Le rêve de respirer sous l'eau grâce à une branchie artificielle a longtemps fasciné les plongeurs, tout comme l'idée d'un GPS sous-marin. Ce dernier, confronté à des défis techniques majeurs, notamment la transmission du signal dans l'eau, a connu des avancées significatives ces dernières années. Cet article explore le fonctionnement du GPS sous-marin, les innovations récentes et les dispositifs de sécurité associés.
Les défis techniques et les solutions innovantes
La principale difficulté dans la création d'un GPS sous-marin réside dans l'absorption des signaux par l'eau. Contrairement aux GPS terrestres, les ondes radio ne se propagent pas efficacement sous l'eau. Pour résoudre ce problème, les chercheurs ont développé des systèmes qui reposent sur la répartition de balises de surface et de montres GPS équipant les plongeurs. Ces balises et montres échangent des informations, permettant de localiser le plongeur avec une précision acceptable.
Les premières étapes et les acteurs clés
Plusieurs projets de recherche ont été menés à travers le monde pour développer un GPS sous-marin. Aux États-Unis, le projet Navimate, annoncé puis annulé à plusieurs reprises, n'a jamais abouti. C'est finalement en France que le projet a pris son essor grâce à la rencontre de Moïra Chanzi, spécialiste en droit des affaires et plongeuse, et Jean Marie Codol, spécialiste en robotique et en algorithmes de navigation, travaillant au CNRS et également passionné de plongée. Ensemble, ils ont fondé Subteq.io et ont mené des tests concluants avec les sapeurs-pompiers du SDMIS Lyon en été 2018.
Principe de fonctionnement
Le principe de fonctionnement du GPS sous-marin repose sur la collaboration entre des balises de surface et des montres GPS portées par les plongeurs. Les balises, positionnées en surface, couvrent une zone étendue et communiquent avec les montres des plongeurs. Sur le premier modèle, une seule balise peut couvrir un secteur de 500 mètres de rayon pour 150 mètres de profondeur, permettant le suivi simultané de trente plongeurs. La précision est de l'ordre du mètre, et l'autonomie du GPS est de 8 heures pour 8 heures de rechargement, des caractéristiques qui devraient être améliorées à l'avenir.
Les dispositifs existants et leurs particularités
Plusieurs entreprises ont développé des GPS pour la plongée sous-marine, chacune avec ses propres spécificités.
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Seayos : Le GPS autonome pour plongeurs
Seayos, commercialisé par la start-up occitane EPSYNA, est un GPS autonome pour plongeurs sous-marins. Ne pouvant capter les signaux GPS sous l'eau, le plongeur laisse son Seayos remonter seul en surface afin de les capter, puis le récupère par le biais de son dévidoir. La position relevée permet de guider le plongeur vers un point donné grâce à son compas intégré. Toutes les données recueillies (positionnement, profondeur…) sont également utilisables et exploitables via une interface PC.
Marlin : Le GPS pour nageurs et plongeurs de Platysens
La start-up Platysens a inventé un GPS spécial pour les nageurs et les amateurs de plongée sous-marine, nommé Marlin. Ce dispositif se place à l'arrière de la tête pour garantir un signal clair et continu. Il informe l'utilisateur sur la position, la distance parcourue et la vitesse. Marlin émet une notification sonore et non un affichage visuel lorsqu'il est dans l'eau. En mode natation, les données de performance sont capturées à l'aide d'un capteur de mouvement. Les plongeurs peuvent programmer un trajet à partir d'une carte et suivre le parcours en s'appuyant sur les indications de l'appareil. Le système fonctionne de façon autonome sans nécessiter un smartphone ou d'autres appareils électroniques.
L'importance de la sécurité en plongée
La sécurité est primordiale pour les plongeurs. Même avec de l'expérience, des problèmes peuvent survenir hors de notre contrôle. Il existe différents dispositifs de sécurité, tels que le sifflet, le tube de signalisation, le miroir et le klaxon basse pression. Cependant, ces équipements ont une portée limitée. Dans le cas où un plongeur ne parvient pas à retrouver le bateau à la remontée, la situation peut devenir alarmante.
Nautilus LifeLine Rescue GPS : Une balise de détresse performante
Le Nautilus LifeLine Rescue GPS est une balise GPS étanche qui permet d'envoyer sa position à tous les bateaux présents dans un rayon de 55 km. Elle s'utilise n'importe où dans le monde sans abonnement et fonctionne avec des piles à changer tous les 5 ans. En cas de perte en mer, le Nautilus LifeLine est un dispositif de sécurité performant, plus efficace que le tube de signalisation, le miroir ou le sifflet. Il localise le plongeur avec une marge d'erreur d'1 mètre 50.
Fonctionnement du Nautilus LifeLine
Avant d'utiliser le Nautilus LifeLine, il est nécessaire de le configurer sur la région du monde où l'on va plonger et de le programmer via l'application Nautilus GPS sur son téléphone. Une fois activée, la balise localise et enregistre la position GPS. L'information est ensuite envoyée par ondes radio sur le canal d'urgence des bateaux environnants. Chaque balise possède son propre numéro MMSI (Maritime Mobile Service Identity). Le Nautilus Lifeline a pour vocation d'établir un signal et d'envoyer la position GPS aux bateaux présents dans un rayon de 55 km. Il est important de noter que ce dispositif est conçu pour fournir une capacité de localisation et d'alerte à proximité d'un navire et ne va pas appeler les secours ou déclencher un plan d'urgence.
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Spécifications et limites du Nautilus LifeLine
Le Nautilus Lifeline est étanche jusqu'à 130 mètres avec le clapet fermé. L'appareil fonctionne avec deux piles CR123 3V, à changer tous les 5 ans. Son prix est d'environ 200€ pour la nouvelle version. Il existe d'autres balises de détresse personnelles, mais le Nautilus Lifeline semble être la seule étanche à 130 mètres.
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