Nouveaux gilets de sauvetage : Guide complet de sélection et de sécurité

À bord, le gilet de sauvetage n'est pas un accessoire : c'est l'équipement qui fait la différence entre un incident et un drame. Pourtant, face à la diversité des modèles, flottabilité, déclenchement, sous-cutale, certification SOLAS, le choix peut vite devenir un casse-tête. Pour assurer votre sécurité en mer, choisir le bon gilet de sauvetage est primordial. C’est en partie de la bonne qualité de votre matériel de sécurité que votre vie dépend. Avant toute sortie en mer, assurez-vous que votre embarcation compte un nombre suffisant de gilets : un par personne qui embarque à bord. Les chutes à la mer sont plus fréquentes qu’on ne le pense.

Normes et réglementation européenne

L'Europe impose des normes strictes pour l'utilisation d'un gilet de sauvetage ou d'une aide à la flottabilité. Tous les gilets de sauvetage doivent donc être agréés CE (ou ISO). Cette information doit être apposée sur l'étiquette de conformité présente sur le gilet. La division 240 rend l'Équipement Individuel de Flottabilité (EIF) obligatoire pour tout type de navigation de plaisance. Depuis janvier 2010, cette réglementation est déterminée par la Division 240 et encadre les modèles à porter en fonction du type d’excursion et des zones de navigation.

La norme européenne définit les gilets en fonction de leur flottabilité exprimée en newtons (N), qui indique la force de portance du gilet une fois gonflé. Plus elle est élevée, mieux le gilet retourne et maintient un corps inconscient, notamment lesté de vêtements humides. Il s’agit d’une flottabilité type pour un porteur de 70 kg.

  • 50 Newtons : En dessous de 100 N, une brassière est considérée comme une aide à la flottabilité. Adaptée à un adulte de corpulence moyenne, elle offre un faible encombrement, mais présente des performances limitées en eaux agitées.
  • 100 Newtons : Adapté à un adulte de corpulence moyenne, ce niveau de flottabilité est destiné aux personnes susceptibles d'avoir à attendre l'arrivée des secours en eaux abritées.
  • 150 Newtons : Adapté à un adulte de corpulence moyenne, c'est le standard pour la navigation côtière et hauturière. Au-delà de 6 miles, votre gilet doit présenter une puissance de 150 Newtons.
  • 275 Newtons : Adapté à un adulte de corpulence moyenne, ce niveau de gilet de sauvetage est principalement destiné à une utilisation hauturière, y compris dans des conditions extrêmes.

Types de gilets et dispositifs de flottabilité

Une distinction fondamentale est généralement faite entre les gilets de sauvetage, à gonflage automatique ou semi-automatique, et l'équipement individuel de flottabilité comme les gilets de sauvetage en mousse.

Gilets à flottabilité permanente (en mousse) : Moins chers à l’achat mais plus encombrants, ces équipements assurent selon leur taille une flottabilité simple par mer calme jusqu’à une flottabilité active par mer agitée permettant notamment le retournement. Ces brassières ou gilets assurent par ailleurs à bord une certaine protection physique en cas de choc.

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Gilets gonflables : Plus chers à l’achat, ces gilets ont un encombrement réduit. Ils se portent sur les vêtements et allient sécurité et confort, permettant une meilleure mobilité lors des déplacements ou des manœuvres. La flottabilité est assurée par l’action d’une bouteille de gaz CO2 capable de gonfler instantanément des réservoirs d’air.

Il existe trois modes de déclenchement pour les modèles gonflables :

  1. Gilet gonflable manuel : Il est constitué d’un poinçon à actionner manuellement en cas de chute. Ce poinçon perfore l’opercule de la bouteille de gaz qui gonfle le gilet.
  2. Gilet gonflable automatique (pastille de cellulose) : Ce système fonctionne avec une cartouche munie d’un élément soluble mais résistant à l’humidité et aux embruns. Le gilet se déclenche après immersion dans l’eau.
  3. Gilet gonflable automatique pressiostatique : Ce système fonctionne avec une valve hydrostatique qui s’active sous l’effet d’une pression faible de l’eau. Ils se déclenchent de façon autonome en cas de chute.

Mécanismes de gonflage et fiabilité technique

Le système de déclenchement est l'un des critères techniques les plus importants. Ce mécanisme de gonflage automatique repose sur une combinaison d'immersion et de pression. Il ne s'active qu'en cas d'immersion complète dans l'eau, à une profondeur minimale de 10 cm. Le ressort actionne alors un dispositif de percussion, qui perce l'extrémité de la cartouche de gaz.

Le système UML MK5 est un système de gonflage automatique à pastille hydrosoluble, reconnu pour sa fiabilité et sa grande rapidité de déclenchement. Dans des conditions normales d'utilisation, le gilet de sauvetage est entièrement gonflé en environ 3 secondes après l'immersion du mécanisme. Le système UML Pro Sensor Elite®, plus récent, constitue une évolution du MK5. Il intègre des indicateurs visuels avancés permettant à l'utilisateur de vérifier que la cartouche de CO₂ est correctement installée et fonctionnelle. Un indicateur visuel, situé à l'avant du mécanisme, permet à l'utilisateur de vérifier d'un coup d'œil le bon positionnement de la cartouche et le bon état de fonctionnement du système.

Pour les professionnels de la mer et les conditions les plus exigeantes, les gilets SOLAS répondent à un cahier des charges renforcé. Ils doivent être dotés de deux chambres indépendantes, chacune équipée de son propre système de gonflage automatique.

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Équipements complémentaires et sécurité active

Les accessoires ne sont pas des gadgets. Sous-cutale (pour éviter que le gilet ne remonte sur la tête), boucle de harnais en tissu, fenêtre de visualisation de la cartouche, bandes réfléchissantes, sifflet, poche pour balise personnelle, lampe flash SOLAS, capuche anti-embruns… Ces éléments sont cruciaux.

Dans la réglementation de la division 240, il faut impérativement à bord un dispositif lumineux. Le feu individuel doit être étanche, avoir une autonomie de 6 heures, et doit être impérativement soit porté par chaque personne à bord, soit fixé sur l'équipement individuel de flottabilité. Il est également recommandé d'équiper votre gilet de sauvetage d’un sifflet fixé de telle manière que son utilisation se fasse sans difficulté.

En cas de conditions de navigation difficiles, le harnais de sécurité garantit des déplacements plus sûrs sur le pont. La norme EN ISO 12401 définit les exigences des harnais de sécurité et lignes de vie. En navigation hauturière, au-delà de 6 milles d'un abri, tout voilier doit être équipé d'un harnais et d'une longe par personne embarquée. Pour les navires non voiliers, la présence d'au moins un harnais et d'une longe est obligatoire.

Innovations et ergonomie : Le cas du LJ180N

Le secteur innove constamment pour répondre aux besoins des navigateurs. Les Sauveteurs en Mer (SNSM) et Tribord ont co-conçu un gilet-harnais, le LJ180N, fruit de trois années de conception. Ce gilet est le premier du marché doté d'une vessie asymétrique, facilitant le retournement. Cette vessie, en forme de bélier, assure au mieux le maintien de la tête hors de l'eau. Il est capable de retourner sur le dos une personne qui tombe à l’eau, même si l’on chute la tête en avant.

Le défi était de créer un gilet que l'on ait envie de garder pendant ses sorties en mer. Le gilet pèse moins de 1,5 kg et a bénéficié d'un travail poussé sur l'ergonomie et le confort. L'entreprise britannique TeamO Marine annonce également que son nouveau design, prévu pour le printemps 2025, constitue une évolution de la technologie des gilets de sauvetage. Le modèle 150N du Hi-Lift dépasse les performances de la norme ISO des gilets de sauvetage 275N grâce à une "répartition optimisée de la flottabilité", qui réorganise les éléments de flottaison pour les placer au-dessus de la ligne de flottaison.

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Maintenance et vérifications périodiques

Les gilets de sauvetage ont une durée de vie limitée, accentuée par les agressions auxquelles ils sont soumis : rayonnement ultra-violet, sel, abrasion, micro-organismes, hydrocarbures, compression. En mer, le nettoyage à l’eau douce après chaque utilisation est préconisé, le stockage dans un endroit sec, aéré et à l’abri des rayonnements solaires est recommandé. Les réparations de fortune sont déconseillées.

Un contrôle tactile et visuel doit être réalisé régulièrement. Pour les gilets gonflables, il vous faudra remplacer la cartouche de gaz après utilisation du gilet de sauvetage, ou si elle n'est plus opérationnelle. Pour un gilet automatique, il faudra en plus changer également la pastille à sa date d'expiration ou après utilisation du gilet. Un gilet gonflable se contrôle dans son intégralité : état de la vessie, état de la cartouche CO₂, pastille de déclenchement, sangles. Nous vous recommandons une révision annuelle pour rester efficace le jour où vous en aurez besoin.

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