Le gilet de sauvetage est un équipement de sécurité nautique d'une importance capitale, dont le fonctionnement repose sur des principes simples mais efficaces : exercer une poussée verticale pour maintenir les voies respiratoires du porteur hors de l'eau. Comprendre comment fonctionne votre gilet de sauvetage vous permet de le manipuler avec aisance et d'assurer votre protection et celle de vos proches pendant la navigation. Il est primordial de choisir l'équipement adapté à votre pratique pour garantir une sécurité optimale.
L'Importance Cruciale de la Sangle Entre-Jambes (Sous-Cutale)
Parmi les composants essentiels d'un gilet de sauvetage, la sangle entre-jambes, également appelée sous-cutale, est d'une importance capitale. Bien qu'elle ne soit pas toujours l'élément préféré de chacun, elle est pourtant absolument essentielle. Sa fonction principale est d'empêcher le gilet de glisser par-dessus la tête en cas d'immersion brusque dans l'eau. Sans cette sangle, le gilet peut tourner et bouger, ce qui peut placer le visage du porteur, et donc ses voies respiratoires, dans l'eau, augmentant significativement le risque de noyade.
Le but premier d'un gilet de sauvetage est de retourner immédiatement le porteur sur le dos, avec la tête soutenue, lorsqu'il tombe à l'eau. Grâce à la sangle entre-jambes, la position dans l'eau est beaucoup plus stable et le maintien sur le dos est amélioré. La sangle entre-jambes doit être bien fixée, assurant ainsi que le gilet reste dans la bonne position, mais sans être trop serrée pour ne pas gêner le porteur. Il est essentiel de la serrer suffisamment sans que cela ne devienne gênant. Mullion, par exemple, a ajouté des sangles d'entrejambe détachables à ses gilets de sauvetage, même si elles ne sont pas requises par la loi, par détermination à ce que leurs gilets sauvent effectivement des vies. La vidéo, dont il est fait mention, montre d'ailleurs comment le gilet de sauvetage d'une personne sans sangle d'entrejambe se gonfle mais se déplace immédiatement vers le haut, par-dessus sa tête, ne la maintenant clairement pas à flot en toute sécurité. Lorsqu'on porte une sangle d'entrejambe, le gilet de sauvetage reste en place et permet d'assurer un support aquatique adéquat, comme prévu.
Pour les gilets de sauvetage traditionnels, la sangle entre-jambes est fournie par défaut et presque toujours incluse. Ce n'est cependant pas le cas pour les gilets d'aide à la flottabilité (ceux de 50 Newtons). Ces gilets, destinés à aider à flotter et vendus pour de nombreux sports aquatiques et de plus en plus pour les enfants (par exemple pour la piscine ou la mer), ne l'incluent pas toujours. Pour s'assurer qu'un gilet reste bien en place, nous recommandons toujours, surtout pour les enfants, d'ajouter une sangle entre-jambes détachable. Les sangles entre-jambes peuvent sauver des vies et il est crucial de toujours bien les fixer. Il est important de noter que, bien que l'ajout d'une sangle d'entre-jambe aux gilets de sauvetage ne soit pas toujours obligatoire, les procédures d'essai changent et il sera bientôt obligatoire de tester les gilets de sauvetage avec et sans sangle d'entre-jambe. De manière générale, la sous-cutale améliore le maintien de l’équipement gonflé sur l’utilisateur. Elle est indispensable si le gilet n’est pas bien préformé, et moins essentielle si le gilet est préformé et correctement réglé sur le marin.
Principes Fondamentaux et Catégories des Gilets de Sauvetage
Le fonctionnement d'un gilet de sauvetage repose sur sa capacité à fournir une flottabilité suffisante pour maintenir la tête d'une personne hors de l'eau. Un gilet de sauvetage de 150 Newtons (N) suffira généralement à maintenir la tête d'un adulte hors de l'eau. Les gilets de sauvetage sont conçus pour vous maintenir à la surface de l'eau et vous placeront automatiquement dans une position «tête vers le haut» dans laquelle votre bouche et vos narines seront maintenues hors de l'eau afin de prévenir tout risque de noyade. Il ne faut pas oublier que ces gilets ne sont pas destinés à vous tenir chaud ; s'il existe un risque de tomber dans de l'eau froide, il est impératif de porter des vêtements chauds ou de protection adaptés.
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Il existe une distinction fondamentale entre les gilets de sauvetage et les gilets d'aide à la flottabilité. Les gilets de sauvetage sont principalement axés sur la protection contre la noyade en assurant un retournement automatique du corps et le maintien des voies respiratoires hors de l'eau, même en cas d'inconscience. Les gilets d'aide à la flottabilité, dont la flottabilité s'élève à 50 Newtons, sont destinés à aider à flotter et sont adaptés à des activités telles que la navigation côtière, le cabotage, la natation, la planche à voile, le dériveur léger, le ski nautique, le jet ski et le kitesurf. Leur polyvalence permet ainsi de s'adapter à de nombreux sports d'eau. Cependant, le défaut des gilets mousse est qu'ils n'assurent pas systématiquement le retournement de la personne lorsqu'elle est dans une situation à risque dans l'eau.
Types de Gilets de Sauvetage et Leurs Spécificités d'Activation
Les gilets de sauvetage se déclinent en plusieurs types, chacun adapté à des situations et des usages spécifiques. On trouve les gilets en mousse et les gilets gonflables.
Les gilets en mousse offrent une sécurité basique grâce à un système manuel de sangle de serrage pour un meilleur ajustement. Ils offrent un niveau de sécurité standard jusqu'à 2 milles des côtes, ou en plan d'eau fermé, pour tout individu sachant nager. Leur inconvénient majeur est qu'ils n'assurent pas toujours le retournement automatique de la personne dans l'eau.
Les gilets gonflables, en revanche, sont conçus pour offrir une flottabilité optimale et une grande sécurité. Par défaut, un gilet de sauvetage gonflable se porte dégonflé. Son déclenchement peut être automatique ou manuel. Tous les gilets de sauvetage gonflables sont également équipés de commandes manuelles de secours, souvent un embout buccal permettant de terminer de le gonfler en cas de dysfonctionnement du système automatique, après avoir dévissé d’un quart de tour les cartouches de gonflage.
Deux dispositifs de commande principaux sont utilisés pour le gonflage automatique :
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- Le système UML : Ce système se déclenche au contact de l'eau. La bouteille de gaz contient un ressort équipé d'une aiguille, qui est maintenu par une pastille en papier. Cette pastille libère le ressort et l'aiguille au simple contact de l'eau, perforant ainsi la cartouche de gaz et gonflant la chambre. L'intérêt du gilet de sauvetage UML réside dans son extrême rapidité de gonflage, ce qui en fait un produit très efficace en cas d'urgence. Son prix est également un avantage, car des modèles peuvent être deux fois moins chers que les gilets hydrostatiques Hammar. Cependant, en optant pour ce système, on n'est pas à l'abri de déclenchements intempestifs causés par l'humidité dans le bateau ou des projections d'embruns.
- Le système hydrostatique (Hammar) : La principale utilité du gilet de sauvetage Hammar est son fonctionnement spécifique. Il vise principalement à donner davantage de libertés sur le navire car le porteur ne risquera pas son déclenchement inopiné à cause d'embruns ou de paquets de mer. Ce système permet d'éviter les déclenchements intempestifs qui peuvent survenir sur les percuteurs non-hydrostatiques exposés régulièrement à l'humidité ambiante (pluie, paquet de mer, eau de lavage, etc.).
Les gilets gonflables sont souvent en nylon avec une enduction polyuréthane. Certains gilets sont mono-chambre, comme le gilet en nylon avec enduction polyuréthane qui se gonfle automatiquement dans les quatre secondes suivant son immersion dans l'eau. Il peut aussi être gonflé manuellement, en tirant sur le cordon qui y est fixé. D'autres sont double-chambre, dotés de deux dispositifs de commande qui s'activent automatiquement dans l'eau et gonflent le gilet en quatre secondes, augmentant la fiabilité.
La Flottabilité en Newtons et les Normes d'Utilisation
La flottabilité d'un gilet de sauvetage est mesurée en Newtons (N) et constitue une contrainte technique primordiale à considérer. Il faut retenir que plus cette unité est faible, moins le gilet sera efficace selon l'éloignement des côtes et les conditions maritimes.
- 50 Newtons (N) : La flottabilité d'un vêtement de flottaison individuel s'élève à 50 newtons. Cela est amplement suffisant pour pratiquer des activités telles que la navigation côtière, le cabotage, voire même la natation. Côté sports aquatiques, ces gilets paddle & kayak conviendront aussi à la pratique de la planche à voile, du dériveur léger, du ski nautique, du jet ski et du kitesurf. Cependant, ils n'assurent pas le retournement automatique du porteur.
- 150 Newtons (N) : Son usage est destiné à la navigation hauturière de plaisance et sportive, et est préconisé pour la conduite de bateaux à voile et à moteur, ou pour de la régate en catamaran à voile ou à moteur, notamment pour les navigations à plus de 6 milles nautiques des côtes. Un gilet de sauvetage de 150N suffira à maintenir la tête d'un adulte hors de l'eau.
- 275 Newtons (N) : Son emploi est destiné à la navigation hauturière sportive et à l'usage professionnel. Il est préconisé pour la conduite de navires à voile et à moteur, de vaisseaux industriels et de vaisseaux professionnels, ou pour des navigations en haute mer et conditions extrêmes.
Il est important de prendre en compte que les normes appliquées en Europe, notamment les normes européennes ISO 12402-1 à 10 définissant les critères de confort et de flottabilité, ne sont pas les mêmes que dans d'autres continents. Les gilets de sauvetage sont catégorisés selon un usage bien précis, et choisir l'équipement adapté à votre pratique est tout aussi primordial.
Les Équipements de Sécurité Complémentaires et Accessoires
Au-delà du gilet lui-même, de nombreux accessoires peuvent considérablement améliorer la sécurité et les chances de survie en mer.
- Balise lumineuse : La balise lumineuse, consistant en une unité hydro-active étanche sur pile, est un élément de visibilité crucial, de jour comme de nuit. Elle s'allume lorsque l'on tire sur le cordon d'activation, ce qui ôte les étanchéités et immerge la cellule de commande dans l'eau. Une autre balise, enserrée dans un boîtier inamovible fixé au col du gilet, est conçue pour s'activer automatiquement lorsque sa pile est immergée dans l'eau de mer (elle fonctionne aussi dans l'eau douce, mais moins efficacement). Il est recommandé de fixer une balise lumineuse sur votre gilet de sauvetage lorsque la visibilité risque d'être médiocre. Après usage, il faut remplacer les piles des balises lumineuses qui ont été activées par une immersion dans l'eau, ou si les étanchéités ont été brisées pour une quelconque autre raison.
- Sifflet : Un sifflet est souvent inclus pour attirer l'attention des sauveteurs.
- Boucle de levage : Permet de hisser plus facilement la personne hors de l'eau.
- Harnais de sécurité et longe : La boucle harnais permet de fixer une longe au gilet et ainsi s'accrocher au navire. La longe, de préférence en 3 points, permet de s'attacher au bateau et de se déplacer en restant toujours attaché. Il est conseillé de veiller à prendre un mousqueton ergonomique afin que l'utilisation de la longe ne soit pas un effort pour le marin.
- Lampe flash : Augmente la visibilité de l'homme à la mer. Le déclenchement automatique est préférable pour éviter de se fatiguer et de se refroidir lorsque l'on tombe à l'eau, car mieux vaut être vu, automatiquement et sans effort.
- Capuche anti-embruns : Elle se range dans une petite poche que l'on fixe sur une sangle du gilet et se déploie manuellement une fois le gilet gonflé dans l'eau. Son objectif est d'empêcher la noyade due aux vagues et aux embruns, car le risque de noyade avec le gilet gonflé augmente avec le temps, l'hypothermie et la fatigue conduisant la personne à secourir à boire la tasse.
Historiquement, lors de l'invention du premier gilet de sauvetage, un modèle unique était disponible et était dédié à l'activité militaire. Heureusement, les temps ont changé. De nos jours, l'offre de gilets de sauvetage est extrêmement variée et permet de se procurer du matériel ultra personnalisable et adapté à sa pratique, que l'on soit débutant ou professionnel. Il est important de garder à l'esprit que certains gilets sont dotés de fonctions bien précises et sont préconisés pour des activités particulières.
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Réglementation et Port Correct du Gilet de Sauvetage
Le port correct d'un gilet de sauvetage peut sauver une vie. Selon les chiffres de la Croix-Rouge, plus de 87 % des personnes qui se noient ne portent pas de gilet de sauvetage. Savoir nager ne suffit pas pour survivre aux accidents de bateau ; le port d'un gilet de sauvetage donne aux sauveteurs un délai supplémentaire pour parvenir jusqu'à vous et vous sauver.
Il est cependant essentiel de porter un gilet de sauvetage bien ajusté et de le porter correctement. Tout d'abord, le gilet de sauvetage doit être adapté à votre physique ; il ne doit être ni trop grand ni trop petit. Il ne doit pas y avoir plus d'un poing d'espace entre votre corps et votre gilet de sauvetage. Il doit vous aller comme un gant ! Le travail réalisé par les fabricants sur les formes 3D des poumons et de l'enveloppe extérieure permet désormais de porter son gilet de sauvetage non pas sur le cou, mais sur les épaules. Les gilets se portent désormais « haut » et sur les épaules.
Pour les professionnels, le gilet de sauvetage est depuis 2007 un équipement de sécurité nautique obligatoire pour les gens de mer. Comme tout Équipement de Protection Individuelle (EPI), ses règles de mise à disposition et d'utilisation à bord sont encadrées par la réglementation. En tant qu'EPI destiné à la lutte contre le risque de noyade, les gilets de sauvetage (et tous les Vêtements de Flottaison Individuels - VFI) sont soumis aux normes européennes ISO 12402-1 à 10 définissant les critères de confort et de flottabilité. Pour les plaisanciers, la division 240 impose d'avoir à bord des Équipements Individuels de Flottabilité (EIF) en quantité suffisante, mais n'impose pas leur port en permanence.
Dans le domaine de l'aviation, des réglementations spécifiques s'appliquent également :
- Avions terrestres : L'exploitant ne peut exploiter un avion terrestre survolant une étendue d'eau à plus de 50 milles nautiques de la côte, ou décollant d'un aérodrome ou atterrissant sur un aérodrome où la trajectoire de décollage ou d'approche est disposée de façon telle au-dessus de l'eau qu'en cas de problème la probabilité d'un amerrissage existe, que si cet avion est équipé, pour chaque personne à bord, d'un gilet de sauvetage muni d'une balise lumineuse de survie. Chaque gilet de sauvetage doit être rangé dans un endroit facilement accessible à partir du siège ou de la couchette de la personne à qui le gilet est destiné. Les gilets de sauvetage pour bébés peuvent être remplacés par tout autre dispositif de flottaison approuvé et muni d'une balise lumineuse de survie.
- Hydravions et avions amphibies : L'exploitant ne peut exploiter un hydravion ou un avion amphibie au-dessus de l'eau que si cet appareil est équipé, pour chaque personne à bord, d'un gilet de sauvetage muni d'une balise lumineuse de survie. Chaque gilet de sauvetage doit être rangé dans un endroit facilement accessible à partir du siège ou de la couchette de la personne à qui le gilet est destiné.
Maintenance, Inspection et Durabilité des Gilets de Sauvetage
Adopter les bons réflexes pour entretenir votre gilet de sauvetage est une dernière bonne raison de vous intéresser à son fonctionnement. Grâce à cela, vous comprendrez les raisons d'un potentiel dysfonctionnement et les méthodes pour y remédier.
La maintenance personnelle de votre gilet de sauvetage est un réflexe à adopter, mais il ne remplace pas l'avis d'un professionnel. Dès que possible après usage, il faut dégonfler le gilet de sauvetage et le préparer pour son utilisateur suivant. Les gilets de sauvetage doivent être conservés au sec lorsqu'ils ne sont pas utilisés. Si leur surface extérieure est mouillée, il est impératif de suivre les instructions du fabricant. Tous les gilets de sauvetage doivent être inspectés et entretenus conformément aux instructions du fabricant. Il est recommandé, tous les mois, de retirer le gilet de sa housse et de l'inspecter visuellement à la recherche de signes visibles de dommages. Concernant les balises lumineuses, il faut remplacer les piles qui ont été activées par une immersion dans l'eau, ou si les étanchéités ont été brisées pour une quelconque autre raison.
Vous rendre chez un spécialiste de la révision du matériel de sauvetage sera également bénéfique pour la durabilité de votre équipement. Les centres homologués sont ouverts à tout public de pratiquants et se chargeront de la révision de votre gilet de sauvetage. L'achat d'un gilet est un investissement pour 10 ans minimum ; il est donc conseillé, deux à trois fois dans la durée de vie du produit, de faire effectuer la révision par un professionnel (comme Ouest Sécurité Marine, par exemple !). Le poumon du gilet sera gonflé et testé à la valeur de pression exigée par le fournisseur. Nous vous recommandons par exemple de faire appel à l'un des 10 centres de révision basés en France du célèbre équipementier allemand de sécurité nautique Secumar, ou du fabricant français Plastimo. Il est aussi possible de faire réviser son gilet directement en Allemagne, pour un prix légèrement plus élevé à cause des frais de livraison.
Conseils Pratiques pour l'Utilisation et l'Adaptation des Gilets
Savoir comment mettre et ajuster correctement un gilet est fondamental, en particulier pour les enfants et les bébés, pour qui des précautions spécifiques sont nécessaires.