Le gilet de sauvetage est un élément de sécurité indispensable pour la pratique des sports et activités nautiques. Appelé équipement individuel de flottabilité (EIF) dans les réglementations nationales et internationales, son port ou sa présence à bord des embarcations sont obligatoires dans la majorité des cas dès que l’on sort des activités de bord de mer ou de bord de plan d’eau.
Importance du gilet de sauvetage
Au-delà de la réglementation, le gilet de sauvetage ne doit pas être perçu comme une contrainte, mais comme un accessoire indispensable pour profiter au mieux de votre loisir. Un gilet de sauvetage adapté à votre activité et votre morphologie vous apporte une garantie de sécurité en cas de problème sans vous entraver dans votre pratique. Ainsi, le gilet de sauvetage garantit la sécurité de la personne qui le porte, même inconsciente ou ne sachant pas nager. En mer, la sécurité est donc primordiale.
Qu'est-ce qu'un gilet de sauvetage (EIF) ?
Un équipement individuel de flottabilité (EIF) est un moyen de prévention du risque de noyade. Il vise à aider ou assurer le maintien à flot de son porteur en cas d’immersion. Suivant les modèles et les normes de conception et de sécurité, ce sont des :
- Gilets d’aide à la flottabilité : leur fonction est d’augmenter la flottabilité du porteur.
- Gilets de sauvetage : ils visent à assurer de plus le retournement automatique du porteur sur le dos et préservent les voies respiratoires (maintien de la tête et du visage hors de l’eau même en cas de perte de connaissance).
Par abus de langage, les deux types de gilets sont communément appelés des gilets de sauvetage même s’ils ne relèvent pas de la même catégorie d’équipement de sécurité.
Classes de gilets de sauvetage et d’aide à la flottabilité
Les EIF sont classés en fonction de normes européennes de sécurité et de conception qui en définissent les critères de confort et d’indice de flottabilité. L’indice de flottabilité d’un gilet de sauvetage ou d’aide à la flottabilité, exprimée en Newtons (N), quantifie la force qui va avoir tendance à vous pousser vers le haut lorsque vous êtes dans l’eau (la poussée d’Archimède). Plus la valeur est élevée, plus la force exercée par le gilet pour vous maintenir à flot est forte et donc moins vous avez d’efforts à fournir pour vous maintenir à la surface.
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Le corps humain étant constitué en majorité d’eau et la graisse étant moins dense que l’eau, c’est le poids des muscles, des os et des vêtements qui déterminent la flottabilité d’une personne. En conséquence, les EIF sont classés essentiellement en fonction des pratiques des utilisateurs plutôt que de leur morphologie, à condition que les gilets puissent être ajustés correctement.
Tous les nouveaux gilets de sauvetage vendus en Europe doivent être conformes à la norme ISO 12402 de l'Organisation internationale de normalisation.
Les normes européennes définissent des classes de flottabilité correspondant à des indices de flottabilité minimaux requis pour les gilets de sauvetage ou d’aide à la flottabilité : 50 N, 100 N, 150 N et 275 N. D’autre part, hors des gilets 50 N, plus la classe d’un gilet est élevée, plus grande est sa capacité d’aide au retournement de personne inconsciente (notamment en cas de port de vêtements lourds ou susceptibles de faire apparaître des poches d’air comme les cirés ou pantalon de cirés).
Les fabricants proposent de plus des gilets d’indices de flottabilité intermédiaires dans un souci d’optimisation de la sécurité et du confort lors de la pratique d’activités nautiques. En particulier, les fabricants, en travaillant sur les différents éléments des gilets, peuvent en améliorer les propriétés d’aide au retournement.
Gilets d’aide à la flottabilité de classe 50 N
Appelés gilets d’aide à la flottabilité, ils sont conçus pour maintenir l'utilisateur à flot dans « une position où la bouche et le nez sont hors de l’eau » (extrait norme ISO 12402-5), mais pas pour retourner sur le dos une personne inconsciente.
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Ce type d’équipement exige une participation active et convient pour des personnes sachant nager. Il est destiné à une pratique avec une assistance proche (secours ou moyen de flottaison) et « ne peut garantir la sécurité du porteur pendant une longue période » (extrait norme ISO 12402-5).
Les gilets avec un indice de flottabilité supérieur à 50 N et inférieur à 100 N sont dans la classe de flottabilité 50 N.
Gilets de sauvetage de classe 100 N
Il s’agit ici de gilets de sauvetage qui sont conçus pour des eaux calmes et protégées où l’arrivée des secours n’est pas immédiate. Ils peuvent nécessiter une participation active de l’utilisateur pour sortir le visage de l’eau et dégager ainsi le nez et la bouche.
Gilets de sauvetage de classe 275 N
Ces gilets de sauvetage sont conçus pour des conditions de mer et de temps sévères au large ou dans un cadre professionnel. Ils visent à compenser le port de vêtements de protection lourds ou susceptibles de créer des poches d’air qui entravent la capacité d'auto-retournement des gilets de sauvetage.
Homologation SOLAS (Safety Of Life At Sea)
Certains gilets de sauvetage, en plus de suivre la norme européenne, sont homologués SOLAS. Cela concerne les activités nautiques pratiquées dans un cadre professionnel et garantit des normes minimales de sécurité pour les navires marchands. Dans l’Union européenne, ces équipements répondent aux exigences de la Directive Européenne MED 2014/93/EU.
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La réglementation française
La réglementation française sur l’usage des équipements individuels de flottabilité dans le cadre de la navigation de plaisance est fixée par ce qu’on appelle communément la division 240 qui stipule les « règles de sécurité applicables à la navigation de plaisance en mer sur des embarcations de longueur inférieure ou égale à 24 m » (extrait du texte de la division 240). La réglementation est complexe et il est recommandé de se renseigner auprès de la fédération sportive de rattachement de votre activité si vous avez un doute sur ce qui s’applique pour votre pratique.
Le matériel de sécurité embarqué à bord ou porté lors de la pratique d’une activité nautique est fonction de la navigation pratiquée et de la distance d’éloignement d’un abri. Un abri étant un endroit de la côte où une embarcation et son équipage peuvent se mettre en sécurité. Pour les annexes, le navire porteur est considéré comme un abri (Article 240-2.09 de la division 240).
Dans le cas de la pratique d’une activité incluant plusieurs personnes à bord d’une même embarcation (voilier, bateau à moteur, annexe, dériveur, etc.), un chef de bord doit être désigné. Il est alors le responsable du respect des règles de sécurité et notamment, de l’embarquement et du bon usage des gilets de sauvetage.
Moins de 300 mètres d’un abri
Dans cette zone, les engins de plages et les embarcations propulsés par l’énergie humaine (kayak, paddle, surf, bouées, etc.), les planches à voile, les kite-surf et les planches nautiques à moteur (planches électriques à foil) sont dispensés du port d’un gilet d’aide à la flottabilité ou de sauvetage.
Les annexes de bateau n’ont pas d’obligations réglementaires à moins de 300 m d’un abri côtier, mais seulement une recommandation d’embarquer un gilet de sauvetage de classe de flottabilité d’au moins 50 N par personne. En revanche, à plus de 300 m d’un abri côtier (et donc moins de 300 m du navire porteur), la recommandation précédente devient une obligation, ainsi que l’embarquement d’un moyen de repérage lumineux étanche.
Le reste des embarcations ou des activités nautiques sont soumises au port d’un gilet au minimum 50 N.
La seule exception est l’usage des engins à sustentation hydropropulsés (Flyboard) qui nécessite le port d’une combinaison en plus d’une aide à la flottabilité d’au moins 50 N.
De 300m à moins de 2 milles d’un abri
En règle générale, la pratique d’une activité nautique dans la zone de 300 m à 2 milles nautiques d’un abri impose le port au minimum d’un gilet de sauvetage de classe 50 N.
Suivant votre activité (dériveur, kayak, etc., renseignez-vous auprès de votre fédération), vous pouvez en être dispensé à condition de porter une « combinaison humide en néoprène ou sèche assurant au minimum une protection du torse et de l’abdomen, une flottabilité positive et une protection thermique » (extraits de la division 240).
Dans le cas d’un voilier (habitable ou dériveur de plus de 4 m) ou d’un bateau à moteur, vous devez embarquer autant de gilets de sauvetage (au minimum de classe 50 N) que de personnes à bord. Le port n’est pas obligatoire tant que le chef de bord ne l’a pas décidé.
Dans la pratique de la navigation en solitaire, il est recommandé de porter en permanence un gilet de sauvetage (au minimum de classe 50 N).
D’autre part, pour certaines activités ou suivant les conditions de pratique, vous devez disposer d’un dispositif lumineux. Il peut être collectif (voilier habitable avec dispositifs réglementaires par exemple) ou individuel (voile légère, kayak, etc.). Dans ce dernier cas, il doit être étanche et d’une autonomie d’au moins 6 heures (type lampe flash, lampe torche ou cyalume). Il peut aussi être fixé à votre gilet de sauvetage et vous trouvez des modèles de gilets de sauvetage qui intègrent un élément lumineux.
De 2 milles à moins de 6 milles d’un abri
Au-delà des 2 milles nautiques et jusqu’à 6 milles nautiques d’un abri, les activités autorisées nécessitent le port ou l’embarquement de gilets de sauvetage avec un indice de flottabilité minimum de 100 N.
Un dispositif lumineux étanche et d’une autonomie d’au moins 6 heures est obligatoire dans les mêmes conditions que pour une navigation à moins de 2 milles d’un abri.
Certaines activités sont dispensées de gilets de sauvetage si les participants portent une combinaison néoprène ou sèche :
- de flottabilité au moins 50 N.
- qui assure la protection du torse et de l’abdomen.
- de couleur vive autour du cou ou des épaules ou équipée d’un dispositif lumineux permanent.
Plus de 6 milles nautiques d’un abri
À plus de 6 milles nautiques d’un abri les voiliers et navires à moteur doivent embarquer autant de gilets de sauvetage, de classe 150 N au minimum, qu’il y a de personnes à bord. De plus chaque membre d’équipage doit disposer d’un harnais et d’une longe.
Quel type de gilet de sauvetage choisir ?
Deux types de gilets de sauvetage existent :
- Gilets en mousse
- Gilets gonflables
Les deux respectent les normes de sécurité officielles, et c’est votre budget, votre pratique de la voile et l’utilisation anticipée des gilets qui vont orienter le choix. Acheter un gilet de sauvetage adapté et au bon prix, garantira votre sécurité sur l’eau, peu importe les conditions en mer.
Gilets en mousse
C’est parmi ce type de gilets de sauvetage que se trouvent les gilets les moins chers à l’achat. La flottabilité est permanente du fait de la présence de mousse. C’est le volume total de mousse qui détermine sa catégorie de flottabilité, les gilets de classe 150 N étant les plus volumineux. Les plus volumineux peuvent freiner la mobilité pendant les manœuvres ou les déplacements.
Ils se présentent sous forme de brassières ou de gilets. Dans ce dernier cas en particulier, ils permettent aussi de fournir une protection aux chocs. Les brassières s’enfilent autour du cou et sont maintenues grâce à des sangles entre le thorax et le bassin. Les gilets disposent généralement de sangles sous cutales pour un meilleur maintien.
Dans la classe de flottabilité 50 N et sous forme de gilets, ils sont peu encombrants et adaptés à la pratique de la voile légère en bord de mer, du kayak ou encore du kite-surf. Mis à part un rinçage à l’eau douce après usage en mer, ils ne demandent pas d’entretien particulier. Ne supportant pas de date de révision (à la différence des gilets gonflables), ils sont une option intéressante si vous pratiquez votre activité nautique de façon occasionnelle : il n’y a pas de risque de devoir reporter votre sortie en mer à cause d’un gilet inutilisable, car vous avez oublié la date de révision.
Si vous pratiquez la voile habitable, les gilets en mousse sont particulièrement adaptés à un usage d’appoint. Le budget reste contenu et la fonction sécuritaire est garantie. Cela vous permet de disposer de l’équipement pour accueillir occasionnellement des membres d’équipage ou des passagers.
Gilets à flottabilité permanente (en mousse) : moins chers à l’achat mais plus encombrants, ces équipements assurent selon leur taille une flottabilité simple par mer calme jusqu’à une flottabilité active par mer agitée permettant notamment le retournement. Ces brassières ou gilets assurent par ailleurs à bord une certaine protection physique en cas de choc.
Gilets gonflables
Le gonflage du gilet est assuré instantanément par une cartouche de CO2 (dioxyde de carbone) dont la percussion est manuelle ou automatique suivant les modèles. Ce type de gilet de sauvetage présente des coûts supplémentaires d’entretien associés au remplacement de la cartouche et du système de déclenchement automatique le cas échéant.
Ils sont disponibles pour toutes les classes de flottabilité de 50 N à 275 N. Généralement plus confortables que leurs homologues en mousse, ils se présentent sous forme de plastron d’encombrement très réduit avec des sangles de fixation et peuvent intégrer un harnais. Correctement ajustés, ils se portent sans perte d’agilité pendant les manœuvres et ne gênent pas dans les déplacements à bord.
En voile habitable, l’équipage habituel et actif est généralement pourvu de gilets gonflables. Les membres d’équipage moins actifs ou les passagers occasionnels peuvent se voir affecter des gilets en mousse.
Gilets gonflables : Plus chers à l’achat, ces gilets ont un encombrement réduit. Ils se portent sur les vêtements et allient sécurité et confort et permettent une meilleure mobilité lors des déplacements ou des manoeuvres.
Déclenchement manuel
Les gilets de sauvetage à déclenchement manuel se gonflent en tirant sur un cordon qui déclenche la percussion de la cartouche de CO2. Ce mode de déclenchement du gilet suppose la participation active du porteur ce qui peut être un risque dans certaines situations et est impossible en cas de perte de connaissance.
Pour pallier ces risques, il existe deux types de gilets à déclenchement automatique.
Déclenchement automatique (hydrosoluble)
Ce type de gilet automatique est bien adapté pour la pratique de la voile en habitable : le gilet de sauvetage se gonfle automatiquement en cas d’immersion dans l’eau. Le gonflage est déclenché par un dispositif sensible à l’eau mais résistant aux embruns et à l’humidité.
Déclenchement automatique (pressiostatique)
Ce système fonctionne avec une valve hydrostatique qui s’active sous l’effet d’une pression faible de l’eau. Ils se déclenchent de façon autonome en cas de chute.
Le gilet d'impact
Le gilet d'impact est une protection nautique indispensable en wakeboard mais aussi en kitesurf pour se protéger des chocs en cas de chutes.
Qu'est-ce qu'un gilet impact ?
Un gilet impact est une protection spécialement conçue pour absorber et répartir les chocs lors d'une chute afin d'éviter des blessures plus ou moins graves. Ils sont fabriqués à partir de matériaux solides tels que le néoprène qui offrent une résistance optimale et une grande flexibilité.
Attention : les gilets d'impact ne sont pas des gilets de sauvetage ni des gilets de flottabilité, flotter n'étant pas leur plus grande qualité.
Définition et description
Principalement utilisés dans le kitesurf, le windsurf et le wakeboard, les gilets d'impact protègent la poitrine, la colonne vertébrale et le dos des personnes qui pratiquent ces sports en cas de chutes accidentelles. Ils sont conçus pour être portés sous un harnais et/ou une veste de flottaison. Ils sont disponibles pour tous âges et tailles - y compris ceux adaptés aux femmes.
Fonctionnalités
Les gilets impact limitent les traumatismes liés aux chutes ou autres accidents grâce à la mousse rigide qui favorise l'absorption des chocs. Certains modèles sont équipés d'une fermeture éclair qui les rend plus faciles à mettre mais moins ergonomiques lorsqu'on porte une combinaison par-dessus.