La navigation à voile, qu'il s'agisse de loisir ou de compétition, repose sur un cadre normatif précis et une préparation technique rigoureuse. La compréhension des règles et l'optimisation du matériel constituent le socle sur lequel chaque régatier construit sa progression. Que l'on s'intéresse aux aspects réglementaires gérés par les instances internationales ou aux subtilités techniques de la préparation d'un voilier, la maîtrise de ces éléments est indispensable pour quiconque souhaite évoluer dans le monde de la régate.
Le Cadre Réglementaire de la Voile
Les Règles de Course à la Voile comprennent deux parties principales, dont les chapitres 1 à 7 contiennent les règles qui concernent tous les concurrents. La Fédération Internationale de Voile (ISAF), l'autorité internationale pour ce sport, veille à la standardisation de ces pratiques. Une « modification » à une règle comprend un ajout à cette règle, ou la suppression de tout ou partie de cette règle, tandis qu'une « Autorité Nationale » signifie une autorité nationale membre de l'ISAF. Le terme « bateau » signifie un bateau à voile et l’équipage à bord, et l’expression « comité de course » inclut toute personne ou comité qui assure une fonction de comité de course. Il existe parfois une application contradictoire des chapitres 1 à 7 et des Définitions, chaque annexe étant identifiée par une lettre, par exemple « règle A1 ». Ces règlements encadrent également la course par équipes lorsque arbitrée par des umpires. Il convient de noter que certains détails techniques ne sont pas inclus dans ces livres officiels car ils peuvent être modifiés à tout moment, nécessitant parfois des explications faisant autorité.
La Dualité entre Croisière et Régate
N'importe quel régatier hardcore considère le concept de course / croisière comme un oxymore, et il a raison. Un bateau complètement dédié à la régate finira toujours par battre le bateau de croisière le mieux préparé. Dans un monde parfait, un propriétaire pourrait avoir un bateau pour chaque programme, mais la réalité du budget ne permet souvent qu'un seul bateau. La réalité est tout autre : vous ne pouvez avoir qu'un bateau. Vous aimez sans doute régater et partir en croisière, ou vous êtes attirés par le fait de régater mais avec du confort. Quel que soit le bateau que vous choisissez pour régater, il y a quelques règles efficaces et qui ont été testées par toutes les bonnes équipes, qu'importe le niveau de compétition. L'achat du bateau est l'étape la moins chère, car tout le reste coûte cher. Il convient de définir vos objectifs, allant de gagner les régates de club jusqu'à viser la victoire sur un grand événement tel que Key West, le Spi Ouest France ou le championnat d'Europe IRC.
Optimisation du Rapport Poids/Puissance
Les bateaux de régates sont comme n'importe quel véhicule : c'est toujours le rapport poids / puissance qui l'emporte. Le moyen le moins cher d'améliorer ce rapport reste d'enlever tout poids superflu, c'est même gratuit. Les voiliers course / croisière sont bien connus pour être plus lourds que le poids annoncé par le constructeur. Videz tout ! Ne vous demandez pas si ça peut servir, laissez le sur le quai. Si vous mesurez le bateau pour être encore plus sérieux, alors il faut envisager d'enlever des portes, les coussins, le propulseur d'étrave, le guindeau, l'enrouleur, le gros four, tout en restant bien sûr dans les règles. Prenez tout votre matériel de croisière et rangez le à terre. Il est toujours possible de rajouter de la puissance, jusqu'à un certain point, avec de plus grands spinnakers, une GV avec un plus grand rond de chute, voire une corne, ou un bout dehors plus long.
Préparation Technique et Carène
Une carène lisse, régulière, et polishée est obligatoire pour gagner. Chaque heure passée à enduire et poncer votre carène et vos appendices se verra sur la feuille de résultats. Il ne faut pas hésiter à utiliser des gabarits pour obtenir une quille et un safran les plus symétriques possible. La plupart des course / croisière sortent du chantier avec un état de carène qui peut et doit être grandement amélioré. Parallèlement, les voiliers de course / croisière souffrent souvent de systèmes "améliorables". Le chariot de GV doit fonctionner à la perfection et il faut assez de démultiplication pour remonter le chariot. Le réglage du pataras doit être facile et accessible, pareil pour les réglages des voiles d'avant. Pour pouvoir s'adapter aux changements de vent, les régleurs ont besoin de systèmes utilisables rapidement. Le kit de gréement courant est en général très mauvais pour régater, car toute élongation est à proscrire, cela enlevant de la puissance aux voiles.
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Gestion de l'Inventaire des Voiles
Des voiles en bon état sont le moteur du bateau. Vous ne pouvez pas ignorer le moteur ! Des voiles neuves sont toujours mieux, quel que soit le matériau ou ce que peut vous en dire les commerciaux en voilerie. Dans les grandes équipes, les heures d'utilisation sont soigneusement notées. Si vous régatez dans des régates de club, commencez avec un jeu neuf puis prévoyez une ou deux voiles par an pour garder un inventaire efficace. En cas de programme plus étoffé avec 4 ou 5 événements majeurs, il faudra plusieurs voiles neuves par an. Les voiles les plus vieilles servent alors pour les entraînements et les régates moins importantes, et vous gardez les voiles neuves pour le meilleur.
Le lexique des voiles est vaste : J2, tourmentin, Spi, Gennaker… Pas facile de s’y retrouver ! Sur un IMOCA, on utilise la grand-voile, voile principale installée à l’arrière du mât sur la bôme, mesurant environ 160 m2. On peut régler sa superficie en baissant la voile, ce qu'on appelle en terme marin prendre des ris. Les grand-voiles sont maintenues par des lattes rigides qui permettent d’améliorer le profil de la voile et sa prise au vent. En courses, les focs (voiles d’avant) se nomment J (J1 à J3). Le J1 est le plus grand foc (140 m2) et va jusqu’au mât sans le dépasser. Le J2 fait 100 m2 et reste toujours en place, enroulé sur l’étai. La trinquette, plus petite, est une voile de 65 m2 prévue pour le gros temps. Le tourmentin, d'environ 50 m2, est un tout petit foc obligatoire dans le règlement. Le Code 0 est une voile de petit temps qui va au bout du bout dehors et en tête de mât. Pour la brise, on utilise le Grand Gennaker (300 m2) ou le spi (400 m2). Lorsque ces voiles ne sont pas à poste, elles sont rangées dans la soute à voile, où elles servent de contrepoids que les navigateurs doivent matosser d’un côté ou de l’autre.
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