L’épopée des géants des mers : l’univers de la course de grands catamarans

La navigation de plaisance et la compétition à la voile atteignent leur paroxysme lorsque l’on aborde la catégorie des maxi catamarans. Ces structures imposantes, véritables prouesses d’ingénierie navale, redéfinissent constamment les limites de la vitesse et de la résistance humaine face aux éléments. À travers l’exemple emblématique du G Force, navire de légende, et des compétitions internationales qui ont forgé l’histoire de ce sport, nous plongeons au cœur d’une discipline où la technique, le courage et la performance se rencontrent.

Le G Force : un géant au service de la navigation océanique

Le maxi Catamaran G Force impressionne depuis toujours par sa taille mais ce bolide possède également un historique de records impressionnants. Long de 33m et large de 16,5m avec un mât de 40m, ce catamaran de course est l’un des meilleurs de sa génération. Sa surface de voile est de 510m², une taille impressionnante même pour un maxi catamaran. Il faut également savoir que le G Force a été créé en 3 exemplaires, et que deux naviguent toujours actuellement. Son nouveau propriétaire a décidé de lui offrir une retraite hors des compétitions actuelle, mais parcours encore les mers et océans du globe avec son équipage. Il a récemment réalisé un tour du monde. Une belle reconversion pour un catamaran de course.

Aujourd’hui son équipage est venu à Port Navy Service - Port Saint Louis du Rhône, afin de faire réaliser l’entretien et le démâtage de ce maxi catamaran. Ces interventions seront réalisées sous la direction de la société Meta Yachts Services. Trouver une place de stationnement à sec, faire entretenir et faire démâter un maxi catamaran avec un mat de 40m n’est pas une opération simple, et nécessite des compétences techniques et un espace suffisant à terre.

Les fondements de la course au large

Une course au Large est un type de compétition à la voile sur de longues distances. Il y a deux types de courses au large : en tour du monde ou en transocéanique (à travers un océan). Elles se distinguent des régates, car le parcours n’est pas délimité par des bouées, mais des « portes » sont à franchir pour les courses au large. Réalisable en solitaire, en double ou en équipage, de multiples courses existent dans le monde entier.

Les défis du tour du monde

Le Vendée Globe est sûrement la course la plus compliquée au monde. Une course autour du monde d’environ 40 000 kilomètres, en solitaire, sans escale et sans assistance, rien que ça ! D’ailleurs, sur 138 participants seulement 71 ont franchit la ligne d’arrivée des Sables-d’Olonne en Vendée, c’est dire sa difficulté.

Lire aussi: Head of the Charles : Un aperçu

Dans une autre catégorie, la Volvo Ocean Race, avec un parcours de 45 000 milles soit environ 72 500 km, est l’épreuve sportive la plus longue et la plus rude du monde. Réservée aux monocoques, elle passe par 4 océans, fait escale dans 12 villes réparties sur 6 continents différents. Course au large en équipage, avec escale et organisées tous les 3 ans, elle voit s’affronter les meilleurs marins du monde, sur les mers les plus difficiles du globe.

Le Trophée Jules Verne représente quant à lui un défi de vitesse pure. Il s’agit de récompenser l’équipage qui réalise ou améliore le record mondial du tour du monde à la voile, soit environ 40 000 km sans assistance et sans escale. Le record actuel est détenu par IDEC Sport, skippé par Francis Joyon, en 40 jours, 23 heures, 30 minutes et 30 secondes. Tous les types de navire et d’équipage sont autorisés, une seule règle : « Les navires seront propulsés par la seule force du vent et de l'équipage et toute sorte d'énergie non propulsive sera autorisée. ».

En 1968/1969 eut lieu la course du Golden Globe du Sunday Times où Sir Robin Knox-Johnston réalisa le premier tour du monde en solitaire et sans escale de l’histoire. Un retour de la course se déroula en juin 2018 pour rendre hommage à ce fabuleux moment d’histoire : réaliser un tour du monde en solitaire et sans escale, dans les mêmes conditions que lors de la traversée de Sir Robin Knox-Johnston : sans électronique et sur des bateaux de l’époque. Ce n’est pas vraiment une course au Large, mais elle en a toutes les caractéristiques.

Les épreuves transocéaniques emblématiques

La Route du Rhum est un rendez-vous incontournable où skippers professionnels et amateurs se réunissent tous les 4 ans pour relier Saint-Malo à Point-à-Pitre et essayer de battre le record de 7 jours 15 heures 08 minutes et 32 secondes établis par Loïck Peyron en 2014. Cette course au large totalement unique en son genre réunit 6 catégories de bateaux différents allant du monocoque de 39 pieds aux multicoques de plus de 60 pieds.

La Transat Jacques Vabre, anciennement appelée Route du Café, est une transatlantique en double qui part du Havre pour rejoindre l’Amérique du Sud. Elle tire son nom d’un partenariat entre la Ville du Havre et la marque de café Jacques Vabre. Après une parenthèse entre 2013 et 2015 où la Transat arrivait à Itajaí au Brésil, les bateaux se retrouvent aujourd'hui à Salvador de Bahia, ville choisie en hommage à l'épopée du commerce maritime franco-brésilien à la grande époque de la caféiculture.

Lire aussi: Histoire de la Sydney-Hobart

Dans le Pacifique, la Transpac ou Transpacific Yacht Race est une course au large reliant Honolulu à Los Angeles. Cataloguée comme une des grandes courses océaniques du monde, elle soutient en 2015 l’opération Ocean Cleanup. Pour les unités plus petites, la Mini Transat est LA course au large pour la classe mini : une transatlantique qui relie la France aux Antilles avec une escale aux Îles Canaries ou à Madère. En solitaire et à bord d’un monocoque d‘une longueur maximale de 6,50 mètres, c’est un vrai exploit sportif que les concurrents essayent de relever. Ils s’affrontent sur 2 classes : les prototypes qui sont des bateaux laboratoire et les bateaux de séries, qui sont des anciens prototype ayant fait leurs preuves.

Enfin, la Solitaire du Figaro est une course en solitaire en trois ou quatre étapes faisant partie des courses les plus intenses. Créée en 1970, elle s’effectue obligatoirement depuis 1991 à bord d’un Figaro Bénéteau. Le parcours évolue chaque année mais part en général de France, passe par différents pays européens : Royaume-Uni, Irlande, Espagne ou Portugal pour revenir finalement en France.

L’héritage de "The Race" et l’innovation technologique

L’idée de The Race est née dans l’esprit de Bruno Peyron, peu de temps après son retour du premier Trophée Jules Verne réussi de l’histoire de la voile en 1993. Il entamera donc une tournée de promotion dans le monde entier pour présenter son projet et encourager l’émergence d’une nouvelle génération de bateaux géants. Initialement la course devait être ouverte aux monocoques et aux multicoques, la nette supériorité des performances de ces derniers encourage plusieurs marins et sponsors à sauter le pas.

Ainsi pas moins de 5 nouveaux bateaux sont construits (les 3 sisters ships sur plans Ollier : Club Med, Team Adventure, Innovation Explorer, ainsi que Team Philips, le catamaran perce-vagues de Pete Goss, et Playstation la plus grosse unité du milliardaire américain Steve Fossett). La préparation du catamaran révolutionnaire de Pete Goss est également difficile, le concept est novateur et la mise au point jalonnée de casses. Quelques jours seulement avant le prologue prévu à Monaco, l’équipage de Team Philips, alors en qualification sur l’Atlantique Nord, est contraint de quitter le navire et de se réfugier sur un cargo après une avarie sur la nacelle centrale, seule partie habitable du navire.

Cinq bateaux seulement sont donc présents sur la ligne de départ le 31 décembre 2000 à Barcelone. La Méditerranée est agitée et le vent soutenu. Club Med et Team Adventure naviguent à vue l’un de l’autre. Le 16 janvier, Club Med prend l’avantage en trouvant une porte de sortie, il déboule vers le grand sud à 20 noeuds alors que ses concurrents directs naviguent moitié moins vite. Le 3 mars à 20 heures 56, Club Med passe la ligne d’arrivée au large de Marseille après 62 jours, 6 heures et 56 minutes en mer. Innovation prend une superbe deuxième place le 6 mars, malgré le manque de moyens financiers et une préparation express.

Lire aussi: Apprendre la voile en ligne

La course est abandonnée, les concurrents potentiels ayant préférés l’Oryx Cup, organisée par Tracy Edwards et Doha. Il souhaitait lancer à cette occasion un catamaran monotype de 80′, le One Design 80 conçu par VPLP et Ollier. Il aurait eu pour but de réduire les coûts du fait de la monotypie et d’attirer de nouveaux sponsors et équipages, avec un classement différent des G-Class. Tracy Edwards reprend un concept sensiblement identique à celui de The Race, et organise une course autour du monde, financée par l’émirat du Qatar. Géronimo est rapidement contraint à l’abandon alors qu’il mène la course au large de l’Australie et Cheyenne démâte au large de l’Argentine.

La révolution des catamarans volants : SailGP

Les neuf nations participant à la saison 3 de SailGP sont attendus à Saint-Tropez. Le championnat fera escale pour la deuxième année consécutive dans cette destination emblématique de la Côte d’Azur. Les F50 de SailGP peuvent atteindre plus de 50 nœuds de vitesse de pointe en course, soit près de 100 km/h. Avec leurs 15 mètres de long, 8,80 mètres de large, leurs foils et leur aile rigide modulable de 18 à 29 mètres de haut, ces catamarans volants surpuissants sont tous identiques. S’ils sont à la pointe de la technologie, ce sont donc les athlètes à bord qui eux seuls font la différence face à leurs concurrents.

De la ligne de départ à la ligne d’arrivée, en passant par des sprints au reaching, des bords de portant et de près, et des manœuvres acrobatiques en pagaille, une quinzaine de minutes seulement s’écoulent. Juste assez pour en prendre plein les yeux en suivant le jeu de la régate d’une intensité folle.

SailGP, c’est bien plus qu’un simple championnat sportif. Sa raison d’être est de participer au changement vers un avenir propre, responsable et inclusif. « Powered by Nature » : l’objectif est clairement affiché : en 2025 l’intégralité du championnat devra fonctionner grâce aux énergies propres, à terre comme en mer. Dans la continuité de ce qui a été initié l’année dernière, le France Sail Grand Prix contribuera aussi à la préservation des posidonies en partenariat avec le fonds de dotation Pure Ocean.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *