Guide complet sur les gilets de sauvetage et l'innovation Tribord LJ180N

À bord, le gilet de sauvetage n'est pas un accessoire : c'est l'équipement qui fait la différence entre un incident et un drame. Pourtant, face à la diversité des modèles : flottabilité, déclenchement, sous-cutale, certification SOLAS. Le choix peut vite devenir un casse-tête. L'Europe impose des normes strictes pour l'utilisation d'un gilet de sauvetage ou d'une aide à la flottabilité. Tous les gilets de sauvetage doivent donc être agréés CE (ou ISO). Cette information doit être apposée sur l'étiquette de conformité présente sur le gilet. La division 240 rend l'Équipement Individuel de Flottabilité (EIF) obligatoire pour tout type de navigation de plaisance.

Les niveaux de flottabilité et la réglementation

La flottabilité est exprimée en newtons (N) et indique la force de portance du gilet une fois gonflé. Plus elle est élevée, mieux le gilet retourne et maintient un corps inconscient, notamment lesté de vêtements humides.

  • 50 Newtons : En dessous de 100 N, une brassière est considérée comme une aide à la flottabilité. Cette flottabilité minimale est adaptée à un adulte de corpulence moyenne. Ces vêtements offrent un faible encombrement, mais présentent des performances limitées en eaux agitées. Un gilet par personne embarquée est requis.
  • 100 Newtons : Adapté à un adulte de corpulence moyenne, ce niveau de flottabilité est destiné aux personnes susceptibles d'avoir à attendre l'arrivée des secours en eaux abritées. Un gilet par personne embarquée est obligatoire pour les sorties à la journée.
  • 150 Newtons : Adapté à un adulte de corpulence moyenne, c'est le standard pour la navigation de plaisance. Ces chiffres sont des minimums légaux.
  • 275 Newtons : Ce niveau de gilet de sauvetage est principalement destiné à une utilisation hauturière, y compris dans des conditions extrêmes. Ces gilets doivent être portés en haute mer pour prévenir les conditions extrêmes.

Systèmes de déclenchement et composants techniques

Le système de déclenchement est l'un des critères techniques les plus importants. Ce mécanisme de gonflage automatique repose sur une combinaison d'immersion et de pression. Il ne s'active qu'en cas d'immersion complète dans l'eau, à une profondeur minimale de 10 cm. Le ressort actionne alors un dispositif de percussion, qui perce l'extrémité de la cartouche de gaz.

Le système UML MK5 est un système de gonflage automatique à pastille hydrosoluble, reconnu pour sa fiabilité et sa grande rapidité de déclenchement. Dans des conditions normales d'utilisation, le gilet de sauvetage est entièrement gonflé en environ 3 secondes après l'immersion du mécanisme. La capsule automatique contient un ressort puissant, maintenu comprimé par un élément en papier hydrosoluble. Le système UML Pro Sensor Elite®, plus récent, constitue une évolution du MK5. Il intègre des indicateurs visuels avancés permettant à l'utilisateur de vérifier que la cartouche de CO₂ est correctement installée et fonctionnelle. Un indicateur visuel, situé à l'avant du mécanisme, permet à l'utilisateur de vérifier d'un coup d'œil le bon positionnement de la cartouche et le bon état de fonctionnement du système.

Sécurité active : Le harnais et la vie à bord

En cas de conditions de navigation difficiles, le harnais de sécurité garantit des déplacements plus sûrs sur le pont. La norme EN ISO 12401 définit les exigences des harnais de sécurité et lignes de vie. En navigation hauturière, au-delà de 6 milles d'un abri, tout voilier doit être équipé d'un harnais et d'une longe par personne embarquée. Pour les navires non voiliers, la présence d'au moins un harnais et d'une longe est obligatoire.

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Des accessoires comme la sous-cutale (pour éviter que le gilet ne remonte sur la tête), la boucle de harnais en tissu, la fenêtre de visualisation de la cartouche, les bandes réfléchissantes, le sifflet, la poche pour balise personnelle, la lampe flash SOLAS et la capuche anti-embruns ne sont pas des gadgets. Un gilet qu'on ne porte pas ne sauve personne.

L'innovation : Le gilet LJ180N co-conçu par la SNSM et Tribord

Les Sauveteurs en Mer et Tribord avaient une envie commune : créer un produit de référence pour la sécurité des plaisanciers et des marins, souligne Marc Sauvagnac, directeur général de la SNSM. En résulte un gilet de sauvetage comme aucun autre, le LJ180N. Ce gilet-harnais est à part. Autogonflant, il est capable de retourner sur le dos une personne qui tombe à l'eau en toutes circonstances, même si l'on chute la tête en avant, se félicite Guénolé Havard, le directeur de la marque Tribord.

La norme qui encadre les gilets de sauvetage demande que le naufragé se retourne, même s'il est inanimé et tombe la tête la première dans l'eau. Or, on sait qu'une fois vêtus d'un ciré complet et de bottes, des poches d'air se forment et contrarient ce retournement. Tribord et la SNSM ont donc décidé de fabriquer un gilet qui fonctionnera aussi si le marin est entièrement équipé.

Pour que le retournement soit assuré, le gilet Tribord possède une vessie en forme de bélier qui forme un volume déporté de l'axe du corps. Cette vessie asymétrique facilite le retournement et assure au mieux le maintien de la tête hors de l'eau. Pour répondre à toutes les situations et toutes les corpulences, Tribord a opté pour une flottabilité de 180 Newtons, dépassant ainsi le minimum réglementaire de 150 Newtons.

Ergonomie et design au service de l'utilisateur

L'autre défi était de créer un gilet que l'on ait envie de garder pendant ses sorties en mer. Le gilet pèse moins de 1,5 kg. La forme en goutte d'eau, qui s'enfile par la tête, a été retenue car elle dégage bien les épaules et ne gêne pas les bras, notamment quand on doit remonter sur une échelle après être tombé à l'eau. Une sangle réglable sur l'arrière, dans le dos, est là aussi pour retenir le col en arrière et éviter qu'il ne pèse sur le cou.

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Le gilet est modulable : d'un côté le harnais et de l'autre la vessie gonflable, le tout relié par un zip facilement connectable. Avec un seul accessoire, on peut continuer à porter son harnais même si on l'allège de son gilet. Le choix de la couleur orange vif de la vessie a été retenu après que des tests ont démontré que le jaune se voit moins avec le soleil et le vert est moins lisible la nuit. Les bandes réfléchissantes sont positionnées pour être visibles à 360°, tout comme la lampe flash, disposée de manière à ne pas éblouir le naufragé.

Le gilet est prévu pour recevoir une balise AIS ou PLB, grâce à des passants dédiés. Un œillet sur l'arrière du col permet d'installer une capuche anti-embruns, laquelle peut être rangée dans un volume laissé dans le col. Pour faciliter l'entretien, Tribord a conçu un système de repliage numéroté, guidant l'utilisateur, avec des vidéos tutos accessibles via un QR code.

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