L'intégration d'un enrouleur de génois sur un voilier représente une avancée significative en termes de confort, de sécurité et de performance en navigation. Nombreux sont les plaisanciers qui, à l'instar de ceux qui envisagent de changer leur vieux jeu de voiles avant sur FANTASIA pour mettre un enrouleur et un génois ad hoc, se posent la question de la faisabilité et des modalités d'une telle installation. Cette transformation permet de moderniser l'équipement du bateau et d'améliorer considérablement l'expérience à bord. Poser correctement un enrouleur de génois est, en effet, une étape essentielle pour gagner en sécurité, en confort et en performance.
Le choix de l'enrouleur est d'abord déterminant. Il dépend de la taille du bateau, mais aussi du programme de navigation envisagé par les propriétaires. Par exemple, un système d’enrouleur MKIV Ocean, reconnu pour sa simplicité et son accessibilité, offre une longévité comparable à celle des modèles Harken MKIV et des roulements à billes à rotation libre quasiment sans entretien. Ces caractéristiques permettent de réduire et d’augmenter rapidement la surface de voile, un atout précieux pour maintenir l’équilibre et la vitesse du bateau dans des conditions variables. Pour ceux qui comptent garder leur bateau longtemps, la résistance à l'épreuve du temps est une préoccupation majeure. Les profils ronds des enrouleurs de qualité affichent une grande longévité grâce à leur fabrication en aluminium anodisé transparent. Les connecteurs de profils, quant à eux, sont conçus pour être extrêmement solides et résisteront à des années de contraintes en torsion. Le tambour monobloc, le flasque et le panier sont souvent moulés dans un composite, un matériau mieux adapté que le métal car il ne se déforme pas, garantissant ainsi une fiabilité accrue.
L'objectif principal d'un enrouleur est de faciliter les manœuvres, notamment celles qui peuvent devenir périlleuses en conditions difficiles. L'expérience d'installer un second enrouleur de génois sur un voilier comme le vela dare illustre bien cette motivation. Le premier enrouleur sert à enrouler le grand génois, permettant de le dérouler et de l'enrouler facilement depuis le cockpit du bateau, sans devoir aller à l’avant. L'ajout d'un deuxième enrouleur vise à pouvoir installer aisément une deuxième voile plus petite à l’avant du bateau, également sans quitter le cockpit. Cette configuration est particulièrement avantageuse quand il y a beaucoup de vent et de vagues, car il devient alors compliqué, voire dangereux, d’aller à l’avant du bateau. Une telle voile plus petite peut servir de foc en cas de fort vent, en remplacement du grand génois. Elle peut aussi être ajoutée en complément du génois lorsque le vent vient de l’arrière, afin de naviguer les voiles en ciseau et d'optimiser la propulsion. La qualité du service client est également un critère de choix important. Des contacts réguliers avec le fabricant, comme les nombreuses interactions avec la firme Top-Reff, particulièrement avec Lisa Sturm, soulignent l'importance de réponses rapides et compétentes aux questions des plaisanciers. L'utilisation de messages audio via des applications de communication, très pratique pour ceux qui sont à l'étranger, illustre la recherche de solutions adaptées aux besoins des navigateurs modernes.
Préparation et Faisabilité de l'Installation d'un Enrouleur
Avant même de songer au montage, il est essentiel de considérer la préparation minutieuse et la faisabilité de l'installation. Contrairement à une idée reçue, il est inutile de démâter le voilier pour installer un enrouleur de génois, ce qui simplifie grandement l'opération et réduit les coûts. L'installation peut même être réalisée par une seule personne, bien que le fait d'être deux ou trois puisse faciliter certaines étapes.
La réussite d’une installation passe par une parfaite compatibilité entre l’enrouleur et l’étai existant. En cas de doute sur l'état ou l'adéquation de l'étai, il est fortement recommandé de le remplacer en même temps que l’enrouleur. En effet, Harken suggère de remplacer tout câble d’étai de plus de trois ans utilisé en environnement salin, et tous les cinq ans pour une navigation en eau douce. Une installation propre et durable repose sur une préparation rigoureuse du pont, du gréement et de l'outillage. Il est crucial de disposer de l’outillage complet pour éviter toute improvisation à mi-montage, garantissant ainsi une exécution fluide et sécurisée. Le constructeur du mât peut également jouer un rôle important dans cette phase préliminaire, comme ce fut le cas avec Hans-Georg Gross de Schiffsmasten Gross qui s’est assuré que toutes les mesures étaient correctes pour l'installation d'un enrouleur.
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Le processus débute par des étapes simples mais fondamentales. Il faut juste démonter l'attache inférieure de l'étai. Pour consolider la structure pendant cette phase, il est possible de mettre en place l'étai largable s'il est disponible, car il est aussi solide que l'étai principal. Si un étai largable n'est pas présent, une drisse de génois ou de spi, bien tendue, peut servir de solution alternative temporaire. Il est souvent conseillé de conserver le jeu de voiles endraillables comme voiles de secours ou de complément, notamment pour l'utilisation d'un tourmentin, ce qui sera indispensable en cas de conditions météorologiques extrêmes.
Concernant la question de l'installation sur un mât à plat ou levé, l’enrouleur assemblé peut être fixé à un mât qui est à plat, par exemple pour son rangement, puis remonté avec ce dernier. Sur un mât debout, il est préférable de laisser les experts et les gréeurs professionnels se charger de retirer l’étai et de monter l’enrouleur assemblé. Cela garantit une manipulation en toute sécurité et une installation conforme aux standards professionnels. Lorsque l'on prépare l'achat, il est important de déterminer la longueur de votre bateau en se reportant aux longueurs de bateau types indiquées pour chaque unité, puis le diamètre de votre étai à câble ou en rod et de votre axe de chape. Ces informations sont cruciales pour commander le système d'enrouleur adapté.
Les Étapes Clés du Montage de l'Enrouleur
Le montage d'un enrouleur, bien que pouvant paraître complexe, est conçu pour être aussi simple que possible, particulièrement pour des systèmes modernes comme le MKIV Ocean. L'objectif principal de sa conception était de simplifier au maximum son montage, le rendant accessible aux plaisanciers qui souhaitent l'installer eux-mêmes.
L'installation suit une séquence logique qui commence par la sécurisation du mât, puis la préparation au sol, et enfin le montage définitif sur le bateau. Une des premières étapes pratiques consiste à assembler les tubes, ou profils, en aluminium qui vont entourer le câble de l'enrouleur. Ces profils sont généralement bien expliqués dans le mode d’emploi, souvent accompagnés d'images claires. Il est fréquent que certaines sections soient marquées de manière spécifique, facilitant la reconnaissance des pièces et leur assemblage. Ce processus est généralement très rapide à réaliser. Cependant, le dernier bout peut parfois être un peu plus compliqué à fixer, nécessitant un soin particulier.
Une fois les profils assemblés, l'émerillon est glissé sur le tube en aluminium, une opération qui doit se faire en douceur, comme l'expérience l'a montré : "il a glissé « comme du beurre »". Par la suite, la tête de l’enrouleur est fixée sur le tube en aluminium, avant que l'enrouleur complet ne soit finalement fixé sur le pont du voilier. Les jonctions de profil doivent être parfaitement emboîtées et vissées pour assurer la solidité de l'ensemble. Il est à noter que dans la plupart des cas, les profils s’insèrent sur la terminaison à œil standard et le câble d’étai sans qu'il soit nécessaire de le couper. Après montage, il suffit de recouper le profil supérieur pour l'adapter précisément à la hauteur désirée. Le fait que la terminaison à œil et le câble d’étai passent au travers du profil est une caractéristique de conception essentielle pour une intégration harmonieuse.
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L'installation de la bosse d'enrouleur est également une composante cruciale. Il est possible de commander une bosse d’enrouleur à double tresse de polyester auprès des fabricants. Pour déterminer la longueur nécessaire, une règle simple consiste à multiplier la longueur de votre bateau par deux. Des accessoires tels que le kit de poulies de guidage de bosse d'enrouleur/emmagasineur 7404 sont conçus pour guider les écoutes du côté extérieur des chandeliers afin de dégager le pont, améliorant ainsi la sécurité et l'ergonomie à bord. La poulie à cliquet 7402 assure un contrôle total de la bosse d’enrouleur, son cliquet délivrant la puissance de retenue supplémentaire nécessaire pour enrouler la voile par vent fort.
Le support de l'enrouleur sur le pont dépend de la configuration existante du bateau. Si l’enrouleur est équipé d’un ridoir, il faut en mesurer la longueur pour déterminer si un kit de longues ou de moyennes lattes ridoirs Harken est nécessaire. Ces lattes surélèvent le tambour afin de dégager le ridoir et le passage de l’ancre, réduisant ainsi l’usure et améliorant la visibilité. Si le bateau ne dispose pas de ridoir et qu'un point d’amure bas est souhaité, il convient de commander un kit de courtes lattes ridoirs pour une fixation directe à la terminaison à œil à l’extrémité de l’étai. Le ridoir, s'il est présent, est généralement facile à régler.
Gréement et Optimisation du Génois sur l'Enrouleur
Une fois l'enrouleur solidement fixé, l'étape suivante consiste à gréer le génois. L'installation du génois sur son enrouleur est une opération qui, si elle est effectuée avec méthode, n'est guère plus compliquée que de hisser une voile d’avant dans un étai creux. Dernière voile à gréer avant de sortir du port, le génois sur enrouleur demande lui aussi de respecter une chronologie bien huilée pour garantir son bon fonctionnement.
Un génois roulé dans les règles de l’art doit se dérouler naturellement du point de drisse vers le point d’écoute. La première action consiste à frapper le point de drisse sur l’émerillon du profil d’enrouleur. Il est ensuite impératif de passer une des écoutes de génois en respectant bien son chemin de fonctionnement sur le pont, en tenant compte des avale-tout et des poulies de renvoi.
Le passage de la ralingue dans le rail du profil d’enrouleur constitue une étape cruciale et parfois délicate. Pour ce faire, être à deux est un sacré plus, car cela peut éviter ce qui est souvent le souci le plus récurrent lorsque l’on prépare son génois. Il est d'une importance capitale de guider la voile à l’envoi. En effet, si l’on n’y prend pas garde, il arrive, lors de l’envoi, que la ralingue sorte de sa gorge, un phénomène appelé "déralinguer". Pendant cette manœuvre, il est conseillé de laisser l’écoute de génois sous le vent bien molle pour faciliter le drissage de la voile.
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Une fois le génois hissé en tête de mât, une vérification essentielle s'impose : s'assurer que la drisse de celui-ci n’a pas fait un tour au niveau de la tête du profil d’enrouleur. Cette précaution n'est pas anodine, car c’est l’une des causes fréquentes de démâtage. Le point d’amure se prend juste au-dessus du tambour d’enrouleur dont il est solidaire. Le réglage de la tension à ce niveau est délicat : si le bord d’attaque de votre génois est trop mou, il fléchira à la première risée, nuisant à la performance de la voile. À l'inverse, s'il est trop étarqué, il sera difficile de rouler la voile et celle-ci sera fatiguée inutilement à l’arrêt. Trouver le juste milieu est donc primordial.
Après ces étapes, la drisse peut être souquée à l’aide du winch, un moment souvent considéré comme gratifiant une fois que tout est correctement en place. Pour optimiser l'enroulement et éviter le vrillage de la bordure, il est indispensable de garder de la tension dans l’écoute de génois tout au long de l’opération. En l’absence de vent, la drosse d’enrouleur doit être reprise à la main, en freinant l’écoute. Pour ajuster la longueur de drosse avec l’enroulement complet de la voile, il ne faut pas hésiter à reprendre le maximum de drosse jusqu’à ce que le tambour soit nu, puis à détacher l’écoute de foc, à faire à la main quelques tours de génois autour de l’étai avant de refixer l’écoute. Ce réglage garantit un enroulement propre et efficace. L'installation d'un écarteur de drisse Harken, ou d'un guide de drisse Harken, peut également contribuer à l'efficacité de l'ensemble. L’écarteur de drisse permet d’empêcher les tours de drisse (de génois, spinnaker…) autour du profil. Le guide de drisse, lui, se place sur le mât, vers la partie supérieure du profil. Il maintient la drisse contre le mât, améliorant son angle par rapport à l’émerillon afin d’éviter qu’elle ne s’enroule autour du profil. Ces cages, souvent en acier inoxydable, contiennent des réas en aluminium anodisé Hardkote, adaptés à tous les types de drisses, qu'elles soient textiles ou câblées.
Adapter les Voiles à l'Enrouleur pour une Performance Optimale
L'installation d'un enrouleur implique souvent une adaptation des voiles existantes ou l'acquisition de nouvelles voiles spécialement conçues pour ce système. C'est un aspect fondamental pour tirer pleinement parti des avantages de l'enrouleur.
Pour les voiles existantes, il est tout à fait possible de les utiliser avec un nouvel enrouleur de génois, à condition qu'elles soient en bon état. Un maître-voilier peut modifier les voiles régulièrement utilisées, y compris au moins un génois et un tourmentin. Si la zone de navigation réclame des voiles spéciales, comme des drifters, il convient également de les adapter. La modification typique par le maître-voilier consiste à retirer les mousquetons et à ajouter une ralingue, permettant ainsi aux voiles de glisser dans les profils de l'enrouleur. Les grandes voiles devront peut-être être raccourcies pour faire de la place à l’émerillon de drisse. Le coût de l'ajout d'une ralingue à une voile est variable, mais la plupart des maîtres-voiliers basent leurs prix sur la longueur du guindant et de la chute. Une protection essentielle pour les voiles stockées sur l'enrouleur est la pose d’une bande anti-UV autour des voiles serrées, ce qui les protégera des dommages provoqués par les rayons ultraviolets.
Lorsqu'il s'agit d'acquérir une voile neuve pour un enrouleur, plusieurs aspects sont à prendre en compte pour optimiser la performance. Il est important de choisir une voile conçue pour différentes conditions de vent. Idéalement, la voile doit être suffisamment puissante pour que le bateau avance par vent faible et sur une mer clapoteuse, mais assez plate pour pouvoir naviguer lorsqu’elle est réduite en conditions difficiles. Grâce aux dispositifs modernes permettant d’améliorer le profil des voiles, les maîtres-voiliers peuvent concevoir des voiles performantes entre 5 et 40 nœuds. La plupart utilisent un rattrapage de creux en mousse ou cordage, et il est recommandé de se renseigner auprès de son maître-voilier sur le dispositif le mieux adapté à son bateau.
Le point d'écoute d'une voile d'enrouleur est souvent placé haut. La plupart des voiles à enrouleur sont conçues avec un point d’écoute placé haut afin de permettre à la partie inférieure de la voile de mieux s’enrouler autour du profil et d’améliorer la visibilité sous la voile, un atout non négligeable pour la sécurité. Pour toute nouvelle installation d'enrouleur, il est essentiel de spécifier une ralingue n° 6 ou de 5 mm de diamètre lorsque l'on apporte ses voiles chez le maître-voilier. Celui-ci ajoutera la ralingue, ainsi qu’un déport têtière au-dessus et en dessous de la voile afin de libérer de la place pour l’émerillon de drisse et la partie inférieure de l’enrouleur.
La protection de la voile contre le soleil est une considération majeure pour sa durabilité. Une exposition prolongée aux rayons ultraviolets détériore la plupart des tissus à voile. Toute voile laissée enroulée sur l’étai doit donc être protégée. Le maître-voilier peut ajouter un matériau résistant aux UV aux panneaux de bordure et de chute, généralement sans trop alourdir l'ensemble. La plupart des maîtres-voiliers privilégient un matériau de type acrylique, comme l’Acrilan® (également utilisé pour les housses de grand-voile), mais certains navigateurs utilisent également une longue housse en forme de chaussette pour couvrir leur voile serrée. Cette dernière option n'alourdira pas le génois, mais nécessitera une drisse secondaire pour le hisser.
La taille du génois utilisé comme voile de ris principale dépend de chaque bateau et des conditions de navigation habituelles. Un génois de 135 % est souvent considéré comme idéal sur la plupart des voiliers. Cependant, dans certaines régions, il n’est pas rare d’observer des génois de 150 % par vent faible et de 100 % par vent fort. Il est toujours judicieux de demander l’avis de son maître-voilier pour une recommandation personnalisée.
Le besoin de plusieurs focs, même avec un système d'enrouleur, est une question pertinente. Les navigateurs expérimentés sont souvent équipés d’un tourmentin. Pour la prise de ris, même la meilleure voile polyvalente peut se révéler inefficace. Lorsque le vent souffle fort, il est préférable d’opter pour un tourmentin permettant la prise de ris avant de quitter le port. Un tourmentin est crucial pour la navigation au large en cas de tempête. Par vent faible, un grand génois léger offrira un plaisir de navigation accru. Le changement de voiles d’avant est simple avec un enrouleur Harken. Il suffit de fixer le point de drisse et le point d’amure à leurs manilles, de faire passer la ralingue dans l’endrailleur et de hisser.