Garde-côtes et technologie : Maîtriser la sûreté et la navigation maritime contemporaine

La mer n’est pas seulement un espace dédié à l’économie du transport et de l’exploitation des ressources ainsi qu’aux activités récréatives. Elle est, pour les États, un enjeu de souveraineté. Il est autant question de sécurité que de sûreté. La première relève de la bonne marche des activités en mer et de l’articulation des moyens garantir autant la préservation des vies que la protection des littoraux (18 000 km de côtes dont 12 000 km en outre-mer). La sûreté est la lutte contre toutes les menaces avec ces dernières années la montée en puissance des activités illicites.

Le rôle stratégique de la DNGCD

Aujourd’hui nous allons à la rencontre de Ronan Boillot, Directeur national des gardes-Côtes des Douanes (DNGCD). Il nous présente la diversité des métiers de la douane, en prise avec les grands défis contemporains. La Direction Nationale des Gardes Côtes de la Douane pilote l’ensemble des moyens aériens et maritimes de la Douane. Elle assure ainsi le contrôle de l’Etat en mer : la lutte contre les trafics illicites, le contrôle de la frontière maritime et la protection de l’environnement.

J’ai un parcours atypique qui m’a amené à travailler en administrations centrales en métropole, en Outre-mer et à l’international. J’ai été officier de marine une vingtaine d’années, puis sous-directeur des finances à la direction du Budget en tant qu’administrateur d’Etat et sous-préfet à la Réunion et en détachement en Ariège. Il s’agit d’un emploi fonctionnel, le recrutement se fait par la voie du détachement ou du contrat. Il n’existe pas de profil type pour occuper ce poste. En tant que directeur, je suis chargé de la mise en œuvre stratégique des actions de l’Etat en mer en lien avec la marine nationale, les affaires maritimes et la gendarmerie maritime.

Les défis opérationnels et humains

Le premier défi est lié à la création de la structure en 2019. A l’échelle de l’administration, nous sommes encore en phase de construction. Ensuite, nous devons faire preuve d’agilité en anticipant et en nous adaptant à l’évolution constante et rapide des trafics de la mer et des menaces. Par ailleurs, nous devons être capables de prendre des orientations qui porteront leurs fruits dans le temps long. Et ce, notamment car le matériel dont nous disposons a une durée de vie pouvant aller jusqu’à 30 ans. Enfin, nous faisons face à un défi humain : nous devons créer et développer un esprit d’équipage. Ce qui plait dans le milieu marin, c’est l’esprit d’équipage, la dimension collective que l’on ne trouve pas ailleurs. Nous avons tous un rôle et nous sommes tous indispensables au bon fonctionnement de la structure.

C’est un milieu de travail très riche et assez méconnu en France. Nos équipes sont composées principalement de douaniers, de marins et d’aviateurs. Il s’agit de spécialistes, voire d’ingénieurs, aux compétences techniques telles que l’entretien du matériel aérien ou maritime, la conduite de bateaux ou le pilotage d’avions. En plus des compétences techniques, ces agents ont besoin de mobiliser de solides compétences juridiques. Nous avons aussi besoin de profils très généralistes qui contribuent au bon fonctionnement des services tels que des profils RH, des spécialistes juridiques, de la finance et des budgets, de la logistique, de l’immobilier ainsi que des responsables Data et numérique.

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Toutes les catégories de métiers de la fonction publique sont représentées. Nous recherchons des agents ayant le sens du service public et le souhait d’œuvrer à la mise en œuvre des missions maritimes de la Douane. Il faut être curieux, avoir le sens du collectif et être prêt à travailler dans l’opérationnel. Aucune journée ne se ressemble, ce qui demande une grande capacité d’adaptation et d’innovation. Le savoir-être compte davantage que le parcours linéaire. Pour intégrer la Direction Nationale des Gardes Côtes de la Douane, il existe la voie des concours qui mène notamment aux métiers spécialisés dans les filières marines ou aériennes. Nous recrutons également des fonctionnaires et des contractuels sur les postes plus généralistes. Si vous êtes intéressés, n’hésitez pas à tenter l’aventure de la Douane maritime.

L'Institut Supérieur d'Economie Maritime a été créé en 1997. Pole unique en France, l'ISEMAR est, à la fois, un centre de recherche, un formidable outil de collecte et de diffusion de l'information, ainsi qu'une structure de conseil, à destination des collectivités locales et des acteurs privés du monde maritime et portuaire.

Définition et fonctionnement des foils

Les foils ont radicalement transformé le monde des bateaux en permettant à divers types de bateaux de naviguer à des vitesses incroyables. En réduisant la traînée et en augmentant l'efficacité, les foils permettent aux bateaux de s'élever au-dessus de la surface de l'eau, offrant une navigation plus fluide et rapide. Un foil est un appendice immergé et fixé sous la coque d'un bateau. Lorsqu'un bateau atteint une certaine vitesse, les foils grâce à leur profil semblable à une aile d’avion créent une portance suffisante pour soulever la coque hors de l'eau, réduisant ainsi la surface de contact avec l’eau et la traînée et augmentant la vitesse. Cette portance est générée par la différence de pression entre le dessus et le dessous du foil, similaire au fonctionnement des ailes d'un avion.

Les foils sont souvent construits à partir de matériaux composites comme la fibre de carbone pour offrir une combinaison optimale de légèreté et de résistance. Les profils des foils sont conçus pour maximiser la portance tout en minimisant la traînée. Le fonctionnement des foils repose sur les principes de l'hydrodynamique. Lorsque le bateau accélère, l'eau s'écoule sur le profil incurvé du foil, générant une portance. Cette portance soulève le bateau, réduisant le contact avec l'eau et donc la résistance. Les systèmes de stabilisation active utilisent des capteurs et des contrôleurs pour modifier en temps réel l'angle des foils, garantissant une portance et une stabilité optimales dans diverses conditions de navigation.

Histoire et évolution des foils

Les premières expérimentations avec un foil ou plusieurs remontent au début du 20ème siècle. Des pionniers comme Éric Tabarly ont été parmi les premiers à expérimenter avec les foils pour améliorer les performances des voiliers et réduire la surface de contact avec l’eau. En 1964, l'ingénieur américain Alexander Graham Bell et son assistant Frederick W. Baldwin ont développé le HD-4, un hydroptère capable d'atteindre des vitesses impressionnantes grâce à l'utilisation de foils. Cet hydroptère a établi un record de vitesse sur l'eau qui est resté inégalé pendant de nombreuses années. La popularisation des foils dans le nautisme moderne s'est accélérée dans les années 1980, notamment grâce à des compétitions de voile et des records de vitesse.

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Au fil des années, de nombreuses innovations ont été apportées aux foils. Le projet Hydroptère, initié par Alain Thébault, a démontré les capacités des foils en atteignant des vitesses supérieures à 50 nœuds. De même, les voiliers de la Coupe de l'America utilisent des foils pour améliorer leur performance en course, établissant de nouveaux standards de vitesse et de maniabilité. Des innovations récentes incluent des développements dans les foils électriques et les efoils, des planches de surf électriques équipées de foils, qui gagnent en popularité dans les sports nautiques.

Applications technologiques en milieu maritime

Les foils sont utilisés dans une grande variété de bateaux :

  • Voilier : Les compétitions de voile, comme le Vendée Globe, utilisent des foils pour atteindre des vitesses élevées et améliorer la performance.
  • Hydoptères : Ces bateaux, comme l'Hydroptère, utilisent des foils pour se soulever entièrement hors de l'eau.
  • Bateaux à moteur : Les foils améliorent l'efficacité et la vitesse des bateaux à moteur.
  • Catamaran : Les compétitions de catamarans ont montré l'efficacité des foils pour augmenter la vitesse et la maniabilité.
  • Sports nautiques : Des disciplines comme le wingfoil et le windsurf intègrent des foils pour offrir des performances optimales et des sensations de glisse incomparables.

Cependant, l'utilisation des foils présente également des défis. Le coût des matériaux et la technologie nécessaire pour fabriquer des foils de haute qualité peuvent être coûteux, limitant leur accessibilité pour certains navigateurs. La conception et l'installation des foils nécessitent une ingénierie précise et une compréhension approfondie de l'hydrodynamique. Enfin, des phénomènes comme la ventilation et la cavitation peuvent affecter la performance des foils, nécessitant des régulations actives pour maintenir une portance optimale.

Sécurité et réglementation en mer

Le littoral est un espace réglementé, même en vacances, respecter ses règles est une question de sécurité. Veillez à ce que tout votre matériel de sécurité soit en bon état et adapté à votre activité nautique. En bateau, partez toujours avec le plein de carburant et un gilet de sauvetage pour chacun. La mer est un espace naturel que nous partageons : protégez-le en respectant l’environnement. Sur les zones de navigation de votre lieu de vacances : courants, marées, chenaux, rochers, berges dangereuses, réserves naturelles, zones de cultures marines… Le matériel de sécurité doit être à bord (aide à la flottabilité, moyens de repérage, etc).

Le 196 est le numéro national d’urgence dédié au sauvetage en mer. Appel gratuit depuis un téléphone fixe ou portable, il permet d’alerter le centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage en mer (CROSS) le plus proche de l’appel. Il concerne uniquement les urgences en mer et non celles à terre. Canal 16 sur la VHF - Pour appeler les secours au large (CROSS). La radio VHF marine fixe ou portable reste le moyen incontournable pour assurer sa sécurité à bord. Depuis le 1er janvier 2017, une radio fixe est obligatoire pour une navigation semi-hauturière (à partir de 6 milles d'un abri).

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L'ESPMER propose un cursus de formation de 4 mois destiné à des stagiaires cadres / officiers des administrations maritimes participant aux fonctions garde-côtes. Ouverte aux cadres civils et officiers âgés de moins de 35 ans, la troisième session « OGCI 2026 » débutera dans la 2ème quinzaine d’août et se terminera fin décembre 2026. Remarque : l’attention des missions de défense et/ou de sécurité intérieure des ambassades de France en charge de l’identification des candidats est appelée sur le strict respect de ces critères.

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