L'histoire maritime est jalonnée de figures emblématiques, mais peu ont marqué l'imaginaire collectif avec autant de force que Bernard Moitessier. Son nom est devenu synonyme de liberté, d'anticonformisme et d'une connexion profonde avec l'océan. Au cœur de cette légende se trouve une course révolutionnaire, le Golden Globe Challenge de 1968, et un voilier mythique, Joshua, qui, ensemble, ont forgé une épopée qui dépasse largement les enjeux de la compétition sportive pour devenir une véritable quête intérieure et un manifeste flottant. Bernard Moitessier, dont le parcours inspira et inspire toujours les amoureux des océans, a su transformer une épreuve nautique en une exploration de l'âme, défiant les conventions de son époque et traçant une voie singulière, celle de la "Longue Route".
Le Golden Globe Challenge : Aux Origines d'une Course Révolutionnaire
L'année 1968 marque un tournant majeur dans l'histoire de la voile, avec l'organisation de la première course autour du monde en solitaire et sans escale. Cette épreuve, connue sous le nom de Golden Globe Challenge, fut inspirée par l'exploit de Sir Francis Chichester l'année précédente, qui avait déjà captivé l'attention du public. Le journal britannique Sunday Times, voyant ses tirages s'envoler avec cette première prouesse, avait l'ambition de réussir un "second coup" médiatique en lançant cette compétition sans précédent. C'est Stéphane Melchior, auteur d'une bande dessinée sur Bernard Moitessier, qui explique que le Sunday Times désirait bien réussir un tel "coup".
Les règles de cette course révolutionnaire étaient d'une simplicité déconcertante, tout en posant un défi colossal. Il s'agissait de partir d'Angleterre entre le 1ᵉʳ juin et le 31 octobre 1968, de franchir les trois caps emblématiques et redoutables que sont le Cap de Bonne-Espérance, le Cap Leeuwin et le Cap Horn, puis de revenir sans escale au point de départ. Neuf aventuriers, animés par l'esprit d'exploration et de dépassement, se lancèrent dans cette course aux allures de défi impossible. Bernard Moitessier lui-même qualifiait cette entreprise de "truc individuel et énorme", soulignant l'ampleur et la nature profondément personnelle de l'épreuve.
Cette course, qui ne s'est jamais vraiment terminée pour certains, a un nom gravé dans l'histoire : le Golden Globe Challenge. Elle a désigné un vainqueur officiel, l'Anglais Robin Knox-Johnston, qui accomplit le tour du monde en 312 jours. Mais au-delà de la victoire chronométrée, elle a aussi donné naissance à une légende au long cours : le Français Bernard Moitessier, dont le nom continue de faire rêver les amoureux des océans. Le Golden Globe Challenge est aujourd'hui considéré comme l'ancêtre du Vendée Globe, témoignant de son impact fondateur sur les grandes courses autour du monde en solitaire. Le suspense qui entoure ces épreuves, tel un Force 10 dans l'Atlantique, rappelle inévitablement cette première grande course, entre 1968 et 1969. En 2018, Joshua fut exposé aux Sables-d’Olonne aux côtés des concurrents du Golden Globe Race, amarré près de Suhaili, le bateau de Robin Knox-Johnston, vainqueur historique de l’édition 1968/69, symbolisant cette connexion historique.
Joshua : Manifeste Flottant et Compagnon d'Odyssée
Au cœur de l'épopée de Bernard Moitessier se trouve son fidèle compagnon de route, le ketch rouge mythique baptisé Joshua. Ce voilier en acier de 12 mètres n’était pas qu’un simple moyen de transport ; il était, et reste, un véritable manifeste flottant, dont la silhouette sobre et immédiatement reconnaissable est indissociable de son illustre capitaine. Joshua est commandé en 1961 par Bernard Moitessier, déjà connu à cette époque pour ses récits de navigation captivants. Sa construction fut confiée à l’architecte naval Jean Knocker, et la réalisation des travaux eut lieu au chantier de Jean Fricaud, situé à Chauffailles, en Saône-et-Loire.
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Le financement de ce bateau n’est pas anodin, car il témoigne déjà de la vision singulière de Moitessier. Il utilisa les droits d’auteur de son livre Vagabond des mers du Sud, publié en 1960, dans lequel il racontait ses navigations entre l’Indochine et la France à bord de ses précédents voiliers, Marie-Thérèse et Marie-Thérèse II. Dès l’origine, Joshua n’était pas pensé comme un voilier de compétition, mais plutôt comme un bateau de grande route, conçu avant tout pour durer, encaisser les intempéries et traverser les mers sans dépendre d’une logistique extérieure complexe. La coque en acier était un choix assumé, garantissant une robustesse à toute épreuve, bien que lourde, mais procurant un sentiment de sécurité essentiel, parfaitement adapté aux navigations lointaines et aux conditions extrêmes du grand Sud. Le gréement de ketch répondait à la même logique de conception, privilégiant l'équilibre, la polyvalence et une facilité d’adaptation aux conditions météorologiques changeantes, plutôt que la recherche de vitesse maximale. Son nom, Joshua, fut un hommage explicite à Joshua Slocum, le premier homme à avoir accompli un tour du monde à la voile en solitaire, inscrivant ainsi le voilier dans une lignée prestigieuse de navigateurs explorateurs.
Après une période d’école de croisière en Méditerranée, Bernard Moitessier et son épouse, la navigatrice Françoise Moitessier, larguèrent les amarres en 1963 à bord de Joshua pour un voyage qui allait sceller la réputation du bateau. Leur périple les mena vers Tahiti, en passant par les Antilles et les îles Galápagos, avant un retour en Europe par le redoutable Cap Horn. Ce voyage fut long, éprouvant et exigeant sur le plan technique, mais il démontra de manière éclatante les qualités marines exceptionnelles de Joshua. Le bateau encaissa les mers difficiles avec une résilience remarquable, tint la durée du voyage et protégea son équipage avec une fiabilité sans faille. Ce périple constitua la matière première du livre Cap Horn à la voile, publié en 1967, qui contribua à asseoir définitivement la notoriété de Moitessier et de son ketch rouge, le préparant ainsi à la prochaine grande aventure du Golden Globe Challenge en 1968.
Bernard Moitessier : Le Marin, Sa Philosophie et Son Rapport à la Mer
Bernard Moitessier, déjà célèbre pour ses récits de voyage, notamment Vagabond des mers du sud et Le Cap Horn à la voile, possédait l'expérience et le bateau idéal pour l'aventure du Golden Globe Challenge. Son expertise et sa connaissance intime de la mer étaient incontestables. Pourtant, le marin n'était pas initialement enthousiaste à l'idée de participer à cette course. Il déclarait avec une prescience remarquable : "Celui qui fera ça pour le fric ou pour la gloire, il se cassera la gueule." Pour Bernard Moitessier, un tour du monde sans escale, en solitaire, était "un truc individuel et énorme, c'est trop énorme", une entreprise trop vaste pour être réduite à une simple compétition.
C'est sa femme Françoise qui le convainquit de s'aligner sur la ligne de départ. Elle lui fit remarquer qu'un bateau s'entretient et que cette course pouvait financer ses voyages futurs, une motivation pratique qui résonnait avec la nécessité de maintenir son mode de vie nomade. Bernard Moitessier se distingua très tôt des autres concurrents par son approche singulière et son refus des équipements modernes. Il refusa d'embarquer un émetteur radio, préférant une méthode de communication plus artisanale et profondément personnelle : il approchait des cargos en pleine mer et leur envoyait, à l'aide de son lance-pierre, ses pellicules photographiques et ses témoignages écrits. Cette manière de faire reflétait sa philosophie profonde : "Il a une approche humble de la mer, et pour lui, il ne peut pas être question de gloire personnelle. C'est un rapport intime entre le bateau, le marin et l'océan."
À bord de Joshua, son voilier qu'il avait en partie conçu, Moitessier développa une relation fusionnelle avec son bateau, allant bien au-delà de la simple maîtrise technique. Il confiait : "C'est même plus de l'automatisme, il participe à son bateau, il est devenu lui-même le bateau." Cette approche intuitive et profondément sensorielle de la navigation lui venait de son enfance passée en Indochine, où il avait appris à naviguer avec les marins du golfe de Siam, "très loin de l'enseignement occidental". Cette éducation maritime alternative, basée sur l'observation et la communion avec les éléments, forgea une personnalité de navigateur hors du commun, un marin en quête d'absolu plus que de victoire. Avec sa barbe hirsute, son corps d'ascète amaigri par les mauvais repas, et ses cheveux tel un curieux maquis de boucles au-dessus du crâne, il avait l'allure d'un vieux yogi, dégageant une sagesse forgée par la solitude et l'immensité des océans.
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Le Virage du Cap Horn : Entre Compétition et Quête Intérieure
Au cœur de son tour du monde en solitaire à bord de Joshua, Bernard Moitessier vécut un moment décisif, un véritable point de bascule lors du passage du Cap Horn. Après avoir dormi pendant cette étape mythique et redoutée, il découvrit au réveil une vision sublimée du cap, éclairé par la lune, comme "une espèce de montagnes immobiles, de grandes vagues immobiles". Cette image, à la fois puissante et sereine, marqua le début d'une profonde remise en question dans l'esprit du navigateur.
C'est à ce point précis de son périple que le doute s'installa avec une intensité croissante. Doit-il continuer la course pour boucler son tour du monde et rentrer vers "la société des hommes", vers l'Europe et ses "faux dieux" comme il les appelait, ou bien suivre un autre chemin, celui dicté par son âme et la mer ? Plus il avançait, plus il faisait corps avec son bateau et avec la mer, et plus il perdait de vue les enjeux de la compétition. L’essentiel était ailleurs, au-delà des honneurs et des récompenses matérielles. Son aventure maritime se transforma progressivement en une quête intérieure, une odyssée philosophique où la victoire extérieure n'avait plus guère de sens.
Dans un message poignant, enregistré sur son dictaphone et destiné à son éditeur Jacques Arthaud, Bernard Moitessier exprima son profond mal-être face au monde moderne. Il confiait avec une lucidité désarmante : "Ce serait une connerie de rentrer en Europe", expliquant que la civilisation européenne "me fatigue, elle me tue, elle me crève". Cette déclaration, empreinte d'une amertume sincère, révélait une critique acerbe des débuts de la société de consommation, perçue comme aliénante. Sa naissance et ses vingt-six années passées en Asie avaient profondément marqué le marin, lui conférant un regard critique et une sensibilité particulière aux valeurs de simplicité et d'harmonie. Cette référence à son enfance en Indochine n'était pas anodine : elle évoquait un paradis perdu, brisé par la guerre et la décolonisation, un idéal de vie basé sur la simplicité et la communion avec la nature qui avait forgé sa philosophie de vie. La solitude, les calmes et les tempêtes malmenaient ou exaltaient le corps et le moral du navigateur, le poussant à s'interroger sur le sens profond de son existence. Seul face aux éléments, il apprivoisait les courants, affrontait les coups de vent, savourait les ciels étoilés, se déconnectant peu à peu de la futilité du monde d'où il venait.
La Longue Route : Le Refus de la Victoire et la Légende
Alors qu'il s'apprêtait à remporter la course, en tête de tous les concurrents après avoir doublé les Caps de Bonne Espérance, Lewin et Horn, l'histoire bascula. Le 18 mars 1969, le navigateur renonça aux honneurs et à la victoire et décida de poursuivre sa route. Dans l’Atlantique Sud, Moitessier décida de ne pas remonter vers l’Europe, cette civilisation qu'il jugeait étouffante et ses "faux dieux". Il abattit, mettant le cap vers le Cap de Bonne-Espérance et poursuivant sa route vers le Pacifique. Son choix radicalement libre est entré tout droit dans la légende.
Son message, lancé en mer à destination des organisateurs de la course, est devenu mythique et s'est immédiatement inscrit dans l'histoire maritime : "Je continue sans escale vers les îles du Pacifique parce que je suis heureux en mer, et peut-être aussi pour ne pas perdre mon âme." Ce message fut répété sous différentes formes, "Je continue sans escale vers le Pacifique, parce que je suis heureux en mer, et peut-être pour sauver mon âme," ou encore, "Je poursuis parce que je suis heureux en mer, et peut-être aussi pour sauver mon âme," toutes empreintes de la même profonde sincérité. En gagnant cette circumnavigation autour de la planète, Moitessier serait devenu le premier navigateur à effectuer un tour du monde en solitaire sans escale. Mais il choisit une autre voie.
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Jusqu’où cette épopée le mènerait-il ? Après un tour du monde et demi, il termina son voyage en juin 1969 à Tahiti, loin de la ligne d'arrivée officielle. Joshua cessa alors définitivement d’être un simple bateau de course. Il devint le support matériel d’un refus assumé de la logique compétitive, un symbole de liberté et de cohérence personnelle. Sa légende était née, celle d'un homme qui préféra la quête de son âme à la gloire éphémère. En 1968, Bernard Moitessier s’élançait sur son bateau Joshua dans la première course à la voile en solitaire et sans escale autour du monde. Plus il avançait, plus il faisait corps avec son bateau et avec la mer, et plus, il perdait de vue les enjeux de la compétition. L’essentiel était ailleurs. Son aventure maritime se transformait en quête intérieure. Alors qu’il s’apprêtait à remporter la course, le navigateur renonce aux honneurs et à la victoire et décide de poursuivre sa route.
Le Destin de Joshua : De la Perte à la Préservation
Après son exploit du Golden Globe Challenge et sa "Longue Route", les aventures et les voyages de Joshua et Bernard Moitessier se succédèrent, mais le destin réservait un épisode dramatique au ketch rouge. Le 8 décembre 1982, Joshua fut arraché de son mouillage au Mexique par un cyclone et jeté à la côte. Bernard Moitessier, que d’autres horizons appelaient, fit alors don de son compagnon à deux jeunes Américains qui entreprirent de le remettre en état.
Longtemps perdu de vue après cet événement, Joshua fut finalement retrouvé en 1989 à Seattle par Patrick Schnepp, alors directeur du musée maritime de La Rochelle. L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais elle prit un nouveau tournant décisif. Le rédacteur en chef de Voiles et Voiliers, Emmanuel de Toma, contacta Patrick Schnepp et lui suggéra de ramener ce ketch mythique à La Rochelle, reconnaissant l'importance historique du bateau. Joshua fut alors racheté le 12 juin 1990 par le Musée maritime de La Rochelle, avec le soutien précieux de la Socafim Sud-Ouest.
Une restauration complète fut entreprise, menée avec le plus grand respect de sa configuration d’origine, afin de préserver l'authenticité de ce monument flottant. Ramené au Havre à bord du CGM Champagne, Joshua fut ensuite convoyé jusqu’à La Rochelle par Gérard Janichon et Pierre Follenfant, arrivant juste à temps pour le Grand Pavois. Depuis le 6 septembre 1993, la reconnaissance de son importance est officielle : Joshua est classé au titre des monuments historiques.
Loin d'être figé dans le passé, Joshua n’est pourtant pas qu'une pièce de musée statique. Armé par les Amis du musée maritime de La Rochelle, il continue de naviguer environ 150 jours par an, participant activement à des rassemblements nautiques et à de petites croisières, prolongeant ainsi son existence de marin. Il hiverne dans le Bassin des Chalutiers du Vieux-Port de La Rochelle, sur les pontons extérieurs du musée, et fait fièrement partie de la flotte du Yacht Club Classique de La Rochelle. Joshua n'a jamais franchi la ligne d'arrivée du Golden Globe Challenge, mais il a traversé les décennies, devenant un symbole bien au-delà de sa fonction initiale.
L'Héritage de Moitessier : Une Influence Intemporelle
L'aventure de Bernard Moitessier marqua profondément le monde de la navigation, et son héritage perdure. Au-delà de l'exploit sportif et de la circumnavigation, il proposa un nouveau rapport à la mer et à la vie, prônant un style de vie dépouillé en communion avec les éléments. Sa philosophie du "vivre avec peu" tout en étant "totalement libre" inspira des centaines de marins, et continue de résonner auprès de ceux qui cherchent l'évasion et la simplicité. Moitessier, grand écrivain de mer et pionnier de l’écologie, avait dans son sillage un tour du monde et demi sur les mers du globe, en solitaire et sans escale, une prouesse inégalée.
Son incroyable odyssée a été racontée dans un livre qui fait date : La longue route - Seul entre mers et ciels. Ce récit autobiographique est devenu pour beaucoup de navigateurs et de lecteurs une expression qui évoque le tour du monde, la liberté et le refus des conventions. En 2025, l'auteur de bande dessinée Stéphane Melchior a adapté ce récit dans un superbe roman graphique, La longue route, dont les dessins sont signés Younn Locard, paru aux éditions Gallimard, qui repart sur les traces de ce navigateur anticonformiste et résolument libre. Une version illustrée par les photographies et documents de Bernard Moitessier est également disponible aux éditions Paulsen (2024). Un documentaire intitulé La Mer, réalisé par Françoise Moitessier de Cazalet et produit par Hervé Borde (Nefertiti Production), permet aussi d'explorer son univers.
Plus de cinquante ans après le geste de Moitessier, Joshua continue d’irriguer l’imaginaire maritime. En 2017, les organisateurs du Golden Globe Race annoncèrent la création d’une classe Joshua, directement inspirée des caractéristiques du ketch de Moitessier. Ces voiliers, construits notamment en Turquie, reprennent les principes fondamentaux du bateau original : robustesse, simplicité et autonomie, perpétuant ainsi l'esprit de Joshua. En 2018, le skipper Guy Bernardin souhaita lui rendre hommage en organisant un tour du monde dans son sillage, sans notion de course. Une seconde édition de ce tour du monde partira cette fois de Lorient (Morbihan), le 11 août 2024. Organisée par Francis Tolan, navigateur de la première édition, et Bruno Tréca, elle compte douze skippers et la durée de leur tour du monde est estimée entre sept et neuf mois. Leur tour du monde permettra aussi de récolter des fonds pour la Ligue contre le cancer à travers un lien pour récolter des dons. L’un des participants en 2018 est parti avec un cancer de la gorge. Il était persuadé à travers ce périple d’obtenir la rémission de cette maladie après un lourd traitement. En 2022, le corps médical a reconnu sa guérison, illustrant la force de l'esprit inspirée par Moitessier. Cet événement bénéficie d’une entrée libre, et un chapeau circulera au bénéfice du Forban actuellement en travaux, rappelant l'esprit de partage et de communauté du monde de la voile. Bernard Moitessier fait toujours rêver les amoureux des océans, et son influence se fait sentir même dans la 9e édition du Vendée Globe, quand on pense à la première grande course autour du monde sans escale et en solitaire, ancêtre de cette compétition moderne. Les navigateurs reprennent le sillage de Joshua, le bateau avec lequel Moitessier avait réalisé son tour du monde en 1969 qu’il refusa de gagner. Son voilier avait accueilli les participants de la première édition en 2019, symbolisant son rôle de lien entre les générations de marins.