Guide complet de l'équipement de flottaison : Choisir, utiliser et entretenir son gilet de sauvetage

Le gilet de sauvetage est l'équipement qu'on espère ne jamais utiliser, d'où la tentation de le choisir à la légère, ou de l'oublier au fond du coffre. Choisir un gilet, ce n'est pas prendre le moins cher chez le shipchandler. Trois choses comptent vraiment : la différence entre flotter et être sauvé, le niveau adapté à votre navigation, et l'entretien qui fait qu'il fonctionnera le jour venu. Cet article détaille les spécificités des gilets de sauvetage et des aides à la flottabilité pour garantir votre sécurité en toutes circonstances.

Comprendre la flottabilité et les normes de sécurité

La flottabilité correspond à la capacité d'un objet à flotter une fois immergé dans l'eau. Dans le cas des VFI (vêtements de flottaison individuels), les différents types de gilets de sauvetage offrent des niveaux de flottabilité différents. L'indice de flottabilité, exprimé en Newtons (N), détermine la capacité du gilet à maintenir son porteur hors de l'eau. Tous ces équipements répondent à la norme NF EN ISO 12402 et portent le marquage CE ou « barre à roue ».

Il est crucial de distinguer l'aide à la flottabilité du gilet de sauvetage. Une aide à la flottabilité de 50 newtons garde une personne à la surface à condition qu'elle soit consciente et qu'elle nage. Elle ne retourne pas quelqu'un d'évanoui. C'est un équipement de sport nautique, pas un filet de sécurité pour un homme à la mer inconscient. À l'inverse, un gilet de sauvetage (100, 150 ou 275N) est conçu pour retourner une personne inconsciente sur le dos, voies respiratoires dégagées, sans effort de sa part. La différence se joue dans la minute qui suit une chute : tête sous l'eau ou tête à l'air. C'est toute la nuance entre « ça flotte » et « ça sauve ».

Au Canada, les gilets de sauvetage doivent être approuvés par Transports Canada, la Garde côtière canadienne ou Pêches et Océans Canada. Pour savoir si votre gilet de sauvetage est conforme aux normes, vérifiez son étiquette. Les étiquettes plus récentes comportent un numéro indiquant la flottabilité (50, 70, 100 et 150), qui indique le nombre de newtons de flottabilité. Plus le nombre est élevé, plus la flottaison est importante.

Les indices de flottabilité selon les zones de navigation

La réglementation française (Division 240) fixe un minimum selon la distance qui vous sépare d'un abri. L'indice 50N (Aide à la flottabilité) est destiné aux nageurs confirmés évoluant à moins de 2 milles d'un abri. Il n'assure pas le retournement. Le 100N (Navigation côtière) garantit le retournement et maintient la tête hors de l'eau d'une personne inconsciente ; il est réglementaire jusqu'à 6 milles d'un abri et convient aux navigations côtières diurnes avec météo favorable. Le 150N est recommandé pour toutes zones de navigation, notamment la navigation semi-hauturière et hauturière au-delà de 6 milles. Enfin, le 275N est réservé à un usage professionnel et aux conditions extrêmes, comme la navigation hauturière sportive par mauvais temps.

Lire aussi: Normes des gilets de wakeboard

Le poids du porteur influence directement l'efficacité du gilet. En général, on prend son poids corporel et on en soustrait 80 % (qui représentent l'eau) et 15 % (qui représentent la graisse). Le poids restant est votre "poids mort". Par exemple, une personne qui pèse 100 kg sur terre ne pèsera que 5 kg dans l'eau. N'oubliez pas qu'il existe d'autres facteurs que la flottabilité à prendre en considération lors du choix d'un vêtement de flottaison approprié, tel que la taille, le type (gilet gonflable ou gilet en mousse), la possibilité de se retourner et le soutien de la tête.

Choisir entre gilet en mousse et gilet gonflable

Il existe deux familles de gilets, répondant à des logiques différentes. Le gilet en mousse flotte en permanence, sans mécanisme. Il est increvable, sans mécanisme ni cartouche à entretenir (on vérifie simplement sangles, boucles et coutures), et reste le plus sûr pour les enfants, les non-nageurs et les personnes qui ne sauraient pas réagir en cas de problème. Son défaut est qu'il est encombrant et tient chaud.

Le gilet gonflable se porte comme un harnais léger : confortable, peu encombrant, on le garde sur le dos toute la journée sans y penser. C'est son grand avantage, car le meilleur gilet est celui qu'on porte vraiment. En contrepartie, il dépend d'un mécanisme et d'une bouteille de CO2, donc il exige un entretien régulier. Pour un équipier qui ne le surveillera pas, la mousse reste plus sûre.

Sur un gilet gonflable, le système de déclenchement est déterminant. Le modèle manuel se gonfle quand vous tirez la poignée. L'automatique (pastille UML) utilise une pastille hydrosoluble qui fond au contact de l'eau. C'est le standard pour la plaisance. L'hydrostatique (type Hammar) se déclenche sous la pression de l'eau, à quelques centimètres d'immersion, ce qui le rend insensible aux embruns et à la pluie.

La sécurité des enfants et les exigences spécifiques

Pour les enfants de 30 kg ou moins, il ne faut faire aucune approximation. Quelle que soit la distance d'un abri, un enfant doit disposer d'un gilet de niveau 100 minimum, porté en permanence. Le gilet doit être adapté à son poids et muni d'une sous-cutale (la sangle qui passe entre les jambes) pour qu'il ne lui remonte pas par-dessus la tête dans l'eau.

Lire aussi: Tout savoir sur les gilets Aqualung

Pour la navigation hauturière (au-delà de 6 milles), le gilet doit permettre la fixation d'un harnais et d'une longe pour rester solidaire du bateau en cas de chute. Le gilet automatique avec harnais 150N constitue le standard pour la voile hauturière. La coupe ajustée évite les gênes lors des manœuvres, tandis que la coupe échancrée facilite les mouvements de pagaie pour les sports nautiques comme le kayak ou le paddle.

Lire aussi: Tout savoir sur les gilets de kitesurf

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *