Dame de nage : origine et évolution d'un terme nautique

L'expression "dame de nage" est une locution marine qui évoque immédiatement le monde de l'aviron et de la navigation. Pour bien comprendre l'origine et l'évolution de ce terme, il est essentiel d'explorer le contexte historique de la navigation, l'évolution des embarcations et les différents sens du mot "nage" à travers le temps.

Navigation et aviron : un bref aperçu historique

La navigation est aussi ancienne que l'humanité. Dès les temps anciens, les hommes ont cherché à maîtriser les plans d'eau pour se déplacer, commercer et explorer. L'aviron, en tant que moyen de propulsion, a joué un rôle crucial dans cette histoire. Les premières embarcations étaient propulsées par des pagaies, puis par des rames. La nécessité de fixer ces rames a conduit au développement de dispositifs tels que la "dame de nage".

L'aviron de pointe et l'aviron de couple

Dans le domaine de l'aviron, il est important de distinguer deux techniques principales : l'aviron de pointe et l'aviron de couple.

  • Aviron de pointe: Le rameur utilise une seule et grande rame.
  • Aviron de couple: Le rameur utilise deux rames plus courtes, une dans chaque main.

À l'origine, on disait que les avirons étaient montés à couple lorsque un rameur tribord et un rameur bâbord étaient assis côte à côte sur le même banc.

L'évolution du mot "nage"

Pour comprendre l'expression "dame de nage", il est crucial de se pencher sur l'histoire du mot "nage" lui-même. En ancien français, "nager" se disait "noër" ou "nouer", dérivé du latin classique "nato, natare". À cette époque, "nager" signifiait "naviguer". Les deux verbes étaient d'ailleurs des doublets, tous deux dérivés du latin classique "navigare".

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C'est ce sens ancien de "nager" qui est conservé dans les expressions "dame de nage" et "banc de nage". Pour éviter la confusion entre "noër" (nager) et "noer" (nouer, faire un nœud), le verbe "nager" a progressivement pris son sens actuel, reléguant "noer" aux oubliettes du lexique. Cependant, l'ancienne acception persiste dans l'expression "savoir nager entre deux eaux", qui signifie "savoir naviguer entre deux courants" sans se laisser entraîner par l'un ou l'autre.

Définitions Maritimes et Sportives de "Nage"

Dans le contexte maritime et sportif (aviron), "nage" désigne :

  • L'ensemble des mouvements imprimés aux rames pour faire avancer une embarcation. On parle de "nage longue, rapide, régulière".
  • Une forme particulière de nage, comme la "nage à couple" (deux avirons mus d'un seul banc par un ou deux rameurs) ou la "nage en pointe" (le dernier rameur vers l'avant se trouve en pointe des autres).
  • L'ensemble des rameurs d'une embarcation, avec un "chef de nage" qui règle la cadence des autres rameurs.

La dame de nage : définition et fonction

La "dame de nage" est un trou creusé dans les bordages d'une embarcation pour recevoir l'aviron. Elle permet de fixer l'aviron et de faciliter le mouvement de rame. La dame de nage est un élément essentiel pour la pratique de l'aviron, car elle assure un point d'appui stable et permet au rameur de transmettre efficacement sa force à l'embarcation. Le terme "tolet" est souvent utilisé comme synonyme de "dame de nage".

Tolet : origine et synonymes

Le mot "tolet" a une origine ancienne et se retrouve dans plusieurs langues. "Escaume « tolet » ou « dame de nage » vient du grec σκαλμος emprunté par les Romains scalmus toujours avec le même sens. Le mot se retrouve dans tous les parlers marins de la Romania, sauf en normand qui a gardé un mot ancien nordique þollr « arbre; poutre », cf. le danois et le norégien toll, le suédois tull « tolet »."

Les embarcations : une diversité de modèles

Au fil des siècles, une grande variété d'embarcations ont été développées pour répondre à différents besoins et environnements. Voici quelques exemples :

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  • Bachot: Nom générique de la barque de Seine à fond plat, à franc bord et à levées. La levée facilitait la descente des passagers par échouage de l'avant. La levée arrière était prolongée par un gouvernail, la piaute, sorte d'empennage directionnel.
  • Batelet, bille, galoupille, flette, double-bachot: Différents types de barques de Seine, de tailles variées selon leur emploi.
  • Balladeuse: Bateau de promenade à la pagaie double pour un à deux pagayeurs, plus large qu'une périssoire, à fond plat et avec ses extrémités relevées.
  • Barcasse: Canot de plaisance en usage dans l'Adriatique. Par dérision, on dit d'un mauvais canot : c'est une barcasse !
  • Barquette: Petite barque, terme trouvé dans un manuscrit daté de 1605-1606 de Nicolas Fabri de Peiresc, décrivant un canot d'écorce de la communauté Beothuk.
  • Blin: Barque traditionnelle des marais de Brière.
  • Canot: Embarcation légère pour le tourisme nautique, à rames, à clins ou à franc bord, bordé, ponté, avec ou sans barreur. À bord des navires, il existe toute une gamme de canots de tailles différentes selon leur usage : canot amiral, canot du commandant, etc.
  • Canot-mixte: À Paris, se dit d'un canot qui marche à la voile et à l'aviron.
  • Canot-yole: Catégorie d'embarcations à l'aviron, tenant le milieu entre les yoles et les canots.
  • Chaloupe: Ressemble au canot mais elle est plus grande, avec un fond en « U » pour plus de volume et de stabilité.
  • Clipper: À Paris, un petit voilier rapide inspiré d'un dériveur d'origine nord-américaine.
  • Feu-né (Fine): Sorte de skiff plus stable que ce dernier parce que plus large et à clins.
  • Gig: Dans la série des yoles, embarcation munie de bosses de nages à Paris et que l'on appelait à la même époque des outriggers en Angleterre.
  • Gondole: Embarcation conduite par un ou deux rameurs et en usage à Venise, souvent dirigée par un seul rameur placé à la poupe.
  • Haut-bord: À Paris, nom de la première série de voiliers parisiens, apparue entre 1844 et 1847.
  • ** Nacelle:** Tout batelet qui porte une femme.

Le matériel du bord : apparaux et manœuvres

Les embarcations, même les plus petites, nécessitent un minimum de matériel pour naviguer en sécurité. Voici quelques exemples :

  • Acastillage: Ensemble du petit matériel nécessaire à l'armement du bateau et à sa manœuvre (bittes, taquets, poulies…).
  • Amarre: Cordage servant à amarrer un bateau.
  • Ancre: Instrument de mouillage en fer.
  • Aussière: Cordage utilisé pour amarrer, haler ou remorquer un bateau.
  • Aviron: Instrument en bois permettant de propulser une embarcation à la force des bras.
  • Cabestan: Treuil vertical utilisé pour les manœuvres exigeant de gros efforts.
  • Cabillot: Cheville en bois ou en métal plantée dans les trous du râtelier pour y tourner les manœuvres courantes.
  • Chaumard: Ferrure servant au passage d'une amarre.
  • Davier: Rouleau facilitant le filage de la chaîne.
  • Défense: Synonyme de pare-battage, protégeant le bateau des chocs.
  • Ecope: Pelle servant à vider l'eau d'un canot.
  • Gaffe: Espar en bois garni d'un croc à son extrémité, permettant d'accoster.
  • Godille: Aviron placé à l'arrière, servant à propulser une embarcation par un mouvement de va-et-vient.
  • Grappin: Petite ancre à trois, quatre ou cinq pattes.
  • Guindeau: Treuil à axe horizontal utilisé pour virer la chaîne d'ancre.

Expressions liées à la navigation

Le vocabulaire maritime est riche en expressions imagées. Par exemple, l'expression "nager entre deux eaux" s'applique aux politiciens habiles qui savent fluctuer entre deux partis.

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