La rénovation de la coque d'un voilier est une opération essentielle pour maintenir ses performances et prolonger sa durée de vie. Au fil des années, le gelcoat ou la peinture d’origine se ternit, se craquelle, devient poreuse à tel point qu’un lustrage n’arrive plus à lui redonner son éclat d’origine. Il faut donc envisager une peinture. Cette intervention, bien que technique, repose sur une méthodologie rigoureuse où la préparation constitue le pilier fondamental : elle représente 80% du travail final.
La préparation de la coque : une étape déterminante
La préparation varie selon le matériau et l'état du support. Sur un bateau recouvert de gelcoat, il faut nettoyer, dégraisser la coque et éventuellement réparer les chocs et fissures. Une fois la coque propre, il convient de la poncer avec un papier abrasif très fin (280-320) puis d’éliminer avec un chiffon toutes les traces de poussière. Si le gelcoat a déjà été peint, il faut s’assurer que la peinture adhère bien à la coque et que celle que vous avez l’intention de passer est compatible avec celle qui est déjà appliquée sur le bateau.
Pour les autres matériaux, les spécificités sont notables. Sur un bateau en acier déjà peint et dont la peinture est en bon état, on suit la même procédure que pour une coque en polyester (adhérence, compatibilité). En revanche, sur une coque en acier en mauvais état, une seule solution : la remettre à nu. Concernant l'aluminium, il nécessite un traitement de surface spécifique car, bien que l'alumine qui se dépose sur la coque la protège naturellement, il est indispensable de traiter la surface avant de recevoir un antifouling, une laque ou un antidérapant. Sur les bateaux en bois, si la coque est humide, il existe des produits qui protègent de la pourriture et des tâches de moisissure. Les constructions en bois, simples bordés ou à clins sont souples et le bois a tendance à jouer, ce qui impose l'usage de laques monocomposants, plus souples que les bicomposants.
Le traitement des métaux et la remise à nu
Pour les surfaces métalliques, le processus de remise à nu est crucial. Sur l’aluminium brut, on commence par un dérochage qui peut s’effectuer soit à l’aide d’un sablage, soit à l’acide. Cette dernière technique nécessite un rinçage de la surface à l’eau claire, mais surtout un séchage obligatoire. Une fois l’alu prêt, débarrassé des pollutions diverses, on peut ajouter une ou plusieurs couches de primaires qui faciliteront l’accroche de la sous-couche. Sur la quille en fonte, il est nécessaire d'utiliser un primaire haute performance pour accrocher sur cette surface métallique particulière et bloquer l’oxydation. Le primaire Aluminium/Zinc 714 est une solution efficace sur tous les types de métaux, y compris les aciers et fontes.
Inspection, rebouchage et apprêt
Après le grattage et le ponçage, il est important de faire une inspection de toute la surface, depuis la proue jusqu'à la poupe, pour repérer les zones où la peinture se décolle, les zones où la peinture est brisée ou pour déceler toutes les salissures. Il peut apparaître des ouvertures, des fissures ou même des trous, qu'il convient de reboucher et garnir avec un mastic époxy ou polyester. Après l'application de ces primaires anticorrosion et de ces mastics, il est conseillé d'appliquer un apprêt. Cette couche de protection supplémentaire permet de créer une surface plus régulière, plus lisse et parfaite. L'apprêt est facile à poncer (avec du P320) et sèche rapidement. Il permet aussi de créer une couleur homogène pour le fond, un élément essentiel pour le rendu esthétique final.
Lire aussi: Nager avec votre chien: Guide
Choix des peintures : laques et systèmes
Le choix de la peinture dépend du support et de l'usage. Les laques bicomposants sont à base de polyuréthane ; elles offrent l’avantage d’être très résistantes aux intempéries et de donner un résultat final de grande qualité. Au moment de la préparation, un durcisseur est incorporé à la base. Les laques monocomposants sont soit synthétiques à base de résines alkydes ou acryliques. Les premières ont une bonne adhérence à la surface, mais une durabilité moyenne, les secondes ont une excellente rétention de brillance et de couleur. La laque monocomposant a un séchage physique.
Conditions environnementales et application
Si vous travaillez en extérieur, il faut que les conditions climatiques soient favorables, qu’il n’y ait pas de vent ni de risque de poussière. Si de l'air humide est soumis à une baisse de température, il se peut que cette humidité se condense et tombe en rosée, phénomène fréquent l'été qui est synonyme d'une belle journée mais pas pour repeindre un bateau. L’application ne peut se faire qu'à une certaine température donnée dans les fiches spécifiques des produits. Une température trop élevée diminue la viscosité provoquant un risque de coulures. Dans un hangar fermé, il est plus simple de contrôler la température mais, attention, pour éviter des chocs thermiques, il faut qu’elle soit constante dans tout le local.
Techniques d'application : pinceaux, rouleaux et pistolets
Pinceaux, rouleaux et pads sont les principaux outils des amateurs. Pour l’application au pinceau, il faut utiliser un modèle large avec des poils longs et souples. La technique consiste à croiser les couches avec un mouvement en diagonale de gauche à droite. Pour estomper toutes les marques de pinceau, la dernière couche est passée avec des coups de pinceau léger, à la verticale. L’idéal pour obtenir une bonne finition est de travailler à deux : le premier peint, le deuxième lisse immédiatement à l’aide d’un pad. Le pad, utilisé à la verticale, ne sert qu’à lisser et non à appliquer. On peut également utiliser un rouleau, à condition de le prendre en mousse très dense et à petites alvéoles. Pour les systèmes de peinture plus complexes ou les décors personnalisés, le mode d'application se fait avec un pistolet à peinture, en respectant les règles de l'industrie automobile.
#
Lire aussi: Choisir ses mâts de lestage
Lire aussi: Tout savoir sur la vidange de piscine 50 m³