Le Mosin Nagant est bien plus qu'une simple arme ; c'est un pan d'histoire, une pièce de collection qui continue de fasciner les amateurs d'armement à travers le monde. De par sa conception, son utilisation et sa munition légendaire, cette arme trimbale une sacré histoire. C'est une arme qui tire velu, et beaucoup l'affectionnent par son côté brut, taillé un peu à la serpe, simple, rustique et "chaude". Pour certains, c'est une véritable histoire d'amour, comme en témoigne la confession "j'aime le/les mosin…et le russe dans son caractère", ou encore le "petit souvenir de famille au passage" qui lui est associé. Le Mosin Nagant est une bonne arme, et pour les tireurs, elle est conseillée car elle est généralement peu chère et super précise.
Le Caractère Distinctif du Mosin Nagant
Le Mosin Nagant se démarque par une impression de robustesse et d'authenticité. On le décrit souvent comme "vraiment brut de décoffrage" et certains soulignent qu'il "pèse une vache morte", ce qui renforce cette perception d'une construction solide et sans fioritures. Malgré ces attributs "bruts", l'expérience de tir peut être particulièrement gratifiante, comme en témoigne un utilisateur conquis "à la 1ere cartouche". Cependant, cette simplicité a aussi ses particularités : "le Mosin a une détente particulière qui ne plaît pas à tous le monde, et l'ergonomie est assez spéciale aussi". Malgré cela, sa précision potentielle est un atout, même après certaines modifications, car "le petit travail de réalésage effectué en bout de canon n'affecte en rien la précision de ce fusil". En effet, sa "précision intrinsèque" est souvent mentionnée.
Diversité des Modèles et Identification
L'univers du Mosin Nagant est riche en variantes, chacune portant les stigmates de son époque de production et de son arsenal d'origine. Les collectionneurs et passionnés cherchent constamment à comprendre les nuances qui distinguent ces fusils.
Les Variantes Russes Communes
Parmi les modèles les plus répandus, le Mosin Nagant 91/30 est emblématique. On en trouve des exemplaires issus de l'arsenal de Tula, comme un "Mosin Nagant 91/30, arsenal TULA, année 1942, classique, et petits arrangements que l'on ne voit pas, avec boîtier calé et canon semi-flottant". D'autres spécimens de Tula, jugés "relativement peu communs", peuvent présenter un "marquage MO (date 1940/50)", signifiant qu'il s'agit d'un "mosin double date affecté au Ministère de la Défense". L'arsenal d'Izhevsk a également produit de nombreux 91/30, par exemple un "Mosin-Nagant 91/30, arsenal IZHEVSK, année 1943, d'infanterie". Un modèle avec "bague en laiton", également de l'arsenal d'Izhevsk et datant de 1943, est considéré comme "pas trop courant".
Au-delà du 91/30, le Mosin-Nagant M44 est une autre variante notable. Un "beau mosin M44 fabrication Izhevsk" a été observé et il est "visiblement modèle 1944 car la baïonnette M1944 pliable est associée". Les Mosins, en général, se caractérisent par un "nombre important de poinçons" et "beaucoup de marquages sur le boîtier", ce qui éveille la curiosité des novices en armement soviétique et pousse à la "recherche d’informations" auprès de "membres passionnés". Pour identifier un fusil, il est essentiel de connaître l'origine et la date de fabrication. Un "triangle avec une flèche à l'intérieur" identifie l'arsenal d'Izhevsk, tandis qu'une "étoile avec une flèche à l'intérieur" correspond à Tula. De plus, un "carré avec un trait diagonal" indique qu'il a été "réusiné en Ukraine par un arsenal soviétique". Les "premiers numéros correspondent à l'année de fabrication", ce qui est une information clé pour dater l'arme.
Lire aussi: Découvrez l'héritage du Mosin-Nagant M38
L'Importance de la Forme du Boîtier (Receiver)
Un élément souvent discuté parmi les connaisseurs est la forme du boîtier (ou "receiver"), qui peut être octogonale ou ronde. La question "La forme octogonale du "receiver" a-t-elle une certaine valeur historique pour cette arme ?" est fréquemment posée. Il est précisé que le "receiver octogonal dénote le temps où les Russes avaient plus de temps pour produire leurs armes". Ce type de boîtier, parfois désigné à tort comme "Hex receiver" alors qu'il a "juste 8 faces", est généralement antérieur à 1936. En effet, "les Octo receiver nous rappellent qu'ils ont été construits avant 1936 et avec moins de pression de production". Avec la guerre qui se profilait en 1936, il fallait "accélérer la production", ce qui a conduit les fabricants à "tourner les coins ronds".
De ce fait, les Mosins avec boîtier octogonal, "fabriqués entre les deux guerres sont "superbement" finis". Ils sont perçus comme "plus jolis, donc un peu plus recherchés" et "ont une cote légèrement supérieure aux mosin de guerre (boitier rond)". Ces Mosins "tirent super bien", et dans l'ensemble, "les modèles d'avant 1941 ont plus la cote, surtout ceux à boîtier "hexa"" (octogonal).
Les Mosins Finlandais : Réputation d'Excellence
En matière de Mosin Nagant, les modèles finlandais jouissent d'une réputation de qualité supérieure. "Tout le monde semble d'accord pour dire que le top du top, ce sont les Finlandais". Des modèles comme les "M 27, M28, M28-30 et M 39 sont réputés très précis". Ces armes finlandaises se distinguent par "des organes de visés plus nets, des départs qui ne grattent pas et de très bons canons". La "mise en bois des M 27, M 28, M28-30 et M 39 est très bien faite", offrant une amélioration notable par rapport aux modèles russes d'origines, même si les "modèles précédents M 91, M 24 et série P n'offraient que peu d'amélioration". Parmi toutes les variantes, "les M28-30 et M 39 sont réputés les meilleurs Mosin jamais fabriqués".
Les Finlandais, ayant "utilisé des pièces russes remises à leur standard et des canons à eux", ont pu maintenir des standards élevés. Un "M1891 finlandais de 1942 est probablement mieux fini que son opposant soviétique" de la même période, notamment en raison des "besoins" de production très différents entre un pays de 6 millions d'habitants et un de plus de 160 millions. Les Finlandais "favorisaient les actions octogonales pour leurs montages", bien qu'il soit possible de trouver "parfois certains canons Tikka montés sur des actions rondes". Une "crosse finlandaise" se reconnaît souvent par une "enture à doigts un peu en avant de l'action et est un peu plus ventrue". Par ailleurs, il y a de "fortes chances que ton Mosin porte une inscription SA dans un rectangle sur le côté gauche de la racine du canon", un marquage typiquement finlandais. Il est intéressant de noter que si certains experts conseillent de "éviter les armes prises par la Finlande ou de fabrication tsariste" lors d'un achat, cette opinion contraste avec la réputation générale de qualité des Mosins finlandais.
Le Mythe et la Réalité des Mosin Nagant Sniper
La désignation "sniper" appliquée à certains Mosin Nagant 91/30 est un sujet de vifs débats et d'interrogations chez les collectionneurs. Il est "toujours très difficile à identifier, vrai-faux sniper, les débats sont nombreux pour ces modèles malgré les informations que l'on trouve au gré des sites et des rencontres".
Lire aussi: L'histoire complète du Mosin-Nagant Dragon
Identification des Versions Sniper Authentiques
À l'époque, les 91/30 dits de "précision" étaient, "comme dans chaque pays, des fusils à la base d'infanterie standard sélectionnés en usine sur des critères de précision après quelques essais". Les exemplaires qui "se démarquaient du lot étaient mis de côté et recevaient le(s) fameux montages". Cependant, "à l'heure d'aujourd'hui, ces modèles sont extrêmement rares pour ne pas dire inexistants sur le marché". Pour "reconnaître si c'est un vrai Sniper, le numéro frappé sur le côté du canon est le même "logiquement" que sur la lunette", bien qu'il soit "possible d'avoir une vraie version Snipe mais avec une lunette venant d'un autre". On peut également "différencier le snipe de l'autre version avec le renfort de carcasse visible de l'intérieur". Concernant les lunettes, "sur les originaux (snipe) les têtes de vis sur la lunette sont bombées, les copies sont plates après….. C'est du russe, il n'y a rien de régulier…".
Les Remontages et Leur Valeur
Face à la rareté des exemplaires originaux, "seul subsistent des remontages faits en arsenaux avec un Mosin pris "au pif" et assemblé avec un montage + optique toujours "au pif"". Cette pratique était courante car "cela est toujours plus vendeur pour le marché de l'exportation". Néanmoins, "il n'y a rien techniquement qui permet de faire la différence entre un original d'époque et un remontage moderne avec un montage d'époque car tous sans exceptions sont passés par le stockage puis reconditionnement en arsenal…". L'important est que "le fusil, même celui du "troufion de base", jouit d'une très bonne précision (si canon en bon état) en cible et ne pose donc pas vraiment de problèmes à bénéficier de l'ajout d'une optique". Pour un ensemble plus authentique ou de qualité, "le mieux est d'avoir un ensemble cohérent (année du fusil + année du montage/lunette)".
Il est toutefois possible de "déterminer si le montage et son optique sont d'origine ou non". "En règle générale, on différencie une repro d'une originale par les têtes de vis situées sur les tourelles. Si les têtes sont plates, il s'agit d'une repro, bombées, on a plus de chance de tomber sur une originale". On trouve également, "dans certains cas, les deux derniers chiffres de l'année de fabrication dans le numéro de série" de la lunette. Le marché voit circuler "des 91/30 standard remontés avec des crosses de "sniper" (découpe latérale dans le bois) voir même des 91/30 à l'origine "sniper" reconditionnés en arsenal avec une crosse standard et les alésages de fixations du montage rebouchés". Les "chances de tomber sur un authentique 91/30 de précision de la seconde guerre mondiale sont nulles", et il "vaut largement mieux un remontage fait récemment en arsenal qu'un remontage bricolé par le gougnafier du coin avec une optique chinoise et un support en cochonium appauvri…".
L'histoire des optiques sur les Mosin Nagant de précision a également évolué. "Antérieur à cette date [une période non spécifiée, mais implicitement très tôt], ce sont des commandes spéciales passées en Allemagne avec des optiques de type ZF39". "Passé 1938 jusqu'à 1941, c'est la PEM à montage déporté (plus chère et plus complexe)", et "pour finir de 1941 à 195(3) normalement), c'est la PU". Les crosses des versions sniper présentent une particularité physique : une "enture assez importante sur le côté gauche, 19cm de long sur 2cm de large", laquelle était nécessaire "afin de faire passer le montage qui était fixé directement sur le boîtier". Cette "crosse proviendrait (peut-être) d'un ex sniper avec montage déporté de type PE (voir photo en dessous) ou dans un autre cas de la "classique" PU". Heureusement, "cela n'a heureusement aucune influence sur le tir". Certains ont même "adapté un bref temps une lunette" sur un Mosin 91/30, mais l'ont "retiré assez vite…rien à voir avec l'efficacité, simplement le "mélange" ne me plaisait pas à l'œil..".
Performance de Tir et Calibre
La performance du Mosin Nagant en matière de tir est un sujet clé pour les utilisateurs. Le fusil est réputé pour une "précision intrinsèque" qui peut surprendre. Même un "petit travail de réalésage effectué en bout de canon n'affecte en rien la précision de ce fusil". En "visée ouverte", la précision peut être "superbe", et l'ajout d'une lunette peut transformer un Mosin bien entretenu en un "sniper de qualité supérieure". Un utilisateur a pu constater qu'il est "d'une précision top", même si testé "qu'à 25m", avec le désir d'aller "un jour dans un stand où on peut tirer plus loin".
Lire aussi: Surf Côte Basque : Prévisions et Spots
La munition utilisée par le Mosin Nagant, "toujours la même pour M-N", est "légendaire". Elle est "comparable à du .308 en terme de balistique", bien que "peut-être intrinsèquement un peu moins précise". Néanmoins, "les muns sont un peu chères", et il "faudrait des plombes avant de voir la différence avec d'autres armes", particulièrement en comparaison avec des "cartouches de surplus". L'état du canon est crucial pour la précision. En effet, "pour les russes, c'est la loterie, le pire côtoie le très bon, surtout pour l'état des canons. Il vaut donc mieux essayer avant". L'arme, même celle du "troufion de base", peut jouir d'une "très bonne précision (si canon en bon état) en cible".
Acquisition et Entretien du Mosin Nagant
Acquérir et entretenir un Mosin Nagant demande attention et connaissance des particularités de ces armes historiques.
État et Finition des Armes
L'état général des Mosins varie considérablement. Certains peuvent être trouvés en "superbe état, particulièrement bien emballé", parfois "alesé et mint", ou encore dans un "état cosmétique quasi parfait après un bon nettoyage de la crosse". Des exemplaires peuvent être décrits comme ayant un "bois impeccable sans coup, revernis et refait", et une "mécanique […] vraiment propre pas une griffe". Il n'est pas rare de tomber sur des armes avec un "canon miroir, bref neuf".
Concernant les Mosins russes, il est conseillé de "privilégier l'achat d'une arme des années 43/44. Bonne qualité et souvent entreposée neuve". À l'inverse, "pour les russes, si possible éviter les 1942, c'est l'année où ils en ont produit le plus dans des conditions épouvantables". Les Mosins avec boîtier octogonal, "fabriqués entre les deux guerres sont "superbement" finis". Pour garantir une bonne acquisition, il est essentiel de "toujours exiger un mononuméro" sur les pièces principales si possible.
Le Marché et les Aspects Financiers
Le marché du Mosin Nagant peut être complexe. Le prix pour un Mosin "tourne généralement autour des 230/250e". Cependant, des exemplaires en "état impeccable" peuvent se vendre "à 300e", justifiant ce coût par une qualité exceptionnelle "à se demander si il avait déjà été utilisé !". Les versions sniper remontées ont des prix plus élevés, mais "le prix ne devrait pas dépasser 650 € (400 pour une lunette et montage + levier coudé c'est pas mal)". Il existe une "surenchère" qui, pour certains, rend la recherche d'armes ailleurs préférable, et il est préconisé d' "arrêter la bulle spéculative car bientôt elle va péter et cela fera mal à certains".
Les Mosins finlandais, bien que très réputés, posent la question des "prix en France". La recherche d'un Mosin "en calibre d'origine" peut s'avérer être "la croix et la bannière". Certains vendeurs comme "Partoens en avait plus qu'un à 250 (je l'ai pas vu) mais il a dit en rentrer des nouveaux ici dans le mois et des version snipe (la vraie version) impeccable". D'autres, comme "ceux chez Cornet à 285e sont vraiment top", ou "chez Sécoya".
L'achat à l'étranger, par exemple au Luxembourg, présente ses propres défis. S'il existe des marchands proposant une "top qualité" comme "Raoul Cloos", il est important de noter que "il faut y ajouter deux voyages, les frais de chancellerie lux. Le passage au banc d'épreuves belge. On ne gagne donc rien" en termes de coût final par rapport à un achat local. La comparaison avec d'autres armes, comme un "Zastava M76 serbe", montre des alternatives "super précis […] pour moins cher que le prix demandé actuellement pour ces erzatz". Il est important d'être vigilant face aux "faux mosins", souvent "déjà trop neuf à la base, lunette out of the box, avec des vis plates", parfois avec des "soudures grossières pour faire un levier coudé" ou des "numéros différents, retapés". Un "mono-numéro n'est pas la preuve d'un vrai" mais reste un bon indicateur de cohérence.
#