L'univers de l'humoriste Florence Foresti s'enrichit constamment, et son spectacle "Boys Boys Boys" en est une illustration vibrante, croquant l’époque avec une justesse et une drôlerie qui lui sont propres. Sur la scène du théâtre Marigny, à Paris, l'humoriste est revenue avec un spectacle hilarant aux résonnances actuelles, notamment sur la complexité des rapports femmes/hommes. Ce retour très attendu a ravi le public avec ses trouvailles délirantes, qui ne sont jamais vulgaires, marquant un nouveau chapitre dans la carrière prolifique de cette figure emblématique de la scène française.
"Boys Boys Boys" : Une Exploration Incisive des Rapports Humains au XXIe Siècle
Avec des titres qui annoncent la couleur, certains avaient fini par prendre peur après son précédent spectacle, "Épilogue" en 2018. L'idée d'une "Fin de l’histoire ?" avait pu effleurer les esprits, mais Florence Foresti, heureusement, n’a pas tenu promesse. D’autant que le monde, emporté par la vague #MeToo, ne lui a laissé aucun répit. Sans parler de ses années de célibat, une période qui lui a permis de creuser plus encore l’un de ses thèmes de prédilection : les rapports femmes-hommes. C'est dans ce contexte qu'elle est revenue sur scène, empruntant à l’affriolante chanteuse italienne des années 1980 Sabrina son tonitruant « Boys, boys, boys ! ».
Dans ce seule-en-scène, Florence Foresti s’interroge notamment sur le compagnon qui siérait à la mère célibataire cinquantenaire qu’elle est devenue. Vingt-cinq ans après le début de sa carrière, elle parle sans détour et avec son franc-parler habituel de la séduction, sur un ton drôle et percutant. C'est l'occasion pour l'humoriste de dresser un bilan de l'état des relations homme-femme cinq ans après l'émergence du mouvement #MeToo, offrant une perspective à la fois comique et pertinente sur les évolutions sociétales. L'auto-dérision qui la caractérise revient à de multiples reprises dans ce spectacle au titre inspiré de la chanson emblématique de Sabrina, véritable tube des années 1980.
Le spectacle "Boys Boys Boys" explore la complexité des rapports femmes/hommes en abordant des sujets contemporains avec sa signature humoristique. Elle aime toujours prendre le contrepied de la doxa, offrant des réflexions décalées sur des thématiques sérieuses. Florence Foresti a écrit "Boys Boys Boys" quand elle était célibataire, il y a trois ans, ce qui confère une authenticité particulière à son propos. Elle aborde avec humour des questions existentielles sur la vie de femme à la cinquantaine. Sur scène, elle lance des interrogations telles que : "Ils disent : 'Je vais pas coucher avec elle le premier soir ?' Mais il n'y en aura pas d'autre ! Imbécile ! 'Oh non, elle est bourrée je ne vais pas lui faire ce coup-là…' Eh bien si ! Bien sûr que tu vas me faire ce coup-là ! Tu ne crois quand même pas que, à jeun, je vais te montrer ce corps nu à un homme que je connais à peine ?" avant de s'adresser aux femmes : "Mesdemoiselles, oui, vous ne voulez plus de main au cul, génial. Un hymne à l’amour, au plaisir et aux hommes". Elle explique au micro de RTL que "C'est une manière de s'amuser sur les différences de regard qu'on peut avoir sur la société à 20 ans et à 50 ans".
L'humoriste ne mâche pas ses mots concernant les conventions sociales, déclarant par exemple : "On ne veut plus se marier : on ne rentre pas dans la robe. On ne veut plus d'enfants : on sait que c'est une arnaque." Florence Foresti joue la harceleuse d’hommes que rien n’arrête, explorant la sexualité et expliquant pourquoi elle ne peut être qu’hétérosexuelle. Elle parle aussi des adolescents, et pas de n’importe lesquels puisqu’il s’agit de sa fille, qui a 15 ans. En bref, elle parle d’elle et ce faisant, elle parle de nous, les humains obsédés par la beauté, le pouvoir, et l’argent, comme elle d’ailleurs. Le spectacle, d'une durée d'une heure vingt minutes, est réalisé par Stéphane Bohée et est disponible sur des plateformes de VOD telles que Prime Video, inclus dans l'abonnement, permettant à un large public de découvrir cette œuvre qui témoigne de son humour acerbe et de sa capacité à sonder les profondeurs de l'âme humaine.
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Une Trajectoire Artistique Marquée par l'Innovation et le Succès
La carrière de Florence Foresti, qui s'étend sur plus de deux décennies, est jalonnée de succès retentissants et d'explorations artistiques diverses. Elle commence sa carrière en 1998 avec le trio des Taupes Models, posant les premières pierres de ce qui allait devenir une formidable ascension. Rapidement, elle se produit en solo en 2001 avec un premier spectacle, "Manquerait plus qu’elle soit drôle", dont le sketch emblématique « L'Avion de Barbie » terminait en rappel, annonçant déjà son talent pour les personnages hauts en couleur et les situations cocasses.
Sa rencontre avec des figures clés du monde artistique va accélérer sa trajectoire. Florence est repérée par Chris Loung, alors auteure, productrice exécutive et directrice artistique (PVO audiovisuel) au festival de Tournon-sur-Rhône, ainsi que par Claude Prévost du Chocolat Théâtre de Marseille. À la suite du visionnage d'une vidéo où Florence Foresti joue en solo, Chris Loung l'invite à venir à Paris afin de participer à des projets qu'elle a créés et qu'elle dirige pour PVO, tous destinés à la télévision. Claude Prévost, lui, se déplace à Lyon où elle joue à l’Espace Gerson son seule-en-scène. Elle fait des allers-retours entre Paris et Lyon pour, notamment, son premier seule-en-scène, d'abord dans le quartier Pigalle puis au théâtre du Point-Virgule, où elle est produite par « Juste pour rire ».
Le succès télévisuel ne tarde pas. En 2003, Florence Foresti participe à l’émission de Stéphane Bern, "20 h 10 pétantes", dans "Bern Académie", une parodie de l'émission de téléréalité "Star Academy". Elle intègre ensuite l'émission "On a tout essayé" menée par Laurent Ruquier, en interprétant deux fois par semaine des personnages fictifs, délirants et loufoques. Le succès est tel que, lors des absences de Florence Foresti, l'émission diffuse des best of de ses sketchs. Internet prend le relais, et ses passages deviennent les vidéos d'humour françaises les plus regardées sur YouTube, consolidant ainsi sa popularité auprès d'un public toujours plus large.
En 2005, elle tourne avec le seule-en-scène "Florence Foresti fait des sketches", tout en continuant de coécrire des sketchs pour la télévision avec un autre humoriste, Jérôme Daran. Grâce au succès du DVD, la tournée se prolonge toute l'année, culminant avec une première représentation à l’Olympia en avril 2006, et clôturant l’année avec six spectacles dans la même salle. Entre-temps, elle fait ses premiers pas au cinéma avec "Dikkenek", un film belge d’Olivier Van Hoofstadt avec Dominique Pinon, Jérémie Renier, Marion Cotillard et Mélanie Laurent, qui sort en juin 2006. Elle prête également sa voix à l’un des personnages du film d’animation "Lucas, fourmi malgré lui", sorti en août. La tournée s'achève le 13 janvier 2007 à Dijon, une date retardée par son opération de l’appendicite. Le 22 de ce mois, l'humoriste annonce qu’elle arrête toute apparition télévisuelle, pour une « pause bébé », marquant une transition importante dans sa vie personnelle et professionnelle.
En 2007, Florence Foresti joue pour la première fois au théâtre dans une pièce intitulée "L’Abribus", écrite par Philippe Elno et mise en scène par Philippe Sohier. Elle partage l'affiche avec l'auteur de la pièce, Philippe Elno, incarnant une comédienne célèbre, tombée en panne en pleine campagne et rencontrant un homme qui ne la reconnaît absolument pas. La pièce est créée à Lyon, salle Paul-Garcin, les 27 et 28 décembre 2007, puis jouée au théâtre de la Gaîté-Montparnasse du 17 janvier au 10 mai 2008, et retransmise en direct le samedi 10 mai 2008 sur France 4. En mai 2009, Florence Foresti présente un spectacle qui parle de la maternité : "Mother Fucker". En tournée en France, au Palace à Paris à partir de septembre 2009, elle joue au Palais des sports de Paris de mars à avril 2011. Le spectacle est sacré « meilleur one-man-show » au Globes de Cristal 2010. Le DVD du spectacle sort en novembre de la même année, et à la télévision, sa diffusion rassemble près de 3 millions de téléspectateurs sur TF1, confirmant son statut de star incontestée.
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La comédie "Hollywoo", où elle partage l'affiche avec Jamel Debbouze, sort fin 2011, ajoutant une nouvelle ligne à sa filmographie. En septembre 2012, Florence Foresti effectue une tournée de huit dates pour un total d'environ 80 000 spectateurs. Elle passe par Lyon (Halle Tony Garnier) et pour cinq soirs à Paris au POPB. Ce petit nombre de villes visitées s'explique par le fait que la scène est trop importante à transporter : « rien ne rentre dans les camions ». Les billets partent en quelques jours, l'obligeant à ajouter une date à Lyon et deux à Paris. Dans ce spectacle, elle évoque les personnages qu'elle a parodiés dans l'émission "On n'est pas couchés" de Laurent Ruquier, comme Madonna ou Isabelle Adjani, et certains personnages déjà présents dans ses sketchs sur scène, comme Shakira ou Beyoncé. Elle propose des parodies de nouveaux personnages, comme Lady Gaga, de publicités télévisées (Schweppes, J'adore de Dior), ou de personnages qui l'ont marquée personnellement comme Chrystal, une chanteuse fan de Johnny Hallyday qui avait participé à X Factor. Sonia Lacen de The Voice interprète "Beautiful" de Christina Aguilera pendant un changement de costume ; Florence Foresti revient déguisée d'un body comme la chanteuse Shakira. Elle présente des suites à ses sketchs célèbres : "J'aime pas les garçons/j'aime pas les filles" devient "J'aime bien les garçons/j'aime bien les filles", ou bien des visions différentes comme "L'avion de Barbie". Elle évoque sa nounou gothique, et d'autres moments marquants de ses spectacles passés. Ce spectacle est retransmis en septembre 2012 via internet et également dans 250 cinémas Gaumont/Pathé-Live, rassemblant 86 000 spectateurs.
En janvier 2014, elle participe à "L'Émission pour tous" sur France 2. La même année, elle donne une série de représentations de "Madame Foresti" au Châtelet à Paris du 16 septembre au 31 octobre puis onze autres dans le reste de la France dont deux au Zénith de Toulouse. Elle déclare : « Dès que je m'absente 5 minutes c'est le bordel dans ce pays. Je me vois donc dans l'obligation de remonter sur scène au plus vite afin de remettre un peu d'ordre dans ce merdier. » Ces représentations sont précédées d'avant-premières, du 12 au 26 avril 2014 au Complexe du rire de Lyon, la salle où elle a débuté, ainsi qu'une avant-première exceptionnelle dans la ville d'Aulnay-sous-Bois en juin 2014. Le 15 novembre 2014, un reportage dans l'émission "Grand Public" sur France 2, intitulé « Florence Foresti : la féministe », lui est consacré. Lors de l'entretien, elle se dit féministe, affirmant ainsi son engagement.
En octobre, après trois ans d'absence, Florence Foresti remonte sur scène avec "Épilogue" à Paris au Paradis Latin et au Zénith en novembre et décembre 2018. Elle y aborde des thèmes comme l'américanisation de la société, la vieillesse ou encore le rapport entre les femmes et les hommes. Le spectacle tourne à Lille, Toulouse, Aix, Bordeaux, Dijon, Strasbourg, Bruxelles, Genève, Nantes et Rennes. Durant "Épilogue", les téléphones mobiles sont proscrits. En partenariat avec l'entreprise Yondr, les spectateurs déposent les mobiles dans des pochettes fermées, celles-ci étant déverrouillables à des bornes après la fin du spectacle, une initiative visant à garantir une immersion totale du public. En parallèle, Florence Foresti fait une apparition dans la première partie du Palmashow "Ce soir c'est Palmashow", le 16 février 2019, en jouant une parodie de la pub « La Laitière ». En 2020, la tournée d'Épilogue est annulée à cause de la pandémie de Covid-19, de même que son projet "Le Spectacle d'après".
En 2020, Florence Foresti tient deux rôles au cinéma : un rôle principal dans le film "Lucky" aux côtés de Mickaël Youn et Alban Ivanov, et dans "Le Bonheur des uns…". C'est le 3 octobre 2022 que Florence Foresti sort le premier épisode de sa série écrite et réalisée par elle-même, "Désordres". Diffusée sur Canal+ en 8 épisodes, cette série d’autofiction vise à faire entrer dans le quotidien de Florence Foresti, quand elle n’a pas sa fille à charge, pendant la création de son spectacle « Épilogue », en 2017.
L'Art de la Subversion : Parodies, Engagements et Controverses
Florence Foresti s'est distinguée tout au long de sa carrière par un sens aigu de l'observation et une capacité unique à parodier des figures emblématiques et des situations du quotidien, qu'elles soient fictives ou réelles. Dans l'émission "On n'est pas couché", elle est « l'invitée qu'on n'a pas pu avoir » et a ainsi interprété des personnalités comme Isabelle Adjani, Céline Dion, Paris Hilton, Madonna, Ségolène Royal, Cécilia Sarkozy et Britney Spears. Ses parodies ne se limitent pas à des personnalités contemporaines ; elle a aussi créé des personnages mémorables comme Anne-Sophie de la Coquillette, une châtelaine finalement transgenre et zoophile, mère de Charles-Apollon et épouse de Jean-Childebert, démontrant son goût pour l'absurde et la caricature sociale.
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En 2007, elle réalise une chorégraphie aux NRJ Music Awards, sur la musique des Pussycat Dolls et de Beyoncé, entre autres, montrant sa polyvalence artistique. Elle parodie Diam's lors de son spectacle "Foresti and friends", et la rappeuse la rejoint sur scène, poursuivant le sketch avec elle, un moment culte pour ses fans. Elle a également fait une apparition remarquée dans la mini-série "Bref." (épisode du 19 mars 2012, « Bref. »). De plus, elle a réalisé une parodie de Thierry Ardisson à l'occasion des 10 ans de l'émission "Salut les Terriens !", prouvant sa capacité à s'attaquer aux figures médiatiques avec esprit et humour.
Son engagement et son franc-parler l'ont parfois menée au cœur de controverses, notamment lors de la 45e cérémonie des César, qu'elle a présentée le 28 février 2020 en direct sur Canal+ depuis la salle Pleyel. En 2020, elle est de nouveau choisie pour cette prestigieuse cérémonie. Quelques jours avant l'événement, elle commet un « lapsus » volontaire lors de l'annonce des nommés en citant le film de Roman Polanski intitulé "J'accuse" en "Je suis accusé", alors que le cinéaste fait l'objet d'accusations d'agressions sexuelles. Lors de la cérémonie, elle fait en sorte d'éviter de prononcer son nom, le surnommant « Popol » et « Atchoum » (une référence à l'un des sept nains de Blanche-Neige), et par là-même se moquant de son physique. Sa prestation, tantôt cinglante et ironique, et parfois légère, crée la polémique. Si elle est soutenue par des personnalités comme Jean-Pierre Darroussin et Anne Roumanoff, elle est critiquée publiquement par, entre autres, Samuel Blumenfeld, critique de cinéma au Monde, Lambert Wilson et Patrick Chesnais. Malgré la controverse, les Césars 2020 sont suivis par 2,16 millions de téléspectateurs, le meilleur score de la cérémonie depuis 3 ans, attestant de l'impact de sa présence et de sa capacité à générer le débat.