L’Irlande, avec ses paysages à couper le souffle et ses traditions séculaires, offre une expérience de voile unique. Naviguer en Irlande est vraiment hors du commun. Ce voyage à la voile demande un certain engagement, tant par la durée des navigations, que par les zones de navigation traversées. Une bonne expérience de navigation côtière est recommandée. Cette croisière comporte une traversée hauturière de 2 jours avec quarts de nuit. Pas de cours formel : vous apprenez en naviguant.
Préparation et logistique du voyage
Le programme s’adapte à la météo. Comme tous les ans, Lord Jim se prépare à partir naviguer vers l’Irlande. Cette destination croisière est très demandée et très appréciée. Les navigations vers l’Irlande sont programmées tous les ans au mois de juin, lorsque les jours sont les plus longs. A cette période, nous pouvons profiter des lumières et des couleurs qui s’accrochent aux nombreux reliefs côtiers. Une croisière en Irlande s’effectue sur une période de 12 jours. Cela permet, en plus des deux traversées à la voile au départ de Brest, d’avoir un bon temps sur place pour naviguer à la découverte des côtes irlandaises.
Le Groupe International de Croisière (GIC Voile) est une association de plus de 200 navigants et 25 chefs de bords organisant des croisières en voilier dans le monde entier. Il a récemment publié son programme comportant une exceptionnelle « Boucle celtique ». En plus des croisières, le GIC propose chaque année des stages d’initiation et de perfectionnement dont un cursus théorique et pratique de perfectionnement chef de bord très réputé. L’offre de perfectionnement comprend aussi des stages de manœuvres sur voilier monocoque de 45 pieds et sur catamaran, des stages en présentiel sur les logiciels de routage et sur les GPS Traceur, des séances de travail sur carte, des webinaires sur la météo, etc.
Passeport obligatoire. L’Irlande fait partie de l’UE, mais une escale est fort possible aux îles Scilly. Attention ! Une ETA (Electronic Travel Authorisation) est désormais obligatoire pour les voyageurs européens désirant se rendre au Royaume-Uni. Informations sur le site UK ETA. Pas de visa pour les ressortissants français, belges, suisses ou canadiens.
La traversée hauturière : Rythme et sécurité
Pour monter en Irlande, il faut compter une cinquantaine d’heures depuis l’île d’Ouessant. Autant que possible, quand la météo le permet, nous poussons directement jusqu’à la baie de Dingle, au nord-ouest du Kerry. En Croisière hauturière, les quarts de barre et de veille s’organisent par bordées de deux équipiers, pour une durée de 2 heures, suivies de 4 heures hors quart. Ce rythme s’enchaine nuit et jour. Le rôle de l’équipe de quart est d’assurer la conduite du navire, c’est à dire de barrer au vent ou sur un cap compas. Mais la fonction la plus importante est la veille. La veille consiste à surveiller les navires sur la zone pour éviter tout abordage. Pour cela, il y a bien sur l’observation visuelle, le « tour d’horizon ». Mais la veille est également assurée à l’aide de l’AIS (Automatic Identification System). Le système AIS permet de récupérer par ondes VHF, des informations sur l’identité, le statut, la position et la route des navires que nous croisons dans notre zone de navigation. Ce signal émis par tous les navires professionnels s’affichent sur l’écran du PC du bord. Lord Jim est également équipé d’un radar. Par temps bouchée, « fog patches » comme disent les britanniques, quand on ne voit plus l’avant du voilier, le radar « devient » nos yeux…
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Yann le skipper est hors quart, mais disponible à tout moment. Il doit être appelé, et réveillé au moindre doute. Étant amariné, c’est principalement lui qui s’occupe de faire les repas pendant ces temps de navigation. Quand vous êtes hors quart, c’est le moment de se reposer, de dormir, de lire, de rêver, de cuisiner si le cœur vous en dit, de jouer aux échecs, de potasser les cartes marines, les instructions nautiques et le manuel du parfait gabier… La navigation hauturière a cela de particulier, que l’on rentre dans un rythme hors du temps, laissant l’esprit libre comme le vent.
L’exploration des côtes irlandaises : Paysages et escales
L’Irlande est un vrai paradis pour un bateau de voyage autonome, il y a des abris partout, l’environnement est magnifique, les fonds sont de bonne tenue et sauf dans quelques rares mouillages (Baltimore, Skull, Crookhaven…) des bouées sont proposées à titre gratuit. La côte sud-ouest d’Irlande compte également de nombreuses baies profondes, genre fjords, comme la baie de Kenmar, de Bantry ou Dunmanus bay. Lord Jim connait bien le dédale de ces îles entre Baltimore et Crookhaven, le passage entre Dursey Island et le continent, en passant sous le téléphérique… Les havres que sont Bear Island, Glen Gariff dans la Baie de Bantry… Les falaises hallucinantes le long des côtes du Kerry, Mizen Head, Sheep’s Head, Bolus Head… Bref, une croisière en Irlande ne suffira pas pour faire le tour de tous ces lieux.
S’il en est un qui symbolise à lui tout seul les côtes d’Irlande c’est bien le Fastnet Rock. Le phare du Fastnet, un lieu mythique pour tout marin. Le port de pêche de Dingle du comté du Kerry, avec ses petites maisons aux façades colorées et son port de pêche animé, et le paysage sauvage de toute la baie. A l’extrémité de la Péninsule de Dingle, les îles Blasket où l’on peut envisager de débarquer si la météo le permet. Navigation vers les îles Blasket, abandonnées en 1953. Débarquement sur Great Blasket, observation des phoques et oiseaux. Remontée vers le nord, passage des falaises de Moher vues de la mer. Escale aux îles d’Aran (Inishmore, Inishmaan ou Inisheer). Entrée dans la baie de Galway, arrivée au port. Découverte de Galway : ambiance festive, Quay Street et ces galway Hookers, dernière soirée pub.
Région atypique de l’Irlande, le Connemara est un véritable concentré des différents paysages qu’offre cette île fascinante : des vallées désolées aux teintes sombres et qui changent de couleur à chaque minute selon la météo, la côte sauvage et déchiquetée de la " Wild Atlantic Way", les montagnes des "Twelve Bens" entourant le seul fjord du pays (Killary), les petits villages typiques de Clifden ou Leenane avec leurs pubs typiques où crépitent les feux de tourbe dans la cheminée, accueillant les groupes de musique traditionnelle irlandaise…
Les îles Scilly et Anglo-Normandes : Escales de retour
Les Scilly se situent à une vingtaine de miles nautiques de la route directe entre Bretagne et Irlande. L’archipel est à « mi-route » et en généralement nous organisons une escale au retour, éventuellement à l’aller en fonction de la météo. Cette escale aux Scilly peut être une escale d’attente d’une fenêtre météo pour traverser la Mer d’Irlande, ou une relâche pour laisser souffler un équipage qui a besoin d’un temps de repos. Site sublime classé pour la beauté de ses paysages et ses eaux cristallines. Vous commencerez par faire une halte sur l’île de Tresco le premier jour. Vous apprécierez ses sublimes jardins subtropicaux, nommés comme les plus beaux d’Europe. Vous voilà plongés dans les Canaries, l’Amérique du Sud et l’Australie. Le deuxième jour, cap vers la plus grande île de cet archipel, l’île de St Mary’s. Détendez-vous sur l'une de ses plages au sable fin et décompressez grâce à une balade en vélo le long de St Mary’s.
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Météorologie et environnement
L’Irlande jouit d’un climat tempéré, avec des hivers ni très frits, ni très neigeux et des étés doux. En juillet et août, les températures montent rarement au dessus de 20°C. Le temps ne connaît donc pas, sur l’année, de variations considérables, mais, en revanche, il est instable ! En moins d’une heure, un soleil rayonnant remplacera un ciel d’encre, et vice versa. En tout cas, il pleut et il vente ! A l’image de ses habitants, la météo irlandaise a du caractère… On n’embarque pas pour une croisière à la voile en Irlande sans savoir que certains moments pourront être « physiques ». En effet, que ce soit en Manche, en Mer d’Irlande ou sur la zone ouest Irlande, la mer peut y être mauvaise. Il est rare que l’on fasse ce voyage sans se faire secouer à un moment ou un autre. Pour naviguer en Irlande, il faut parfois savoir attendre. Savoir-faire relâche et laisser passer un coup de vent plutôt que de forcer le passage. Cette année la météo a été capricieuse : beaucoup de dépressions et des régimes anticycloniques plutôt instables, cela laisse peu de temps au beau temps mais on en profite quand même.
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