Le bassin de Lacq, autrefois synonyme d'hydrocarbures, est aujourd'hui au cœur d'une transformation profonde, orientée vers l'innovation et la transition énergétique. Dans cette dynamique de reconversion, baptisée « Lacq green valley » par les décideurs, le Centre Technologique Nouvelle-Aquitaine Composites & Matériaux Avancés (CANOE) fait ainsi figure d’atout majeur, se positionnant comme un acteur essentiel pour l'avenir industriel de la région. CANOE n’est cependant pas une simple plateforme de recherche, mais bel et bien « un centre unique en son genre » en France, dont l'objectif est double. Outre la recherche, CANOE a en effet pour mission de multiplier les coopérations avec les industriels afin de les accompagner dans le développement de nouveaux procédés et produits. L’espoir final étant d’aboutir à la création de nouvelles activités économiques, notamment dans les environs du bassin de Lacq.
Un grand merci est adressé à toutes les équipes mobilisées pour leur engagement, leur exigence et leur capacité à faire avancer collectivement un projet ambitieux qui incarne cette vision. Ce travail collaboratif a déjà prouvé que l'industrie est un secteur d'avenir, d'innovation et d'opportunités. Comme le souligne un principe fondamental de l'innovation, celle-ci s'intensifie lorsque la collaboration s'intensifie. Cet élan collectif est d'ailleurs renforcé par l'ouverture constante de nouvelles opportunités au sein de CANOE, qui recrute activement, invitant les talents à contribuer à l’innovation des matériaux de demain.
Au Cœur de l'Innovation : La Fibre Carbone Biosourcée et la Robotisation
L'une des missions fondamentales du centre CANOE, spécifiquement sur le site de Chemstart'up à Lacq, est de mettre au point la nouvelle génération de fibres de carbone biosourcées. Ces fibres, cruciales pour une industrie plus durable, sont issues non de produits pétroliers mais de ressources « vertes » comme la lignine et la cellulose. Le projet BASILICA, par exemple, a déjà permis de poser les fondations d'une future filière régionale de valorisation de la lignine, un pas significatif vers l'exploitation de ces ressources renouvelables. Patrice Gaillard, responsable de Canoe et directeur scientifique chez Arkema, précise l'envergure de cette mission. Son équipe est dédiée à l'avancement de cette technologie de pointe, qui est essentielle pour la transition énergétique. « Sans chimie, il n’y a pas de transition énergétique. Les matériaux, c’est la chimie. On travaille pour que l’industrialisation se passe ici », martèle ainsi Patrice Gaillard, soulignant l'importance stratégique de cette recherche pour le développement local et la souveraineté industrielle.
Au-delà de la recherche sur les matériaux biosourcés, CANOE s'investit également dans l'avancement de la robotisation de la fabrication. Le site de Chemstart'up est doté de deux lignes expérimentales « uniques en France », qui sont utilisées pour développer des procédés de fabrication adaptés aux enjeux et aux besoins spécifiques de l’industrie. Cette capacité de production et d'expérimentation avancée permet à CANOE de se positionner comme un acteur clé dans la maturation technologique, de la recherche fondamentale à l'industrialisation. Cet engagement en faveur de la fabrication additive et de la plasturgie est également mis en avant par la participation à des salons professionnels, qui sont des rendez-vous incontournables pour les acteurs de ces secteurs, favorisant ainsi les échanges et la diffusion de l'innovation.
Le Bassin de Lacq : Un Pôle d'Excellence pour la "Lacq Green Valley"
Le projet de reconversion du bassin de Lacq en « Lacq green valley » représente une ambition majeure pour la région. CANOE est un atout central dans cette stratégie, visant à créer un écosystème industriel basé sur la durabilité et l'innovation. Les matériaux développés, notamment la fibre carbone, offrent un vaste champ d'application. Ce dernier court en effet de l’aéronautique à l’énergie, en passant par la construction et les biens de consommation. Cette polyvalence ouvre la voie à de nombreuses opportunités économiques et industrielles.
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La vision de cette « green valley » est profondément ancrée dans les principes de l'économie circulaire. Les ressources nécessaires à la fabrication peuvent venir de sources locales. À terme, les vêtements de rebut et le papier à recycler pourraient ainsi alimenter la chaîne de production. Cette approche permet d'imaginer qu'un vieux pantalon en coton pourrait un jour connaître une nouvelle vie comme élément constitutif d’une pale d’éolienne, ou qu'un journal recyclé puisse trouver une utilité similaire. Pierre Nerguararian, président du groupement d’intérêt public (GIP) Chemparc, nourrit le rêve de l’apparition d’une véritable « économie circulaire » à long, voire très long, terme sur le bassin. Il souligne également la dynamique positive de la région : « On a des terrains pour accueillir de nouvelles activités. Aujourd’hui, on voit bien que l’avenir est dans les grosses PME. Et on s’est positionné pour les accueillir. On est dans une dynamique positive », affirme-t-il, mettant en avant la préparation de la collectivité à favoriser l'expansion industrielle. Le territoire se positionne ainsi comme un centre d'attraction pour les entreprises innovantes, capitalisant sur son potentiel de recherche et de développement. « On est en train de faire le MIT du Béarn », sourit Pierre Nerguararian, illustrant l'ambition de créer un pôle d'excellence de renommée internationale.
Développement et Perspectives du Site de Chemstart'up
Le dynamisme du site Chemstart'up est soutenu par des investissements significatifs. Un chantier d'une valeur de 1,6 M€, financé à 82 % par la Région et 18 % par la Communauté de Communes Lacq-Orthez (CCLO), est en cours. Ce financement stratégique permettra de porter l’an prochain à environ 70 le nombre de chercheurs et techniciens rassemblés sur le site Chemstart’up, renforçant ainsi considérablement ses capacités humaines et scientifiques. Au-delà de ces chiffres, Patrice Gaillard annonce également la création de 4 nouveaux postes actuellement, avec la perspective d'au moins 15 emplois supplémentaires l’année prochaine. Ces créations d'emplois témoignent de la croissance et de l'attractivité du centre.
Face à ces perspectives de développement, la CC Lacq-Orthez se tient prête à favoriser l'expansion de CANOE. Des négociations ont été engagées pour acquérir une parcelle contiguë à la plateforme, d'une superficie de 2,2 hectares. De plus, des besoins ont été identifiés, et des constructions de nouveaux bâtiments sont envisagées, représentant une superficie globale d'environ 3 500 m². Ces expansions physiques et humaines visent à accompagner la croissance des activités de recherche et d'industrialisation. À long terme, l'objectif était d'atteindre 100 chercheurs d’ici 2020, une ambition qui illustre la volonté de faire de Lacq un pôle de recherche de premier plan.
De l'Association ADERA à l'Entité CANOE : Évolution et Structuration
L'histoire de CANOE est intimement liée à celle de l'Association pour le Développement et l'Enseignement et des Recherches auprès des universités, des centres de recherche et des entreprises d'Aquitaine (ADERA). ADERA, association régie par la loi du 1er juillet 1901, déclarée à la préfecture de la Gironde le 17 février 1967 (RNA W332001593, SIREN 775 586 340), avait son siège social au 162, avenue du Docteur-Schweitzer à 33600 Pessac. Son objet était vaste, visant à faciliter l'adaptation des étudiants des universités d'Aquitaine aux postes ou fonctions économiques, à favoriser la recherche en articulant les recherches pratiquées dans les laboratoires universitaires avec celles effectuées dans l'industrie, et à mettre en place et gérer des études épidémiologiques, des recherches cliniques et thérapeutiques, ainsi que toutes recherches biomédicales en général. L'association avait également pour mission de gérer des essais cliniques, y compris sous forme de prestations de service, et d'organiser des formations à caractère scientifique, professionnel ou technique par le biais de stages, séminaires ou colloques. Elle contribuait au développement régional par la collaboration et la coopération entre l'enseignement supérieur, les institutions de recherche et l'économie, tout en favorisant l'accès aux programmes européens pour les entreprises, les laboratoires universitaires, les écoles d'ingénieurs et les étudiants. D'une manière générale, ADERA facilitait et promouvait les relations entre universités et écoles d'ingénieurs d'une part, et les entreprises d'autre part, en assistant les partenaires publics et/ou privés pour leurs politiques d'aide à l'innovation et de préservation de l'environnement, et en contribuant au développement régional par la coordination de projets multipartenaires.
L'évolution structurelle a vu l'ADERA devenir le Centre Technologique Nouvelle-Aquitaine Composites & Matériaux Avancés (CANOE). Cette transformation a été accompagnée de rectificatifs financiers et juridiques significatifs. Une annonce rectificative (N°20EJ12761) parue le 07.08.2020 dans les Echos Judiciaires Girondins (N°6738-3739) a fait suite aux décisions du 21.12.2020 des associés de la société ADERA, SAS au capital de 53.357 EUR. À l'avenant du 26.11.2020 modifiant le traité d'apport partiel d'actif placé sous le régime juridique des apports en nature, approuvé par l'AGE du 30.06.2020 et devenu définitif le 01.07.2020, l'actif net apporté à la société ADERA par l'Association ADERA a été augmenté d'un montant de 426 438 EUR. Cela a porté le total de l'actif net apporté à 4 526 341 EUR. En contrepartie, le capital social de la société ADERA a été augmenté d'une somme de 42 076 EUR au lieu de 38 112 EUR, et a donc été porté à 57 321 EUR, par l'émission de 2 760 actions, au lieu de 2 500 actions. La prime d'apport, qui s'élevait à 4 061 791 euros, a été portée à 4 484 265 euros. Par décisions du 21.12.2020, les associés de la société ADERA ont également nommé la société AUDIT AQUITAINE COMMISSARIAT AUX COMPTES In Extenso Sud-Ouest, sise 19 Boulevard Alfred Daney 33300 BORDEAUX (333 485 084 R.C.S. MONT-DE-MARSAN), en qualité de CAC titulaire.
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Parallèlement à ces évolutions, l'association ADERA a fait apport par voie d'apport partiel d'actif à l'association Alphanov. Alphanov, association régie par la loi du 1er juillet 1901, déclarée à la préfecture de la Gironde le 24 novembre 2006 (RNA W332002413, SIREN 493 635 817), dont le siège est situé à l'institut d'optique d'Aquitaine, rue François-Mitterand, 33400 Talence, a pour objet de créer les moyens de développer l'innovation dans les entreprises, de favoriser le transfert des technologies entre les laboratoires de recherche et les entreprises, et de permettre la maturation de technologies nouvelles issues de laboratoires. Le but poursuivi par Alphanov est une croissance du potentiel économique régional, génératrice de richesse et d'emplois, dans les domaines d'application de l'optique (photonique) et des lasers. L'apport concernait sa branche complète et autonome d'activité de gestion de la plateforme « Pyla ». L'actif de cette branche, évalué provisoirement sur la base d'une situation comptable intermédiaire de l'association ADERA arrêtée au 30 septembre 2019, s'élevait à 318 708 euros. L'association Alphanov a pris en charge la totalité de son passif, évalué à 318 708 euros, ce qui a résulté en un actif net apporté à hauteur de 0 euros. L'association Alphanov reprend l'intégralité du patrimoine et des engagements souscrits par l'association ADERA au titre de la branche d'activité apportée, et se substitue complètement à l'association ADERA pour assurer la poursuite de ses droits et obligations. L'apport partiel d'actif a produit un effet différé sur les plans juridique, fiscal et comptable au 1er janvier 2020. Les éléments d'actif et de passif transmis par l'association ADERA ont été enregistrés dans les comptes de l'association Alphanov pour leur valeur nette comptable figurant dans les comptes de l'exercice clos au 31 décembre 2019. Le projet d'apport partiel d'actif a été arrêté par les conseils d'administration de l'association ADERA et de l'association Alphanov, réunis respectivement le 15 octobre 2019 et le 16 octobre 2019. La date prévue pour les réunions des organes délibérants appelés à statuer sur l'opération a été fixée au 19 décembre 2019 pour le Conseil d'administration de l'association ADERA et pour l'Assemblée générale ordinaire de l'association Alphanov.
Dynamiques Régionales et Initiatives Complémentaires en Bioénergies
Au-delà des activités de CANOE, le bassin de Lacq continue de diversifier ses initiatives en matière de transition énergétique. Un projet de production d'énergie renouvelable est ainsi prévu sur la friche Rio Tinto (ex-Péchiney), une annonce faite par Jacques Cassiau-Haurie lors d'un précédent conseil communautaire. Selon les informations disponibles, une unité de méthanisation viendrait à s’installer sur ces terrains récemment acquis par la CCLO. Cette unité pourrait s'implanter côté Mourenx, au sud de l’unité Arysta Life Sciences. Un connaisseur du dossier anticipe qu'une telle installation pourrait générer une dizaine d’emplois directs et une trentaine d'emplois induits. Le nom de Fonroche, un groupe spécialisé dans les énergies renouvelables dont le siège social est à Agen, circule comme porteur potentiel de ce projet. Fonroche est déjà présent en Béarn, travaillant notamment sur un projet géothermique à Lons, et possède déjà une unité de biogaz dans la région de Villeneuve-sur-Lot, avec des plans d'investissement massifs dans le segment du gaz vert.
Ces initiatives s'inscrivent dans un contexte plus large d'analyse et de développement des marchés des énergies renouvelables. Des études détaillées du marché des bioénergies en France ont été réalisées, explorant les dynamiques de croissance, la diversification du mix énergétique, la sensibilité environnementale des consommateurs, le soutien public, ainsi que l'innovation et la compétitivité du secteur. Les principaux acteurs comme le bois-énergie, le biogaz et les biocarburants sont analysés en profondeur, offrant une compréhension complète des enjeux. De même, le marché mondial des smartgrids, ces réseaux de distribution d'électricité "intelligents", fait l'objet d'une analyse détaillée. Ce marché, avec un potentiel de plus de 200 milliards de dollars d'ici 2030, attire un large éventail d'acteurs, allant des fabricants de matériel électrique aux sociétés de services en ingénierie informatique. Ces analyses de marché sont cruciales pour orienter les stratégies d'investissement et de développement au sein de la "Lacq Green Valley" et pour assurer une dépendance réduite de l'entreprise vis à vis de l'ensemble de ses partenaires, ce que représente le score de souveraineté.
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