Les Compresseurs à Bord des Voiliers : Solutions pour la Réfrigération et l'Autonomie en Plongée

L'intégration de systèmes de compression à bord d'un voilier représente une avancée significative pour l'autonomie et le confort en mer. Qu'il s'agisse de maintenir des provisions au frais ou de recharger des bouteilles de plongée en pleine mer, le compresseur est un équipement dont la pertinence ne cesse de croître pour les marins et les aventuriers. L'univers des compresseurs marins est vaste, et il convient d'en examiner les facettes techniques, pratiques et sécuritaires pour en comprendre l'apport et les exigences spécifiques.

L'Essentiel du Froid à Bord : Le Compresseur CU-54 et son Système

Pour garantir la conservation des aliments et boissons lors de longues traversées ou de séjours prolongés en mouillage, un système de réfrigération fiable est indispensable. Au cœur de ce dispositif se trouve le compresseur, un élément vital pour la production du froid. Le compresseur CU-54 pour système de refroidissement, par exemple, est spécifiquement adapté à une large gamme d'applications de réfrigération, ce qui lui offre une flexibilité d'utilisation une fois à bord. Sa conception est pensée pour répondre aux contraintes particulières de l'environnement marin, où les ressources énergétiques peuvent être limitées et fluctuantes.

Ce type de compresseur se distingue par sa capacité à optimiser sa consommation d'énergie tout en garantissant des performances constantes. Sa vitesse de fonctionnement se régule automatiquement pour davantage de performances et pour améliorer sa consommation en énergie, un atout majeur sur un voilier où chaque watt compte. Cette régulation intelligente permet non seulement une efficacité accrue, mais aussi une adaptation aux besoins réels du système, évitant ainsi le gaspillage d'énergie.

L'alimentation électrique à bord d'un voilier peut être instable, avec des variations de tension dues aux fluctuations des batteries ou à l'utilisation d'autres équipements. C'est pourquoi la présence d'un boîtier électronique sophistiqué est cruciale. Le boîtier électronique Secop, présent aux côtés du compresseur, est conçu pour offrir une protection essentielle à l'ensemble du système. Il protège contre les surcharges thermiques, un risque non négligeable dans un espace confiné tel qu'une cale technique de bateau, où la chaleur peut s'accumuler. De plus, il agit comme un garant de la longévité des batteries d'alimentation en protégeant contre les décharges profondes de la batterie d'alimentation. Cette fonction est d'autant plus importante que les batteries marines sont coûteuses et que leur durée de vie est directement impactée par la qualité de leur gestion de charge et de décharge.

Le rôle du boîtier électronique Secop ne s'arrête pas là ; il contrôle la vitesse, la puissance et surtout permet d'éteindre automatiquement le compresseur lorsque la tension de la batterie descend en dessous de seuils critiques, spécifiquement 10,4 Volts pour un système de 12 Volts et 22,8 Volts pour un système de 24 Volts. Cette coupure automatique prévient non seulement les dommages au compresseur, mais assure également qu'il reste suffisamment d'énergie dans les batteries pour d'autres fonctions vitales du bateau. Cela rend ces systèmes particulièrement idéaux pour une utilisation dans des endroits alimentés par des sources d'énergie instables, une description qui correspond parfaitement aux réalités de la vie en mer.

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Pour qu'un groupe froid fonctionne efficacement, il a besoin de trois éléments essentiels : l'évaporateur (non fourni) qui absorbe la chaleur de l'intérieur du réfrigérateur, le thermostat (non fourni) qui régule la température désirée, et le compresseur lui-même, chargé en gaz frigorigène, généralement du R134a. Ces composants travaillent en synergie pour créer et maintenir un environnement froid, garantissant ainsi la fraîcheur des provisions à bord, un luxe apprécié par tous les marins.

Le Compresseur de Plongée à Bord : Autonomie et Défis

Au-delà de la réfrigération, certains voiliers, notamment ceux engagés dans des voyages au long cours, intègrent un autre type de compresseur : celui destiné au remplissage des bouteilles de plongée. Pour les amateurs de plongée qui prévoient un voyage lointain et pratiquant la plongée en couple avec bonheur, la possibilité de pouvoir recharger les bouteilles à bord représente une autonomie précieuse. Cette capacité à être indépendant des infrastructures côtières, telles que les centres de plongée, ouvre des horizons exploratoires uniques et permet de plonger dans des sites reculés et peu fréquentés.

Choix du Matériel : Marques, Modèles et Motorisations

Le choix d'un compresseur de plongée pour un voilier est une décision cruciale qui repose sur plusieurs critères, dont la robustesse, la fiabilité et la facilité d'entretien. L'expérience de certains utilisateurs est un témoignage éloquent de l'efficacité de certains modèles. Un compresseur tel que le Bauer Junior 2 est un exemple de choix privilégié par les navigateurs-plongeurs. Ce modèle, qui peut gonfler 6 m³ par heure, permet de remplir deux blocs de 12 litres à 220 bars en seulement trois quarts d'heure, une performance remarquable pour un appareil compact. Il est souvent choisi pour sa robustesse, une qualité indispensable dans l'environnement exigeant d'un voilier.

Les groupes allemands Bauer sont considérés comme incontournables dans le domaine des compresseurs de plongée. Le modèle Junior est reconnu comme le modèle compact le plus répandu, apprécié pour sa fiabilité et son entretien facile à réaliser, un point essentiel lorsque l'on est loin de toute assistance technique. Cependant, il existe des alternatives. Les groupes italiens Coltri, par exemple, sont souvent proposés comme une option moins chère, avec des prix avoisinant les 2500 € contre environ 3500 € pour les Bauer. La question de savoir si l'économie réalisée à l'achat est une bonne économie se pose, car la durabilité et la facilité de maintenance à long terme sont des facteurs à considérer.

En ce qui concerne la motorisation, les compresseurs de plongée peuvent être alimentés de différentes manières. Pour les moteurs d'alimentation à essence, on trouve bien sûr les petits moteurs Honda, réputés pour leur fiabilité, mais aussi des marques comme Subaru et Kohler (par exemple, le Kohler Command Pro 7 que l'on peut trouver sur certains voiliers). Le choix d'un moteur thermique est souvent motivé par les mêmes raisons de robustesse. Dans certains cas, le compresseur est vendu avec un moteur thermique classique 4T Honda rouge. Ces moteurs sont éprouvés et peuvent supporter les rigueurs de l'environnement marin.

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Une alternative pour ceux disposant d'un groupe électrogène à bord est d'utiliser un moteur électrique avec les compresseurs Bauer, à la place du moteur essence. Cette option présente l'avantage d'être potentiellement moins bruyante et de ne pas nécessiter de carburant supplémentaire (essence), si le groupe électrogène est déjà dimensionné pour d'autres usages. Toutefois, la puissance nécessaire au démarrage d'un compresseur peut être très élevée. Pour les moteurs électriques, il faut un groupe électrogène important ou alors avec une sortie triphasée pour utiliser un moteur en triphasé, car en 220 Volts monophasé, la puissance nécessaire au démarrage est souvent trop élevée sans avoir à bricoler au démarrage, ce qui est fortement déconseillé pour des raisons de sécurité.

Fonctionnement et Performances en Mer

L'utilisation d'un compresseur de plongée à bord requiert une certaine organisation et la connaissance de ses contraintes. Une fois le compresseur installé, généralement dans un coffre de cockpit, il peut fonctionner couvercle de coffre ouvert pour assurer une ventilation adéquate. L'arrivée d'air essentielle au fonctionnement du compresseur est souvent assurée par un tuyau accroché à la bôme, permettant ainsi de capter l'air en hauteur et de limiter l'aspiration de contaminants proches de la surface de l'eau.

Le temps de remplissage est un facteur important pour les plongeurs. Moins d'une demi-heure pour une bouteille de 12 litres est considéré comme raisonnable, surtout lorsqu'on compare cela à la logistique de devoir se rendre à un centre de plongée. Après le remplissage, l'air comprimé dans la bouteille est très chaud, un phénomène normal dû à la compression. Il n'y a aucun risque en dehors de la chute de pression à l'utilisation. Passer de 220 bars au remplissage à 190 bars à l'utilisation n'est pas un problème, et il y aura toujours assez d'air pour les "petites" plongées que l'on peut faire à partir de nos bateaux. Par conséquent, il n'est pas nécessaire de refroidir le bloc après remplissage pour son utilisation immédiate, bien que le stockage de bouteilles pleines soit généralement recommandé une fois qu'elles ont refroidi à température ambiante pour stabiliser la pression.

La Sécurité Avant Tout : Risques et Précautions Indispensables

L'utilisation d'un compresseur à bord d'un voilier est un outil potentiellement dangereux qui exige une attention rigoureuse aux règles de sécurité. Plusieurs dangers majeurs sont à identifier et à maîtriser.

La Pression Énorme : Le premier danger est lié à la pression elle-même. 200 bars, c'est énorme, et cela confère à l'air comprimé une énergie considérable qui, si elle n'est pas contenue ou manipulée correctement, peut être extrêmement dangereuse. Le respect des procédures de gonflage, la vérification de l'état des bouteilles et l'utilisation de raccords appropriés sont impératifs.

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Les Dangers du Moteur Thermique : Si le moteur thermique est très fiable, il faut en respecter les règles avec la plus grande rigueur. Un feu d'essence est l'un des pires scénarios à bord d'un bateau, avec des conséquences potentiellement catastrophiques. Il est essentiel de s'assurer d'une ventilation adéquate, de stocker le carburant en toute sécurité, et de maintenir le moteur en parfait état de fonctionnement pour prévenir tout risque d'incendie. Le fait de stocker le compresseur dans un coffre et de le faire fonctionner avec le couvercle ouvert aide à dissiper la chaleur et à prévenir les accumulations de vapeurs d'essence.

La Qualité de l'Air Respirable : C'est peut-être le danger le plus insidieux et le plus critique. L'air respiré sous pression a des effets amplifiés par la profondeur. Un pourcentage de 1 % de CO2 dans l'air aspiré en surface se traduit par une pression partielle de 2 % à 10 mètres et 4 % à 30 mètres, ce qui est énorme en termes d'impact physiologique et de risque de toxicité. Le bricolage est absolument interdit à bord, et l'apprentissage du remplissage est indispensable.

La qualité de l'air inspiré est primordiale ; l'air pollué à 0,01 bar de CO2 en surface entraînera une pression inspirée de CO2 de 0,02 bar à 10 mètres, et ainsi de suite. Le même principe s'applique à chaque polluant de gaz d'échappement qui pourrait être inspiré, et il n'existe pas de filtre universel pour cela. L'avantage de se trouver sur un voilier au mouillage est de pouvoir facilement mettre l'entrée d'air au vent et éloignée des gaz d'échappements du moteur thermique, minimisant ainsi l'aspiration de polluants. Pour le CO2, il existe des filtres spécifiques à absorption, comme les AeroGuard chez Bauer, mais leur disponibilité pour les modèles compacts peut varier.

Outre les polluants gazeux, l'air marin humide compressé, malgré les filtres, n'est pas fameux pour les blocs. Il peut entraîner un grenaillage garanti de l'intérieur des bouteilles et la nécessité d'une réépreuve au bout de trois ans au lieu de la période normale, un facteur à considérer pour la maintenance des équipements. En grand voyage, la question théorique de la recertification des bouteilles se pose également, souvent difficile à réaliser loin des infrastructures spécialisées.

Nuisances Sonores : Un compresseur, et en particulier un compresseur de plongée, est un équipement bruyant. Le bruit peut atteindre un minimum de 80 décibels, ce qui est plus désagréable qu'un moteur in-bord en marche ou qu'une éolienne qui siffle. Ce bruit est dérangeant dans un cône d'une trentaine de mètres derrière le bateau. Pour atténuer ce problème, certains adoptent la stratégie de se mettre sous le vent des autres bateaux mouillés, quitte à rejoindre leur mouillage définitif plus tard. Tout le monde n'ayant pas la courtoisie ou même la possibilité d'aller mouiller loin sous le vent, cette question du bruit est un aspect social important en mouillage.

Exigences Techniques et Humaines : La sécurité n'est jamais à négliger, que ce soit sur le bateau ou en plongée. Un niveau de plongée suffisant est un prérequis, avec une recommandation pour le N2 ou mieux N3 comme un minimum. Plonger seul élimine toute redondance de sécurité, d'où l'importance d'une préparation adéquate. La présence d'une bouteille d'O2 à bord, à tout hasard, munie d'un détendeur, est une mesure de sécurité supplémentaire précieuse.

Un compresseur doit fonctionner complètement à plat, rendant son utilisation impossible en navigation. Il nécessite un entretien régulier, sans parler du remplacement des filtres et de la vérification de la qualité de l'air. Un moteur thermique stocké longtemps dans un bateau, avec surdose de WD40 ou non, tant qu'il n'est pas très régulièrement utilisé est source d'ennuis. La maintenance préventive est donc essentielle. La gestion de la cheminée d'échappement est également un point technique délicat, certains se limitant après beaucoup d'essais à une cheminée de 40 cm en tuyau inox.

Réglementations et Zones Sensibles : Il est important de noter que certains mouillages de dimension historique ou archéologique, ou encore de plus en plus de zones marines protégées, interdisent rigoureusement de posséder un compresseur à bord. Avant d'embarquer un tel équipement, il est impératif de se renseigner sur les réglementations locales des zones de navigation prévues.

L'Alternative : Autonomie sans Compresseur de Plongée ?

Malgré les avantages indéniables qu'un compresseur de plongée peut offrir en termes d'autonomie, il existe des arguments solides contre son embarquement systématique. L'encombrement et les contraintes logistiques et sécuritaires peuvent pousser à reconsidérer la nécessité de cet équipement.

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