Le sacre dans le bassin de La Défense Arena
Le grand frisson. Déjà paré d'or sur le 400 m 4 nages, Léon Marchand a enflammé le public sur le 200 m papillon, en remontant dans la dernière longueur le recordman du monde, Kristof Milak. Il décroche ainsi un deuxième titre olympique, mercredi 31 juillet à la Paris La Défense Arena aux Jeux de Paris 2024. C'était sans doute le plus grand défi du nageur français, tant le Hongrois, champion olympique sortant, dominait la distance depuis 2019. Lancé à l'assaut d'un incroyable doublé ce mercredi aux Jeux olympiques de Paris 2024, Léon Marchand a frappé fort en remportant le 200m papillon. C'est la 24e médaille pour le clan tricolore.
Un finish de folie et une stratégie maîtrisée
Dans une ambiance de feu à Paris La Défense Arena, le Toulousain de 22 ans a réussi la première partie de ce pari insensé en remportant le 200m papillon. Deuxième à mi-parcours, il a signé une coulée absolument exceptionnelle et un dernier 50m de feu pour finalement devancer le Hongrois Kristóf Milák en 1min 51sec 21, nouveau record olympique. Le Canadien Ilya Kharun complète le podium. Il était censé avoir moins de marge sur le 200m papillon. On disait qu'il était presque condamné à l'exploit face au Hongrois Milak, qui avait bouclé sa demi-finale 78 centièmes plus vite que le Français mardi. On filait tout droit vers une médaille d'argent qu'il n'aurait pas fallu banaliser. Après 50, 100 et 150m, il y avait Milak, puis Marchand, puis les autres.
L'art de la remontée : le dernier 50 mètres pour l'histoire
Mais la dernière coulée du Tricolore, cet art dont il a le secret, a rebattu les cartes. Peut-être que son adversaire était parti trop fort, trop tôt. Peut-être que c'est Marchand qui était trop fort. Les deux sont possiblement liés. Mais à l'arrivée, c'est bien le Toulousain qui a fait la décision lors de 25 derniers mètres complètement irrespirables mais un peu jouissifs, aussi, tant c'est avec une forme d'évidence que Marchand a abattu son adversaire, dont le regard à l'arrivée en disant long sur la gifle qu'il venait de prendre, alors qu'il comptait près de trois dixièmes d'avance avant le dernier 50. Le Canadien Ilya Kharun, en bronze, arrivait 1"59 plus tard. Record olympique à la clé, le nageur de 22 ans a mis une claque à tout le monde. Par sa performance extraordinaire. Par son regard et son attitude, aussi, dans lequel se lisait une confiance désormais décuplée.
La trajectoire d'un prodige vers la légende
C’est une soirée pour réussir un doublé totalement dantesque. Déjà sacré champion olympique du 400m 4 nages, Léon Marchand compte bien écrire l’histoire, ce mercredi, aux Jeux olympiques de Paris 2024, en remportant deux courses en l'espace de moins de deux heures. Moins de deux heures après la finale du 200 m papillon, Léon Marchand doit retrouver à 22h31 le bassin pour la finale du 200 m brasse, dont il est le favori annoncé. Stratosphérique, Léon Marchand a signé une remontée dingue pour remporter la finale du 200 m papillon, en devançant un Kristof Milak qui a longtemps semblé intouchable. La plus grosse pierre de son impossible doublé est posée. Dans moins de deux heures, le nageur français est entré définitivement dans la légende en remportant l'or sur le 200m brasse. Ce gamin est unique.
Le contexte de la natation française à Paris
Imaginons l’équipe de France de natation campée comme une série pour ados. Florent Manaudou serait le grand du lycée qui fait sa loi. Léon Marchand le timide devenu populaire, à qui tout réussit. Reste un troisième personnage, le beau gosse discret, déterminé à exister au milieu de tout ça. Maxime Grousset en avait l’occasion, en finale du 100 mètres papillon. Mais pour lui, ça ne s’est pas terminé en happy end : il termine à la cinquième place. La semaine avait démarré sur une désillusion pour le nageur tricolore. Deuxième temps des séries du 100 mètres nage libre, puis quatrième chrono des demi-finales, le Français lorgnait légitimement sur le podium. Mais mercredi, il avait échoué à la cinquième place, à 22 centièmes du bronze.
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Les défis techniques de la polyvalence en natation
Le défi était d’autant plus grand pour Maxime Grousset qu’il n’est pas, à l’origine, spécialiste du 100 mètres papillon. Plutôt taillé pour le sprint, il s’était maintenu en finale de la distance aux Mondiaux 2023, par simple goût du défi, et l’avait emporté à la surprise générale. « L’année dernière, Maxime a été performant au 100 m papillon sans vraiment le travailler, confirme son coach Michel Chrétien. On a essayé de changer les contenus d’entraînement par rapport à ses résultats aux championnats du monde, et je me suis aperçu qu’on faisait fausse route. » Trois centièmes devant lui, Kristóf Milák. Immense spécialiste du papillon, le Hongrois était déjà un obstacle face à Léon Marchand en 200 mètres. Pas si infranchissable que ça, puisque Marchand l’avait dépassé dans la dernière ligne droite, pour s’emparer de l’or olympique. Pour défendre son statut, un Milák chagriné n’avait pas l’intention de laisser la moindre chance à Grousset. Mais contrairement à son coloc de la semaine, Grousset n’est pas parvenu à s’en défaire. Pire, il a fini doublé par les Canadiens Josh Liendo et Ilya Kharun.
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