Le surf est un sport particulier… on interagit avec les vagues et nous sommes donc dépendants à 100% de la météo ! Pas de vagues aujourd’hui ? Pas de surf ! Vagues trop grosses ? Ce n’est donc pas comme aller à la piscine où on sait qu’on peut aller nager tous les jours (tant qu’on connaît les horaires d’ouverture). Il n'y a pas d'horaires sur un spot de surf. Si on se rend sur un spot chaque jour à la même heure, on découvrira à chaque fois des conditions différentes. Du coup, comment savoir quand aller surfer ? Le fait de regarder les prévisions va te permettre d’éviter de te déplacer pour rien et de planifier tes 4 ou 5 prochaines journées de surf. On annonce de la houle jeudi ? Super ! À quelle heure est la bonne marée pour mon spot ? 16h! Oups, je dois aller chercher les enfants à l’école. Ce n’est pas grave, je vais m’arranger avec mon épouse. 7h ? Mince c’est trop tôt, il fait encore noir à cette période de l’année. En tant que surfeur, tu vas devenir accro au forecast et regarder les prévisions tous les jours (et même plusieurs fois par jour).
Les mécanismes de la houle et des vagues
La taille est mesurée en centimètres ou mètres par des bouées au large. Ce n’est donc qu’un élément informatif car la taille de la vague sur ton spot pourrait être nettement différente. En effet, le fond marin du spot a un gros impact sur le développement de la vague (celle qui déferle et que nous surfons). L’autre élément déterminant pour la taille des vagues est la période. La période est l’écart entre 2 vagues mesuré en secondes. Si la période est élevée (au-dessus de 12 secondes), on parle de houle longue. Cela signifie que les vagues proviennent d’une tempête à des milliers de kilomètres. À l’inverse, on parle de houle courte lorsque la période est en dessous de 12 secondes. Ce sont alors des vagues formées par un vent plus local.
Le 3ème critère est l’orientation de la houle / des vagues. Étant donné que les vagues sont créées par un vent qui souffle dans une certaine direction, ces vagues vont se propager dans cette direction également. Et donc si je suis par exemple sur une île, qu’il y a de la houle d’orientation ouest, je ne risque pas d’avoir des vagues si je suis sur le côté est de l’île. Enfin, le vent a un impact considérable sur les conditions de surf, surtout s’il est fort. Les surfeurs préfèrent les sessions sans vent ou avec un léger vent offshore (il souffle de la plage vers la mer) qui creuse les vagues. Un vent onshore fort (qui souffle de la mer vers la plage) va forcément créer des vagues mais ce sera un « chantier » avec des vagues désorganisées qui cassent rapidement.
Il faut noter que d’énormes masses d’air stationnent ou circulent dans l’atmosphère terrestre. Certaines sont chaudes, d’autres sont froides. Il existe des courants qui transportent ces masses d’air selon des règles relativement établies suivant les hémisphères du globe terrestre. Enfin il faut savoir qu’une masse d’air chaud et une masse d’air froid se rencontrent, répugnent à se mélanger. Elles se repoussent et se superposent. L’air a un poids appelé pression atmosphérique. Elle se mesure en millibars (mb). À volume égal, l’air froid est plus lourd que l’air chaud. Un anticyclone est une zone de haute pression atmosphérique. Plus on s’approche de son centre, plus la pression est haute et meilleur est le temps. Une dépression est une zone de basse pression, plus on s’approche de son centre, plus la pression est basse et plus le temps est mauvais. Un vent de direction donnée, soufflant sur une surface d’eau plane, génère des rides qui se déplacent dans le sens du vent. Si le vent persiste, elles s’amplifient et génèrent ainsi la houle à la suite de phénomènes complexes. On appelle Fetch l’étendue d’eau sur laquelle le vent est constant en direction et en vitesse. La hauteur de la houle est déterminée par trois facteurs : l’intensité du vent qui a soufflé sur la mer, la durée pendant laquelle ce vent a soufflé dans une direction donnée, et l’étendue de mer (la distance) sur laquelle ce vent a soufflé.
L'interaction entre la marée et les fonds marins
La marée a un impact très important sur les conditions de surf car les vagues que nous surfons se forment en interagissant avec le fond marin. Par exemple, le fond sableux qui remonte lentement créera une vague lente et molle. Tu l’as compris, suivant la marée, les vagues ne vont pas déferler au même endroit sur ton spot. Peut-être que cela fonctionnera mieux à marée basse ou à marée haute, cela varie d’un spot à l’autre. La taille des vagues aura ici aussi un impact. Il n’y a donc pas de règle ultime non plus. Tu dois apprendre à connaître ton spot en demandant conseil à des habitués et en observant. Cela signifie que parfois tu vas te déplacer pour rien mais au moins tu peux tenir un petit carnet avec les conditions du jour et comment le spot réagit.
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Deux fois par jour, la mer monte à l’assaut du rivage. C’est le flux. Entre-temps, elle se retire. C’est le reflux. Ce double mouvement de la mer, dont la durée est de 12 h 25 mn, constitue une marée. Les heures des marées du jour sont donc en retard de 50 mn sur celles de la veille. L’attraction gravitationnelle de la Lune et du Soleil engendre le phénomène de marée. L’amplitude des marées correspond à la différence entre la hauteur de l’eau à marée haute et à marée basse. On exprime cette différence selon un barème de coefficients.
La nature du fond joue un rôle crucial dans le déferlement. Sur une plage à fond rocheux ou coralliens, le déferlement est provoqué par l’avancée dans la mer d’une pointe rocheuse. Ces zones sont souvent très propices au surf en raison de la régularité du déferlement et très souvent, de la présence d’une passe permettant de se rendre facilement au large. Les plages avec bancs de sable (baïne) offrent une succession de « plateaux » et de creux (baïnes). Ces différences de relief génèrent des courants parfois violents (courants de baïnes) tant à marée montante qu’à marée descendante. Ces plages sont très propices au surf en raison des vagues qui déferlent sur les hauts fonds. Lorsque le banc de sable est parallèle à la côte, les conditions de surf sont souvent médiocres en raison de la barre difficile à passer. Sur les plages avec épis, ces aménagements peuvent générer d’excellentes conditions de surf en raison d’une part des bancs de sable propices au déferlement des vagues, et des courants permettant de se rendre facilement au large. Les plages à fond plat, avec une remontée très progressive, sont favorables à l’initiation. Enfin, les plages avec un haut fond situé au large génèrent des vagues déferlant par forte houle, souvent réservées aux surfeurs confirmés en raison de la puissance. Les plages avec remontée rapide du fond génèrent des vagues creuses et puissantes très appréciées des surfeurs expérimentés car elles génèrent des tubes profonds et rapides.
Analyse des courants et sécurité en mer
Le surf comporte des risques. Les courants résultent de déplacements de masses d’eau dus aux fonds marins, au relief des côtes, à des sets de vagues importants qui amènent à un moment donné un gros volume d’eau sur une partie de la plage. Les courants peuvent être repérés par la couleur marron de l’eau provoquée par du sable en mouvement, du clapot anormal sur la surface de l’eau, des vagues qui cassent de chaque côté d’une étendue d’eau, des débris flottants qui sont emportés, ou des déplacements de surfeurs très rapides ou très lents.
Les courants de baïnes sont provoqués par les déplacements de bancs de sable. Dans le patois landais, cela signifie « petite bassine ». Dans le nord, on les appelle « bâches ». Ces bassines sont des petites piscines naturelles dans le sable. Lorsque la marée descend, toute l’eau contenue dans la baïne va vouloir, sous l’effet de la gravité, sortir pour rejoindre le bassin principal : l’océan. Avec la pression de l’eau, un trou va se créer dans le banc de sable et toute l’eau va s’écouler par là. Et lors de chaque marée montante suivante, cette bassine va se remplir puis se vider en créant un puissant courant d’arrachement, vers le large. Mais attention, il n’y aucune règle ! Les baïnes peuvent se remplir à marée montante ou descendante, certaines peuvent se remplir plus ou moins vite. Le problème majeur avec ces courants d’arrachement est que l’eau paraît calme. Des vagues déferlent de chaque côté mais dans le courant, l’eau est plate. Elle attire donc les baigneurs qui, sans s’en rendre compte, se font très rapidement emporter vers le large.
Le surfeur, quant à lui, va profiter des courants d’arrachement pour sortir plus rapidement dans l’outside. Ces courants ne sont pas dangereux pour les surfeurs qui ont leur planche qui flotte. Le surfeur doit cependant analyser chaque courant pour comprendre où celui-ci va l’amener : rochers, digue… Car le danger est bien là. Il est alors primordial de toujours prendre un point de repère sur la plage pour pouvoir se repérer et analyser la force des courants latéraux et ne pas se laisser dériver. Conduite à tenir quand on est pris dans un courant : ne jamais lutter contre le courant, ne jamais essayer de revenir à l’endroit d’où l’on est parti, se laisser déporter et appeler à l’aide si l’on est en difficulté, ou nager en travers pour revenir plus loin, vers la côte.
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