La Seconde Guerre mondiale a été une période d'innovation rapide dans le domaine de l'aviation militaire, où la survie des pilotes au-dessus des territoires hostiles ou en mer était une préoccupation majeure pour toutes les forces aériennes belligérantes. L'équipement porté par les aviateurs, allant de l'uniforme de vol standard aux kits de survie spécialisés, jouait un rôle crucial dans leur efficacité opérationnelle et, potentiellement, dans leur capacité à regagner les lignes amies après un incident. Cet article se propose d'explorer en détail certains aspects de cet équipement, en se penchant notamment sur les uniformes de la Luftwaffe et sur la complexité d'identification de leurs gilets de sauvetage, tout en offrant une perspective comparative avec les kits de survie développés par les forces aériennes américaines.
Les Uniformes des Pilotes de la Luftwaffe : Une Base Fonctionnelle et Distinctive
L'uniforme des pilotes de la Luftwaffe était conçu pour la fonctionnalité, mais il portait également les marques distinctives de l'armée de l'air allemande. Au cœur de cet équipement se trouvait la Fliegerbluse (vareuse de vol), dont l'origine s'inspirait de la tenue de vol de la Première Guerre mondiale. Le modèle 40 de la Fliegerbluse, par exemple, était en fait une amélioration du modèle 1935. Initialement, la Fliegerbluse était prévue pour les pilotes de la Luftwaffe et destinée à être portée sous la combinaison de vol. Cependant, elle devint rapidement l'un des éléments principaux de l'uniforme standard de la Luftwaffe dès 1940.
La veste en laine grise de campagne, désignée sous le terme "feldblau", présentait une couleur gris bleuté chiné. Il est important de noter que beaucoup de variantes existaient dans la gamme de couleur de cette veste, ce qui pouvait donner lieu à des nuances légèrement différentes selon les lots de production et les ateliers de confection. La Fliegerbluse intégrait plusieurs éléments pratiques : deux boutons grenelés sur les épaules permettaient de fixer les épaulettes, tandis que deux boutons situés sous le revers du col droit assuraient la fermeture du col. Un passant au bas de chaque manche, escamotable et dissimulable dans la manche, permettait le serrage pour un ajustement optimal. Les décorations diverses étaient portées au niveau du plexus, sur le devant gauche de la veste, affichant les distinctions obtenues par les pilotes pour leurs prouesses.
Les pattes d'épaules, en laine, étaient des tablettes en forme de losange dont deux côtés parallèles étaient plus longs que les deux autres. Les deux tablettes étaient symétriquement opposées et l'ensemble était ensuite cousu sur le col. En cas de modification du nombre de mouette (insigne de grade), on devait découdre la tablette pour la remplacer ou la modifier. Quant à l'aigle de poitrine, emblème national, il n'était pas systématiquement présent à l'origine. En effet, la Fliegerbluse étant destinée à être portée sous la combinaison de vol, il n’y avait donc pas besoin d’emblème national visible dans tous les cas. Lorsque présent, l’extrémité de l’aile gauche de l’aigle se situait sur la couture de la doublure, et l’extrémité droite de l’aigle dans le dernier tiers de la hauteur de l’emmanchure de la veste.
D'autres éléments complétaient la tenue des pilotes. Le Hauptmann Hans Philipp, par exemple, portait la Fliegermütze (bonnet de police), la Fliegerbluse, une culotte et des bottes, autour de l’une desquelles étaient attachées des cartouches de pistolet-signaleur. Cet as, décoré de la Croix de chevalier de la Croix de fer avec feuilles de chêne le 12 mars 1942 pour ses 82 victoires, est un exemple emblématique. De même, Werner Mölder, l’un des plus grands as de la chasse allemande, fut décoré de la Croix de chevalier avec feuilles de chênes dès septembre 1940. L’Oberleutnant Erich Hartmann, de la Jagdgeschwader 52, est connu pour avoir porté la casquette « à la chasseur », une coquetterie obtenue en retirant le raidisseur métallique et en écrasant la couronne de la casquette, démontrant une certaine liberté stylistique parmi les pilotes. L’uniforme des divisions de campagne de la Luftwaffe avait pour base celui des autres formations, bien que les pattes de collet soient souvent absentes de la vareuse ou de la Fliegerbluse.
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Le Gilet de Sauvetage de la Luftwaffe : Identification et Attributions Complexes
L'identification des équipements spécifiques de la Luftwaffe, et en particulier des gilets de sauvetage, peut s'avérer complexe pour les collectionneurs et les historiens. Un exemple concret est celui d'un "Gilet de sauvetage luftwaffe 10-30 B-2 Mer", dont l'authentification et l'estimation de la valeur ont été sujets à discussion. La question principale qui se posait était de savoir s'il s'agissait bien d'un gilet de la Luftwaffe, étant donné la présence de marques qui suggéraient une affiliation à la Kriegsmarine (KM), la marine de guerre allemande.
Sur le tampon du gilet, la lettre « M » de la Kriegsmarine pouvait être visible, ainsi que sur la petite cartouche de gaz associée. Cette observation soulevait des interrogations quant à son origine. Cependant, d'autres éléments d'identification étaient également présents : sur l’étiquette en tissu, on pouvait lire le code « FL » de nomenclature de la Luftwaffe, ainsi que le « BA » (BekleidungsAmt) dans un hexagone. Ces marques de la Luftwaffe, combinées aux indications de la Kriegsmarine, ont mené à des hypothèses d'attribution.
L'une des réflexions était de savoir si les pilotes d'hydravions embarqués sur les navires de la Kriegsmarine possédaient ce type de gilet. Il a été suggéré que les gilets étaient fournis par la Luftwaffe, qui gardait la main sur la partie volante de la Kriegsmarine. Hermann Goering, commandant en chef de la Luftwaffe, avait d'ailleurs tout fait pour garder le contrôle sur le matériel volant, y compris celui destiné aux opérations navales. Par exemple, le Bismarck, l'un des cuirassés les plus célèbres de la Kriegsmarine, embarquait quatre hydravions Arado Ar196A-3, dont les pilotes auraient pu utiliser des équipements fournis par la Luftwaffe. Dans ce contexte, un gilet initialement destiné à la Luftwaffe aurait pu être attribué à un matelot de la Kriegsmarine. Il est donc plausible de parler d'attribution, l'étiquette étant la première sur ce gilet, et le timbre étant apposé ensuite, dans l'ordre d'affectation.
Quant à la couleur spécifique de ces gilets de sauvetage de la Luftwaffe, les informations disponibles, y compris le détail des discussions sur l'identification, ne précisent pas explicitement la nuance ou la teinte exacte du gilet "10-30 B-2 Mer". Contrairement aux descriptions détaillées des uniformes comme la Fliegerbluse et sa couleur "feldblau" grise bleutée chinée, le gilet de sauvetage lui-même n'est pas décrit en termes de couleur dans les données fournies. L'attention est davantage portée sur les marques d'identification et la chaîne d'approvisionnement plutôt que sur son aspect chromatique. En ce qui concerne sa valeur, des estimations variaient, avec des mentions de prix supérieurs à 600€ entre collectionneurs, et certains l'ayant vu entre 1600 et 2200€ sur des sites militaria professionnels, soulignant l'intérêt pour ces pièces historiques. La question de sa complétude, notamment la longue sangle qui passe à l'entrejambe et les deux sangles de serrage à l'avant, est également cruciale pour son évaluation.
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