Introduction à la navigation hors saison et enjeux de sécurité
La pratique du kayak est une passion dévorante qui, pour la plupart d’entre nous, a été découverte pendant l’été. Cette saison est propice pour tester notre matériel, nous offrir une petite balade dans les coins reculés, explorer les premières plages sauvages qui jusqu’à présent nous étaient inaccessibles. Mais voilà… Ce qui, initialement s’apparentait à un simple hobby va désormais, pour les plus passionnés d’entre nous, prendre de l’ampleur. Ce contact privilégié avec cette masse liquide infinie, l’envie de prolonger l’expérience un peu plus loin dans l’été indien, ou alors avoir la primeur de démarrer la saison avant tout le monde… Ces nouvelles expériences à venir vont immanquablement vous amener à vous poser cette question : De quel équipement ai-je besoin pour naviguer hors saison ?
Une question pourtant simple, mais avec bien souvent des réponses évasives. Le risque majeur, contrairement aux idées reçues, n’est pas la noyade, mais plutôt l’hypothermie. En kayak, on ne s’équipe pas en fonction de la température extérieure, mais de la température de l’eau. Il est crucial de fuir les grandes enseignes d’équipements sportifs qui ont pignon sur rue. Elles ne vous proposeront qu’un équipement sommaire, vous permettant à peine de prolonger votre expérience de navigation hors saison, comme le longjohn néoprène ou la veste coupe-vent.
L'expérience vécue : Pourquoi l'équipement standard ne suffit pas
J’étais en 2014 équipé de la sorte au cours de ma participation au marathon de l’Ardèche. Cette manifestation se déroulait en novembre. La météo n’était pas au rendez-vous et la compétition était même à deux doigts d’être annulée. Temps gris, pluvieux, avec une température extérieure plafonnant à 10°c. Je vous laisse imaginer la température de l’eau lorsque j’ai pris deux bains forcés. Sur l’instant, le néoprène a bien joué son rôle, à condition de ne pas arrêter de pagayer. C’est à l’arrivée, lorsque j’ai attendu pendant une dizaine de minutes les résultats, que les choses ont commencé à se compliquer : tremblements incontrôlables, plus de sensation dans les mains et les pieds. Cette situation inconfortable a heureusement pris fin une fois que nous avions rejoint la navette retour. Pour votre gouverne, sachez que ce genre de sensation est ni plus ni moins que le stade 1 de l’hypothermie.
Le choix de la raison : La combinaison sèche (Drysuit)
Contrairement au ski, la randonnée ou la course à pied, l’équipement qui remplit pleinement son rôle pour une sécurité optimale est la combinaison sèche, ou Drysuit. Ceux qui ont déjà probablement entendu parler de cet équipement, et surtout de son prix, vont certainement faire demi-tour. Il est vrai que la Drysuit et son prix exorbitant nous amène forcément à nous demander intérieurement si nous sommes suffisamment passionnés pour investir une somme astronomique.
Cependant, nous avons la chance de pratiquer un sport « libre » sans certificat médical, sans diplôme coûteux, ni droit de navigation onéreux. Cette chance est un écrin renfermant un trésor précieux qu’il nous faut préserver en adoptant un comportement responsable. La sécurité, à mes yeux, c’est avant tout du bon sens. Est-ce que le prix de votre vie peut aller au-delà de 400 € ? Les prix s’articulent sur une fourchette de 400 € pour atteindre des sommets aux alentours des 1500 € voire davantage.
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Qu'est-ce qu'une Drysuit et comment l'utiliser ?
La Drysuit est une combinaison intégrale équipée de manchons en latex ou en néoprène, idem pour le col, et se verrouille avec une fermeture étanche ventrale ou dorsale. Une fois enfilée, elle vous garantira une étanchéité parfaite. Quelques gouttes d’eau peuvent perler au travers des manchons néoprène, mais sans gravité.
Pour s’habiller dessous, tout dépend de la température de l’eau. Au début de l’automne, un pantalon de randonnée léger, une paire de chaussettes et un T-shirt suffisent. Aux portes de l’hiver, il convient d’ajouter un collant en mérinos sous le pantalon et un T-shirt en manches longues, complété par un gilet polaire. N’oubliez pas de doubler les chaussettes en cas de grand froid. Une fois la fermeture étanche verrouillée, pensez à vider le surplus d’air en tirant légèrement sur le col tout en vous recroquevillant pour éviter de vous transformer en ballon de baudruche lors d'un dessalage.
L’avantage majeur est qu’une fois la sortie terminée, vous n’avez plus besoin de vous changer. Il suffit d’ôter la combinaison, un gain de temps considérable. En cas de dessalage, plus aucun contact direct avec l’eau n'a lieu, ce qui vous laisse le temps de remonter dans votre embarcation ou de rejoindre la berge, vous préservant de l’hypothermie.
Entretien et rigueur : Préserver son investissement
Il faut être très rigoureux lors de l’utilisation et du stockage. Évitez de poser le pied à terre avant d’avoir enfilé une chaussure par-dessus le chausson solidaire de la Drysuit. Pour ma part, j’utilise ma jupe comme tapis pour poser le chausson étanche et éviter tout risque de percer l’équipement. Pour le rangement, étendez la combinaison non pas sur un fil, mais sur une barre de forme arrondie, comme un manche à balais en bois ou un tube PVC. Évitez absolument d’exposer votre combinaison aux UV et aux sources de chaleur.
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