Dans le monde de la voile, où le plaisir est souvent le maître-mot, la sécurité demeure une préoccupation constante et primordiale. L'un des équipements essentiels pour y veiller, notamment lors des manœuvres complexes ou imprévues, est le frein de bôme. Le frein de bôme Walder®, en particulier, est reconnu comme un élément de sécurité contribuant significativement à la sérénité des marins. Si sa pose est un jeu d’enfant, une bonne implantation est primordiale pour obtenir toute son efficacité et assurer le passage de la bôme en douceur et en toute sécurité.
Un Dispositif de Sécurité Indispensable pour des Empannages Maîtrisés
Le frein de bôme Walder® se distingue par sa capacité à gérer les empannages, qu'ils soient volontaires ou accidentels. Dans ces situations critiques, l’une des caractéristiques les plus appréciées est de pouvoir "ne toucher à rien et de laisser le frein de bôme Walder® s’occuper du passage de la bôme sans intervenir". Que l’empannage soit accidentel ou volontaire, le principe reste le même : vous ne touchez à rien. Votre frein de bôme Walder® s’occupe de gérer en douceur et lentement le passage de la bôme, apportant ainsi un rôle primordial pour un empannage en douceur et en sécurité. Ce système a pour particularité de ne pas s’opposer frontalement au passage de la bôme, mais plutôt de le contrôler, garantissant que le mouvement se fasse sans à-coups ni risques de chocs violents.
Le mécanisme du freinage est réalisé par la friction du cordage sur un tambour. Le système Walder, dont l’origine remonte à plus de trente ans, ne fait appel à aucun système mobile ; il est constitué d’un tambour rainuré placé sous la bôme sur lequel est enroulé le cordage de retenue. Ce cordage est fixé à un point fixe sur un des côtés du bateau, l’autre extrémité est renvoyée par une poulie sur un winch. Pour permettre un passage progressif de la bôme avec un freinage suffisant, notamment pour un bateau de 10 mètres, il est généralement constaté que deux tours sont suffisants sur le tambour.
Polyvalence au Quotidien : Au-delà de la Simple Maîtrise de l'Empannage
Si la fonction principale du frein de bôme est de sécuriser l'empannage, son utilité s'étend bien au-delà. En effet, en plus du rôle primordial apporté pour un empannage en douceur et en sécurité, le frein de bôme Walder® permet de positionner et stabiliser votre bôme où vous le désirez. Cette capacité est précieuse et peut vous aider pour ferler la voile, prendre un ris, ou encore immobiliser celle-ci au port ou au mouillage.
Un autre avantage notable se manifeste lors de la navigation vent arrière avec un génois en ciseaux. Dans ce cas, le frein de bôme est très utile car il permet de ne pas déventer le génois, optimisant ainsi la performance et la stabilité sous cette allure. Pour les allures portantes, le frein de bôme Walder® fixé sous la bôme suit les mouvements de celle-ci. En dehors des allures portantes, il vous suffit de relâcher un peu la tension du bout pour qu'il n'exerce plus de contrainte inutile.
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Installation et Réglage : Un Équilibre entre Simplicité et Précision Technique
L’installation de votre frein de bôme Walder® est un jeu d’enfant et ne présente pas de difficultés particulières. Il vous suffit de respecter une bonne implantation pour obtenir toute l’efficacité et la puissance de votre frein. Chaque appareil est livré avec sa notice d’installation et d’utilisation pour guider l'utilisateur pas à pas. La première étape consiste à fixer le tambour sous la bôme à l’aide d’une manille en veillant à ce qu’il soit libre de tous mouvements. Ensuite, l’une des extrémités du cordage est fixée sur une cadène ou sur le rail de fargue, en prenant la précaution de bien respecter le même plan entre le tambour et la fixation. Le dernier point consiste à passer le cordage dans un premier bras du guide, à faire deux ou trois tours sur le tambour et à ramener le cordage sur un winch en le passant dans une poulie frappée sur l’autre cadène (symétrique) ou sur le rail de fargue. Une autre description du montage indique que le bout est fixé sur le pont au niveau des haubans ou galhaubans (mettons tribord), puis passe dans une poulie frein fixée dessous la bôme, revient au niveau du pont dans une poulie placée de façon symétrique au niveau des haubans ou galhaubans (bâbord) et file au piano du cockpit. Il est crucial que lorsque la bôme est en position vent arrière, la poulie de frein reste entre les deux points d’attache sur le pont pour garantir l'efficacité du système.
Le réglage de votre Walder® s’effectue tout simplement par le retour de cordage au cockpit, permettant ainsi de conserver un contrôle constant. Ainsi, quelles que soient les conditions et la force du vent, vous restez en sécurité. La tension appliquée au cordage est essentielle, car c'est la tension qui va permettre la friction et donc le freinage du déplacement de la bôme d’un bord sur l’autre. Le technicien a admis que la tension à appliquer dépendait de la force du vent, de la surface de voile et peut-être de la houle. Il n’est donc pas possible de faire une marque sur le bout pour indiquer le serrage optimal vu que celui-ci n’est pas constant, ce qui souligne la nécessité d'une adaptation continue du réglage en fonction des conditions. Lors de la prise en main, il est conseillé de raidir le cordage au maximum. Ensuite, avec l’expérience, on peut légèrement relâcher le cordage pour permettre à la bôme de garder un certain débattement.
Concernant le choix du cordage, il est préconisé d’utiliser un cordage pré-étiré mais souple de type drisse en polyester. Il est important de faire attention à ne pas utiliser un diamètre trop important pour la gorge du moyeux. Le mieux adapté est du bout préétiré (diamètre 10 à 12 mm) avec gaine extérieure en polyester (type drisse). L’état du cordage (chargé de sel, de sable, d’eau, etc.) influe sur la régularité de la retenue et du passage. Si le cordage est usagé ou surtout raidi par le sel et ne permet plus le glissement dans la gorge du moyeux, il peut être nécessaire d'intervenir. Dans certains cas, vous pouvez retirer un tour de cordage et rester à deux tours, car le troisième tour n’est pas toujours nécessaire et est même rarissime. Si votre grand-voile est entièrement lattée, il est préférable de choisir le modèle équipé de bras-guides double en inox pour une meilleure gestion du cordage.
Frein de Bôme versus Retenue de Bôme : Une Distinction Cruciale
Il est fondamental de bien distinguer le frein de bôme d'une retenue de bôme. Comme il est souvent souligné, "un frein ce n'est pas une retenue". Un frein de bôme n’est pas une retenue de bôme. Cette dernière la bride et l’empêche de passer avec tous les risques que cela présente lors d’un empannage involontaire par vent soutenu. Le frein, lui, ne s’oppose pas à ce passage, il le contrôle de sorte que cela se fasse en douceur. La différence est cruciale en termes de sécurité, car une retenue de bôme mal utilisée peut causer des dégâts importants en cas d'empannage imprévu et violent.
Le frein de bôme ne remplace pas le hale-bas de bôme, bien qu'il puisse y avoir une certaine synergie. Ils peuvent être fixés à la même cadène sur la bôme, mais ils ne sont pas utilisés en même temps. Au près et au travers, le frein sera complètement libre, c'est le hale-bas qui sera actif pour contrôler la tension et la chute de la voile. Aux allures débridées, c’est le hale-bas qui sera relâché, laissant au frein de bôme le rôle de régulateur. Même si le frein de bôme Walder® joue aussi le rôle d’un hale-bas classique, il est tout à fait compatible avec votre hale-bas rigide. Vous pouvez donc le conserver sans problème, en positionnant votre frein derrière celui-ci. L'ancienne pratique consistant à enlever l’ancien palan hale-bas de bôme est désormais moins courante, en privilégiant la coexistence et la complémentarité des deux systèmes, surtout dans le cas d’un hale-bas rigide où le frein de bôme se positionne derrière celui-ci.
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L'Indispensable Sécurité, du Large au Côtier : Une Nécessité Universelle
On a souvent tendance à croire que le frein de bôme est indispensable uniquement lors des grandes traversées. Or, il est tout aussi indispensable, si ce n’est plus, lors de navigation côtière, même pour une simple sortie à la journée. Les conditions météorologiques près des côtes peuvent être particulièrement imprévisibles. En effet, la direction du vent n’est pas toujours bien établie et le relief proche de la côte peut générer des vents tournants ou des surventes. Quelques fois aussi, il reste plus de mer que de vent, créant des conditions propices à des mouvements intempestifs. Dans tous ces cas de figure où le risque d’empannage sauvage est bien présent, il est donc bien utile d’être équipé d’un Walder®.
L'absence d'un frein de bôme peut avoir des conséquences graves. À des allures portantes, on n’est jamais très loin de l’empannage. Une erreur du barreur portant sur seulement quelques degrés d’angle ou une embardée provoquée par une vague peut entraîner une fausse panne, la grand-voile se prenant à contre avant d’empanner violemment. La bôme finira alors sa course sur l’autre bord, contre les haubans, avec des risques de blessures pour l'équipage ou de dommages matériels importants. Le frein de bôme est une assurance contre ces scénarios, permettant de naviguer avec plus de confiance et de sécurité.
Maintenance Simplifiée pour une Efficacité Durable
L'entretien du frein de bôme Walder® est étonnamment simple, ce qui contribue à sa popularité. Votre frein de bôme Walder® ne nécessite pas d’entretien particulier : un rinçage à l’eau claire, comme vous le faites pour votre voilier, est amplement suffisant. La seule recommandation spécifique est de penser à choquer en grand le cordage pour bien rincer l’intérieur de la gorge du moyeux. Cette action permet d'éliminer les dépôts de sel et autres impuretés qui pourraient altérer le glissement du cordage et, par conséquent, l'efficacité du frein. Cette simplicité d'entretien assure une longévité et une performance constante de l'équipement, sans contraintes supplémentaires pour le navigateur.
Défis et Controverses : Quand le Frein Sollicite la Bôme
Malgré les avantages indéniables du frein de bôme, des discussions et des interrogations persistent, notamment concernant les contraintes qu'il peut exercer sur la structure de la bôme. Des incidents ont conduit certains fabricants, comme Beneteau, à des recommandations spécifiques, allant jusqu'à déconseiller l'utilisation d'un frein de bôme sur certains modèles, tel l'Oceanis 45. Dans un cas précis, la réponse de Beneteau fut : "…nous vous confirmons que la bôme est suffisamment dimensionnée pour ce modèle………Nous ne pouvons que vous recommander de ne pas utiliser de frein de bôme sur votre Océanis 45". Cette position, bien que ferme, a alimenté le débat, certains estimant que la section de ces bômes est "terriblement petite" ou que le bras de levier au milieu est très important.
Des analyses plus approfondies des forces en jeu ont été menées. Il a été souligné qu'il ne faut surtout pas que le frein fasse butée d'un empannage ; il doit juste accompagner la bôme. Si elle doit claquer en bout de course, il vaut mieux que ce soit sur l'écoute que sur le frein. Le problème n'est très probablement pas lié au moment où la bôme s'est tordue, mais à ce qu'elle a subi avant (semaines/mois). Comme si elle avait subi un ou plusieurs empannages sérieux avec un frein trop serré qui aurait carrément bloqué la bôme dans sa course (alors que c'est l'écoute qui doit faire ça). Une déformation peut se produire dans le métal, et ensuite, une fois que la faiblesse est établie, le moindre mouvement va plier/déchirer le métal. Il est également noté que sur certains modèles anciens, les points d'écoute sont très avancés (devant la descente de roof), ce qui crée des efforts intenses en cas d'empannage.
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L'étude des contraintes sur la bôme est complexe. Une bôme ne peut pas être assez résistante pour tenir tout type d’effort : un effort latéral sur une poutre verticale et en plus un effort très avancé par rapport au point d'écoute. Le fait de passer à une bôme plus "costaud" ne paraît pas être une bonne solution, car cela ne ferait que reporter sur d'autres postes un effort trop important (sur le vit-de-mulet par exemple). Il faudrait plutôt diminuer l'effort induit. Sans frein de bôme, la bôme travaille en flexion verticale au niveau du hale-bas et en compression (flambage) par la composante horizontale de la force transmise par la voile, l'autre composante étant directement supportée par l'écoute. Avec un frein de bôme, il se rajoute une force au milieu qui a une composante horizontale et perpendiculaire à la bôme. Le profil de la bôme n'est généralement pas prévu, puisque ce n'est pas nécessaire, pour résister à une contrainte de flexion horizontale. C'est cette composante qui pourrait causer une torsion horizontale, même en douceur, sans empannage non souhaité.
La discussion s'élargit sur la structure interne de la bôme, la nature de l'alliage utilisé, et les points de faiblesse induits par les différents gréements (les trous). Il est suggéré que le point d'ancrage du frein pourrait ne pas être dans le premier tiers de la bôme mais plutôt dans le dernier, bien que cela complique le montage. Pour protéger la bôme, le cabinet Finot/Conq a suggéré d'installer un système de "clavette", où les extrémités du bout du frein de bôme seraient accrochées au bateau par un loup en bout qui casserait. L'idée serait de partir d'un bout assez fragile (type polyester diamètre 4mm), d'essayer avec un tour, puis deux si ça casse trop souvent, puis trois, afin de créer un fusible qui limite les efforts excessifs sur la bôme. Il est également envisagé de réfléchir à répartir le point de fixation du frein sur la bôme avec des sangles ou autre pour mieux distribuer les forces.