L'histoire de Delta Voile Hyères est intimement liée à une série d'initiatives sociales et d'innovations technologiques visant à améliorer la qualité de vie des personnes fragilisées, des personnes handicapées et des seniors. De la lutte contre l'isolement des personnes âgées à la promotion de l'autonomie numérique, en passant par l'insertion des personnes handicapées par le sport, Delta Voile Hyères s'est distinguée par son engagement envers l'inclusion et l'innovation.
Des débuts axés sur la solidarité et l'assistance
Le programme Delta, lancé en 1974, avait pour objectif principal de rompre l'isolement et d'assurer la sécurité des personnes fragiles à domicile. Grâce à un système de veille téléphonique et d’alarme automatique fonctionnant jour et nuit, Delta 7 a expérimenté dès 1975 soixante systèmes de ce type, desservant 5 000 personnes. Fort du soutien de la Fondation de France, des caisses de retraite et des institutions mutualistes, ce projet a rapidement été étendu à plusieurs régions françaises, notamment le Morbihan, le Bas-Rhin, la Haute-Savoie, le Var, l’Allier, l’Indre et le Val-d’Oise, via des Centres Delta Revie gérés par des organisations locales autonomes.
L'accompagnement des personnes âgées et des aidants
L'engagement de Delta Voile Hyères envers les personnes âgées s'est renforcé au fil des années, avec une attention particulière portée aux personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer et à leurs aidants. En 1996, une étude a été lancée pour l'ouverture d'un centre d'accueil de jour pour les patients atteints de la maladie d'Alzheimer. En 2010, la capacité totale des centres d’accueil de jour a atteint 91 places. Dès 2011, Delta 7 a fait le constat qu’au-delà des accueils de jour, il est nécessaire de créer un dispositif spécifique pour soutenir les aidants qui accompagnent leur proche. L’utilité de ces plateformes est très convaincante et Delta 7 crée en 2018 une 5ème plateforme pour les aidants dans les Hauts-de-Seine compétente sur le secteur gérontologique Centre-Nord (Clichy, Courbevoie, La Garenne-Colombes, Levallois-Perret, Neuilly-sur-Seine, Puteaux, Gennevilliers, Villeneuve-La-Garenne, Nanterre, Suresnes et Rueil-Malmaison).
L'autonomie numérique au service des seniors
Conscient des enjeux de la fracture numérique, Delta Voile Hyères a fait de l'accompagnement des seniors vers l'autonomie numérique une priorité absolue. Dès 2011, Delta 7 a identifié l’accompagnement des seniors vers l’autonomie numérique comme une priorité absolue notamment pour favoriser le maintien des capacités, la socialisation et l’accès aux droits. Dès 2015, Delta 7 a ainsi porté un nouveau programme d’innovation visant à l’autonomie numérique des retraités.
L'insertion des personnes handicapées par le sport et le logement adapté
Delta Voile Hyères s'est également investie dans l'insertion des personnes handicapées, notamment par le biais du sport et du logement adapté. L’insertion des personnes handicapées par le sport donne naissance au projet de construction d’un catamaran pour permettre aux personnes paraplégiques de naviguer avec des personnes valides. L’architecte naval du catamaran est Gilles Gahinet, vainqueur de la Transat en double en 1979 avec Eugène Riguidel sur VSD. L’étude du bateau démarre en 1981. L’objet du projet Logis Delta Sud est de proposer un accompagnement et un hébergement temporaire en ville adapté aux personnes atteintes d’une paraplégie afin de préparer leur retour au domicile. L’association locale, qui porte le projet, ouvre en 1982 quatre appartements aménagés qui sont situés près de Toulon puis cinq logements à Marseille. D’autres logis verront notamment le jour à Bordeaux, Metz et Montpellier.
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L'innovation technologique au service de l'autonomie
Delta Voile Hyères a toujours été à la pointe de l'innovation technologique pour améliorer l'autonomie des personnes handicapées. C’est une cabine sans combiné ni cadran qui est destinée aux personnes privées de l’usage de leurs mains. Il s’agit d’un partenariat avec l’association AVANTAGE pour développer des solutions logicielles dédiées aux enfants, aux jeunes handicapés moteurs et aux enfants IMC (Infirme Moteur Cérébral). 2000-2001 : Delta 7 valide la mise au point du Visioboard avec une vingtaine d’utilisateurs tétraplégiques puis Cédric, étudiant en BTS Informatique, utilise le système pour ses études de 2ème année, son stage d’entreprise chez Microsoft et les épreuves de son BTS. Ecrire avec les yeux est une réalité !
L'accueil et le soutien aux enfants et aux familles
L'engagement de Delta Voile Hyères envers les enfants et les familles se manifeste à travers plusieurs initiatives, notamment l'accueil temporaire des enfants séparés de leurs parents et le soutien aux relations entre les enfants et leurs parents incarcérés. Delta 7 ouvre un premier Foyer sourire à Paris au mois d’octobre 1979. C’est un appartement occupé par une famille d’accueil qui héberge temporairement des enfants momentanément séparés de leurs parents. Ainsi ils restent dans leur ville. Ils continuent de fréquenter leurs écoles, leurs camarades de jeux et n’ont jamais le sentiment d’être oubliés voire abandonnés. L’objet social du Relais Enfants-Parents est de proposer un service d’aide au maintien des relations entre l’enfant et son parent incarcéré.
L'aide à l'intégration des populations immigrées
Delta Voile Hyères a également joué un rôle important dans l'intégration des populations immigrées en France, notamment en facilitant leurs démarches administratives. L’association met en place des permanences d’assistants-interprètes dans 20 bureaux de La Poste dans 5 départements pour assister les immigrés vivant en France dans leurs démarches administratives. Ces accueils sont assurés par des étudiants de langue maternelle étrangère. En 1979, la direction générale de La Poste réalise une enquête auprès de ses services régionaux en vue de poursuivre l’implantation de ces accueils. La généralisation de l’Accueil Delta est effective à partir de 1980, avec près de 100 bureaux, en commençant par les grandes agglomérations comme Lyon et Marseille. Ce lexique regroupe la traduction des principaux mots usuels dans les principales langues pratiquées par les populations immigrées.
La formation professionnelle en milieu rural
Delta Voile Hyères s'est également investie dans la formation professionnelle en milieu rural, en créant un centre de formation pour les jeunes en difficulté. Situé dans le département de la Nièvre, le projet est d’expérimenter un centre de formation en milieu rural pour que des jeunes en difficultés acquièrent un métier artisanal et que les maîtres artisans transmettent leur savoir faire et leur passion aux jeunes générations.
X Voiles : Un acteur majeur de la voile à Hyères
Bien que l'histoire de Delta Voile Hyères soit principalement axée sur les initiatives sociales et d'innovation, il est important de mentionner également la présence d'acteurs importants dans le domaine de la voile à Hyères, tels que X Voiles. Fondée en 1979 par Jean-Yves Jaffrezic, X Voiles s'est spécialisée dans les voiles de planches et de dériveurs, avant d'équiper également des habitables. Associés à X Voiles Méditerranée à Hyères, Jean-Yves Jaffrezic et Lionel Imbert (à droite), installés à La Baule, ont des revendeurs à La Rochelle, Pornic, Courseulles-sur-Mer, Cherbourg et Dunkerque.
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Jean-Yves Jaffrezic a participé pour la première fois au Spi Ouest-France en 1983 sur le Half Ton Scillonia aux côtés d’Yvon Quillec, l’ancien président du yacht-club de Morlaix. A l’époque, il embarquait deux spécialistes du dériveur et deux gars pour l’habitable car il y avait des parcours de nuit. Quelque temps plus tôt, il avait terminé troisième du championnat du monde de 420 à Quiberon. En 1984, il est sur EJP 2. Le début d’une belle histoire d’amitié avec Laurent Sambron, Pierre-Yves Tinel et Stéphane Guilbaud, avec qui il navigue toujours. Ils courent d’ailleurs cette année sur le J/70 EJP 14. Ils vieillissent mais apprennent toujours des choses. Ils en sont à huit victoires sur le Spi en IRC (deux fois en J/109) et en monotype (J/80 entre autres). En monotype, il y a moins de discussions aux arrivées.
J.-Y. J. : J’ai créé X Voiles fin 1979 avec Rémy David et Lionel Imbert à La Baule. Nous étions spécialisés dans les voiles de planches et de dériveurs. Mais c’est là également que l’on a commencé à équiper des habitables. Notre premier client, Abel Hivert, nous a commandé un génois de Surprise. Il vient toujours chez nous pour son Class A. C’était donc nos débuts pour la course au large.
J.-Y. J. : Oui. Surtout dans les séries monotypes. Ce sont souvent des étiquettes qui sont collées, et ce pour tout le monde sur le marché. Nous avions l’image de concevoir des voiles très plates, par exemple. L’histoire n’était pas fausse au départ avec notre EJP 2avec lequel on a tout gagné. Quand je regarde maintenant les autres fabricants, alors que le métier a évolué, ce n’est plus le cas. Il y a un confrère qui a eu la réputation de rater ses spis car il en a eu quelques-uns en Figaro. Un autre, au niveau des génois, était au top dans cette série. Je pense que cela rassure surtout les skippers. Au niveau de la concurrence, avec Jérôme Dupin (Starvoiles), Bernard Malleret (Delta Voiles), Sylvain Pélissier (All Purpose), ou encore Maxime Paul (Incidences), nous nous croisons sur les pontons et restons très ouverts à la discussion, même si nous nous bagarrons beaucoup sur différents types de supports. Mais notre métier est fragile.
J.-Y. J. : C’est également lié aux phénomènes de mode. A une époque, la membrane était indispensable alors que venait de sortir le 3DL chez North. Les fabricants de tissus, pour les contrer, avaient tellement travaillé pour faire des voiles à panneaux qu’ils en étaient arrivés à des produits incroyables. Plus légers. Comme nos voiles en GPL carbone de Dimension Polyant. Maintenant, un client propriétaire d’un 9 mètres qui désire se faire plaisir avec une membrane Kevlar/carbone, on peut lui fournir, mais il y a d’autres produits qui sont tout aussi bien pour des voiles à panneaux. C’est différent quand on monte en gamme de voiliers. En parlant encore de mode, le 3DI, qui est très performant pour les grosses unités, a été une catastrophe pour les petits bateaux. En plus, les propriétaires avaient payé cela très cher.
J.-Y. J. : Dès que nous avons eu notre premier programme informatique, nous nous sommes rendu compte que pour fabriquer les voiles radiales, il fallait que cela soit tracé ou découpé au laser. Dans un premier temps, nous avons profité des instruments loués par des grosses voileries comme Elvstrom et Tasker qui devaient amortir leurs lourds investissements. C’était génial pour nous. On découpait ou on traçait chez eux à moindre coût. Cela nous a pris pas mal de temps à franchir le pas et on a monté une société de découpe à La Rochelle, RCX. A un moment, on travaillait pour une soixantaine de voileries. Même si nous avons vendu l’affaire, on va toujours là-bas pour la découpe. Snsp Hakuna Matata, le Sun Fast 3200 de Jean-François Nouel et sa garde-robe noire signée X Voiles aura fort à faire en IRC 3.
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J.-Y. J. : Non, pas trop, et je me suis toujours battu contre ça. Une voile jetable après le Spi Ouest-France, cela n’a jamais existé. Peut-être dans des séries professionnelles, mais c’est marginal. Quand je courais en J/80 ou en Mumm 30, nous avions un jeu de voiles neuf pour le championnat du monde mais qui avait une vie après. Il fallait simplement cibler le moment du changement. Et puis les conditions sont à chaque fois différentes. Chez X Voiles, nous avons l’image d’être un peu lourds, mais aussi celle que nos produits durent plus longtemps. Notre réputation est l’éternel combat avec les skippers. Et cela se sait par exemple dans la classe Mini où nous avons gagné trois des quatre dernières éditions. Pour le Spi, fort heureusement, nous avons toujours des commandes, début de saison oblige. Jean-Yves Jaffrezic participe avec ses vieux camarades à ce 38e Spi Ouest-France sur un J/70.
J.-Y. J. : Ce ne sont pas les plus belles années. Mais nous avons gardé quelques beaux petits chantiers, comme Tofinou, Ofcet ou Black Paper. Et puis nous avons nos clients fidèles. Le plus important pour notre petite entreprise d’une dizaine de personnes - et cela doit être vrai aussi dans le gréement ou les petits chantiers -, c’est d’éviter les retours éventuels. Il nous faut donc bosser le mieux possible. Pour les monotypes, par exemple, nous devons être capables de sortir une voile à l’identique. Notre métier restera toujours empirique, même si les modifications sont faites maintenant de façon mathématique. Le concept reste le même. Si je ne vais pas sur l’eau, j’ai autant de problèmes qu’avant. Pourquoi creuser ou aplatir ? C’est cela sans doute qui nous sauve par rapport aux dérives de certains voiliers ou revendeurs.