La commune des Avirons, à La Réunion, est en état de choc suite à un drame familial survenu le mardi 26 novembre. Un double infanticide suivi d'un suicide a plongé la communauté dans la consternation et la tristesse. Cet événement tragique a mis en lumière la violence intrafamiliale qui sévit sur l'île, classant La Réunion parmi les départements français les plus touchés.
Découverte Macabre
Tout a commencé lorsque la mère des enfants, se trouvant sur son lieu de travail, a reçu des messages inquiétants de son conjoint. Alarmée, elle a contacté les gendarmes. Lorsqu'un militaire s'est rendu au domicile familial, un cabanon situé aux Avirons, il a fait une découverte effroyable. Les corps sans vie de deux fillettes, âgées de 4 et 7 ans, ont été retrouvés enroulés dans un drap. Le corps du père a été découvert pendu à proximité.
Enquête et Consternation
Une enquête pour homicide volontaire a été immédiatement ouverte et confiée à la Brigade de recherches de Saint-Pierre, avec le soutien de la Section de recherches de Saint-Denis. Les premiers éléments de l'enquête, ainsi que les résultats des autopsies, ont révélé que la cause du décès des deux fillettes était « une asphyxie mécanique ». La vice-procureure de la République de Saint-Pierre, Carole Pantalacci, a précisé que « l’usage d’un lien, d’une corde ou tout autre objet n’a pas été retenu ».
La nouvelle de ce drame a provoqué une onde de choc dans toute la commune. Le maire des Avirons, Éric Ferrère, a exprimé son immense tristesse et sa profonde consternation face à cet événement épouvantable. « C’est avec une immense tristesse et une profonde consternation que nous avons appris le drame épouvantable qui a frappé notre commune », a-t-il déclaré. Il a ajouté que « Deux enfants, des vies innocentes et pleines de promesses, ont été arrachées à ce monde ».
Le préfet de La Réunion, Patrice Latron, et le recteur Rostane Mehdi ont également fait part de leur vive émotion suite à cette tragédie. De même, le président du Département, Cyrille Melchior, a qualifié cette tragédie d'« insoutenable ».
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Soutien Psychologique et Communautaire
Face à ce drame, des mesures de soutien psychologique ont été mises en place. Une cellule de soutien a été ouverte au sein de l’école primaire Paul Hermann, où était scolarisée l’aînée des fillettes. Les services du CCAS (Centre Communal d'Action Sociale) de la commune des Avirons ont également mis en place une cellule d’accueil et d’écoute pour les familles et les proches des victimes.
L’association Nous toutes 974 a partagé une cagnotte créée par les proches de la mère de famille pour l'aider à surmonter cette épreuve. De nombreux témoignages de soutien et d'effroi ont afflué sur les réseaux sociaux. L’association Osons Ré-agir, qui « lutte contre toutes les formes de violences » sur le territoire, a exprimé sa profonde tristesse et son indignation face à ce drame. « Nous sommes profondément bouleversés et indignés par ce drame. Cette horreur nous remplit de colère et de tristesse », a commenté l'association.
Contexte de Violence Intrafamiliale à La Réunion
Ce drame met en lumière la problématique de la violence intrafamiliale à La Réunion. Le département est l’un des plus touchés par ces violences en France. En 2022, La Réunion se positionnait à la quatrième position dans le classement des départements français les plus violents envers les femmes et les enfants.
Motifs Possibles
Selon les premières informations, le père de famille n’aurait pas supporté la séparation avec la mère des deux fillettes. Ce matin-là, elle aurait échangé plusieurs messages avec son ex-compagnon qui se serait soudain montré inquiétant dans ses propos, relate une source proche du dossier. Comprenant que quelque chose n’allait pas, la mère a alors prévenu un gendarme pour qu’il se rende au domicile du père.
Impact sur la Communauté
Au lendemain du double infanticide, l'émotion est palpable dans la petite commune des Avirons. Les voisins décrivent la famille comme étant « sans histoire, avec un cadre de vie familiale, à la vue, heureux ». Face à un tel drame, le Dr Erick Gokalsing, psychiatre à l'EPSMR, souligne l'importance du soutien psychologique pour la mère, qui vit un événement extrêmement stressant pouvant entraîner un psycho-trauma. Il insiste sur la nécessité d'un accompagnement pour faire face à un deuil forcément compliqué.
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Cet événement tragique affecte non seulement la famille, mais aussi le voisinage, les camarades de classe des enfants et le cercle amical ou professionnel des victimes. La communauté des Avirons est appelée à se mobiliser pour soutenir les personnes touchées par ce drame et pour lutter contre la violence intrafamiliale.
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