Introduction
La Fédération Tahitienne de Surf (FTS) joue un rôle central dans le développement et la promotion du surf en Polynésie Française. Cet article explore l'histoire de la fédération, ses initiatives actuelles, ses partenariats stratégiques et ses perspectives d'avenir, en mettant en lumière l'émergence de jeunes talents et l'importance de l'encadrement pour propulser les athlètes polynésiens sur la scène internationale.
Historique et Évolution de la Fédération Tahitienne de Surf
Avant 1989, le surf en Polynésie Française était géré par le Comité Polynésien de Surf Riding, agissant comme une ligue de la Fédération Française de Surf. L'élite du surf polynésien évoluait au sein des collectifs A ou B. Une figure emblématique de cette époque est Vetea DAVID, surnommé Poto, qui a marqué l'histoire en devenant le premier Tahitien à remporter le titre de champion du monde junior en 1986 en Angleterre. La même année, il a également été couronné champion d'Europe, avant de briller sur le circuit professionnel pendant plus d'une décennie.
La Tahiti Pro Trials : Tremplin pour les Talents Locaux
La Tahiti Pro Trials est une compétition qualificative cruciale pour la Lexus Tahiti Pro, un événement majeur du circuit professionnel. Cette année, elle se déroulera les 19 et 20 juillet. Le président de la Fédération Tahitienne de Surf, Max Wasna, a souligné l'importance de cette compétition, car elle offre à deux surfeurs locaux l'opportunité de se mesurer à l'élite mondiale grâce à l'attribution de "wild cards".
Max Wasna a également précisé qu'une wild card est systématiquement réservée aux surfeuses. Du côté des hommes, 32 compétiteurs s'affronteront pour décrocher leur place. Bien que toutes les places soient déjà prises, un système d'"alternés" ou "remplaçants" est prévu pour pallier d'éventuels désistements.
Grâce à ces wild cards, la présence locale est renforcée lors de la Lexus Tahiti Pro. Cette année, Kauli Vaast bénéficie déjà d'une wild card en tant que vainqueur des Jeux Olympiques, invité par la WSL (World Surf League). De même, Vahine Fierro est invitée en raison de sa victoire à l'Athletic Pro l'année dernière. Max Wasna se réjouit de cette situation, soulignant qu'au minimum deux Tahitiens et deux Tahitiennes seront présents au "main event" cette année, voire plus en cas d'absence de certains membres de l'élite mondiale.
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Émergence d'une Nouvelle Génération de Surfeurs
Le récent Championnat de Tahiti a révélé une nouvelle vague de talents, notamment chez les jeunes surfeurs. Max Wasna a mis en avant l'arrivée de jeunes compétiteurs dès l'âge de 12-13 ans. Parmi les jeunes filles, il a cité Kiara Goold, âgée de seulement 14 ans, et Kelia, à peine 13 ans, qui ont respectivement terminé première et deuxième lors de l'Open de surf du Tahiti Open Tour le week-end dernier. L'enthousiasme de Max Wasna est palpable face à cet engouement des plus jeunes, car ils représentent "l'élite de demain".
Kévin Bourez : Cadre Technique Fédéral pour Accompagner les Jeunes Talents
Une étape importante pour la Fédération Tahitienne de Surf est la création du poste de cadre technique fédéral, occupé par Kévin Bourez. C'est une première pour la fédération, qui souhaite ainsi mieux accompagner les jeunes athlètes polynésiens sur le circuit professionnel. Kévin Bourez, frère de Michel Bourez et surfeur talentueux, a obtenu les diplômes nécessaires pour occuper ce poste.
Sa mission principale est de développer le vivier d'athlètes polynésiens et de les propulser sur le circuit professionnel. Son travail consistera à offrir du coaching, à organiser des stages de performance et à sélectionner des coachs et de jeunes talents. Kévin Bourez est conscient que la performance est un ensemble de facteurs interdépendants.
Pour atteindre cet objectif, Kévin Bourez va développer le projet Héritage, en collaboration avec la Fédération Française de Surf. Ce projet repose sur le partage et l'échange. Ainsi, une délégation française composée de jeunes surfeurs et de coachs viendra passer un mois en Polynésie Française pour s'entraîner avec les jeunes talents locaux et partager leurs compétences. Kévin Bourez se montre très motivé par ce projet, soulignant l'énorme potentiel des jeunes athlètes polynésiens. Kiara Gold, une jeune polynésienne de 14 ans, participe cette année au Challenger Series Tour, témoignant de l'émergence de ces nouveaux talents.
Partenariat Renouvelé entre la Fédération Française de Surf et Air Tahiti Nui
La Fédération Française de Surf et la compagnie aérienne Air Tahiti Nui ont renouvelé leur partenariat pour soutenir les athlètes des équipes de France dans leur préparation aux grandes compétitions internationales, notamment en vue des Jeux Olympiques de Los Angeles en 2028, où le surf sera de nouveau à l'honneur.
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Depuis 2022, Air Tahiti Nui facilite les déplacements des équipes de France de surf entre la France, Los Angeles et la Polynésie Française, permettant ainsi l'organisation de stages, d'entraînements et de compétitions. Ce partenariat s'inscrit dans la continuité de l'épreuve de surf organisée à Teahupo'o en 2024, marquée par la victoire historique du Tahitien Kauli Vaast.
Ce partenariat favorise également l'éclosion de nouvelles vocations grâce à des stages de préparation organisés à Tahiti (Projet Héritage), considérée comme une base d'entraînement de référence mondiale. Jacques Lajuncomme, Président de la Fédération Française de Surf, a souligné l'importance de ce renouvellement, notamment après le succès de Kauli Vaast à Teahupo'o. Il a ajouté que le soutien d'Air Tahiti Nui permet de maintenir une préparation exigeante à Tahiti pour les équipes de France, en vue des échéances internationales à venir.
Jean-Marc Hastings, Directeur France et Europe d'Air Tahiti Nui, a affirmé l'engagement de la compagnie aérienne auprès de la Fédération Française de Surf depuis trois ans. Il a souligné que ce renouvellement témoigne de la volonté d'Air Tahiti Nui d'accompagner les talents de demain et de promouvoir Tahiti et Los Angeles comme des destinations incontournables pour la pratique et l'entraînement du surf de haut niveau.
Convention de Collaboration entre les Fédérations Tahitienne et Française de Surf
La vice-présidente de la Fédération Tahitienne de Surf (FTS), Ingrid Leboucher, et le président de la Fédération Française de Surf (FFSurf), Jacques Lajuncomme, ont signé une convention de collaboration entre les deux fédérations à Tahiti. Cette convention, renouvelable par tacite reconduction après son achèvement fin 2024, vise à renforcer le partenariat sportif durable entre les deux entités.
Elle prend en compte le souhait de la FTS de renforcer sa collaboration avec la FFSurf dans les domaines de la formation, de l'éducation, du haut-niveau et du développement des disciplines liées au surf. L'objectif est de mutualiser les expériences, les moyens et les outils disponibles. Cette collaboration permettra aux deux entités d'apporter leurs expertises respectives pour le développement du surf à tous les niveaux.
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Lionel Teihotu, président de la Fédération tahitienne de surf, a exprimé sa gratitude envers la FFSurf et son président Jacques Lajuncomme pour leur engagement. Il a souligné que la FFSurf est un modèle associatif expérimenté et bien structuré, qui peut aider à motiver les athlètes polynésiens vers le haut niveau. Il a également mentionné l'importance d'un encadrement structuré, que la FFSurf aidera à mettre en place.
Jacques Lajuncomme, président de la Fédération Française de surf, a souligné que la FTS apportera son expérience millénaire du surf, sa culture et sa compréhension des spots. Il a également mentionné la perspective des Jeux Olympiques de Paris 2024, avec la mise en commun de moyens pour le haut niveau et l'intégration de surfeurs tahitiens dans le collectif France. Au-delà du haut niveau, la collaboration portera sur la formation, les causes sociétales (Handi Surf, surf santé, insertion de jeunes de quartiers en difficulté) et la prévention (sécurité sur les spots de récif).