La Plongée Profonde Certifiée : Définition et Parcours de Formation

L'exploration des fonds marins au-delà des limites traditionnelles de la plongée récréative standard requiert une préparation spécifique et une certification adaptée. Cette démarche, souvent désignée sous le terme de plongée profonde certifiée, ouvre les portes à des environnements sous-marins fascinants, tout en exigeant une compréhension approfondie des principes de sécurité, de la physiologie de la plongée et de la planification rigoureuse. Elle représente une évolution naturelle pour de nombreux passionnés, désireux d'élargir leurs horizons subaquatiques.

Les Spécificités de la Plongée Profonde

La plongée profonde se distingue par des paramètres et des exigences accrus par rapport aux immersions en faible profondeur. Le temps de plongée, par exemple, est raccourci de manière significative à mesure que l'on descend. Il est bon de savoir qu'à 40 mètres, le temps de plongée est raccourci à quasiment 5 minutes au fond dans la courbe de sécurité (No deco Time). Cette donnée essentielle souligne l'importance d'une planification minutieuse pour chaque incursion dans les profondeurs. Les immersions profondes peuvent introduire des défis spécifiques, tels que la gestion de l'air, la nécessité de paliers de décompression obligatoires, et des considérations physiologiques comme la narcose. Comprendre et maîtriser ces éléments est fondamental pour une pratique sécurisée et agréable de la plongée profonde.

Le Certificat PADI Deep Diver : Une Approche Structurée

Pour ceux qui souhaitent explorer les profondeurs, des formations spécialisées sont indispensables. La PADI (Professional Association of Diving Instructors), reconnue comme étant la plus grande organisation internationale de plongée sous-marine dans le domaine du loisir, propose une formation PADI Deep Diver dédiée à cet objectif. Cette formation permet d'explorer les profondeurs, notamment de la Méditerranée, offrant un cadre idéal pour l'apprentissage.

La formation PADI Deep Diver est conçue pour préparer les plongeurs à affronter les particularités de l'environnement profond de manière progressive. Le cursus se déroule sur 4 jours, et ce, uniquement les matins, ce qui permet aux participants de s'engager pleinement dans l'apprentissage. Au cours de ce stage, les plongeurs effectueront quatre plongées distinctes, chacune axée sur des compétences et des connaissances spécifiques.

La Plongée 1 est consacrée à l'acclimatation à la profondeur. Elle met l'accent sur l'adaptation de la ventilation et de la stabilisation, des éléments cruciaux pour le confort et la sécurité sous l'eau. Durant cette première immersion, des vérifications des acquis sont réalisées, avec une profondeur maximale fixée à 30 mètres, permettant une approche graduelle des profondeurs.

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La Plongée 2 intègre des compétences de navigation et de gestion. Elle implique une descente avec une bout de référence, l'utilisation d'un compas pour l'orientation sous-marine, et surtout, la planification des gaz et de la décompression à l'aide de l'ordinateur de plongée. Un aspect pratique essentiel de cette plongée est le maintien d'un palier de 3 minutes à 5 mètres, simulant une procédure de sécurité courante.

La Plongée 3 est dédiée à des aspects de sécurité et de physiologie avancée. Elle comprend un test de narcose, permettant aux plongeurs d'identifier et de gérer les effets potentiels de l'azote sous pression. Un autre objectif clé est le travail du palier de décompression d’urgence, une compétence vitale en cas d'imprévu.

Enfin, la Plongée 4 représente un défi technique et psychologique en se concentrant sur une descente sans référence visuelle. Cette plongée vise à renforcer l'autonomie et la confiance du plongeur dans des conditions potentiellement désorientantes, préparant à des situations où la visibilité peut être limitée.

L'Écosystème des Certifications PADI : Un Cheminement Progressif

La PADI joue un rôle prépondérant dans la démocratisation et la structuration de la plongée de loisir. Pas moins de 946 000 personnes sont licenciées chaque année, ce qui témoigne de l'attrait de cette organisation. La PADI est l'organisme de plongée le plus présent à l'international avec 136 000 pros et 6200 centres autour du globe. Où que l'on aille, il est forcément possible de trouver un instructeur ou un centre PADI pour s'orienter dans la recherche de spots et de formations. De plus en plus de plongeurs tendent à se former avec la PADI. L'organisme offre un large éventail de cours pour les débutants et confirmés, allant du baptême de plongée à la certification de moniteur PADI.

Pour ceux qui souhaitent passer leur certificat de plongée et partir à la conquête des fonds marins, il existe aujourd'hui plusieurs niveaux de formation. Une première étape est nécessaire avant toute chose : la PADI Discover Scuba Diver, autrement dit, le baptême de plongée. Ce passage est obligatoire pour l'obtention du premier niveau de formation. C’est à ce moment précis que l'on découvre les premières sensations en immersion totale.

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Au sein de la PADI, quatre niveaux de plongée constituent la progression principale : l'Open Water Diver, l'Advanced Open Water Diver, le Rescue Diver et le Dive Master.

La PADI Scuba Diver représente une formation parallèle, permettant de suivre les trois premiers cours (sur cinq) de la formation de plongée PADI Open Water. Cette formation est idéale si l'on n'a pas le temps de se consacrer corps et âme à la certification niveau 1 Open Water. Le Scuba Diver est un mix parfait, incluant trois plongées en piscine et deux en milieu marin. Il correspond au premier niveau de plongée FFESSM (Fédération Française d’Etudes et de Sports Sous-Marins) et est le diplôme le plus populaire de la PADI. Mêlant à la fois théorie et pratique de la plongée sous-marine, il permet d’aller jusqu’à la barre des 20 mètres aux côtés d’un guide de palanquée (groupe de quatre plongeurs maximum). C’est également le premier niveau qui accorde une autonomie jusqu’à 18 mètres de profondeur de jour.

Le PADI Open Water Diver est le niveau d'entrée autonome, qui établit les bases pour des plongées indépendantes.

Dans la continuité du parcours, le PADI Advanced Open Water est la prochaine étape à suivre pour compléter le PADI Open Water. Cette certification autorise désormais à accéder aux 30 mètres et à la plongée de nuit, élargissant considérablement les possibilités d'exploration. C'est souvent à ce stade que les plongeurs commencent à envisager des spécialités comme le Deep Diver.

Le PADI Rescue Diver est, par définition, la formation de secourisme en plongée sous-marine. Elle prépare les plongeurs à prévenir les problèmes et à gérer les urgences de plongée, un aspect crucial de la sécurité.

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Enfin, le PADI Dive Master est la consécration pour les plongeurs amateurs, puisqu'il constitue le premier niveau de certification chez les professionnels. Au programme de cette formation, on trouve l'encadrement des plongeurs, l'organisation de baptêmes de plongée, la mise en place de la sécurité, la possibilité de devenir guide de palanquée ou encore directeur de plongée. Autant d’opportunités qui s’offrent à la fin de cette formation.

L'Évolution de la Plongée : De l'Instruction Militaire au Loisir

L'histoire de la plongée sous-marine révèle une évolution fascinante des pratiques et des philosophies d'enseignement. À l'origine, la plongée était loin de l'activité récréative que l'on connaît aujourd'hui. Les deux créateurs de la plongée de loisir mondiale, John Cronin et Ralph Ericson, souhaitaient professionnaliser l’enseignement de la plongée et surtout développer des méthodes pédagogiques modernes et plus abordables que les techniques d’apprentissage paramilitaire de l’époque.

De l’autre côté de l’Atlantique en Europe, à la même époque, la plongée loisir n’existait pas réellement. Même si on pouvait la qualifier comme telle, elle s’apparentait bien plus à une plongée ouvertement sportive et élitiste, très loin de l’enseignement proposé par les agences nord-américaines. De cette introduction, on peut en déduire qu’il existe depuis bien longtemps au moins 2 manières de pratiquer la plongée : une très orientée loisir/détente et une autre plus sportive.

La plongée sous-marine n’a jamais été une activité de compétition, mais comme bien des loisirs, on peut la pratiquer comme une simple promenade ou alors comme une course d’endurance. Pour d’autres, la recherche de sensation forte sera la principale motivation. Il va sans dire qu’entre ces différentes façons d’appréhender l’activité, il existe une infinité de variantes. Aux extrémités, on peut encore trouver des méthodes plus originales voire plus radicales.

Sans entrer dans une description longue et fastidieuse des différents profils de plongeur que l’on peut trouver, il est facile de constater qu’il existe, au moins, trois grandes familles : « la plongée loisir » (au sens récréatif des écoles nord-américaines), « la plongée sportive » (qui s’apparente plus à la plongée de loisir hexagonale) et enfin « la plongée technique » qui, même si elle n’a pas les mêmes frontières d’un côté et de l’autre de l’Atlantique, présente de nombreuses similitudes.

Bernard Gardette, directeur scientifique à la COMEX, avait introduit au début des années 2000 la notion d’engagement en plongée. Cet engagement se traduisait dans une formule rattachée à l’analyse des risques d’ADD (accident de décompression) en pourcentage, en fonction du couple temps/profondeur.

Ce concept de plongée récréative à la mode US nous semblait bien loin il y a encore 15 ou 20 ans de cela. Cependant, depuis de nombreuses années, les activités de loisir ainsi que les motivations des pratiquants se sont multipliées et la plongée, made in USA, est devenue une réalité en France. Ce modèle de plongée très ludique se confirme également avec l’arrivée du papy-boom. Il n’est pas inutile de rappeler que l’enquête nationale de 2005 nous avait déjà montré que la plongée, en France (comme ailleurs), s’effectuait principalement dans la courbe de sécurité et avec une profondeur moyenne ne dépassant pas les 20 mètres. Au final, il semblerait que ces trois catégories (loisir, sportive, technique) reflètent bien les différentes pratiques de la plongée contemporaine, avec une nette dominance de la première (au sens récréatif).

Les Profils de Plongeurs : Loisir, Sportif et Technique

Pour se faire une idée plus précise des principales caractéristiques des différents modes de pratique, il est possible de distinguer clairement les motivations et les équipements propres à chaque catégorie de plongeurs.

Les plongeurs loisirs sont principalement des plongeurs occasionnels, orientés détente et qui ne cherchent ni la profondeur ni la performance, mais uniquement le plaisir des yeux et les sensations d’apesanteur et de bien-être. Leur plongée se fait toujours dans la courbe de sécurité et les paliers ne sont que de sécurité. Ils souhaitent faire de la plongée plaisir pour le bonheur des yeux dans de bonnes conditions (club d’accueil, type de milieu, temps/saison). Le plus souvent, ils ne possèdent aucun équipement, mais quelquefois, ils acquièrent du matériel léger, indispensable et qui peut se garder longtemps (ordinateur, détendeur). La formation doit être simple et accessible. Ils recherchent une autonomie basique (de 15 à 30 mètres maximum) pour des plongées simples. Ils ne rechignent pas à faire la ou les formations ad hoc pour arriver à leurs fins, mais le contenu se doit d’être utile et non un faire-valoir. Pour beaucoup, un vrai CMAS 2* (autonome à 40 mètres) serait l’idéal et suffisant. Ils pratiquent souvent en club ou hors structure et plongent idéalement hiver comme été. Leur pratique est principalement à l'air ou au nitrox à l'étranger. Les niveaux 2 ou 3 sont recherchés pour la France, ainsi que les certifications Rescue, Deep Diver et brevets tec RSTC pour la plongée avec paliers (ou Nitrox confirmé).

Les plongeurs sportifs ont une pratique plus régulière et s’entretiennent souvent tout au long de l’année. Ils plongent généralement été comme hiver et dans différents milieux (carrière, lac, mer), possèdent leur propre équipement (en totalité ou partiellement) et sont pour certains friands de roches profondes (au-delà des 40 mètres) et d’épaves. La plongée avec paliers de décompression obligatoires fait alors partie du jeu. Ils souhaitent se faire plaisir en pleine autonomie et aiment accessoirement la plongée profonde. Le voyage rime généralement avec la plongée pour eux. Ils possèdent l’essentiel au début, puis s’équipent au fur et à mesure de la pratique. Le matériel évolue avec le niveau et monte en gamme. Ils pratiquent souvent en club à l’année et plongent hiver comme été. Généralement dans 15 à 40 mètres d’eau et au-delà quand l’occasion se présente.

Les tekkies (plongeurs techniques) sont des plongeurs plus exigeants qui aiment aller voir au-delà des zones couramment pratiquées (en termes de profondeur et/ou durée d’immersion) et qui n’hésitent pas à se former dans plusieurs écoles pour rechercher la perfection. Ils souhaitent sortir des sentiers battus sur des sites peu plongés et aiment faire durer le plaisir au maximum sur des plongées traditionnelles. Ils sont généralement suréquipés avec du matériel moyen et haut de gamme en double ou triple exemplaire. La formation est la pierre angulaire et le tekkie aime cela. Il n’hésite d’ailleurs pas à rechercher la perfection ou toujours comment mieux faire. Leurs plongées sont souvent profondes et/ou longues, incluant la plongée sous plafond. Le niveau 3 et les brevets techniques (recycleur, trimix) sont leurs objectifs.

Il est important de noter que les candidats ne sont pas figés dans une catégorie et peuvent sauter de l’une à l’autre en fonction de leurs occupations du moment. La passion peut s’estomper durant quelque temps pour reprendre de plus belle ou inversement.

Évolution Démographique des Plongeurs

Dans ce large panel de pratiques, l’âge est un paramètre important à considérer. Un aperçu de cette évolution de la population est fourni par un extrait de la revue Subaqua N°290 de juin 2020. La répartition actuelle des générations de plongeurs a été décortiquée sur une période de 36 ans (de 1982 à 2018). En 1982, près de 70% des plongeurs avaient entre 21 et 40 ans. En 2018, ce chiffre a été divisé quasiment par deux. Dans le même temps, la tranche des 41-60 ans a doublé, passant de 20% en 1982 à 40% en 2018. Chez les seniors, on retrouve également une grande variété de pratiques qui s’étend du loisir au sportif et même à la plongée technique. Cette évolution démographique influence également l'offre de formations et les attentes des plongeurs.

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