La découverte d'une eau verdâtre dans votre piscine est une situation frustrante qui touche de nombreux propriétaires. Vous venez de mettre en service votre piscine pour la saison et vous profitez de vos après-midi baignade en famille dans une eau cristalline. Mais un matin, vous remarquez que cette dernière a pris une légère couleur verdâtre et que des dépôts s’accumulent au fond du bassin. Votre premier réflexe : penser que votre piscine est mal désinfectée et mettre du chlore choc pour éradiquer le problème le plus rapidement possible. Toutefois, plus vous en ajoutez, plus votre eau se colore, plus les algues se propagent.
Les causes fondamentales du verdissement de l’eau
La couleur verte de l’eau de votre piscine est due à une prolifération d’algues. Ce sont elles qui donnent cette couleur à votre bassin. Elles rendent votre eau opaque et le fond glissant. En plus d'accentuer les risques de chute, cela signifie aussi que les virus et les champignons n’ont plus aucun frein pour se développer. Donc les spores d’algues, les déchets organiques, la poussière et les feuilles ne sont plus éliminés. Ce n’est pas une piscine dans laquelle vous et vos enfants aimeriez faire trempette n’est-ce pas ?
La prolifération d’algues dans l’eau de votre piscine est le principal facteur qui peut la rendre verte. La reproduction des algues est très rapide, surtout en présence de chaleur et de lumière. Les causes sont nombreuses : déséquilibre chimique, mauvaise filtration, chaleur excessive ou entretien insuffisant. Les variations de température, l’exposition à la lumière et un taux de désinfectant insuffisant sont autant de facteurs qui favorisent le développement des algues. De plus, les feuilles, les branches et autres débris externes tombant dans la piscine augmentent la présence de nutriments qui servent de nourriture pour ces micro-organismes. Dans un environnement avec beaucoup de végétation ou d'arbres à proximité, la quantité de matière organique peut être encore plus grande, intensifiant la prolifération des algues.
Le rôle crucial du pH, du TAC et des phosphates
Un déséquilibre chimique de l’eau est probablement la cause principale d’une piscine verte. Si le pH excède 7,4 ou tombe en dessous de 7,2, il peut rendre le chlore moins efficace. Le TAC, ou Titre Alcalimétrique Complet, joue un rôle crucial dans le traitement de l’eau de la piscine. Il s’agit d’un indicateur de l’alcalinité de l’eau, c’est-à-dire de sa capacité à neutraliser les acides. Un TAC équilibré contribue à la stabilité du pH de l’eau. C’est un élément tampon qui limite les variations brusques du pH, essentielles pour éviter la prolifération des algues. Il influe également sur l’efficacité des traitements de l’eau. Le TAC doit se situer entre 80 et 120 ppm pour la plupart des piscines.
Les dangers des phosphates dans les piscines sont variés et significatifs. La présence de phosphates favorise le développement rapide d'algues, ce qui peut transformer l'eau en une teinte verdâtre et la rendre trouble. Cette situation perturbe l'équilibre chimique de l'eau, rendant difficile le maintien de niveaux appropriés de pH et de chlore. Si la concentration de phosphates dans l'eau est au-dessus de 0,1 mg/l, le pouvoir désinfectant du chlore et l'action des produits anti-algue de piscine s'en trouveront diminués. Pour combattre la présence de phosphates, l'emploi de produits spécifiquement formulés pour éliminer les phosphates est fortement recommandé.
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Le piège de la sur-stabilisation : Pourquoi le chlore choc échoue
Si après 24h de chlore choc votre eau ne se clarifie pas du tout, ce n'est pas un problème de dosage. La cause n°1, représentant 60 % des cas, est la sur-stabilisation. Un taux d'acide cyanurique (stabilisant) supérieur à 75 mg/L rend le chlore inactif, même à très forte dose. C’est une erreur classique : ajouter encore plus de chlore stabilisé (galets, multifonctions).
Le chlore stabilisé, comme son nom l’indique, contient un stabilisant : l’acide cyanurique, aussi appelé acide isocyanurique. C’est un protecteur de chlore qui va agir contre le rayonnement UV en prolongeant son action dans le temps. Sa particularité : il ne se dissout pas dans l’eau, mais se concentre en elle, il est « bio cumulable ». Cela le rend très résistant aux traitements de dépollution, c’est précisément ce qui va vous poser problème dans un cas de sur-stabilisation. Comme l’acide isocyanurique ne se dégrade pas dans l’eau, il finit par atteindre des niveaux beaucoup trop élevés. Ce qui se passe alors, c’est qu’il annule l’efficacité de votre désinfectant, car une sur-stabilisation entraîne un blocage de l’action du chlore.
Diagnostic et mesures techniques
Pour éviter la sur-stabilisation, le mieux est de contrôler régulièrement le taux de stabilisant de votre piscine. Il se mesure avec la majorité des bandelettes vendues dans le commerce. Ces dernières vous donneront le taux de chlore, le pH, le TAC et le taux de stabilisant. La solution clé en cas de saturation est une vidange partielle (1/3 à 1/2 du volume) pour diluer le stabilisant, puis l'utilisation d'un chlore choc NON stabilisé (hypochlorite de calcium) en relais.
Une mauvaise filtration peut également empêcher l’élimination des algues malgré le traitement. Régulièrement, nettoyez le filtre, qu’il soit à sable, à cartouche ou à diatomées, et videz les skimmers pour éviter qu’ils ne s’encrassent. Assurez-vous que la pompe fonctionne correctement et que le temps de filtration est adapté à la température de l’eau. Par exemple, pour une eau à 28°C, le filtre doit tourner au moins 14 heures par jour. La circulation de l’eau est essentielle pour éviter que les algues ne se développent dans les zones stagnantes.
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