La quête de l'insubmersibilité est une préoccupation majeure pour tout constructeur ou propriétaire d'embarcation légère. Qu'il s'agisse d'un canoë ou d'un kayak, la sécurité repose sur la capacité de l'engin à ne pas couler, même en cas de voie d'eau, de chavirage ou d'avarie structurelle. Comprendre les matériaux, les techniques de réparation et les principes physiques de flottabilité est essentiel pour naviguer sereinement.
Matériaux composites et polymères : les bases de la structure
La construction d'un canoë repose sur une sélection rigoureuse de matériaux, chacun offrant des propriétés mécaniques distinctes. La fibre de verre est la plus couramment utilisée pour la stratifié, offrant un bon compromis technique. La fibre de polyester, quant à elle, présente une très bonne résistance aux chocs, mais sa rigidité est médiocre, bien qu'elle possède une densité faible.
Pour des besoins de performance, on se tourne vers des solutions plus avancées. La fibre d’aramide ou de kevlar est excellente en traction, mais cette fibre est médiocre en compression, malgré sa faible densité. À l'opposé, la fibre de carbone, d'une densité faible, est très résistante en traction et en compression. Toutefois, son prix très élevé et sa fragilité aux chocs sont ses principaux défauts, même si elle procure une rigidité incomparable. Dans la mise en œuvre, le mat, qui n’est pas tissé mais constitué d’un assemblage de mèches de fibres coupées, est souvent utilisé pour l'épaisseur.
Le choix de la résine est tout aussi décisif. Les résines polyester sont économiques mais relativement lourdes et cassantes. À l'inverse, les résines époxy assurent un excellent lien entre les tissus et une bonne inertie chimique à l’eau.
L'alternative du polyéthylène : robustesse et simplicité
Il existe une matière qui ne nécessite ni de fibres, ni de tissus et ni de résines : le polyéthylène. Les bateaux en polyéthylène sont plus lourds que les bateaux de fibres, mais ils sont aussi beaucoup plus solides. À cela, il faut ajouter un bon rapport qualité/prix.
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Il convient de distinguer plusieurs types de polyéthylène :
- Le polyéthylène linéaire : représente la plus basse qualité. La souplesse du matériau amène les constructeur⋅rices à produire des bateaux lourds pour avoir une rigidité satisfaisante.
- Le polyéthylène haute densité : est le plus dur et plus rigide. Sa dureté fait qu’il ne peluche pas trop à l’usure. Sa rigidité naturelle permet de construire des bateaux moins lourds qu’en linéaire.
- Le polyéthylène réticulé : d’excellente qualité est obtenu par ajout d’un composé chimique au moment de la polymérisation de l’éthylène.
Maintenance et réparation des coques
L'entretien d'une coque en polyéthylène peut sembler complexe, mais il repose sur des techniques de soudure thermique. Pour rénover une surface, on peut gratter fortement la surface du bateau, le grattoir étant vertical, en faisant des allers et retours. De petits copeaux s'en vont et la surface retrouve son état lisse. Passer ensuite du papier de verre spécial, qui s'appelle de l'abrasif à l'eau, et qui s'utilise mouillé en permanence, permet une finition optimale.
En cas de fissure, le décapeur thermique marche très bien pour réparer les bateaux en polyéthylène : on chauffe et on colle, et on peut toujours rajouter un peu de fibre et de résine sur la soudure. Cependant, il faut être vigilant : il faut chauffer suffisamment pour que, quand on met les deux bords en contact, ça colle, mais pas trop pour ne pas perdre de plastique et agrandir le trou.
Insubmersibilité et réserves de flottabilité
Un kayak de type "sit-on-top", par définition, est insubmersible car il est conçu autour d’une double coque. Vous n’avez donc rien à faire pour le rendre insubmersible. Toutefois, la sécurité dépend de l'étanchéité des volumes. L'utilisation de mousses injectées dans les parois creuses est une méthode souvent débattue. Si l'on choisit cette voie, il est impératif d'utiliser une mousse à cellule fermée.
Certains experts déconseillent toutefois le remplissage définitif par mousse chimique. Avec la chaleur, l'humidité et quelques infiltrations, la mousse peut se gorger d'eau, alourdissant dangereusement l'engin. Il est parfois impossible ensuite de réparer ou corriger des défauts causés par la mousse. Il est préférable d'utiliser des produits amovibles et facilement remplaçables, placés par des trappes ajoutées dans la coque interne. Le liège, presque imputrescible, est souvent cité comme une alternative naturelle et isolante thermique et phonique de qualité supérieure.
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Principes de sécurité et navigation
La sécurité ne dépend pas uniquement de la construction, mais aussi de la compréhension des règles de navigation. En mer, ce sont les navires qui ont la capacité de manœuvre la plus restreinte qui sont prioritaires. En canoë-kayak, vous ne serez donc prioritaire que sur des bateaux à moteur qui n’ont pas de restriction de capacité de manœuvre. Vous devez également vous éloigner des voiliers, qui ont moins de capacité de manœuvre que vous.
En rivière et sur plan d’eau, le canoë-kayak est considéré comme une menue embarcation : il doit donc s’écarter de la route de toutes les embarcations de plus de 15 m (péniche, bateau de croisière). Là encore, vous devrez laisser la priorité aux voiliers, mais une embarcation à moteur de moins de 15 m devra manœuvrer afin de vous laisser tranquille. Entre deux kayaks, la règle est simple : priorité à celui qui vient de la droite, et en cas de rencontre face à face, le passage se fait par la droite.
Environnement de travail et précautions chimiques
Le travail sur les matériaux composites nécessite un cadre strict. Les produits (résines, catalyseurs, solvants) doivent être utilisés et rangés à l’écart de toute flamme, source de chaleur, d’étincelle ou d’ignition, d’appareil électrique en fonctionnement. Ne pas fumer est une règle absolue. Il est impératif d'utiliser et de conserver ces produits seulement en zones ventilées, avec un poste de chimie adapté, des gants pour liquides et une procédure de lavage à l’eau immédiate en cas de contact.
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