L'histoire de Tanguy de Lamotte est celle d'un marin dont la passion pour la course au large est indissociable d'un engagement humanitaire profond et concret. Au-delà des performances sportives et des défis techniques, son parcours est marqué par une détermination sans faille à soutenir l'association Mécénat Chirurgie Cardiaque, offrant ainsi une visibilité précieuse à une cause vitale pour des milliers d'enfants. Ses aventures en mer, qu'il s'agisse de Vendée Globe ou de Transat Jacques Vabre, deviennent autant d'opportunités de sauver des vies, transformant chaque mille parcouru en un geste d'espoir.
Les Fondations d'un Marin : Formation et Premiers Succès
Pour Tanguy de Lamotte, tout commence en 1997, une année charnière où le futur navigateur solitaire part suivre des études d’architecte naval à Southampton. Cette période est déterminante, car très vite, il y fait une série de rencontres essentielles pour sa carrière. Parmi ces figures inspirantes figurent Ellen MacArthur, Brian Thompson et Nick Moloney, des marins qui, plus tard, s’orienteront eux-aussi vers le Vendée Globe après avoir navigué en Mini. Discipliné, méticuleux et avide d’expérience, Tanguy les aide alors à préparer leurs bateaux avec un secret espoir : celui de dessiner et de construire un jour son propre Mini 6.50.
Ce rêve se réalise en 2002, prenant pleinement forme en 2005 avec sa participation à la Mini Transat, où il termine à une honorable 7e place. Fort de cette expérience, il rejoint ensuite le cabinet d’architectes Simon Rogers. Là, il participe à dessiner les plans de son Class40, un bateau avec lequel il réalisera par la suite d’excellentes performances. Son palmarès en Class40 est éloquent, incluant une victoire au Mondial 2008, un succès à la Solidaire du Chocolat en 2009 et une autre victoire à la Fastnet Race en 2011.
Initiatives-Cœur : Un Projet Humanitaire Ancré dans la Voile
Depuis ses débuts dans la voile, Tanguy de Lamotte soutient fidèlement l’une des grandes causes de sa vie. Il s’agit de l’association Mécénat Chirurgie Cardiaque (MCC), une organisation qui opère et prend en charge le temps de leur séjour et de leur convalescence des enfants malades du cœur. Ces enfants vivent souvent dans des pays où les interventions chirurgicales nécessaires pour les sauver sont impossibles, faute de moyens techniques ou financiers. Le marin et ses sponsors ont pour cela choisi de donner gracieusement une visibilité maximale à l’association qu’ils défendent, intégrant la dimension humanitaire au cœur même de leur projet sportif.
Le concept est clair et efficace : transformer chaque clic sur initiatives-cœur.fr en un don de 1 euro de la part des sponsors, permettant ainsi de financer des opérations. Sur le Vendée Globe 2012 et la Transat Jacques Vabre 2013, cette mécanique a permis d'enregistrer plus de 324 000 clics. Cette collecte, à raison de 12 000 euros par intervention, a alors permis d’opérer et de sauver 27 enfants. L'engagement ne s'est pas démenti par la suite, comme en témoignent les objectifs fixés et atteints lors de courses ultérieures. Par exemple, l’objectif des deux hommes, Tanguy et ses sponsors, au départ de la Route du Rhum Destination-Guadeloupe était très clair : sauver au moins dix enfants grâce aux dons récoltés. C’est en réalité 20 enfants qui ont pu être soignés, démontrant l'efficacité et l'ampleur de l'initiative. Tanguy de Lamotte, à son arrivée, a d'ailleurs expliqué, non sans humour : « Le contretemps au départ sur mon avarie de safran a été bien géré par l'équipe. Je suis là à Pointe-à-Pitre avec le bateau, je suis fier. On a fait un super job, on va pouvoir sauver 20 enfants, ça fait de moi le vainqueur (vingt-cœurs) sans avoir gagné ! (rires) ».
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La portée de cette mission est immense. Mécénat Chirurgie Cardiaque opère et soutient des enfants malades du cœur vivant dans des pays où les interventions chirurgicales nécessaires pour les sauver sont impossibles faute de moyens techniques ou financiers. Hébergés dans des familles d’accueil bénévoles et opérés dans 9 villes de France, près de 200 enfants sont pris en charge chaque année. C'est un honneur de participer à cela à 100%, et il ne s'agit pas juste de la déco dans la voile. Tanguy sait exactement ce qu’il se passe et l'équipe y pense pendant les moments difficiles, comme lors d'une réparation, en se rappelant d'une enfant qui a eue une opération à cœur ouvert. On se dit qu’on est là en course, à ne pas abandonner, que nous sommes en pleine forme.
Pour amplifier l'impact et la visibilité de cette cause, Initiatives-Cœur accueille désormais sur sa grand-voile le visage radieux d’Obed, un petit garçon de République Démocratique du Congo opéré et sauvé par Mécénat Chirurgie Cardiaque. Tanguy de Lamotte est également soutenu par un prestigieux parrain de cœur en la personne du jeune humoriste Kev Adams. Les valeurs du projet Initiatives-Coeur, autour des enfants, sont fortement fédératrices pour nos salariés et nos clients, créant un élan collectif autour de cette cause.
Le Bateau Initiatives-Cœur : Une Machine de Course au Service de l'Espoir
Pour mener à bien ses ambitions sportives et humanitaires, Tanguy de Lamotte est aux commandes d’un nouveau bateau de 60 pieds (18,28m) plus performant. Pour sa deuxième participation à la reine des transatlantiques, après avoir terminé à la 15e place en Class40 en 2010, le marin a opté pour une monture éprouvée. Construit et mis à l’eau en 2006, il s’agit en fait de l’ancien PRB de Vincent Riou, un plan Farr Yacht Design avec lequel ce dernier avait terminé 3e du Vendée Globe 2008 après avoir vaillamment secouru Jean Le Cam. En 2009, c’est Arnaud Boissières (Akena Vérandas) qui en était devenu le skipper et s’était aligné au départ du Vendée Globe 2012, qu'il avait terminé 8e.
Avec deux tours du monde au compteur, Initiatives-Cœur a subi quelques modifications pour devenir plus compétitif. En janvier dernier, le bateau a bénéficié d’un chantier de près de 6000 heures de travail chez CDK à Port-la-Forêt. La modification la plus spectaculaire fut sans conteste le changement complet de l’étrave, désormais plus volumineuse, sur huit mètres de long. Ces améliorations ont transformé les sensations de navigation, comme l'explique Tanguy : « Ce bateau est plus dur que l'ancien mais il va plus vite… les efforts sont récompensés par la vitesse moyenne du bateau. Ce sont des sensations différentes, je suis hyper content d'avoir fait ma première Route du Rhum en catégorie monocoque 60 pieds, j’ai pris beaucoup de plaisir. Il va y avoir du travail derrière pour le Vendée Globe 2016, j’ai hâte ».
Mais le véritable défi de Tanguy Lamotte, en dehors des considérations purement sportives, c’est de faire partager au plus grand nombre les conditions de la course au large, en se glissant 24h/24 dans la peau d’un marin. Tanguy rappelle : « Ce que l’on me demande en premier lieu, c’est de raconter mon histoire, de partager l’aventure avec le grand public et surtout d’aller au bout. La pression ne vient absolument pas des sponsors et des partenaires. L’important pour moi, c’est d’être sur l’eau et de contribuer à aider les enfants malades ». Dans cette perspective, un outil unique a été installé à bord d’Initiatives-Cœur : le « Live ». Ce système se compose d’un ensemble de caméras haute définition, d’un système informatique et d’une multitude de capteurs permettant de transmettre en temps réel tout ce qui se passe à bord sur une plateforme ludique et intuitive en ligne. Les internautes qui suivent le projet ont vraiment apprécié pouvoir partager leur quotidien grâce au Live sur initiatives-cœur.fr.
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Le voilier « Initiatives-Cœur » a même eu droit à une opération de grutage peu banale pour un bateau : il a été installé au 1er étage de la tour Eiffel. Dans la nuit de lundi à mardi, l’IMOCA Initiatives-Coeur a pris place au premier étage de la Dame de fer, offrant une visibilité inédite à la cause.
Les Vendée Globe : Une Aventure Extrême et des Réflexions Profondes
À 38 ans, le skipper d’Initiatives-cœur repart pour un deuxième tour du monde, cette fois à bord d’un plan Farr nettement optimisé ces trois dernières années. Le Vendée Globe est une course unique, la seule course à la voile autour du monde, en solitaire, sans escale et sans assistance. Les concurrents doivent parcourir plus de 40 000 km en passant notamment les légendaires cap de Bonne Espérance et cap Horn. Le coup d’envoi de cette course nautique historique a été donné le 6 novembre 2016 aux Sables d’Olonne, en France.
La préparation à une telle épreuve est intense. Tanguy a confié : « J’ai eu le temps de me reposer et de penser à autre chose que le Vendée Globe parce qu’on ne pense qu’à ça depuis un an ! C’est une course qui prend beaucoup d’énergie, qui occupe beaucoup la tête et qui demande beaucoup. Ça m’a fait du bien de penser à autre chose ». Un événement marquant de cette préparation fut la rencontre avec l’astronaute de l’ESA Thomas Pesquet, à quelques semaines du lancement de sa mission. Cette rencontre s’est déroulée au Centre européen des astronautes (ESA/EAC) à Cologne, en Allemagne, où Thomas a pu montrer à Tanguy les coulisses de sa profession. Goût pour l’exploration et l’inconnu, passion pour le sport, esprit d’équipe, persévérance et rigueur devant des défis exigeants… On pourrait continuer longtemps à dresser la liste des points communs entre les deux hommes, qui partagent jusqu’à leur année de naissance. Thomas Pesquet a d'ailleurs déclaré : « J’avais très envie de dresser un parallèle entre mon aventure et celle d’un marin engagé sur le Vendée Globe. J’ai une réelle admiration pour ces hommes qui se préparent plusieurs années avant l’expérience de leur vie ». Les derniers préparatifs, l’aspect technique et l’importance du travail d’équipe en amont ont également été évoqués. La mer comme l’espace constituent en effet des environnements hostiles et la préparation ne doit rien laisser au hasard. Tous deux partagent « une envie irrépressible d’aller là où peu de gens ne sont jamais allés », cette passion les pousse vers l’exploration de l’inconnu. Après cette rencontre sur la terre ferme et centrée sur la préparation de leurs missions respectives, l’astronaute et le navigateur se sont même donné rendez-vous pour des sessions téléphoniques inédites qui connecteront la Station spatiale internationale et le bateau !
La course en elle-même est un défi constant. Malgré les difficultés, l'engagement humanitaire reste une source de motivation. L'équipe y pensait pendant une réparation en se disant qu'on est là en course, à ne pas abandonner, et que nous sommes en pleine forme. L'après-course est également un marathon à part entière. Tanguy réalise un petit peu plus qu’il a fait le Vendée Globe, celui qui se termine par la ligne d’arrivée et le chenal. Mais ça ne se termine pas vraiment là ; il y a toute la suite à gérer, sur un rythme assez intense. On reste dans le côté extrême de la course, il n’y a pas eu de transition, les sollicitations se sont enchaînées. C’est un autre marathon auquel il n’était pas forcément préparé. Le lendemain de son arrivée, il était dans la voiture pour aller à Paris et le soir, il était dans les studios de Canal. En plus c’est une émission qui est très regardée. Il avait encore la barbe et avait vraiment l’impression de descendre du bateau. L’après-course est délicat à gérer. Dès qu'il a passé la ligne d’arrivée, il ne s'est presque plus occupé du bateau, et ça fait bizarre. Ça faisait 100 jours qu'il ne pensait qu’au bateau et d’une seconde à l’autre, il a lâché la barre, les gars ont pris le bateau en mains et il s'est laissé faire. Cependant, depuis quinze jours, il a eu le temps de penser à d’autres petits détails. Puis avec les bonus avec Nao, il y a des images qu'il n’a pas forcément revues qui ressortent donc on creuse les souvenirs de la course et c’est plus sympa. Ça fait du bien d’avoir fait une coupure et de sortir un peu la tête du Vendée Globe pour en parler différemment.
Le Vendée Globe est une course dans laquelle il y a beaucoup d’abandons. Il y aura toujours des casses matérielles, on ne pourra pas faire des bateaux incassables. Ce Vendée Globe a démontré une chose, c’est que des projets comme celui d’Alessandro ou le sien font tout autant rêver le public qu’un duel entre François Gabart et Armel Le Cléac’h. La diversité est importante. Il faut rester sur une classe diversifiée avec des gens qui viennent d’horizons différents et qui racontent des choses différentes. Les gens qui sont intéressés par l’aspect stratégique de la course seront satisfaits, tout comme ceux qui veulent suivre une aventure, rigoler avec Jean Le Cam ou philosopher avec Dominique Wavre. Sur des projets monotypes, son projet, comme ceux d’Alessandro et de Bertrand de Broc, ne pourraient pas exister. Il y aurait moins de diversité sur le Vendée Globe donc ce serait moins intéressant pour le public. Et si tout le monde termine le Vendée Globe, ça deviendra une course comme les autres. Il n’y aura plus que les skippers qui feront la différence et il ne pense pas que ce soit le plus intéressant pour le public. Le Vendée Globe perdra de sa valeur si tout le monde arrive au bout. Malheureusement c’est comme ça. En plus, la monotypie ne serait pas intéressante techniquement pour les gens comme lui, architecte naval, ou comme ceux qui font de l’accastillage, qui font des voiles, etc.
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Sans aller jusqu’à la monotypie, il est important de continuer à progresser. Sur les pompes d’assèchement, sur les moyens de détecter des objets flottants, il y a plein de choses qui peuvent évoluer et sur lesquelles chaque Vendée Globe apporte de nouveaux enseignements. Il faut à chaque fois les intégrer dans la jauge, ce que l’IMOCA fait depuis des années. Après 1996, il y a eu un gros travail de sécurité et il faut continuer à le faire. De ce côté-là, il pense qu’il y a des gens très compétents à la classe qui donnent du temps, qui font les choses bien afin que les bateaux soient de plus en plus « safe » (sécurisés, sûrs). C’est certain que perdre des quilles et des mâts c’est très embêtant, mais c’est inévitable. On peut éventuellement standardiser les quilles mais ce n’est pas évident sur les bateaux qui existent à l’heure actuelle.
La Transat Jacques Vabre : Performance en Duo et Solidarité
Tanguy de Lamotte et Samantha Davies ont réalisé un sans faute sur ce parcours théorique de 5 400 milles (10 000 km) entre Le Havre et Itajaí lors de la Transat Jacques Vabre. Ils ont livré une performance remarquable, se classant cinquième. « Cinquième, c’est génial, c’est au-delà de ce qu’on pouvait espérer au départ du Havre. Cinquième sur 20, c’est une course où d’abord il faut finir. On ne peut pas être déçu, on a réussi à réparer un bateau qui était cassé, et nous n’avons pas fait beaucoup d’erreurs. Le deuxième objectif était de sauver au moins dix enfants, et nous sommes à 20. On multiplie nos deux objectifs. On a fait un sacré coefficient multiplicateur sur cette course ». Leur duo a formidablement bien fonctionné, et ce, après un début de course délicat et une avarie sérieuse au niveau du safran. Compte tenu de la quantité et de la qualité de la flotte IMOCA au départ de la Transat Jacques Vabre, cette 5ème place satisfaisait pleinement l'équipe.
La collaboration avec Samantha Davies fut un exemple de complémentarité. « Avec Sam, nous étions sur la même longueur d’onde. On réfléchissait ensemble. Sam faisait la météo, moi les vidéos, on faisait les manœuvres ensemble. Il fallait s’appliquer dans chacun de nos jobs pour ne pas perdre de temps ». La course a été intense, avec une bataille acharnée pour la 4ème place. « C’était super, on a fini de jour, alors que d’habitude, je finis de nuit. On a bagarré pour la 4e place, on a tout essayé. Nous nous sommes rendus compte ce matin que Le Souffle du Nord était trop loin devant. Nous n’étions plus en course, sauf pour le timing de l’apéro ! C’était une journée bizarre, mais nous avons apprécié la dernière journée en mer. On a mis le spi, on avait un petit vent ».
Au-delà de l'aspect purement sportif, l'objectif humanitaire a été, une fois de plus, largement dépassé. Cette année encore, notre grande chaîne du cœur nous a permis de dépasser nos objectifs et de sauver 20 enfants. Samantha Davies a également exprimé son enthousiasme : « Il y a la performance et la course pour sauver les enfants. Je suis contente de participer à cela à 100%. Je sais exactement ce qu’il se passe, ce n’est pas juste de la déco dans la voile. C’est un honneur, j’espère suivre ces 20 enfants ».
L'équipe a félicité ses deux marins pour leur superbe course ainsi que l’enthousiasme avec lequel ils naviguent et partagent leurs aventures. La bataille avec Le Souffle du Nord pour la 4ème place était intense, ils se sont bien battus. Les internautes qui suivent le projet ont vraiment apprécié pouvoir partager leur quotidien grâce au Live sur initiatives-cœur.fr.
À l'issue de la Transat Jacques Vabre, Tanguy de Lamotte a confié la barre de son nouvel IMOCA Initiatives Coeur à Samantha Davies, qui disputera les grandes courses océaniques, dont le Vendée Globe 2020. Cela marque une transition importante dans l'histoire du bateau et du projet.