Le slalom en canoë-kayak est une discipline où la précision, la force physique et la maîtrise mentale se rencontrent dans un tumulte d'eau vive. Lorsque les meilleurs athlètes mondiaux se réunissent, comme ce fut le cas sur le bassin exigeant de Bratislava, en Slovaquie, le spectacle est à la hauteur de l'intensité du sport. Parmi ces compétiteurs d'élite, Boris Neveu a marqué les esprits en livrant une performance qui restera gravée dans les mémoires des amateurs de cette discipline. À 35 ans, le Français a su dompter les courants capricieux et les pièges techniques du parcours slovaque pour s'imposer avec une autorité remarquable.
La perfection technique en K1 masculin
Boris Neveu a sorti la manche parfaite ce samedi sur le bassin de Bratislava. Avec un chrono canon de 83''92, le Français de 35 ans a remporté haut la main le titre en K1 devant Marcello Beda (87''75) et l'Espagnol Joan Crespo (87''90). Sur l'eau, il y avait tous les ténors de la série dont le Tchèque Jiri Prskavec, champion olympique en titre, éliminé en demi-finale, Jakub Grigar, médaillé d'argent au Japon, qui termine septième, et l'Allemand Hannes Aigner, bronze à Tokyo, qui doit se contenter du neuvième rang.
Cette victoire n'était pas le fruit du hasard, mais le résultat d'une gestion exemplaire de la pression. « C'était une belle manche, raconte Boris Neveu. Je ne suis pas très bien parti, mais je ne me suis pas affolé. Derrière, je fais un bon milieu et en bas, je suis vraiment rapide. À l'arrivée, il y a ce chrono. Aux JO et en Coupe du monde, j'étais en forme, mais ça ne voulait pas scorer. Après la victoire par équipe de mercredi, c'est une deuxième médaille d'or. C'est un week-end de fou, c'est génial. »
Analyse d'un parcours exigeant
Le bassin de Bratislava n'est pas réputé pour être une promenade de santé. Ses caractéristiques géographiques et la configuration artificielle des obstacles imposent aux athlètes une exigence constante. « Le bassin de Bratislava est très dur, avec de la pente et une grosse chute à la fin, poursuit-il. C'était un tracé difficile qui exigeait de l'engagement permanent pour mettre de la vitesse. Il y a eu des sorties de route, alors, quand tu sors une bonne manche, ça creuse les écarts. »
La préparation de Boris Neveu avait été méthodique. Le Championnat avait bien débuté pour Boris Neveu qui avait déjà réalisé le meilleur chrono des qualifications jeudi. « Je ne gagne pas souvent les qualifs, précise-t-il. Dans ma tête, à ce moment-là, je ne suis pas hyper content car je n'aime pas trop partir dernier de la demi-finale. Mais je me suis souvenu qu'en 2014, j'avais aussi gagné les séries. Je me suis dit : "c'est peut-être un signe, vas-y, fonce". »
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L'aspect psychologique a été salué par l'encadrement technique. « De coller un tel tarif au deuxième, c'est impressionnant ! Il transpirait la sérénité », confie Ludovic Royé, le DTN. « Boris est un grand champion, on le sait depuis longtemps, commente-t-il. Il a démontré à tout le monde qu'il était capable d'aller très très vite. De coller un tel tarif au deuxième, c'est impressionnant ! Il transpirait la sérénité. Il fallait être costaud à tous les niveaux sur ce bassin, il l'a été. »
Un nouveau souffle après Tokyo
Ce sacre représente bien plus qu'une simple ligne au palmarès. Pour un athlète d'expérience, c'est une validation du travail accompli. « Ce deuxième sacre, ça faisait un moment que Boris Neveu l'attendait. Ça valait le coup d'être patient et de continuer à travailler, observe-t-il. Je suis vraiment content. C'est une super fin de saison. Ça donne des frissons. »
Toutefois, le souvenir des Jeux Olympiques de Tokyo reste présent. « Mais ça n'efface pas la déception de Tokyo. Je suis sorti très déçu de mes premiers JO, continue-t-il. Je savais que je pouvais être champion olympique. Mais ça ne l'a pas fait, je sors de la route en finale. Ça a été dur à accepter. À 35 ans, je n'étais pas venu aux Jeux pour prendre de l'expérience. Ce titre ne comblera pas ce vide mais je suis super content de cette belle fin de saison. »
Perspectives et avenir olympique
La dynamique actuelle est tournée vers l'avenir, avec les Jeux Olympiques de Paris en ligne de mire. Rien de mieux avant de redémarrer un nouveau cycle vers Paris 2024. « Ça reste une année forte en émotion. Un titre comme celui-là, ça booste, ça te donne envie d'aller plus loin et d'être présent en 2024 à Paris. »
Le calendrier des compétitions ne laisse que peu de répit aux athlètes. Dimanche, Boris Neveu sera de retour sur le plan d'eau pour le kayak extrême. Il y a trois semaines, à la Seu d'Urgell, il avait remporté la manche de Coupe du monde dans cette nouvelle discipline olympique. C’est la dernière échéance de la saison de slalom, mais également la plus belle avec des titres de champions du monde à la clé.
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