Fenn Kayak : Innovation, Performance et l'Essor du Surfski

Le monde des sports de pagaie connaît une effervescence grandissante, attirant des athlètes de diverses disciplines. Quel est le point commun entre les SUP racers Michael Booth, Gaétan Séné, Fanny Tessier, Mickael Fargier, Valentin Hénot, Nathan Le Nestour ou encore Luis Durán Portorreal ? La réponse: ils viennent tous d’un sport, plutôt méconnu qui va vite, très très vite, c’est le surfski ! Avec la multiplication des événements multi-embarcations en France comme Ze Race, la Dordogne Intégrale, le Marathon de l’Ardèche, la Tarn Water Race, le Corsica Paddle Trophy ou encore les 12 Towers en Australie ou les Gorge Downwind Champs aux États-Unis, les SUP Racers côtoient de plus en plus cet engin, un peu intimidant au premier abord, qui est tout simplement l’une des embarcations à énergie humaine les plus rapides en mer, et encore plus quand il y a downwind ! Alors si vous vous imaginiez balade tranquille en kayak de mer, vous vous trompez lourdement! Le surfski représente une catégorie de kayak spécialisée dans la performance et la vitesse, notamment dans les conditions de mer agitée. Cet article propose une exploration détaillée de cette discipline exigeante et met en lumière l'un de ses fabricants emblématiques, Fenn Kayak, dont les innovations ont marqué l'histoire du sport.

Comprendre le Surfski : Anatomie et Fonctionnalités Clés

Le surfski est une embarcation de type kayak dite "auto-videur" qui est manipulée avec une pagaie double également appelée pagaie cuillère. Contrairement à d'autres embarcations, il est important de noter qu’il n’y a pas de jauge au niveau du poids ni au niveau de la largeur ou de la longueur pour la plupart des compétitions. Les bateaux peuvent ainsi faire 5 mètres comme 7 mètres, offrant une grande variété de modèles adaptés à différentes conditions et préférences.

Une caractéristique fondamentale du surfski est son système de direction. En surfski, on a la chance d’avoir un gouvernail qui nous aide fortement à pouvoir changer de direction et qui est manipulé avec un cale-pied et des pédales qui permettent le changement de cap. Cette particularité offre une maniabilité et une réactivité essentielles, notamment dans les vagues ou en downwind.

La sécurité est également une considération majeure dans la conception des surfskis. Étant une embarcation "auto-videur", cela signifie que quand on se retourne et que l’on remonte, le bateau se vide naturellement de l'eau. De plus, il existe un système de vidange qui fonctionne à partir de 7/8 km/heure : quand le bateau avance en dynamique, la vidange s’actionne automatiquement. De toutes façons, il n’y aura jamais plus d’eau dans le bateau que la ligne de flottaison, ce qui assure une flottabilité constante et réduit les risques en mer. Il est crucial de ne pas confondre le surfski avec la pratique du kayak de mer, soit un bateau qui va être assez dangereux quand il va y avoir des grosses vagues puisqu’il peut se remplir d’eau. Cette distinction souligne la spécificité du surfski, conçu pour des performances optimales et une sécurité accrue dans des environnements marins exigeants.

L'Évolution des Pratiques du Surfski : Du Sauvetage Côtier à l'Ocean Racing

La pratique du surfski se décline sous deux aspects principaux, chacun avec ses spécificités et exigences. Le surfski se pratique sous ces deux formes principales, témoignant de sa polyvalence et de son adaptation à différents environnements aquatiques.

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Le premier aspect est celui du sauvetage côtier. Pour cette discipline, le surfski utilisé est généralement un peu plus solide et répond à une norme de poids délimitée. Ce sont des surfskis un peu plus volumineux avec un avant en forme de moustache. Le but du jeu dans ce contexte c’est de passer la barre de vague, d’aller tourner autour d’une bouée et de revenir en surf. Cette pratique demande une grande maîtrise des vagues et une robustesse de l'embarcation pour affronter les conditions du littoral.

Le second aspect, et le plus répandu au niveau international, est la pratique de l’Ocean Racing. Celle-ci se déroule quasiment sur des formats downwind, c'est-à-dire avec le vent et la houle dans le dos, ce qui permet d'atteindre des vitesses impressionnantes. Les parcours au niveau français oscillent généralement entre 15 et 20 km, tandis qu'à l'international, ils s'étendent autour de 30 km et sont essentiellement au portant.

L'histoire récente de l'Ocean Racing a connu une transformation significative. Dans les années 2000, on faisait des circuits en triangle avec un départ et une arrivée au même endroit. Vers 2012, cela a changé, et les downwinds sont apparus, ce qui a rendu l’activité beaucoup plus fun et dynamique. Cette évolution a profondément modifié la stratégie de course et l'expérience des pagayeurs. Par exemple, après avoir commencé par ces circuits en triangle, un pratiquant ayant fait une pause de 6 ans, est revenu sur le circuit et a redécouvert son activité avec ce nouveau format downwind, soulignant l'impact positif de ce changement sur l'attrait du sport.

Surfski, SUP et Pirogue : Des Sports Complémentaires aux Synergies Évidentes

Le surfski partage de nombreuses similitudes avec d'autres sports de pagaie, notamment le stand up paddle (SUP) et la pirogue. En fait, le surfski a beaucoup de similitudes avec le stand up paddle, mais pas que, avec la pirogue aussi. Il n'est pas rare de voir que des athlètes de niveau international comme Michael Booth, Valentin Henot, Fanny Tessier ou encore Gaëtan Séné sont passés d’un support à l’autre, démontrant la transférabilité des compétences. À la base déjà, un bon SUP Racer et un bon surfskier sont tous les deux de bons marins, possédant une compréhension fine des éléments et une capacité à lire l'eau.

Au niveau de la transmission d’énergie, elle est assez similaire entre les deux sports. L’effort concret doit être transmis à travers toute la chaîne musculaire qui part des bras, passe par les abdos et est transmise par les jambes. Cependant, des différences techniques importantes existent en raison des positions distinctes des athlètes. La différence en SUP est que cette énergie n’est transmise qu’à travers les pieds, alors qu’en kayak on a plusieurs points de contact qui sont les pieds et les fesses. On a une position assise d’où l’importance de transmettre particulièrement avec les abdos. La particularité de la technique du surfski, c’est que visuellement on va avoir l’impression que le kayakiste est en train de pédaler avec ses jambes, soulignant l'engagement de tout le corps.

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L'un des gros avantages du surfski par rapport au SUP réside dans son système de direction. L’autre gros avantage du surfski par rapport au SUP, c’est d’avoir un gouvernail qui va nous permettre de rectifier la trajectoire facilement même si les éléments ne sont pas favorables. Cette capacité à ajuster la trajectoire avec précision est un atout majeur pour maintenir le cap et la vitesse dans des conditions changeantes, offrant un contrôle supérieur en mer.

Le Circuit Mondial et National de Surfski : Compétition et Logistique

Le surfski s'est structuré en un circuit compétitif dynamique, tant au niveau national qu'international, offrant des opportunités aux athlètes de mesurer leurs compétences à travers le monde. Comment fonctionnent les courses en surfski ? Quels sont les formats ? Existe-t-il un circuit mondial ?

Au niveau national, il y a des sélectifs nationaux qui permettent d’accéder au championnat de France, qui est en quelque sorte la finale de la saison. Ces épreuves sont cruciales pour les athlètes souhaitant représenter leur pays.

Au niveau des championnats du monde, la discipline est structurée depuis très peu de temps, avec les premiers championnats du monde qui ont eu lieu en 2013 au Portugal. Par la suite, ils se sont déroulés tous les deux ans, et désormais, depuis l’année dernière, ils ont lieu tous les ans. Des événements mémorables se sont tenus à Tahiti en 2015, Hong Kong en 2017 et la France en 2019, marquant l'expansion géographique et la reconnaissance internationale du sport. Pour participer au championnat du monde, il existe deux possibilités chaque année : soit être dans les 5 meilleurs de sa nation, soit intégrer le ranking mondial des 40 meilleurs mondiaux, garantissant que seuls les athlètes les plus performants se mesurent à ce niveau.

En plus des Championnats du Monde, il existe un autre circuit international, les World Series, qui est historiquement en place avec une douzaine de manches un peu partout. En général, il y a une manche par mois, offrant une série continue de compétitions tout au long de l'année. Il y a également un championnat d’Europe qui se fait tous les 2 ans, qui cette année devait avoir lieu à Cherbourg et qui a été décalé à l’année prochaine en 2021.

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Une petite particularité dont il faut parler est le développement du biplace (K2). Le biplace est très bien développé en France mais ce n’est pas le cas à l’international. En 2013, c’était la catégorie première, mais au championnat du monde suivant, il a été difficile d’amener des bateaux à Tahiti et l’année suivante à Hong Kong, il n’y avait pas de K2 non plus. En France, on a essayé de relancer la catégorie K2 en démonstration pour essayer, sur la prochaine réécriture du règlement international, de le proposer en format titré, ce qui n’est pas le cas actuellement.

Au-delà des circuits officiels, de nombreuses autres courses emblématiques contribuent à la richesse du calendrier du surfski. Il existe beaucoup d’autres courses qui pourraient rentrer dans ce cahier de charges mais qui sont indépendantes comme Ze Race en Guadeloupe, l’une des premières courses à ma connaissance où tous les supports partent quasiment en même temps, ce qui n’est pas le cas par exemple de la Molokaï qui organise les courses de SUP, Surfski, OC1 et V6 à des dates différentes. Il y a ensuite, comme en SUP, des formats de rivière notamment la Dordogne intégrale où le surfski est une embarcation idéale. Alors comme en SUP, on essaie d’adapter son matériel notamment le gouvernail pour éviter les cailloux. On peut citer aussi le Marathon des Gorges de l’Ardèche qui s’intègre aussi dans ce format multi-embarcations même s’il y a beaucoup moins de stand up paddle que sur la DI, mais il est fort probable que cela change bientôt car il s’agit de la course la plus grosse en kayak et il n'y a pas de raison que ce ne soit pas la même chose en SUP, car il s’agit d’un très beau parcours. La Tarn Water Race est une autre course que l’on peut citer.

La logistique pour participer à ces compétitions internationales peut être complexe, notamment pour le transport des embarcations. Tout d’abord, des fois, ce n’est pas la peine de faire voyager son surfski. Sur les World Series, la plupart des fabricants de surfskis font livrer sur place des containers, et c’est au moment de l’inscription à la course que l’on nous propose de cocher une case demandant quelle marque d’embarcation on souhaite louer pour la course. Sur les échéances de type Championnat du Monde, là par contre, il faut faire voyager son surfski, ce qui implique de le mettre deux à trois mois sur un container comme par exemple pour Tahiti en 2015. Pour Hong Kong, il a voyagé par avion. Généralement pour les courses en Europe, soit on le met sur le toit, soit on arrive à se le faire amener, soit on le loue sur place. Généralement, quand on est dans une team, le fabricant nous met à disposition un bateau sur place, ce qui est assez confortable.

Fenn Kayak : Un Fabricant de Référence dans le Monde du Surfski

Dans l'univers exigeant du surfski, Fenn Kayak s'est établi comme un fabricant de référence, reconnu pour la qualité et la performance de ses embarcations. La construction solide de Fenn est unanimement appréciée. Les Fenn sont de très bons bateaux à des prix raisonnables, et ils bénéficient d'un très bon palmarès en international, ce qui témoigne de leur compétitivité.

Le choix d'un surfski est une décision cruciale pour tout pratiquant. En fait, même si le prix est TOUJOURS un obstacle à franchir, il est fortement conseillé de rechercher un bateau dit "parfait" pour vos besoins et habilité AVANT de regarder le prix. Par exemple, le prix d'un Epic est supérieur, tout comme le Vajda (même si ce dernier à des couleurs), comparativement à un Fenn qui, à 2800 euros plus environ 100 euros de housse, revient à une somme similaire, mais offre un kayak sud-africain souvent plus léger. Ce processus de sélection aide à s'assurer que l'embarcation correspond au style et au niveau du pagayeur.

La fabrication des surfskis Fenn, comme d'autres marques, peut présenter des variations de poids. Le poids varie un peu dans toutes les constructions. Par exemple, un modèle Spark, annoncé en fibre de verre sous vide, peut peser 11,3 kg, tandis que d'autres exemplaires en fibre sous vide sont à 13,2 et 13,5 kg. Il est important de noter que dans la construction de surfski, on peut s'attendre à une marge de 5 à 10% pour le poids. Ces différences peuvent parfois être dues à des mélanges de matériaux, comme un Spark en Fibre de Verre sous vide qui s'avère être en fait un HYBRID (mélange de graphite et de fibre de verre), ce qui peut aboutir à un surfski plus léger et plus rigide, offrant parfois une bonne économie inattendue.

Gamme Fenn Kayak : Des Modèles pour Chaque Pagaieur

Fenn Kayak propose une gamme diversifiée de modèles, chacun conçu pour répondre aux besoins spécifiques des pagayeurs, qu'ils soient débutants, intermédiaires ou experts. Les trois derniers modèles sont souvent dérivés du SL, mais adaptés aux morphologies ou aux niveaux d’utilisateurs. Ce qui peut être compliqué en surfski, c’est si on a choisi un support qui n’est pas adapté à son niveau de pratique, d'où l'importance de bien connaître les caractéristiques de chaque modèle.

Fenn Elite S et Elite SL : Pour l'Expert en Quête de Vitesse

Le Fenn Elite S est un super bateau pour les courses internationales. L'Elite est un bateau pour pagayeur expert en quête de vitesse et sensations fortes, ayant trouvé les limites du déjà excellent Swordfish. Grâce à une bonne répartition de son volume, l'Elite dispose d'une très grande agilité pour les changements de vague, offrant ainsi une meilleure vitesse moyenne que ses aînés. C’est aussi un très bon bateau d’entraînement sur rivière et lac, sa vitesse élevée en fait un concurrent sérieux pour les bateaux de course en ligne, soulignant sa polyvalence en dehors des conditions océaniques. Des utilisateurs ont d'ailleurs possédé un Elite SL, attestant de la présence de ce modèle dans la gamme.

Fenn Swordfish : L'Intermédiaire Évolutif

Le nouveau surfski SWORDFISH de Fenn est un intermédiaire entre le Mako XT et l'Elite. C’est le kayak idéal qui permet de débuter en surfski et de progresser. Il offre un équilibre entre stabilité et performance, permettant aux pagayeurs de développer leurs compétences avant de passer à des modèles plus exigeants. Un Swordfish pourrait convenir parfaitement à ceux qui cherchent à s'améliorer progressivement.

Fenn Spark : L'Agilité pour Petits Gabarits et la Houle

Le Spark de Fenn est un des bateaux les plus fins, devant le cockpit, il est vraiment très très fin. Il est conçu pour les petits gabarits de moins de 75 kg. C'est un bateau qui a beaucoup moins de volume à l'avant et un peu moins autour des fesses. C'est aussi un surfski qui adore la houle, mais avant tout, le Spark est un bateau élite. Le Fenn Spark est un bateau nerveux qui aime jouer sur les vagues, mais il est très lent lorsque l'on est en train de nager à côté. Remonter sur le Spark est très simple car les parois du cockpit ne sont pas très hautes. À savoir: le Spark est un bateau qui demande toujours à être poussé, incitant le pagayeur à maintenir un effort constant pour exploiter son potentiel. L'assise du Spark est plus étroite, ce qui convient aux morphologies ciblées.

Fenn Dominator et Dominator XL : Stabilité et Confort pour Différents Pagaieurs

Le Dominator est plus large sur l'arrière et donc plus stable. C'est un bateau de niveau intermédiaire qui n'est pas mal, mais vraiment conçu pour les gens de plus de 85 kg. Le Dominator aime bien un rythme plus calme; ce n'est pas un bateau nerveux, ni foufou, ce qui le rend plus accessible pour les pagayeurs qui ne recherchent pas la nervosité d'un Spark. L'assise doit être géniale pour les grands gabarits. Il ne faut pas confondre le Dominator avec le Dominator XL, qui est bien plus stable et est conçu pour les débutants sur de l'eau calme, offrant une plateforme encore plus tolérante pour l'apprentissage.

Fenn Glide : Performance Radicale

Le Fenn Glide se distingue par son caractère radical. Avec une assise plus basse et un siège équivalent à un peu plus serré que l'Elite SL, il offre une assise plus droite pour un meilleur rendement, particulièrement adapté à la course en ligne. Toutefois, cette configuration est moins pratique en antéversion pour la pratique du surf, indiquant une spécialisation pour des conditions plus calmes ou des courses où la propulsion directe est primordiale.

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