Gilles Mathieu : L'Aventure Européenne en Stand Up Paddle et la Richesse d'un Parcours Unique

L'exploration des vastes étendues aquatiques, la recherche de liberté sans entraves et la passion pour la glisse définissent le parcours de Gilles Mathieu, un homme dont l'addiction au Stand Up Paddle l'a mené à traverser l'Europe. Né à Cannes la Bocca, ce professeur d'EPS de 41 ans, qui fêtera ses 42 ans en septembre, enseigne depuis sept ans au CFA d'Antibes. Son amour pour le SUP, qu'il pratique en race, en cruising ou en surf, est devenu une véritable philosophie de vie, le poussant à repousser ses limites bien au-delà des compétitions. Au-delà de cette figure emblématique des sports nautiques, le nom de Gilles Mathieu résonne dans d'autres sphères, évoquant des personnalités distinctes aux contributions culturelles et professionnelles variées, démontrant ainsi la richesse et la diversité des parcours de vie qui peuvent être associés à ce nom.

Un Professeur d'EPS en Quête de Liberté et de Glisse

Amoureux d’espace, de nature et de glisse, Gilles Mathieu incarne l'esprit d'aventure et la détermination. Habitant et né à Cannes, passionné de nature et de paddle, ce grand sportif de 41 ans aime repousser ses limites, que ce soit en tant que compétiteur sur des courses de SUP mais aussi lors de parcours plus axés « Aventure & Découverte ». Son expérience ne se limite pas aux compétitions, il a déjà à son actif des exploits notables, tel que les 250 kilomètres du Canal du Midi parcourus en toute autonomie il y a trois ans. Depuis maintenant sept ans, il a goûté au SUP et en est devenu addict. Son engagement et sa passion l'ont conduit à formuler un projet ambitieux : traverser l’Europe et visiter une vingtaine de pays en Stand Up Paddle.

Le FoolMoon Trip : Une Odyssée Européenne avec Tara

Le projet d'une telle envergure, le "FoolMoon Trip", est parti d’une envie un soir de se sentir libre, d’aller où bon lui semble sans contrainte de travail et de temps, pour vivre sa passion pour la glisse, les grandes étendues, la nature et le plaisir de découvrir des nouveaux endroits, des nouvelles cultures. Cette aventure n'est pas solitaire ; elle est pensée comme un moment privilégié de partage et de complicité avec sa chienne vieillissante, Tara, qui le suit depuis 15 ans, avant qu’elle ne soit plus là. Gilles Mathieu ne parle pas de défi mais plutôt d’aventure, celle de partir à bord de son camion aménagé avec Tara (sa chienne de 15 ans et demi) pour arpenter mers, lacs, océans et rivières, en quête de glisse sur sa planche de stand up paddle. Le titre de son aventure est évocateur du matériel qu’il a emporté avec lui, tout pour glisser dans la mesure du possible.

La rame se ferait sur tous les supports, que ce soit mer, océan, rivières ou lacs, afin de montrer le potentiel de ce sport, qu’il soit en exploration ou en surf, mais aussi les bienfaits de ce sport pour le corps et l’esprit. Ce jeune passionné de glisse et de sports aquatiques originaire de Cannes allait ainsi prendre la route avec son van accompagné de sa chienne Tara afin d’explorer un maximum de supports aquatiques que sont les lacs, les rivières, les littoraux et les fjords. Un des buts est de pratiquer le stand up paddle et de démontrer la richesse du potentiel de ce sport. Le SUP peut se pratiquer partout, sur toutes sortes d’étendues, ce qui faisait de ce voyage une démonstration vivante de sa polyvalence.

L'Équipement Conçu pour l'Aventure : Planches et Pagaies Fool Moon et Supskin

Pour une aventure de cette envergure, le choix de l'équipement est primordial. Gilles Mathieu a eu la chance d’entrer en contact avec une personne formidable en Suisse, Pierre Yves Hocké, qui a fait naître il y a quelques années Fool Moon, une marque de planche de Stand Up Paddle. Son aventure lui a tout de suite plu, et Pierre Yves Hocké lui a mis à disposition une planche de 12 pieds gonflable pour ramer et partir à la découverte, ainsi qu’une autre de 8,6 pieds pour surfer. De plus, il a également eu la chance d’entrer en contact avec une autre personne formidable, Wolfgang Ortfried Leeb, qui produit des combinaisons étanches pour les stand up paddle, la marque Supskin, assurant ainsi une protection essentielle face aux éléments.

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Le choix des planches a été dicté par la polyvalence nécessaire à un tel voyage. Il lui fallait une board pour explorer, et si éventuellement il devait prendre sa chienne avec lui, il avait aussi besoin d’une board stable. C’est pour cela qu’il a choisi la version 12 pieds par 34 gonflable qui est très stable, qui glisse bien pour la largeur qu’elle fait. De plus, le gonflable lui convenait très bien en termes de robustesse et de rangement. Avec 15 psi, c’est une planche qui comblera les débutants, les familles et les personnes qui désirent débuter le stand up ou partir en exploration avec du matériel dessus, du fait de son gros litrage. Cette planche de cruising en 12 pieds gonflable est super stable, résistante et jolie, avec une bonne glisse pourtant en 34 de large, prouvant son efficacité pour les longs parcours.

Parallèlement, il lui fallait une board pour surfer. Il a donc choisi la version 8,6 par 29 bambou, qui fait 115 litres. Gilles avait également besoin d’une planche avec un minimum de litrage pour la stabilité mais pas trop non plus car il aime quand la planche est rapide et maniable. Il ne voulait pas du carbone, car il devait être capable de faire ses réparations en cas de casse. La bambou 8,6 est une board déjà très stable pour son litrage ; sur un plan d’eau glassy, elle se comporte vraiment bien, et dès que ça devient plus mouvementé avec du vent sideshore notamment, après quelques adaptations, on trouve facilement son équilibre. La planche wave bamboo est jolie, pure et stable malgré les 29 de large. Elle demande une petite prise en main quand les conditions grossissent, car elle enfourne un peu si on met un peu trop de poids sur l’avant. Il faut soit faire son take off en portant le poids sur l’arrière du pad, soit partir en position surf et non pas pieds joints. Une fois dans la vague, elle est saine et facile à driver, offrant une expérience de surf gratifiante.

Quant à la pagaie, Gilles Mathieu est habitué au full carbone et voulait une pagaie légère et réglable pour ne pas avoir à voyager avec deux pagaies (une de rame et une de surf). Cette pagaie, malgré le fait qu’elle soit réglable, est légère et super jolie. Dans l’eau, sa pale permet de ramer en fréquence sans se faire mal aux articulations ; elle est bien rigide, peut-être un peu trop pour un débutant. En surf, elle joue son rôle mais ce n’est pas son domaine de prédilection, la pale étant trop étroite à son goût, ce qui montre la spécificité des exigences pour chaque type de pratique.

Les Premières Semaines du Voyage : Immersion dans la Liberté

Le départ de l'aventure a rapidement plongé Gilles Mathieu dans l'essence même de son projet. Cela faisait un mois qu’il était sur la route, et il lui a fallu deux semaines pour se mettre en place et perdre ses habitudes de la vie normale pour ensuite plonger dans ce sentiment de liberté. Ce Cannois est parti trois mois et demi faire le tour de l'Europe en stand up paddle avec son chien, embarquant dans une quête personnelle et partagée. Ses étapes n’étaient pas définies à l’avance, seuls les pays l'étaient, ce qui laissait une grande flexibilité et favorisait l'exploration spontanée.

Dans la continuité de son itinéraire, après avoir parcouru les premières régions, il était prévu que ce soit la Finlande, puis une fois en bas de la Finlande, un ferry le mènerait en Estonie, Lettonie et Lituanie. Cette succession de pays représentait une part significative de l'exploration des mers, lacs, océans et rivières d'Europe.

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Carnet de Route : Défis, Rencontres et Moments d'Émerveillement

Le voyage fut riche en expériences, alliant des moments d'émerveillement pur à des défis inattendus. Parmi ses plus beaux souvenirs pendant ce voyage, Gilles Mathieu évoque un "instant magique" : rouler et, au loin sur un lac gelé qui doit faire 100 kilomètres, voir quelque chose avancer, se dire que ce sont des hommes, puis attendre, sortir les jumelles et s’apercevoir que ce sont des rennes. Les Îles Lofoten en Norvège ont également laissé une empreinte indélébile, un endroit magnifique qui fait monter les émotions. Il y a aussi eu le fait de retrouver des amis qu'il n’avait pas vus depuis quelques années et qui étaient en même temps au même endroit que lui sans qu’il le sache, soulignant la magie des rencontres impromptues en voyage. Les larmes de son père lors de son départ et à son retour témoignent de la force des liens familiaux qui accompagnent une telle entreprise. Sur le plan personnel, il a pu constater que certains endroits ont concrétisé des rêves qu’il avait. D’un point de vue sportif, ce voyage lui a permis de pratiquer tous ses sports de prédilection, et il est revenu gonflé à bloc pour s’entraîner en SUP pour ses futures compétitions.

Bien sûr, des difficultés ont jalonné ce parcours. Gilles Mathieu a cité sa fâcheuse tendance à bloquer son camion, que ce soit dans la boue, le sable, sur la glace ou dans la neige. À chaque fois, des âmes charitables sont venues à son aide, démontrant la solidarité des rencontres sur la route. Une anecdote marquante se déroule aux Lofoten : en partant sur un spot pour aller rider en hors-piste, il est resté bloqué. Il neigeait énormément et il était tout seul au milieu de nulle part quand tout à coup un gars avec un tracteur passait par là. C’était un vrai désastre, la route était recouverte de neige glacée. Un Polonais avec son 4x4 l’a gentiment aidé. Un Norvégien excédé est venu l’insulter puis l’a doublé à vive allure, deux kilomètres plus loin il a fait un tout droit dans un champ avec environ 50 centimètres de poudreuse, ce qui était, selon ses mots, "fun !".

Les Enseignements d'un Voyage Écourté : Priorité à Tara

Le plus grand défi de cette aventure est venu de sa fidèle compagne. Partir avec sa chienne âgée qui a de l’arthrose ne pouvait que compliquer l’aventure, mais il était hors de question de la laisser en France. Malheureusement, la santé de Tara a connu plusieurs alertes. Une chute en Allemagne, avec deux semaines sans pouvoir marcher pour elle, puis une paralysie du train arrière en Norvège à cause de l’humidité, obligeant Gilles à traverser la Suède d’une traite pour filer en Finlande où l’humidité était moindre. La Slovaquie fut leur dernier pays, car Tara est tombée malade, attrapant une grosse infection. Sa chienne, brave et courageuse, le fait de la voir dormir tout le temps et surtout refuser de sortir du camion fut un avertissement pour lui. Les trois nuits difficiles qu’il a vécues l’ont convaincu qu’il fallait rentrer. De plus, les températures grimpaient terriblement, et il ne pouvait pas risquer la vie de sa chienne juste pour son plaisir des voyages. Nous sommes partis à deux, nous devions rentrer à deux, a-t-il affirmé.

Gilles Mathieu a été contraint d’arrêter son trip car sa chienne Tara avait attrapé une grosse infection ; elle avait besoin de soins et de repos. Elle a 16 ans et avec les températures qui grimpaient, il fallait être prudent. L’un dans l’autre, il a décidé de rentrer ; les pays non traversés seraient encore là dans un an ou deux, la priorité étant donnée à son chien. Ils sont partis à deux, et ils sont rentrés à deux. Tara a traversé 12 pays, a foulé la terre, le sable, la glace et la neige de ses pattes. Gilles ne pouvait être que fier de tout ça et a choisi de lui donner à présent le repos et les soins qu’il fallait, soins qu’il ne pouvait pas donner en vivant dans un camion. Durant ce périple écourté, de la Finlande, il a pris un ferry pour l’Estonie. La Lettonie a fait suite à l’Estonie, pour ensuite aller en Lituanie, avant le retour forcé.

Perspectives et Nouveaux Horizons : Projets à Venir

Malgré l'interruption, la soif d'aventure de Gilles Mathieu demeure intacte. Tara s’est remise, elle a eu droit à du repos et quelques jours en montagne. Repartir de suite, non, car elle ne pourrait pas l’accompagner, il fait trop chaud et il est hors de question de partir sans elle. Mais il est revenu avec une furieuse envie de repartir oui. En tant que professeur d’EPS, il compte profiter de ses vacances de Noël pour reprendre la route avec son matériel et aller au Monténégro. Ce pays reste le gros regret de son arrêt, notamment la rivière qui s’appelle la Tara et qui serpente dans un canyon, le deuxième plus profond au Monde, une destination qu'il se doit d'explorer. Sur la période de Noël, il partira, avec son camion, pour faire ce qu’il n’a pas pu faire sur ce trip écourté. Il a deux regrets : l’Autriche et le Monténégro.

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Un autre projet d'envergure est de faire la traversée en stand up paddle de Cannes jusqu’en Corse, en aller-retour avec une pause bien sûr. Ce projet, qui sera courant avril 2018, l'incite à commencer à chercher des financements. Il a déjà Fool Moon et Supskin qui le suivent niveau matériel, et va donc s’attacher à trouver un bateau pour la sécurité, des pilotes, un bon météorologue et s’occuper de toutes les autorisations s’il en faut. Ce projet de traversée Cannes-Corse en aller-retour, déjà réalisé par des gens de Cannes qu’il connaît, l'amène à s'entraîner cet été pour imaginer le faire courant avril 2018, sur quatre jours avec deux jours de repos en Corse.

En parallèle de ses aventures personnelles, Gilles Mathieu reprendra les compétitions en SUP, la première étant en Suisse pour la Fool Moon SUP Classic, où il pense ramer sur une 14 carbone de chez Fool Moon. L'année 2017 a également vu naître son association Supers, créée avec son ami Stevens, qui aura pour vocation de créer des événements. L'année 2018 sera l’année durant laquelle ils mettront en place deux événements sportifs, dont les détails restent à découvrir.

Philosophie de Vie : L'Appel au Voyage et à l'Échange

Le message que Gilles Mathieu souhaite adresser au public est empreint de sagesse et d'ouverture. Si je devais m’adresser au public, je dirais que le voyage est un bol de connaissances, soyez curieux et plongez-y, allez vers les autres et prenez ce qu’ils ont à vous donner, et échangez. Il encourage à s'enrichir de toute cette culture, de ces moments, de ces paysages, de tous ces gens qui feront que notre esprit s’ouvrira. Il conseille de ne pas se contenter de regarder mais de se fondre dans la masse et de vivre tous ces instants. Pour lui, penser être riche car on a beaucoup de chiffres sur son compte en banque lui a toujours semblé ridicule, et aujourd’hui plus encore. Le fou est celui qui vit, qui apprend et qui s’extasie des jolies choses de la vie, une philosophie qui transparaît à travers chacune de ses aventures. Des informations supplémentaires sur son FoolMoon trip et celui de Tara sont disponibles sous le titre "Et Si Nous Glissions en Europe", un projet dont le début a été présenté deux mois auparavant, retraçant son parcours en Europe avec son van et sa planche de SUP FoolMoon.

Autres Figures Notables Nommées Gilles Mathieu : Des Parcours Diversifiés

Le nom de Gilles Mathieu, s'il est fortement associé à l'aventure du stand up paddle décrite ci-dessus, a également été porté par d'autres personnalités dont les contributions se situent dans des domaines différents, illustrant la richesse de l'histoire et des parcours individuels.

Gilles Mathieu, l'Artiste et Bâtisseur Culturel au Québec

Un autre Gilles Mathieu, dont l'histoire est distincte, naît le 18 janvier 1933 à Lachine, à proximité de Montréal. Il passe tous ses étés dans les Laurentides, une région qui marquera son parcours. En 1942, sa famille aménage à Val-David où son père ouvre une manufacture de fabrication de portes et fenêtres. De l’âge de 10 à 14 ans, Gilles fréquente la petite école du village. De retour à Montréal, il étudie les arts graphiques au Studio A. Salette et fréquente l’École des Beaux-Arts et l’École du meuble, forgeant ainsi une base solide dans le domaine artistique.

De l’âge de 16 à 26 ans, un accordéon sous le bras, il fait partie des troupes de folklore de L’Ordre du bon temps et des Troubadours neufs. Dans tous ces lieux, la culture québécoise est en ébullition, un contexte stimulant pour un jeune artiste. Il y rencontre des figures emblématiques comme Félix Leclerc, Gaston Miron, Claude Léveillée, René Derouin, Armand Vaillancourt, s'inscrivant ainsi dans un mouvement artistique et social majeur. Gilles Mathieu fait partie de cette jeunesse qui transporte l’espoir de participer à la naissance d’un pays tout neuf, témoignant de son engagement envers l'identité québécoise émergente.

En 1959, alors qu’il travaille comme graphiste à l’imprimerie Desmarais à Montréal, il fréquente toujours Val-David les fins de semaine. Constatant l'ennui des jeunes valdavidois et des touristes de passage dans les Laurentides, pour qui il n’y a rien à faire le samedi soir, le jeune homme de 26 ans décide d’animer l’endroit. Il aménage alors un poulailler pour en faire un café-théâtre. C'est ainsi que La Butte à Mathieu est née, et avec elle, un des plus puissants courants culturels voit le jour au Québec, marquant l'histoire culturelle de la région.

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