L'amarrage à un corps mort est une pratique courante dans de nombreuses zones de navigation, offrant une alternative essentielle aux places de port traditionnelles souvent saturées. Un corps-mort, également appelé bouée de mouillage ou anneau de mouillage, est un dispositif immergé spécifiquement ancré au fond de l’eau. Il est généralement fixé au moyen d’un gros objet lourd, comme un bloc de béton ou une ancre spécialement conçue pour cet usage. Ces installations permettent aux embarcations de rester en place dans un plan d’eau donné sans avoir à jeter l’ancre traditionnelle, que ce soit pour un amarrage temporaire ou à l'année. Les ports français sont globalement bien équipés et protégés, mais si les marinas affichent toutes complet, il existe aussi des zones de mouillage, sur corps mort. Au-delà de cette nécessité, les occasions de prendre un corps mort sont nombreuses, le plus souvent, ce corps mort est le vôtre. Votre bateau y est à l’année dans un port de plaisance municipale ou alors dans une zone de mouillage, gérée par une association. On retrouve souvent ces mouillages réglementés en Bretagne, par exemple, où ils sont une composante essentielle de l'infrastructure maritime.
La Problématique du Frottement et de l'Usure de la Peinture sur les Coques
L'un des défis majeurs rencontrés par les plaisanciers utilisant un corps mort réside dans l'usure prématurée de la peinture de la coque due aux frottements. La bouée du corps mort, soumise aux mouvements du bateau, peut venir inévitablement en contact avec la coque, créant des marques disgracieuses et potentiellement endommageant la protection de la surface. Comme l'illustre un cas concret, avec un 8.90 NAOS basé à l'Ile aux Moines, sur corps mort, ses propriétaires rencontrent un problème d'usure de la peinture par la bouée du corps mort. Le problème vient du fait qu'il y a pas mal de courant. Quand vent et courant sont en sens inverse, et suivant la force du vent, le bateau pousse sur la bouée, et celle-ci vient frotter sur le côté de la coque, et use la peinture. Cela leur fait de chaque côté une tache grise sur la belle peinture bleue.
Cette situation est d'autant plus complexe que les solutions pour repousser la bouée sont souvent limitées. Il n'est généralement pas question de la soulever, car cela est interdit par le port et, de toutes façons, c'est trop lourd. Sur certains bateaux, comme le 890 mentionné, il n’est pas possible d'utiliser le davier de l'ancre, car l'ancre est prisonnière du bout-dehors, ce qui rend l'usage de deux grosses amarres textiles, une de chaque côté, inévitable. On ne peut donc pas s'en sortir en raccourcissant au maximum les amarres. Face à ce dilemme, des propositions émergent, telles qu'une protection de type bâche en tissu PVC. Cependant, des doutes subsistent quant à l'efficacité réelle de cette méthode, la bâche risquant de frotter au lieu de la bouée, ce qui pourrait bien user tout pareil. Une autre suggestion consiste à visser deux plaques de plastique dur, genre PVC teinté dans la masse, en espérant trouver la bonne couleur. Ces solutions visent à prévenir le contact direct, mais leur durabilité et leur esthétique restent des points d'interrogation.
Manœuvrer et S'Amarrer à un Corps Mort : Techniques et Anticipation
Prendre un corps mort requiert une certaine maîtrise et une bonne dose d'anticipation. Comme pour toute manœuvre sur un bateau, le maître mot est l'anticipation. Vous devez avoir, sous la main, la gaffe et une amarre. L’approche la plus logique consiste à arriver sur un corps mort, face au vent, pour une meilleure stabilité. Cependant, plusieurs techniques peuvent être adaptées en fonction de la configuration du bateau et de l'équipage.
Techniques d'Amarrage Pratiques
Pour les situations où l'on est seul ou en famille avec de jeunes enfants, une méthode conseillée par des marins expérimentés consiste à préparer une amarre qui est prise sur l’avant du bateau et qui revient dans le cockpit par l’extérieur du gréement et des chandeliers. Lorsque vous arrivez à la bouée, vous pourrez passer l’amarre sur la bouée sans bouger du cockpit, ce qui facilite grandement la manœuvre et augmente la sécurité.
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Une deuxième solution, également souvent conseillée par des marins expérimentés, implique d’arriver sur la bouée en marche arrière. Votre bateau est ainsi toujours bout au vent, et vous allez présenter le tableau arrière à la bouée. Dès que vous arrivez sur celle-ci, vous présentez un bout (installé de la même manière que la première technique) que vous passerez dans l’anneau de la bouée. Cette technique offre un contrôle accru et simplifie la connexion à la bouée.
L'Astuce pour les Corps Morts Personnels
Dans le cas où ce corps mort est le vôtre, une astuce particulièrement efficace peut être mise en place. La grande majorité des cas voit un bateau relié à la bouée par deux amarres. Une des amarres est passée sur un des deux taquets de façon classique. L’autre amarre, quant à elle, se termine par une boucle. Cette boucle (réalisée par épissure ou nœud de chaise) est équipée d’une petite bouée à anneaux ou d'un objet flottant. Quand vous quittez votre mouillage, vous accrochez l’amarre libre sur cette boucle ou directement sur la petite bouée. Vous pouvez même y amarrer l’annexe qui restera au mouillage. À cet instant, il ne reste plus que l’amarre avec l’épissure qui reste au taquet du bateau, et, qui pourra être libérée en deux secondes. C'est donc très pratique à larguer et plus rapide pour revenir à la barre.
Mais le gros plus de cette astuce est pour le retour et pour prendre le corps mort. Quand vous arrivez à la bouée, ce n’est plus un anneau que vous devez prendre. En effet, vous devez, à l’aide d’une gaffe, remonter un bout qui flotte sur un ou deux mètres avec une bouée. Cette méthode simplifie considérablement la manœuvre de reprise d'amarrage, la rendant plus rapide et moins contraignante.
Gérer l'Amarrage en Zone de Courant Fort
Les zones de mouillage peuvent parfois se situer dans des secteurs à forts courants, rendant l'amarrage plus complexe. C’est le cas, par exemple, dans le Golfe du Morbihan ou les rias du sud Finistère (Odet, Aven, etc.). Dans ces conditions, la manœuvre pour prendre votre bouée ne consistera plus à arriver uniquement face au vent, mais face au vent et/ou au courant.
La première étape cruciale est l'observation de l'environnement. Observer l’environnement signifie comprendre l’incidence du courant sur le mouillage et l’importance du courant par rapport au vent. C’est ce qu’on appelle le « fardage vent et le fardage courant », un facteur particulièrement pertinent pour les voiliers. Une fois ce fardage vent et courant déterminé, il faut estimer la vitesse à laquelle arriver sur la bouée. Pour cela, il est recommandé d'arriver d’assez loin afin d’ajuster votre vitesse, tout simplement.
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Enfin, une fois à proximité de la bouée, et suivant la puissance du courant, il est judicieux de se mettre au point mort juste en arrivant sur la bouée. Cela vous permettra de dépasser la bouée au niveau du cockpit, si vous êtes seul à la manœuvre, et de passer l’amarre plus facilement. Il faut, en effet, prendre en compte le fait que la bouée sera difficile à garder avec une gaffe pour compenser la vitesse du courant, et il sera plus simple de la saisir en neutralisant la vitesse du courant. Pour quitter le mouillage, le principe est le même : l’observation et l’anticipation sont primordiales pour une manœuvre réussie et sécurisée. Il est important d'avoir les gestes rapides le temps que vous retourniez dans le cockpit. Il est également possible de prendre un corps mort à la voile et utiliser le moteur comme appoint.
Les Corps Morts en France : Contextes Réglementaires et Disponibilité
La question des places de port et des mouillages est un sujet de préoccupation majeure pour la communauté des plaisanciers en France. En effet, comment la France, deuxième producteur de bateau au monde, peut-elle continuer à faire si peu de choses pour créer si peu de place de port et si peu de place de mouillage ! Tout à fait d'accord ! On aime notre pays mais cette France des 'nondits', des 'non décisions', des 'on interdit ou on ne fait rien' parce que vous comprenez : oh ! c'est tellement compliqué mon bon Monsieur ! Ces sentiments sont largement partagés, et certains n'hésitent pas à appeler à la mobilisation des retraités pour soutenir ceux qui travaillent encore et subissent cette situation.
Dans des régions très touristiques et protégées, des mouillages sur bouées sont proposés pour s’amarrer, afin de canaliser le flux de bateaux. Cela peut être le cas dans des zones situées dans des espaces marins protégés. Dans ces contextes, il est interdit de mouiller son ancre, et vous devrez alors laisser l’ancre du bateau dans la baille à mouillage. Cependant, certaines informations relayées peuvent être trompeuses, comme celle qui suggère qu'il est très, très difficile d'avoir un corps mort au mois d'août dans le Golfe du Morbihan et que si tu te mets sur ancre, même en ne gênant personne, les Affaires Maritimes vont t'enlever ton Bateau ! Cette affirmation est qualifiée d'intox totale. Le manque de solutions adéquates et la complexité des réglementations suscitent une frustration palpable parmi les usagers de la mer, qui peuvent être amenés à "tarabuster" les autorités locales pour obtenir des améliorations.
Conception et Maintenance d'un Corps Mort : Aspects Techniques et Environnementaux
Un corps-mort est un assemblage de plusieurs composants clés. Il s’agit d’un objet lourd et généralement immobile, tel qu’un gros bloc de béton, une bouée en béton, une ancre enfouie, ou un objet similaire. Une chaîne solide est utilisée pour relier le corps-mort à votre bateau, et enfin, la ligne d’ancrage, aussi appelée ligne d’amarrage, est une longue corde ou un câble qui relie la chaîne au bateau. L'efficacité et la sécurité d'un corps mort dépendent de la conception et de la qualité de ses éléments.
Poids et Résistance au Glissement
Le calcul du poids d'un corps mort est crucial. 1 m³ de béton ordinaire immergé dans de l'eau de mer pèse en fait moins de 2 300 kg à cause de la poussée de l'eau de mer, qui est de 1280 kg. Il faut garder cela en mémoire lorsqu'on décide de mouiller des corps morts pour faciliter l'amarrage des bateaux. Un corps mort se fonde uniquement sur un poids élevé pour son ancrage. Il consiste habituellement uniquement en un grand bloc de béton ou de roche à l'extrémité d’une chaîne. Le corps mort recommandé résiste au glissement, en raison de la friction qui se crée entre sa base et le fond marin. Plus la superficie de la base est petite, moins il s’exerce de friction et moins il faut de force pour déplacer ou faire glisser le corps mort. Il est aussi très recommandé de faire une réservation en dessous pour améliorer l’adhérence des corps-morts sur les fonds sableux, créant un effet ventouse.
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Fabrication et Durabilité
La rupture d’un corps mort est souvent due à un mauvais mélange ou à un durcissement mal effectué du béton. Le durcissement doit durer 28 jours pour que le béton atteigne sa résistance maximale. Il est impératif que celui-ci reste humide en permanence ; la meilleure méthode consiste à couvrir le bloc de toile de jute maintenue humide en permanence. L’organeau, la pièce permettant la fixation de la chaîne, doit être réalisé à l’aide d’une seule barre ronde en acier doux à faible teneur en carbone. Les “ailes” de chaque côté de l’organeau doivent être cinq fois plus longues que le diamètre de la barre. Par exemple, si le diamètre de la barre est de 30 mm, les ailes doivent mesurer au moins 15 cm. S’il n’est pas possible de se procurer de barre en acier doux, un fer à béton fera l’affaire. Des initiatives locales, comme celle de la mairie de Saint-Lunaire qui met gentiment à disposition un petit emplacement pour fabriquer des corps morts, montrent l'engagement de certaines communautés à pallier le manque d'infrastructures.
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