Le Dragon : Icône Nautique et Maquette d'Excellence par Billing Boats

Le Dragon, ce voilier de légende, a marqué l'histoire de la voile par son élégance et ses performances. Conçu par l'architecte naval norvégien Johan Anker en 1929, il est rapidement devenu une référence, traversant les décennies avec un fan club indéfectible. Son héritage se prolonge aujourd'hui à travers des maquettes détaillées, dont celles proposées par Billing Boats, permettant aux passionnés de reproduire fidèlement cette embarcation emblématique. Cet article explore l'histoire fascinante du Dragon, les spécificités de sa maquette et les défis passionnants de sa construction.

Le Dragon : Un Voilier de Légende aux Origines Prestigieuses

À la fin des années 1920, la Scandinavie, à l'encontre de ce qui se faisait dans les autres grandes nations du yachting où l'on construisait toujours de grands bateaux de course, cherchait à développer la pratique de la voile auprès d'un public jeune, aux moyens financiers limités. En 1927, le Royal Gothenburg Yacht Club prit l'initiative d'organiser un concours de plans pour concrétiser cette vision. C'est le Norvégien Johan Anker, déjà double médaillé d'or olympique sur 12mJI MAGDA IX en 1912 et sur 6mJI NORNA en 1928, qui fut chargé d'étudier les propositions des différents architectes en compétition.

Johan Anker avait lui-même une longue expérience du dessin et de la construction de petits yachts rapides, étant à la tête d'un chantier naval depuis 1905. Ses réalisations s'étaient déjà fait remarquer à plusieurs reprises sur tous les plans d'eau de l'époque. Bien qu'il fît partie du jury qui déciderait des résultats du concours, Johan Anker s'attela à sa table à dessin. Il en sortira un sloup à gréement marconi modéré, doté d'une coque aux lignes harmonieuses à la fois pleines et allongées, grâce à d'élégants élancements. Le bateau, avec son petit roof abritant deux couchettes et un équipement minimum, permettait de pratiquer la petite croisière. Le premier "Dragen" fut construit en 1929, à Göteborg en Suède.

Très vite, la "dragon-mania" gagna les rivages voisins de Norvège, du Danemark, d'Allemagne et de Hollande, le propulsant au rang d'icône. Ses caractéristiques de navigation étaient si bonnes que le bateau fut rapidement utilisé dans le monde entier, et surtout en Europe.

Le statut du Dragon fut véritablement consacré lorsqu'il fut choisi comme monotype olympique à quille pour les jeux de Torquay, une reconnaissance majeure après l'interruption due à la Seconde Guerre Mondiale. Le vainqueur de ces jeux, le voilier PAN, construit en pin du Nord par l'architecte norvégien Bjaarne Aas et entièrement verni, fut décrit comme une "vraie splendeur" qui impressionna tous les coureurs. De 1948 à 1972, il fut série olympique, témoignant de sa reconnaissance internationale. Au fil du temps, le "Dragon" a été progressivement modifié, si bien qu'aujourd'hui, seule la coque est d'origine. En 1948, le Dragon est devenu une classe de yachting olympique, et toutes les mesures ont été normalisées par l'Union internationale de sport nautique. L'International Dragon Association a été créée en 1962, basée à Londres, pour préserver et promouvoir cette classe. En France aujourd'hui, sur 345 numéros attribués, il y a environ 97 unités inscrites et actives, ce qui confirme que c'est un bateau qui conserve son fan club. Une régate organisée en octobre 2004 à Saint-Tropez, pour le 75e anniversaire de la série, a réuni un nombre impressionnant de 260 Dragons, soulignant l'engouement persistant pour ce voilier. On peut régulièrement admirer ces superbes voiliers lors de régates, par exemple en été sur le Bassin d'Arcachon. Le Prince Henri de Laborde de Monpezat, époux de la Reine Margrethe II de Danemark, est un passionné de Dragon et il participe à toutes les régates internationales de cette série de bateaux, soulignant l'attrait de cette classe même auprès de la royauté.

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Un Dragon, avec un pont verni, "ça a quand même de la gueule !" comme le disent les passionnés. Le bateau original se caractérise par un roof en polyester, un intérieur et un pont en bois. Le mât et la bôme sont creux, et la ralingue de la voile coulisse dedans, un détail technique essentiel pour la performance. Les drisses sont intérieures et ressortent au pied du mât. Il ne faut pas oublier la drisse de spi, la balancine et le hâle-bas de tangon, autant d'éléments cruciaux pour la manœuvre. Un Dragon pouvait avoir un joli roof verni et un pont en tilleul, ajoutant à son esthétique intemporelle.

Les marins qui ont navigué sur le Dragon ont souvent des souvenirs impérissables, parfois teintés d'aventure. Un passionné raconte par exemple son acquisition d'un Dragon d'occasion en juin 1969 à Deauville. En juillet 1969, pendant le week-end du 14 Juillet, il eut la mauvaise idée de le convoyer vers Perros Guirec. Une première étape à Cherbourg fut suivie du grand saut vers la Bretagne, avec à la clé ce fameux « Raz Blanchard », un passage réputé dangereux. Son copain Pierre l'accompagnait dans cette aventure, et le propriétaire s'en est toujours voulu, encore maintenant, de lui avoir fait prendre un si gros risque. Ils prirent dans la gueule ce fameux coup de vent de juillet 1969 et atterrirent en pleine nuit sur l’île de Bréhat, un des coins les plus dangereux de la côte nord. Une expérience qui atteste du "Brave Dragon et chance des inconscients !", soulignant la robustesse de l'embarcation face aux éléments. Beaucoup de ses copains en ont un chez eux, preuve de l'attachement que suscite ce bateau.

La Maquette du Voilier Dragon par Billing Boats : Entre Tradition et Modernité

Le fabricant Billing Boats occupe une place de choix dans le monde du modélisme naval. L'histoire de Billing a commencé avec le fondateur du même nom dans les années 1950. Au début, il a juste présenté une maquette de bateau dans la vitrine du magasin de sa femme. Tout a changé en 1958 après que son travail ait été reconnu hors du Danemark. Le logo et le nom de Billing Boats sont en effet apparus cette année-là. Durant les années 1960 à 1980, les méthodes de fabrication ont évolué, et les kits ont été façonnés de manière à ce que le montage soit facilité pour tous. Actuellement, l’entreprise, dirigée par le fils du fondateur, continue de produire des bateaux et des maquettes modernes. Billing fabrique et commercialise des maquettes de bateaux en bois de qualité, mais également des modèles radiocommandés comme des bateaux RC à moteur et voiliers. Il propose aussi des accessoires et des outils nécessaires au montage. Après l'achat, tous les clients bénéficient d’un service complet. Il est possible de contacter les services clients pour obtenir des aides pour la construction. Un formulaire de réclamation est à la disposition des clients si des pièces leur manquent, à envoyer au distributeur dans la localité de l’acheteur.

Parmi ses spécialités, le voilier "Dragon" RC à l'échelle 1/12 est un kit en bois très populaire. Ce kit de Billing Boats constitue pour certains leur première réalisation en modélisme naval, et même leur première réalisation en bois, venant parfois de l'aéromodélisme électrique où ils n'avaient fait voler que des avions en mousse. Billing Boats propose ce kit depuis "trèèèès longtemps" mais l’a fait évoluer. Initialement, il était conçu comme un voilier de bassin non RC, avec le dispositif dit « barre de Braine », un système de pilotage automatique simple pour les parcours en ligne droite. À cette époque, les lattes et le pont étaient en acajou, la quille était en plomb et le kit comprenait un sac de clous de vitrier pour fixer les bordages sur les membrures.

Aujourd'hui, le kit n'est plus proposé avec la barre de Braine, et les clous ont disparu. Les lattes sont désormais en abachi (samba) et le pont en ctp d’okoumé. La quille est désormais en laiton. Cette évolution de la conception par Billing Boats peut s'expliquer par deux hypothèses : une volonté de réduire ses coûts de production, et un souhait d'alléger le voilier pour encourager sa RC-lisation, considérant la démocratisation des radios et le développement du loisir RC ces dernières années. Le kit à construire, en bois à l'échelle 1/12, contient l'ensemble des pièces en bois découpées au laser, l'accastillage et le lest. Les instructions de construction sont fournies en plusieurs langues : anglais, français, allemand, danois, néerlandais, espagnol, italien et portugais. Il est important de noter que c'est un modèle pour modéliste expérimenté, et le matériel pour l'installation d'une radiocommande n'est pas fourni et est laissé à l'appréciation du constructeur. Les dimensions typiques de la maquette sont une longueur de 75cm, une largeur de 18cm et une hauteur de 100cm (probablement la hauteur totale incluant le mât). Les dimensions d'une autre maquette similaire ont été mesurées à 780 mm de longueur, 180 mm de largeur et 100 mm de hauteur (pour la coque), ce qui correspond à l'échelle 1/12.

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Construction et Personnalisation de la Maquette : Retours d'Expérience

La construction de la maquette du Dragon de Billing Boats, bien que gratifiante, présente des défis que les modélistes aguerris ont appris à surmonter. Il y a peu de forums consacrés à ce modèle et ceux que l’on trouve, souvent anglo-saxons, mettaient en garde quant à la mauvaise navigabilité du modèle réel vu la forte ouverture du cockpit, la faiblesse du franc-bord, l’échelle trop petite, et la masse trop élevée. Ces points ont guidé la construction pour nombre de passionnés.

Quelques idées principales guident une construction réussie : construire le plus léger possible et avec un minimum de masse au-dessus de la ligne de flottaison pour avoir un couple de rappel optimum. Il est également crucial de faire une baignoire de cockpit hyper étanche, ce qui implique souvent qu'elle soit indémontable. Enfin, il convient de faire en sorte que les servos et autres équipements soient légers, démontables (donc accessibles, et ce malgré le peu de place vu les contraintes d’étanchéité), et enfin "low cost" en prévision d’une éventuelle noyade.

Pour le look, certains modélistes souhaitent une coque non peinte, avec la quille en laiton apparente pour un aspect « vintage pond yacht ». Cet aspect est malheureusement parfois trahi par les matériaux trop modernes utilisés dans les épars et la voilure. La contrainte de légèreté l'emporte souvent, et la possibilité de régler les voiles est essentielle, surtout pour ceux qui débutent et tâtonnent.

L'étanchéité est un aspect critique de la construction d'une maquette navigante. Ceux qui ne maîtrisent pas la technique du tissu de verre et de l'époxy peuvent opter pour d'autres méthodes. Par l’intérieur, on peut utiliser une « mayonnaise » faite de 50% eau + 50% colle à bois, épaissie par l’incorporation de poussière de ponçage de bois jusqu’à obtenir la consistance d’une mayonnaise. Cette préparation est appliquée sur quelques endroits rendus trop fins par le ponçage ou sur de légers écarts entre les bordages. Par l’extérieur, on applique plusieurs couches de G4, avec des ponçages fins entre chaque couche. Le G4, qui doit être utilisé avec toutes les précautions d’usage pour la sécurité et la santé car c'est un produit potentiellement nocif à respirer et plus distribué dans les magasins grand public, a tendance à foncer le bois car il n'est pas incolore mais plutôt ambré. Certains auraient préféré une finition plus claire, mais le G4 ne l'autorise pas. Après le G4, un vernis marin brillant glycéro est souvent appliqué, refait et re-poncé mainte fois car le cordage du pinceau peut toujours être visible, et le résultat n'est pas toujours à la hauteur des espérances. Finalement, la finition peut être réalisée avec un vernis de déco professionnel acrylique spécial meubles de cuisine et salle de bain satiné : un vrai plaisir à étaler, nécessitant encore 3 couches pour un très bon résultat cette fois. En tout, tous produits confondus, on peut arriver à poser environ 10 à 12 couches pour une finition impeccable.

Pour uniformiser la couleur des essences de bois différentes du pont et de la coque, on peut passer au coton deux couches de teinte chêne clair. Le G4 finit d'uniformiser le tout en le fonçant, comme mentionné. Contrairement aux préconisations de la notice, le pont peut être collé après la réalisation du bordage pour permettre le traitement intérieur par la mayonnaise. Entre le pont et le 1er bordage, il peut rester ici ou là un écart d'1 mm qui peut être comblé à la pâte à bois "à l'eau".

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La Maquette en Détail et son Gréement

Les maquettes du Dragon, une fois terminées, sont de véritables œuvres d'art. Un modéliste ayant construit sa maquette en 1985 la décrit avec affection, malgré son abandon temporaire sur un buffet. Le bateau est terminé, mais les voiles ne sont pas toujours faites, nécessitant une couturière pour les terminer. Les détails de gréement sont reproduits avec minutie. On retrouve les barres de flèche, essentielles pour le maintien du mât. Le « rossignol », dirigé vers l'avant, qui a pu être cassé et recollé avec deux anneaux pour laisser coulisser les haubans, montre la complexité du gréement. La fixation de la bôme sur le mât est assurée par un vit-de-mulet en laiton et mobile. Les drisses de grand-voile et de foc sont mobiles pour pouvoir envoyer ces deux voiles et sont fixées aux taquets au pied du mât. Les haubans sont étarqués par des ridoirs mobiles, permettant un réglage précis.

Le kit inclut un système de réglage et de pilotage manuel de la barre fourni par le fabricant. Le cockpit et la cabine amovible permettent d'accéder à l'intérieur de la coque. L'intérieur peut être soutenu par des fils pour le séchage des peintures de la coque, montrant les astuces des constructeurs. Le modéliste qui a eu beaucoup de plaisir à la fabriquer à l'époque, se dit qu'il ne reste plus que les voiles à coudre et tenter de la faire naviguer dans un petit bassin (pour la récupérer) sans trop de vent (risque de chavirage et de perte car pas de caissons étanches). Il envisage de la radiocommander plus tard, une fois d'autres projets comme le "Sovereign of the Seas" terminés, et avec l'aide de conseils avisés.

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