L'univers de la voile de haute compétition est perpétuellement en quête d'innovation, de performance et de précision technique. Au cœur de cette quête se trouve l'America's Cup, le plus ancien trophée sportif de l'histoire, un événement qui allie sport et technologie de manière inégalée. Dans ce contexte exigeant, l'équipe Luna Rossa Prada Pirelli s'est imposée comme un acteur majeur, incarnant l'excellence italienne et repoussant sans cesse les limites de l'ingénierie navale. La présentation de leur dernier monocoque AC75, baptisé "Luna Rossa", marque une étape cruciale dans leur parcours vers la 37e America's Cup, révélant une synthèse parfaite entre forme et fonction, et une expression ultime de la technologie appliquée au yachting. Ce bateau représente non seulement un défi italien en termes de conception, de technologie et d'esthétique, mais aussi un concentré de savoir-faire et d'ambition.
La Nouvelle Ère du Monocoque AC75 "Luna Rossa" et son Baptême Symbolique
Le lancement du dernier-né de l'équipe Luna Rossa Prada Pirelli, le monocoque AC75, a été un événement empreint de symbolisme et d'anticipation. Ce jour marquant, que Max Sirena, Team Director et Skipper de Luna Rossa Prada Pirelli, décrit comme "le jour le plus important de notre campagne pour l'America's Cup", a eu lieu lors d'une cérémonie de baptême maritime. Le baptême de ce qui est la seule embarcation italienne de l'édition 2024 s'est déroulé à 13h20, heure locale, à la base de Molo Ichnusa. L'événement a réuni des personnalités éminentes, dont Miuccia Prada, Patrizio Bertelli, le Président de Luna Rossa Prada Pirelli, Marco Tronchetti Provera, le Vice-président exécutif de Pirelli et co-sponsor principal de l'équipe, ainsi que Max Sirena lui-même et Agostino Randazzo, Président du Circolo della Vela Sicilia. Des invités spéciaux, incluant des sponsors, des partenaires, des fournisseurs et des autorités locales, de même que des représentants de la télévision et des médias, étaient également présents pour témoigner de ce moment historique.
Après la traditionnelle bénédiction prodiguée par Monseigneur Baturi, l'archevêque de Cagliari, Miuccia Prada a procédé à l'acte symbolique du baptême. Elle a brisé une bouteille de Maximum Blanc de Blancs de Cantine Ferrari sur la proue du navire, le baptisant officiellement "Luna Rossa". Ce nom, qui a marqué d'importantes étapes dans la vie de Patrizio Bertelli, est également devenu un nom iconique dans le monde de la voile à l'échelle mondiale. Patrizio Bertelli a souligné que "Le bateau que nous avons lancé aujourd'hui est la dixième coque de l'America's Cup que nous baptisons «Luna Rossa»". Il l'a décrit comme "un bateau magnifique et radical, qui représente un pas en avant en termes de design et de technologie, né d'un incroyable effort collectif", et a félicité l'équipe à tous les niveaux pour cette réalisation. Son ambition, exprimée après 25 ans d'engagement, est de voir ce nouveau "Luna Rossa" concrétiser son objectif sportif : remporter l'America's Cup.
Pour Marco Tronchetti Provera, "Luna Rossa est synonyme d'excellence technologique, de compétition et de la plus haute qualité italienne". Il a exprimé l'honneur de Pirelli de voir son nom associé à un projet d'une telle envergure, issu d'une passion commune pour la voile et pour l'America's Cup, un trophée qui allie défi sportif et innovation. Il est convaincu que "le bateau et son équipage ont le potentiel de nous passionner et de concourir pour la Coupe". Max Sirena, de son côté, a salué le résultat de "trois ans de travail 'dans l'obscurité'". Il a insisté sur le caractère audacieux des choix de l'équipe : "Avec un seul bateau à notre disposition, nous avons dû faire des choix courageux, nous poussant à l'extrême dans tous les domaines ouverts au développement et à la recherche, grâce aussi au savoir-faire acquis avec le prototype LEQ12". Il a qualifié le bateau d'« œuvre d'art qui laissera sa marque » et a réaffirmé que « Luna Rossa est un bateau dont toute l'Italie devrait être fière car il intègre tant de l'excellence de notre pays et est un ambassadeur du Made in Italy dans le monde entier ». Le skipper a conclu avec une détermination sans faille : "C'est le bateau que nous voulions, potentiellement parfait pour gagner la 37e America's Cup." Agostino Randazzo, Président du Circolo della Vela Sicilia, a exprimé la fierté de son club d'accompagner Luna Rossa pour la troisième édition consécutive et a salué le fait que l'équipe ait "une fois de plus réussi à créer un bateau inspirant par sa beauté, ses formes et son concept futuriste". Les sessions d'essais et d'entraînement en mer devaient d'ailleurs débuter quelques jours après cette cérémonie, à Cagliari, marquant le début de la phase active de préparation.
Conception et Ingénierie de Pointe : Le Cœur Technologique du "Luna Rossa"
La création du monocoque AC75 "Luna Rossa" est le fruit d'un processus de conception et d'ingénierie d'une complexité et d'une intensité remarquables. Conçu par l'équipe de design de Luna Rossa Prada Pirelli, le bateau a été construit au chantier naval Persico Marine à Nembro. Cette entreprise colossale a mobilisé l'intégralité du pool d'ingénieurs et d'architectes navals de l'équipe, soit un effectif de 40 personnes, qui ont consacré plus de 70 000 heures de travail aux phases de développement et d'exécution. Par ailleurs, 35 constructeurs de bateaux, issus de l'équipe et des techniciens, ont œuvré sans relâche pour donner vie à cette merveille technologique.
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L'utilisation de matériaux composites avancés est un pilier fondamental de la construction de l'AC75. Environ 3 500 mètres carrés de fibre de carbone pré-imprégnée (Delta-Preg) ont été nécessaires pour la fabrication de la coque et des composants composites. Ces matériaux de pointe sont choisis pour leur rapport résistance/poids exceptionnel, crucial pour un bateau dont la performance dépend de chaque gramme. Le mât de 26,5 mètres de hauteur, une pièce maîtresse de l'embarcation, a été fabriqué directement par l'équipe à Cagliari, soulignant l'autonomie et l'expertise interne du syndicat italien. Ce mât supporte une configuration de voilure sophistiquée, composée d'une aile souple intégrant deux grand-voiles jumelées, complétées par une voile d'avant (foc), pour une surface totale d'environ 220 mètres carrés. Les voiles elles-mêmes sont principalement composées de Carbone et de Dyneema, des fibres reconnues pour leur légèreté et leur robustesse extrême, et sont fabriquées grâce à la technologie 3Di de North Sails, une technique qui permet de créer des voiles sans couture avec une forme optimisée et une durabilité accrue.
La quête de la performance a poussé l'équipe à faire des "choix courageux, nous poussant à l'extrême dans tous les domaines ouverts au développement et à la recherche", comme l'a précisé Max Sirena. Le "savoir-faire acquis avec le prototype LEQ12" a été un atout précieux dans ce processus. Cet AC75 n'est pas seulement un bateau, c'est une "expression la plus haute de la technologie appliquée au yachting", une "magnifique et radicale" réalisation qui incarne un "pas en avant en termes de design et de technologie". L'intégration de ces innovations fait de ce "Luna Rossa" un concurrent potentiellement parfait pour la 37e America's Cup. Les performances de cette prouesse technologique seront évaluées lors des sessions d'essais et d'entraînement en mer, qui ont débuté dans les jours suivant le baptême à Cagliari, marquant le début de la phase d'optimisation et d'ajustement avant la compétition.
L'Évolution des Prototypes : De la Conception à la Réalité
Le chemin vers un bateau de l'America's Cup pleinement opérationnel est jalonné par le développement et l'itération de prototypes, chacun apportant des leçons précieuses et des avancées technologiques. L'équipe Luna Rossa Prada Pirelli excelle dans cette démarche d'amélioration continue, comme en témoignent les différentes étapes de conception et de construction de ses embarcations.
Le prototype le plus récent de l'équipe Luna Rossa Prada Pirelli, qui a "largué les amarres", est un "prototype futuriste présenté à Cagliari". Ce prototype a été entièrement "pensé et construit au siège de Luna Rossa Prada Pirelli à Cagliari par les personnes de l'équipe, conformément aux règles imposées par le protocole de la 37e America's Cup". Sa réalisation a nécessité un investissement considérable en temps et en ressources : "près de 10 mois et plus de 30 000 heures de travail", impliquant "plus de 25 personnes et 40 membres de l'équipe de conception". Pour sa construction, "5 000 m2 de fibres de carbone appliquées à différents matériaux du noyau structurel ont été utilisés". Ce prototype est équipé d'un mât aile et de voiles de type AC75 qui utilisent la technologie North Sails, ce qui en fait un banc d'essai essentiel pour les innovations destinées au bateau de course final. Cette "nouveauté ne concerne pas seulement le bateau, mais également l'équipe", qui "s'est agrandie avec des nouveaux, voire de très jeunes talents qui ont renforcé les différents départements (notamment la design team et l'équipe de voile)" depuis la dernière édition, assurant une dynamique de renouvellement et d'expertise. Le lancement de ce prototype a également été l'occasion de renouveler le partenariat historique qui unit Pirelli et Luna Rossa, symbolisant la confiance mutuelle dans cette quête d'innovation.
En remontant légèrement dans le temps, il est essentiel de se pencher sur l'AC75 "Luna Rossa" qui a représenté le Circolo della Vela Sicilia lors de la 36e édition de l'America's Cup, présentée par Prada et tenue à Auckland, en Nouvelle-Zélande, du 10 au 17 mars 2021. Ce monocoque révolutionnaire de 23 mètres de long et de près de 6,5 tonnes a été le fruit d'une "construction, qui a duré plus de deux ans, [et a] nécessité la participation de plus de 90 personnes, dont 37 designers". Pour ce bateau spécifique, "7 000 mètres carrés de fibres de carbone et de 400 mètres carrés d'aluminium alvéolaire" ont été utilisés, des chiffres qui témoignent de l'ampleur des matériaux de pointe mis en œuvre. La cérémonie d’inauguration du deuxième AC75 Luna Rossa, le "Boat 2", a eu lieu le 20 octobre 2020, à Auckland. Ce "deuxième monocoque [était] une évolution naturelle du précédent", ayant été "modifié à la lumière de données recueillies et analysées par l’équipe de conception, en collaboration avec l’équipe de navigation", une illustration parfaite de la boucle vertueuse entre la théorie de la conception et la pratique en mer. À bord de cet AC75, "11 personnes [naviguaient], chacune ayant un rôle spécifique", une organisation précise qui sera également adoptée pour le bateau actuel.
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Ces étapes successives de prototypes et de bateaux de course sont cruciales pour l'équipe, car elles permettent d'affiner les concepts, de tester les technologies et d'intégrer les apprentissages en temps réel. Chaque version du "Luna Rossa" est une preuve tangible de l'engagement de l'équipe à "pousser à l'extrême" dans tous les domaines du développement et de la recherche, assurant ainsi que le bateau final soit une machine de course optimisée et redoutable.
L'Équipe : Pilier Humain et Technologique de Luna Rossa
Derrière chaque succès technique et chaque prouesse en mer du Luna Rossa Prada Pirelli, il y a une équipe humaine d'exception, dont la synergie et l'expertise sont aussi cruciales que la technologie du bateau lui-même. L'effectif est un mélange équilibré de "vétérans et de jeunes", comprenant "en tout 21 hommes, dont l'entraîneur", constituant l'équipe navigante. À bord de l'AC75, "11 membres d’équipage seront", chacun avec un rôle hautement spécialisé et essentiel à la performance du monocoque. Parmi eux, on retrouve le skipper, le régleur de grand-voile, le régleur de foils et les wincheurs, dont la coordination parfaite est indispensable pour manœuvrer un engin aussi complexe.
La préparation de ces athlètes est rigoureuse et multifacette. "En mer, ils s'entraînent à naviguer avec différents types de bateaux", ce qui leur permet d'acquérir une polyvalence et une adaptabilité cruciales face aux conditions changeantes. "Tandis qu’à terre, leur préparation passe par le simulateur et la salle de sport", des outils essentiels pour perfectionner les techniques de navigation, anticiper les scénarios de course et maintenir une condition physique optimale. L'équipe est également tournée vers l'avenir, avec un engagement fort envers le développement des jeunes talents. "Grâce à la mise en place de la Coupe de l’America Youth et de la Coupe de l’America Women’s lors de la 37e édition, Luna Rossa Prada Pirelli peut désormais faire participer ses nombreux jeunes talents à la compétition". Pendant plusieurs années, ces jeunes se sont formés "grâce au programme New Generation", garantissant ainsi la pérennité de l'excellence au sein de l'équipe.
Parallèlement à l'équipage navigant, "l’équipe à terre" joue un rôle tout aussi vital. Amenée à "travailler à la fois sur terre et en mer", cette équipe est "prête à intervenir à tout moment". Son travail commence dès que le bateau rentre au port et s’achève le lendemain, lorsque le bateau retourne en mer, illustrant un cycle incessant d'entretien et d'optimisation. Installée "sous des tentes ou dans des conteneurs", elle "fabrique de nouvelles pièces et répare celles endommagées au quotidien". La structure de cette équipe est hautement spécialisée et répartie "en différentes unités : fabrication carbone et composite, système hydraulique, système électronique, gréeurs, artisans voiliers, atelier mécanique, équipement de pont et peinture".
Au-delà de la maintenance et de la fabrication, l'équipe à terre est également un centre névralgique de l'innovation. "En plus de se consacrer à la conception des coques, des voiles et de tous les éléments de conception sur mesure, cette équipe analyse les données générées par le simulateur et par les ordinateurs connectés à la coque lors des entraînements en mer". Cette analyse de données est fondamentale pour les architectes navals et les ingénieurs qui affinent continuellement le design du bateau, en tirant parti de chaque sortie en mer et de chaque simulation. L'élargissement de l'équipe depuis la dernière édition, avec l'intégration de "nouveaux, voire de très jeunes talents qui ont renforcé les différents départements (notamment la design team et l'équipe de voile)", témoigne de la volonté constante de Luna Rossa de se doter des meilleures compétences pour faire face aux défis de l'America's Cup. Ce "travail 'dans l'obscurité'", comme le décrit Max Sirena, est le fondement invisible mais essentiel de la performance visible sur l'eau, et représente un "effort immense" qui mérite l'admiration.
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Une Histoire d'Innovation et de Passion : La Saga Luna Rossa
L'aventure Luna Rossa est bien plus qu'une simple participation à l'America's Cup ; c'est une saga riche en innovation, en passion et en détermination, qui a marqué l'histoire de la voile italienne et mondiale. L'équipe Luna Rossa voit le jour à Milan un soir de février 1997, près du Duomo, lorsque l’entrepreneur italien Patrizio Bertelli et l’architecte naval argentin German Frers se rencontrent. Initialement réunis pour discuter de la construction d’un bateau de croisière, l'étincelle s'allume lorsque German Frers s’exclame tout à coup : "Pourquoi est-ce qu’on ne participerait pas à la Coupe de l’America ? Inscrivons-nous à la Coupe de l’America !". C'est ainsi que débute une épopée qui allait transformer un rêve en une entreprise de compétition de renommée internationale.
La première participation de Luna Rossa remonte à l’an 2000, un début fulgurant. Après avoir remporté la prestigieuse Louis Vuitton Cup, battant notamment l’équipe américaine AmericaOne, l’équipe est arrivée en finale de l’America’s Cup contre Team New Zealand. Ce fut une réalisation historique, marquant la première fois qu’un skipper italien, Francesco de Angelis, participait à la phase finale de la Coupe de l’America. L'engagement de Patrizio Bertelli est tel qu'en janvier 2001, il décide de poursuivre l’aventure Luna Rossa, affrontant à nouveau les tenants du titre néo-zélandais à Auckland. L'équipe a continué de progresser, battant par exemple l’équipe américaine Oracle en demi-finale de la Coupe Louis Vuitton, notamment grâce aux performances du tout jeune skipper James Spithill. La Coupe Louis-Vuitton, par exemple, s'est déroulée dans la baie de San Francisco, à bord des immenses catamarans "volants" de la classe AC72, illustrant l'évolution constante des technologies et des formats de course dans l'America's Cup. Pour la troisième fois en quatre apparitions, Luna Rossa s'est qualifiée pour la finale de la Coupe Louis-Vuitton, témoignant de sa constance au plus haut niveau. Le Circolo della Vela Sicilia, un partenaire fidèle, a été le premier yacht-club à affronter le tenant du titre Emirates Team New Zealand lors de l’édition 2021, illustrant une collaboration indéfectible.
Au fil des ans, le nom "Luna Rossa" est devenu une "icône dans le monde de la voile". Pour Patrizio Bertelli, cet engagement a permis d'accomplir un objectif qu'il s'était fixé de longue date : "créer une équipe de techniciens et de marins extraordinaires capables de façonner l'avenir du sport dans notre pays et de laisser un héritage pour les générations futures". Marco Tronchetti Provera a, quant à lui, souligné que "Luna Rossa est synonyme d'excellence technologique, de compétition et de la plus haute qualité italienne". L'équipe est un véritable "ambassadeur du Made in Italy dans le monde entier", un projet qui "provient d'une passion pour la voile et pour la Coupe de l'America", un "trophée qui allie défi sportif et innovation". Le Vice-président exécutif de Pirelli a également salué le fait que l'équipe "a contribué au fil des ans à écrire des chapitres importants de l'histoire de cette compétition extraordinaire", réaffirmant l'honneur de voir la marque Pirelli "sur ces traditionnelles voiles qui feront à nouveau rêver de nombreux Italiens, et pas uniquement les passionnés de voile". Cette histoire est celle d'une ambition inébranlable et d'une recherche incessante de l'excellence, faisant de Luna Rossa non seulement un concurrent redoutable, mais aussi une source d'inspiration et de fierté nationale.