Croisière en voilier à Bora Bora : Guide complet, itinéraires et conseils d'évasion

Bora Bora. Rien que le nom fait rêver tous les couples du monde entier. L’île qui concentre le plus grand nombre de pilotis. Bora Bora est un volcan entouré d’un des plus beaux lagons au monde. Ses motus, petits ilots, s’égrènent à quelques encablures. Imaginez lever l’ancre au petit matin, quand la lumière rose se reflète sur le lagon, que les coqs chantent déjà sur la plage et qu’un parfum de tiaré flotte dans l’air. Mais ce décor de carte postale cache aussi une réalité : ici, la mer commande, et elle ne pardonne pas les marins impréparés. Naviguer en voilier en Polynésie française, c’est bien plus qu’une croisière tropicale. C’est un voyage initiatique où chaque île, chaque passe et chaque rencontre enrichit l’âme du marin.

La logistique de rêve face à la réalité budgétaire

Soyons clairs, un bungalow famille sur pilotis à Bora Bora ne rentrait pas dans mon budget. Les hébergements se réservent très très tôt à Bora Bora, rapport aux voyages de noce. Donc quand j’ai voulu réserver, tout était plus que hors de prix. Le seul hébergement accessible était un catamaran polynésien sur Airbnb. Il était bien stipulé qu’il n’était pas question de grand luxe mais du bonheur de naviguer dans le lagon. Népoux était à fond, il a fait beaucoup de voile étant jeune, il se voyait déjà aux commandes. Les Nains aussi.

Alors… Le catamaran est certes très joli mais le côté « rustique » signifie en fait pas mal de trucs cassés : pas d’eau dans le lavabo de notre cabine, pas de frigo donc tout le frais doit tenir dans une petite glacière, un des 2 tauds est déchiré… Pour la douche, mais nous le savions, c’était sur le pont avec le jet d’eau. Jean-Marc, le propriétaire et capitaine du bateau, nous attendait au port. Pour le dîner, Jean-Marc nous a cuisiné une super ratatouille. Après le petit-déjeuner, Jean-Marc nous a proposé d’aller voir des raies manta car nous sommes prêts d’un spot. Nous avons levé l’ancre pour la Pointe Matira, au sud de Bora Bora. La mer est presque d’huile, la navigation est tranquille. On aperçoit les nombreux - très nombreux - pilotis. On est loin du tourisme de masse mais nous n’en avions jamais vu autant. Le top du top du luxe se trouve à l’Intercontinental. Les bungalows se transforment en immenses Villas sur pilotis avec piscine privative !! Quand soudain un bateau pirate passe devant nous. Au bout d’environ trois heures de navigation, la mer change de couleur. On passe d’un bleu dense au turquoise. Un motu en forme de tortue apparait. La légende dit qu’il représente non pas une tortue mais un baleineau qui se serait échoué là avec sa mère. Elle-même représentée par le motu d’à côté. Piti Uu Tai et Piti Uta, leurs petits noms, seraient entrés dans le lagon de Bora Bora par la passe Te Avanui et n’auraient pas pu repartir à cause de la faible profondeur du lagon. Je n’ai jamais vu autant de poissons, un truc de fou. Nous avons ensuite repris notre route en sens inverse. Les fonds n’étant pas profonds, le catamaran ne peut pas passer la Pointe Matira. Ce qui est bien dommage car le restaurant dans lequel je voulais déjeuner était de l’autre côté.

L’art de la navigation dans le Pacifique

La première fois qu’on ouvre une carte nautique de la Polynésie française, on est frappé par l’immensité bleue. Les îles semblent perdues, minuscules, comme jetées au hasard dans l’océan. Cette dispersion crée une double impression : liberté totale et isolement absolu. Entre deux archipels, il n’y a parfois rien d’autre que la houle du Pacifique et les étoiles pour guider.

Voici la typologie des archipels :

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  • Îles de la Société : volcans entourés de lagons, c’est la Polynésie « carte postale ».
  • Tuamotu : des atolls plats comme des galettes, des lagons immenses et translucides.
  • Marquises : montagnes abruptes plongeant dans la mer, vallées vertes et chevaux sauvages.
  • Les Gambier : un lagon immense, des fermes perlières flottantes, une vie rythmée par la pêche et les traditions.
  • Les Australes : au sud, reçoivent peu de navigateurs. L’eau y est plus fraîche, les habitants plus rares, mais l’authenticité est totale.

Un skipper racontait avoir tenté d’entrer trop tard dans la passe de Rangiroa. Son bateau avançait à 6 nœuds… mais reculait en réalité, aspiré par le courant sortant. Dans les lagons, les fonds sont truffés de patates de corail. Une vigilance constante est nécessaire. Naviguer avec le soleil au zénith et des lunettes polarisantes est une règle d’or. En dehors de Tahiti et Raiatea, rares sont les chantiers capables de réparer un moteur ou de changer un gréement. Il faut savoir être autonome : stock de pièces, dessalinisateur, électricité solaire. À Bora Bora, un équipage surpris par un grain violent m’a raconté avoir vu le lagon passer du turquoise au gris anthracite en quelques secondes, avec des rafales à 45 nœuds.

Itinéraires recommandés : Les Îles Sous-le-Vent

Les Îles Sous-le-Vent - Raiatea, Taha'a, Huahine, Bora Bora, Maupiti - sont le terrain de jeu idéal pour un itinéraire en catamaran. Distances courtes entre les îles (3 à 8h de navigation), lagons protégés, alizés réguliers, cinq personnalités radicalement différentes en un seul circuit. Depuis Moorea où nous organisons des voyages en Polynésie depuis des années, les Îles Sous-le-Vent sont systématiquement notre première recommandation pour un itinéraire en catamaran.

Circuit type : "L'éveil des lagons"* Départ : Marina Apooiti (Raiatea). La marina Apooiti est la principale base charter de Polynésie. On y accède par vol direct depuis Papeete (45 min).

  • Escale 1 : Taha'a. Naviguez dans le lagon pour atteindre les eaux cristallines et peu profondes du côté nord du Motu Mahaea. Faites une escale à la baie de Tapuamu en vous amarrant à une bouée pour visiter une distillerie de rhum offrant une vue exceptionnelle sur Bora Bora.
  • Escale 2 : Bora Bora. La plus petite île de Toopua est le dernier vestige de l’ancien volcan. Une fois dans la baie, amarrez-vous à une bouée devant le Bora-Bora Yacht Club. Naviguez prudemment dans le lagon peu profond, de la côte ouest au sud-est, jusqu’à atteindre la magnifique zone de mouillage appelée la « Piscine », offrant les plus belles vues sur l’impressionnante montagne de Bora Bora.
  • Escale 3 : Maupiti. La passe de Maupiti est réputée difficile et ne peut être franchie que dans de bonnes conditions météo. Tous les skippers ne la tentent pas. Si la météo le permet, c'est l'escale qui change tout. Une fois à l’intérieur, vous serez accueilli par des eaux turquoise époustouflantes, des bancs de sable peu profonds et la possibilité d’apercevoir de gracieuses raies manta.

Immersion sous-marine et vie locale

Faire son baptême de plongée dans un des plus beaux lagons du monde est une étape obligée. J’ai réservé toutes nos plongées avant de partir, notamment pour être sûre que les Nains pourraient plonger sans problème à 9 et 13 ans. Le bateau d‘Eleuthera Bora diving center est venu nous chercher sur notre catamaran. Pour leur initiation les Nains ont chacun leur moniteur. Après le briefing des petits et des grands, tout le monde s’est « jeté » à l’eau. Népoux et moi sommes restés à proximité des Nains le temps de leur baptême. J’avoue, j’ai été très émue de voir mes bébés sous l’eau. Comme nous n’avions pas plongé depuis de nombreuses années, il a fallu refaire les exercices de base, dont le vidage de masque, le truc que je déteste.

Les Polynésiens sont très attachés à leur lagon. Les voiliers de passage rencontrent de plus en plus de difficultés à trouver des mouillages adaptés. Ce vaste territoire maritime, pourtant réputé pour ses lagons protégés et ses paysages paradisiaques, connaît une pression croissante liée à l’augmentation du nombre de bateaux de plaisance. À cela s’ajoutent des infrastructures souvent insuffisantes. Une fois, on nous a invités sans nous connaître : on a mangé du poisson cru au lait de coco, on a dansé avec tout le village, et je me suis retrouvé à jouer du ukulélé avec un vieux pêcheur sous les étoiles.

Options de charter : De l'autonomie à la formule complète

Les Îles Sous-le-Vent sont le marché charter le plus développé de Polynésie française.

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  1. Croisières à la cabine : Dream Yacht Charter est le seul opérateur en Polynésie à proposer des croisières à la cabine sur des départs fixes réguliers. On réserve une cabine privée, on partage le bateau avec maximum 10 passagers, tout est inclus (skipper, hôtesse, pension complète, équipement snorkeling). La formule la plus accessible pour les couples et les voyageurs solo.
  2. Charter privatif : Plusieurs skippers basés à Raiatea proposent des charters privatifs avec une connaissance très fine des mouillages et des spots locaux. Dès 4 personnes, le coût par personne d'un privatif rejoint souvent celui d'une croisière cabine - avec le bateau entier pour vous et un itinéraire 100% sur mesure.
  3. L'alternative cargo-croisière : Pour ceux qui trouvent la logistique complexe des vols et des transferts rebutante, l'Aranui propose une alternative. Le navire est ambivalent, il joue à la fois le rôle de cargo et le rôle de navire de croisière. À la différence des vols inter-îles qui sont brefs et parfois peu confortables, le voyage maritime offre une découverte graduelle des îles polynésiennes. Lors de l’escale à Bora Bora, vous aurez la chance de pouvoir découvrir des lieux privatisés exclusivement pour les voyageurs de l’Aranui comme le Motu Tapu.

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