier, et depuis septembre, dans cet Ehpad, situé dans le 3e arr. de Lyon. Sa famille est installée dans 3 chambres, au 3e étage, un répit temporaire. D’un œil, elle surveille ses frères qui jouent dans le couloir avec Guillerme, 7 ans, dont la maman, Sylvia, vit dans la chambre d’à côté, avec ses 2 petits frères.

Sylvia, mère isolée de 37 ans qui a quitté l’Angola en 2021, partage une expérience similaire et tout aussi déchirante. « J’ai vécu 6 mois sous la tente avec mes 3 garçons, place de Milan. il y avait des souris, des hommes méchants ; d’autres qui fumaient. On a beaucoup souffert. Ne pas bien manger, ne pas bien dormir, ne pas bien faire ses devoirs. Tout faire par terre… je ne pensais pas faire souffrir autant mes enfants », avoue-t-elle dans un souffle. Guillerme l’a rejointe, il esquisse un sourire, mais très vite, le visage s’assombrit. Pour le petit garçon, le plus dur n’a pas été de dormir dehors. Ce sont les mots entendus et les regards portés qui l’ont marqué et lui font toujours mal. Il murmure très vite : « On m’a traité de pauvre à l’école ». Sylvia pose très doucement sa main sur son épaule : « Le week-end, il avait peur de sortir de la tente, il voyait souvent une fille de sa classe qui habitait le quartier… il avait honte et se cachait, c’était vraiment dur. »

Dans cet Ehpad qui n’est plus occupé, une trentaine d’enfants sont hébergés avec leurs mères, parfois leurs deux parents. Ici, quel que soit l’âge, tout le monde a en tête le délai d’un an et 3 mois qui a été donné. La crainte est palpable et le combat pour éviter le pire aux enfants n’a pas faibli, bien au contraire. Chaque mardi, la plupart des mamans se rendent à la réunion du Collectif « Solidarité entre femmes à la rue » avec lequel elles ont occupé des écoles et le gymnase. Il y a un an, 19 écoles étaient dans ce cas à Lyon et Villeurbanne, témoignant de l'ampleur du problème. « Dormir dans l’école, ça m’a donné du courage. Je vais aux réunions, il faut s’aider les uns les autres et s’organiser car il y a encore des enfants dehors. On cherche des solutions ensemble, ça fait du bien », précise « Bibiche », la quarantaine, mère de 3 enfants, âgés de 6 à 12 ans. Elle raconte aussi son calvaire : « Mes enfants ont dormi dehors, sur des bancs. J’attendais qu’il soit tard pour demander une chambre à l’hôpital. Chaque soir, c’était la même chose, je changeais d’hôpital souvent. Le 115, ça ne marchait pas. »

Face à cette urgence sociale, des mobilisations citoyennes s'organisent. Né il y a 10 ans, le Collectif citoyen lyonnais a essaimé dans 15 grandes villes de France. Constitué en réseau national en 2022, lors de la 100e occupation d’école, il est aujourd’hui soutenu par la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE), le Collectif des Associations Unies, la Fédération des Acteurs de la Solidarité et Unicef France. Raphaël Vulliez, professeur des écoles à Lyon et cofondateur du Collectif, explique leur démarche : « Mobiliser toute la communauté éducative et associer les familles au combat pour ne pas faire à leur place, c’est notre objectif ». Il ajoute : « Aujourd’hui, on est présent dans plus de 200 établissements scolaires en France. On veut mettre l’État devant ses responsabilités en rendant visibles toutes ces situations inacceptables. Rappelons la loi qui affirme l’inconditionnalité du droit à l’hébergement d’urgence. L’État doit appliquer la loi. »

Partout, des listes de familles à la rue sont établies par le réseau et chaque soir, le nombre d’enfants sans abri est connu. Depuis 5 ans, le baromètre national publié fin août par la FAS et Unicef France confirme l’aggravation de la situation. En septembre dernier, l’agglomération lyonnaise comptait 40 % d’enfants de plus à la rue… « Quand on se mobilise dans une école, ce n’est pas abstrait, ce sont des enfants au milieu des autres dont il est question. » À chaque fois, la démarche est la même : sensibiliser l’école et le quartier, alerter les médias, organiser la solidarité pendant l’occupation de l’école entre 19H00 à 07H00 du matin. « Les enfants, c’est sacré. Ces familles ne sont pas acceptées par le 115 saturé et inadapté. Il faut au moins 10 000 places d’hébergements d’urgence de plus, sans fermeture l’été, et un plan pluriannuel sur l’hébergement et le logement car il faut agir sur le parcours résidentiel de ces familles. »

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Montpellier est la dernière ville à avoir lancé une mobilisation citoyenne sous la bannière « Jamais sans Toit ». En octobre, l’école Paul Langevin a été occupée pour mettre à l’abri 3 enfants scolarisés. Le résultat de cette action fut encourageant : « Ce qu’ils ont vécu, c’est difficilement imaginable. Beaucoup de gens ont été surpris d’apprendre ce qui se passait, on a eu beaucoup de solidarité, ça a vraiment aidé la famille et ça a transformé l’école ! On a interpellé la Mairie et le Département. En une semaine, une solution de logement a été trouvée, dans une résidence étudiante. Depuis, une autre famille nous a contactés. L’occupation de l’école a été éprouvante, mais ça a montré qu’on pouvait trouver des solutions, que c’était possible. » Le 17 octobre dernier, Journée mondiale du refus de la misère, l’interpellation citoyenne a changé de braquet, avec le soutien officiel de 65 parlementaires de tous bords signant une Tribune publiée dans la presse nationale. Les élus signataires ont demandé à l’État « une politique du logement et de l’hébergement plus ambitieuse », dénonçant l’insuffisance des « 203 000 places d’hébergement d’urgence maintenues cet hiver pour atteindre l’objectif de « zéro enfant à la rue » fixé par Olivier Klein à l’automne 2022. Alors que cet objectif n’a pas été atteint l’an dernier, c’est exactement le même nombre de places d’hébergement d’urgence que l’on retrouve dans le Pacte des solidarités 2023-2027 annoncé tout juste un an plus tard par la Première ministre. Mi-novembre, le Secours Catholique publiait son rapport annuel sur la pauvreté : en 2023, les femmes avec enfants ont été les plus touchées par l’augmentation de la précarité ; 74 % du public accueilli pendant l’année par l’association caritative était en situation d’extrême pauvreté, soit 10 points de plus qu’il y a 5 ans à peine. À Lyon, l’association « Solidarités femmes à la rue » s’est justement constituée pour leur offrir un espace de parole dédié et compléter l’action de « Jamais sans Toit ». Depuis 9 mois, il leur permet de renforcer l’entraide et la mobilisation. « À la rue, les mères font tout pour être invisibles pour protéger leurs enfants. » Le 20 novembre 2023, journée internationale des droits de l’enfant, on comptait près de 25 écoles occupées sur tout le territoire, abritant des dizaines d’enfants. Ces actions soulèvent une question fondamentale : À quand une véritable réponse de l’État pour que plus « aucun gosse ne couche ce soir sur l’alsphate ? »

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