Le fonctionnement des khôlles et des heures d'interrogation en CPGE

Les interrogations orales, communément appelées « khôlles » ou « colles », constituent une pierre angulaire du dispositif pédagogique des Classes Préparatoires aux Grandes Écoles (CPGE). Cet exercice oral, qui rythme la semaine des étudiants, ne se limite pas à une simple évaluation de connaissances ; il s'agit d'un moment privilégié d'accompagnement humain et pédagogique. Si la dimension académique est centrale, la gestion administrative et financière de ces heures soulève parfois des interrogations, voire des malentendus au sein de la communauté enseignante.

Les fondements et la nature de l'exercice

La khôlle est une évaluation orale qui vient rythmer la semaine d'un étudiant de prépa. Les étudiants passent des colles dans les matières les plus importantes de leur voie (littéraire, scientifique ou économique). En principe, un étudiant en prépa a deux colles par semaine. L'oral est mené aussi bien par le professeur de la matière qu'un autre professeur du même lycée. Les colles sont différentes d'une matière à une autre. De même, la préparation n'est pas toujours la même. Certains enseignants proposent aux élèves un sujet 30 minutes avant le début de la colle.

Une colle a plusieurs fonctions, dont celle d'évaluation. Il ne faut pas être effrayé par l'évaluation. Malgré l'évaluation, il faut voir cet exercice comme une chance. La colle permet un accompagnement pédagogique et humain. Les professeurs saisissent en effet cette occasion pour mieux apprécier les compétences acquises par leurs étudiants au cours de l'année. Il faut faire en sorte que cette interrogation soit formatrice pour les élèves. On va voir si l'élève maîtrise son cours et s'il est capable de s'adapter avec les méthodes apprises en classe selon les exercices. Pour toutes ces raisons, les étudiants doivent maîtriser leurs cours avant de se rendre en colle. Il faut s'y prendre à l'avance et ne pas préparer sa colle la veille. La charge de travail étant importante en classe prépa, un travail régulier est recommandé. Après en avoir fait quatre ou cinq, les élèves prennent le pli, ils savent comment se tenir et parler. Ils gagneront également en posture, en aisance et en gestion du temps de parole.

Cadre financier et régulation des heures de khôlles

La question de la rémunération des heures de khôlles est un sujet complexe qui peut générer des zones de friction administrative. Le taux de rémunération de ces heures dépend du niveau de la classe dont est issu le groupe interrogé (1re/2e année), mais aussi de l'effectif de la classe dont il est issu. Historiquement, le lycée ne fait pas ce qu'il veut, c'est bien en fonction du nombre d'élèves par classe que le taux de l'heure change.

Certains enseignants notent une dérive regrettable : le fait de payer les heures d'interrogations orales en CPGE par tiers, lorsque des étudiants prévus ne se présentent pas, est effectivement illégal. La jurisprudence a déjà eu l'occasion de le préciser. Malheureusement c'est une pratique très courante. Il existe une explication technique souvent évoquée : « c'est la faute à l'informatique ». Un bête logiciel est souvent à l'origine de ces incompréhensions. Quand Allègre a voulu instaurer des maxima de service différents selon les effectifs des classes, il a créé des catégories de classes différentes. À chacune correspond désormais un taux pour HSE et pour kholle. Et comme, à part les chaires sups, on est payé en kholle selon la classe des étudiants et non selon le corps/grade de l'interrogateur, des erreurs de saisie peuvent survenir.

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Il est important de souligner que lorsqu'un professeur a son service défini à l'avance et qu'il se présente à son service, l'absence d'un élève ne saurait lui être imputable. C'est valable pour les kholles comme pour les élèves absents pour sortie scolaire. Une heure de colle est payée une heure, que le nombre d'étudiants soit 2 ou 3 (dans les matières où il y a préparation, c'est même 1h20 pour 3 étudiants, soit 1 heure payée). Le CDE peut parfois confondre la détermination du crédit budgétaire disponible, qui se calcule par élève, et l'heure travaillée.

La gestion des effectifs et la logique budgétaire

Il existe une logique à cet aspect de tarification selon les effectifs : une classe de CPGE à 20 élèves coûte bien plus cher par élève qu'une classe de CPGE à 45 élèves, car il y a toujours le même nombre de profs. Il n'est donc pas anormal de régulariser cette différence en allouant un plus grand budget aux colles dans les classes bien remplies. C'est une manière d'encourager les classes à grands effectifs, avec une logique gagnant-gagnant, et de récompenser les profs de CPGE de lycées à classes à grands effectifs. Dans les faits, 60 à 80% des colles sont données par des profs de CPGE du lycée. Ils ne sont pas mieux payés pour leurs heures de cours s'ils enseignent à une classe de 20 élèves que s'ils enseignent à une classe de 45, alors que les conditions de travail ne sont pas du tout les mêmes et qu'ils ont beaucoup plus de copies à corriger.

Si l'argument du coût par élève est avancé, il convient de rappeler que l'ORS (Obligation Réglementaire de Service) dépend aussi de l'effectif de la classe via des seuils. Si un enseignant a plus de 35 élèves, par exemple, son ORS est diminuée d'une heure, ce qui a pour effet d'octroyer une HSA supplémentaire. Néanmoins, l'argument général du « plus d'élèves = coût moins important par élève » reste une clé de lecture pour comprendre ces dispositifs budgétaires, souvent jugés absurde par les praticiens eux-mêmes.

Le recrutement des examinateurs : la cooptation

Concernant le recrutement des intervenants extérieurs, la règle est simple : c'est aux professeurs de CPGE de choisir leurs colleurs. Cela fonctionne donc par cooptation. Cependant, il est possible de contacter le secrétariat du lycée en indiquant son intérêt pour être colleur. Le secrétariat transmettra le message aux professeurs concernés. Il est conseillé d'attendre la rentrée, lorsque les professeurs sont en recherche de colleurs selon l'effectif de la classe. L'inspection générale conseille de ne prendre que des agrégés, mais c'est bien le professeur qui choisit. Il est ainsi possible de voir des certifiés, ayant un parcours académique adéquat, devenir colleurs, ou même des étudiants en école pour des missions spécifiques.

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