Le surf a fait ses débuts olympiques aux Jeux de Tokyo en 2020, marquant une étape historique pour ce sport. L'inclusion du surf dans le programme olympique est le résultat d'années de lobbying par des passionnés et des organisations de surf qui souhaitaient voir le sport reconnu au plus haut niveau. Les compétitions de surf aux Jeux olympiques ont captivé l'imagination des spectateurs du monde entier, mettant en valeur non seulement les compétences et le talent des athlètes, mais aussi la beauté et l'excitation du surf en tant que sport.
Pour les Jeux olympiques de 2024, la compétition de surf aura lieu à Teahupo'o, une vague légendaire connue pour sa puissance, ses tubes profonds et ses conditions souvent spectaculaires. Le choix de Teahupo'o comme site de compétition souligne l'engagement des Jeux olympiques à présenter des lieux emblématiques et à fournir aux athlètes une grande scène sur laquelle démontrer leurs talents. Les compétitions de surf à Paris 2024 promettent d'être un spectacle inoubliable, avec des surfeurs du monde entier en lice pour des médailles sur l'une des vagues les plus prestigieuses de la planète.
L'importance de l'événement
Le surf aux Jeux olympiques est plus qu'une simple compétition sportive ; c'est une vitrine mondiale pour ce sport, une opportunité de promouvoir la culture du surf et d'inspirer de nouvelles générations de surfeurs. En vous familiarisant avec l'histoire et les aspects clés du surf olympique, vous serez mieux préparé à profiter de chaque instant de la compétition.
Aux JO de Paris 2024, le surf vivra sa deuxième aventure olympique après Tokyo 2021.
Les bases du surf de compétition
Le surf consiste à se tenir en équilibre sur une planche, porté par une vague déferlante, tout en exécutant des figures plus ou moins complexes. Mais comment les performances des surfeurs sont-elles évaluées lors des Jeux Olympiques ?
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Le rôle des juges
Aux Jeux Olympiques, les performances des surfeurs sont jugées par un panel de cinq juges hautement qualifiés et généralement accrédités par des organismes internationaux tels que l'Association of Surfing Professionals (ASP). Ils doivent non seulement avoir une connaissance approfondie des techniques de surf, mais aussi une capacité à évaluer rapidement et équitablement dans des conditions changeantes.
Le système de notation
Chaque surfeur est noté sur une échelle de 0,1 à 10,0 par vague, avec des écarts jusqu'à 0,2 point pour refléter finement les différences de performance. Les juges prennent en compte plusieurs critères pour attribuer leurs notes :
- Difficulté des manœuvres : Les juges évaluent la complexité et le risque des manœuvres effectuées.
- Innovation et progression : L'originalité et la nouveauté des manœuvres sont également cruciales aux yeux des juges.
- Puissance et vitesse : La force avec laquelle les manœuvres sont réalisées et la vitesse générale du surfeur sur la vague sont des aspects importants.
- L'engagement: Il évalue le niveau de risque pris par le surfeur et la difficulté des manœuvres exécutées.
- Variété: Un surfeur doit démontrer une grande variété de manœuvres pour obtenir un bon score.
- Enchaînement: La capacité à enchaîner plusieurs manœuvres de manière fluide et cohérente est également évaluée.
Le score final
Pendant une compétition, chaque surfeur a un certain nombre de vagues à surfer. Pour chaque vague, les juges attribuent une note, et à la fin, seules les deux meilleures notes de chaque surfeur sont retenues pour le score total. Le surfeur aura donc une note sur 20 à chaque série. Il est important de noter que les jurys prendront en compte les sections critiques de la vague ainsi que la diversité et la technique du surfeur pour attribuer une note. Par exemple, les figures comme le tube (se retrouver à l’intérieur du creux de la vague), les cutbacks (changement de direction), ou même aériennes, hors de l’eau, sont beaucoup plus valorisées par les juges.
L'importance des conditions
La nature même du surf, avec des vagues qui varient constamment en taille et en forme, pose des défis uniques pour la notation. Contrairement à d'autres sports, où les conditions sont contrôlées, le surf dépend entièrement des caprices de l'océan. De plus, les athlètes doivent adapter leur stratégie en fonction des vagues disponibles, ce qui ajoute une dimension tactique à la performance pure.
Il est important de noter que nous ne contrôlons pas l'océan. Les conditions et les vagues ne sont pas toujours les mêmes, donc l’importance de chaque critère dépend des conditions du jour. Les juges effectuent un “judging criteria” pour être d’accord sur l’importance des critères et des attentes. Puis ils attribueront des notes comprises entre 1 et 10 pour chaque vague.
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Le format de la compétition
Les compétitions de surf aux JO suivent un format structuré comprenant plusieurs tours. Elles commencent par des séries appelées "heat". Elles se déroulent en plusieurs manches éliminatoires : 1er tour, 2ème tour, 1/8ème de finale etc. Chacune de ces manches possède un temps prédéfini et compte entre deux et quatre participants.
Pendant les "heat", les surfeurs prennent le maximum de vagues pour réaliser les meilleures manœuvres. Les compétitions de surf débutent par des séries, dans lesquelles plusieurs surfeurs s'affrontent simultanément. Généralement, chaque série comprend 4 ou 5 surfeurs, bien que ce nombre puisse varier.
- Premier tour : huit séries de trois surfeurs. Les vainqueurs de ces premières séries sont directement qualifiés pour le troisième tour (huitième de finale).
- Deuxième tour (repêchages) : Les deuxièmes et troisièmes de chaque série du premier tour sont reversés au deuxième tour, les repêchages. Seuls les premiers des séries de rattrapages peuvent accéder au tour suivant.
- À partir des huitièmes de finale : Les surfeurs s’affrontent lors d'un duel, qui se fait en élimination directe jusqu’à la finale. Seuls les perdants des demi-finales pourront s’affronter pour la troisième place.
Le vocabulaire du surf
Pour comprendre le surf, il faut être bilingue. Ou alors ne pas avoir peur de ponctuer ses conversations de bord de plage de phrases truffées d’un sabir anglo-new-ago-cool. Car le surf se note sur trois éléments : «Speed, power and flow.» Autrement dit la vitesse, l’amplitude et les manœuvres - la chorégraphie - enchaînées. «Ce qui compte, c’est ta power amplitude».
Voici quelques termes clés pour mieux appréhender ce sport :
- Heat : Série éliminatoire.
- Roller : Virage sur le haut de la vague.
- Peak : Point de déferlement de la vague.
- Carve : Virage appuyé sur la vague.
- Tube : Manœuvre consistant à se faire recouvrir par la vague.
- Aerial : Figure réalisée en décollant au-dessus de la vague.
- Priorité : Droit de passage sur la vague.
Les JO 2024 à Teahupo'o
Sport de glisse, le surf fait partie des épreuves qui ne se disputeront pas à Paris lors des JO 2024. La plage mythique de Teahupo'o, en Tahiti, va accueillir les épreuves de surf lors des Jeux olympiques 2024. Les épreuves de cette discipline se dérouleront à Teahupo’o à Tahiti.
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Au total, 48 athlètes (24 hommes et 24 femmes) s’affronteront pendant quatre jours, un tout petit contingent puisque tous les pays représentés aux JO n’alignent pas de surfeurs. Si les conditions de mer ne le permettent pas, l’organisation dispose de quatre «jours de réserve» supplémentaires, jusqu’au 4 août.
Locaux de l’étape, les Tahitiens Vahine Fierro et Kauli Vaast font partie des favoris. Vahine Fierro sera chez elle sur la vague de Teahupo’o. Le spot offre souvent de magnifiques rouleaux quasi translucides. Mais aussi belle soit-elle, cette vague reste particulièrement dangereuse à cause du récif peu profond. Il y a eu un décès et de nombreux blessés, dont certains sont restés infirmes.
La météo sera surtout un facteur capital lors de l’épreuve féminine. Si la houle est au rendez-vous, Teahupo’o peut atteindre plus de trois mètres et sa puissance phénoménale pourrait laisser plusieurs surfeuses sur le carreau. Les femmes ont d’ailleurs été interdites de compétition jusqu’en 2021 sur la vague en raison de sa dangerosité, avant de reconquérir ce droit.
Teahupo’o, c’est l’assurance d’un «tube» quasiment à chaque vague, qui vient ensuite se fracasser sur le récif, où il y a moins d’un mètre de fond. Il y a déjà eu un décès et pas mal de blessés, la peau ou les os fracassés par le corail. Et tous les surfeurs ne sont pas forcément des spécialistes du «tube», où on peut faire des «grabs», c’est-à-dire laisser traîner sa main dans le rouleau translucide.