L'Évolution des Tenues Aquatiques et l'Impact de la Technologie : Un Regard sur l'Histoire, Particulièrement les Années 1960

La natation olympique est l’une des disciplines les plus captivantes des Jeux Olympiques, conjuguant endurance, vitesse et technique. Depuis ses débuts en 1896, elle a connu une évolution remarquable tant dans les épreuves proposées que dans les exploits des athlètes. Au cours des 100 dernières années, des changements radicaux au service de la vitesse ont permis d'établir de nouveaux records presque chaque année, en natation. Les temps et les rythmes des différentes disciplines peuvent être influencés par les moindres avancées technologiques. Détenir un record du monde dans n'importe quel sport est un exploit incroyable. Cette quête incessante de la performance a, au fil du temps, touché tous les aspects du sport, y compris les tenues portées par les athlètes, bien que l'impact de ces dernières ait varié considérablement selon les époques.

L'Évolution de la Natation et la Quête Incessante de Vitesse

Ce sport de niveau olympique exige des athlètes qu'ils nagent dans un bassin de 50 mètres sur des distances allant de 50 à 1 500 mètres. Les relais individuels et par équipe sont très serrés. Au cours des cent dernières années, la vitesse des nageurs a nettement augmenté. En 1924, Johnny Weissmuller, médaillé d'or du 100 mètres nage libre, bat un record de vitesse en terminant la course en 59 secondes. Aussi impressionnant que cela puisse paraître, ce record a été battu par Caeleb Dressel, qui l'a réduit de 12 secondes lors des Jeux de Tokyo 2020, en 2021. La particularité des records du monde de natation est qu'ils ont tendance à progresser à un rythme différent de celui des autres sports. Contrairement à de nombreux autres sports dominants, la natation connaît une augmentation des changements progressifs plutôt que des changements évolutifs au fil du temps. Ces progrès sont le fruit d'une combinaison de facteurs incluant l'amélioration des techniques d'entraînement, la biomécanique des nages et, plus récemment, les avancées technologiques des équipements, notamment des combinaisons.

Les Débuts de la Combinaison Aquatique : Aux Frontières de la Compétition et des Loisirs

Une combinaison de natation est un vêtement souple composé de matériaux synthétiques couvrant d’un seul tenant le haut et/ou le bas du corps d’un nageur. L'idée de vêtements spécifiques pour l'eau, au-delà du simple maillot, trouve ses racines dans la nécessité de confort et de protection thermique. Alors que la natation de compétition se concentrait sur les performances brutes, d'autres activités nautiques commençaient à explorer des solutions techniques pour améliorer l'expérience des pratiquants.

Le surf est un sport qui a conquis le monde entier et représente un mode de vie pour de nombreux passionnés. Le surf est originaire d'Hawaï, où il était pratiqué par les rois et les nobles de l'archipel. Les premières planches étaient fabriquées en bois et pesaient plusieurs dizaines de kilos. Cependant, avec la popularisation du surf et son expansion vers des régions aux eaux plus froides, notamment en Californie et en Australie, il est rapidement devenu nécessaire de trouver une solution pour permettre aux surfeurs de rester plus longtemps à l'eau sans souffrir du froid. En 1952, le physicien américain Hugh Bradner, travaillant pour l'US Navy, invente la première combinaison isothermique en néoprène. Cependant, il faudra attendre la fin des années 1950 pour que Jack O'Neill, un surfeur californien et fondateur de la célèbre marque éponyme, crée la première combinaison spécifiquement dédiée au surf.

Les années 1960 ont vu ces premières combinaisons de surf être assez rudimentaires et peu ajustées au corps des surfeurs. Ces développements dans le monde du surf, bien que distincts de la natation de compétition, illustrent l'émergence d'une réflexion sur l'apport des matériaux et de la conception des vêtements pour les activités aquatiques. L'épaisseur du néoprène, par exemple, était déjà une considération clé, car plus le néopène est épais, plus la combinaison est chaude. Le marché des combinaisons de surf ne cessait de se développer, avec l'apparition régulière de nouvelles marques et de nouveaux modèles. La combinaison de surf a parcouru un long chemin depuis sa création dans les années 1950. Grâce aux innovations technologiques et à l'évolution des matériaux, cet accessoire indispensable a contribué à démocratiser le surf et à rendre ce sport accessible au plus grand nombre.

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L'Ère Avant le "Corps Intégral" en Natation de Compétition : Les Années 1960 et Après

En natation de compétition, les années 1960 étaient principalement caractérisées par des maillots de bain traditionnels, loin des combinaisons intégrales high-tech qui allaient faire leur apparition des décennies plus tard. La performance était alors presque exclusivement attribuée à la force physique, à l'endurance, et à la perfection de la technique de nage. Ce n'est que dans les années 1970 que les matériaux en nylon et en lycra commencent à se développer, marquant un tournant vers des maillots plus légers, plus aérodynamiques et offrant une meilleure compression. Cette transition progressive suggère que les tenues de natation des années 1960, bien que fonctionnelles, n'étaient pas encore au centre des innovations technologiques visant la performance pure. Les nageurs de cette époque, tels que Dawn Fraser qui a dominé le 100 mètres nage libre féminin, s'appuyaient sur leur talent et leur entraînement intensif pour battre des records.

L'Impact Technologique sur la Performance : Des Années 1970 aux Années 2000

L'évolution des matériaux, initiée dans les années 1970, a ouvert la voie à des avancées plus radicales. Dès 1999, la marque allemande Adidas défraya la chronique en mettant sur le marché une combinaison intégrale du cou aux poignets et chevilles, avec comme modèle la star montante du moment : l’Australien Ian Thorpe, pour tester et promouvoir cette tenue dont la technologie est validée par la FINA. L’Australien Speedo lança à son tour sa propre combinaison, la Fastskin, ce qui accrut la polémique sur l’utilisation de cette nouvelle technologie. La célèbre combinaison Speedo Fastskin, introduite en 2000, s'inspire de la peau de requin, conçue pour réduire la traînée et améliorer la flottabilité.

Dès l’année suivante, plusieurs marques annoncent la confection de combinaisons telles que Arena avec sa tenue Powerskin, Diana et sa Mach 100 % silicone ou encore Asics, ce quelques mois avant les Jeux olympiques d’été de 2000 à Sydney. À l’approche du principal rendez-vous de l’année, les critiques se multiplient notamment en Australie, le pays organisateur de ces Jeux, pays où la natation est reine. Finalement, lors des sélections olympiques australiennes, tous les principaux nageurs disposent finalement de combinaisons Speedo. À l’inverse, en raison d’un nombre insuffisant de tenues disponibles sur le marché, l’utilisation de la combinaison Speedo fut interdite lors des sélections canadiennes. C’est ainsi qu’à partir des JO de Sydney en 2000 et tout au long d’une décennie, les combinaisons seront de coutume dans la natation de très haut niveau. De rares nageurs, tel qu’Alexander Popov y feront de la résistance, prétextant qu’il ne supporte pas les combis qui compriment le corps, mais cela se fera ressentir sur ses résultats, étant donné qu’il ne glanera aucune médaille lors de ces éditions. La seule règle pour ces combinaisons à respecter est qu’il ne faille pas combiner deux combinaisons afin de ne pas trop favoriser la flottaison des nageurs. Pour les femmes par exemple, seule un bas de bikini était généralement portée en dessous de leur combi. C’est ainsi que plusieurs nageuses se montraient en compétition avec leur combinaison somme toute transparence, laissant entrevoir leur poitrine.

La Révolution LZR Racer et le "Dopage Technologique"

Le 12 février 2008, Speedo lança sa nouvelle combinaison, la LZR Racer, élaborée en association avec la NASA et l’Australian Institute of Sport, avec Michael Phelps et Natalie Coughlin en sorte de cobaye. La marque décrivit sa tenue comme la « première entièrement assemblée et soudée par ultrasons ». Elle affirma également que la LZR Racer diminuait de 10 % la traînée par rapport à la Fastskin FS de 2004. Presque immédiatement après la commercialisation de la combinaison, de premiers records du monde furent battus et non des moindres ! Le 16 février, la Zimbabwéenne Kirsty Coventry battait le deuxième plus ancien record du monde, celui du 200 m dos en grand bassin de la Hongroise Krisztina Egerszegi. Rien que sur l’année 2008, 105 records du monde furent battus, chose inédite dans l’Histoire de la Natation. Après les Championnats d’Europe en petit bassin en décembre 2008, où dix-sept records du monde tombent, des voix s’élèvent en faveur d’une réglementation de l’usage des combinaisons alors que d’autres mettent en évidence un « dopage technologique ».

La Réglementation et les Controverses des Combinaisons

La FINA tenta de fixer quelques règles en 2009 afin d’éviter certaines dérives qui seront au final annulées. Peu de temps après, la Suédoise Therese Alshammar fut disqualifiée d’une course à Sydney dont elle avait battu le record du monde, pour port de deux combinaisons. La nageuse se défendit en mettant en avant des raisons d’intimité, mais la fédération australienne n’autorisait à cet escient qu’un slip de bikini sous la combinaison. Pourtant, à peine ces dispositions en place, le débat se cristallise autour d’une nouvelle combinaison, la 01 de l’Italien Jaked. Bien que validée par les autorités internationales, cette tenue supplantait la LZR Racer vis-à-vis des critiques. De nombreux records tombèrent en avril lors de plusieurs championnats nationaux, durant lesquels des centaines de nageurs cherchaient à se procurer la tenue. Dès lors, plusieurs temps furent stigmatisés et jugés peu crédibles. En France, les débats sont vifs lors des sélections nationales où deux barrières tombent : Frédérick Bousquet nage moins de 21 secondes sur 50 m, Alain Bernard moins de 47 secondes sur 100 m nage libre.

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Dans un premier temps, la FINA établit une liste de 202 combinaisons tolérées dont ne figuraient pas celles des records du monde du 50 et 100 m nage libre dont la validation resta alors en suspens. Une liste qui fut alors par la suite élargie. Certains virent dans ces multiples revirements d’éventuelles collusions d’intérêt entre la FINA et la marque italienne Jaked à l’approche des Mondiaux de Rome en 2009. Au lendemain de ces Jeux de tous les records, la World Aquatics (WA) interdit l'utilisation des combinaisons en polyuréthane sur tout le corps. Une interdiction due, en grande partie, à des préoccupations concernant l'équité et l'intégrité du sport. En ce qui concerne la question des records réalisés avec des combinaisons en polyuréthane, la FINA indiqua qu’ils ne seraient pas annulés rétroactivement. En revanche, elle pourrait ajouter un astérisque devant chaque record, symbole d’une performance aidée d’une combinaison désormais non autorisée.

L'Évolution des Techniques de Nage en Parallèle aux Avancées des Équipements

Indépendamment de l'évolution des combinaisons, les techniques de nage ont connu des transformations profondes et continues au fil des décennies, contribuant de manière fondamentale à l'amélioration des performances. Les nageurs et leurs entraîneurs, encore aujourd’hui, cherchent les solutions les plus rapides pour répondre aux exigences du règlement dans les 4 nages.

La Brasse : De l'Utilité à la Performance

La Brasse est une nage occidentale et son origine remonte à l'Antiquité. Certains témoignages persistent de cette période. Elle émane d'une visée utilitaire, inspirée avant tout par l'instinct de conservation. À la fin du XIXe siècle, la Brasse était la seule technique réellement pratiquée. Le 25 août 1875, le capitaine anglais Matthew Webb participe largement à construire la réputation de la brasse comme nage d’endurance en traversant le premier le chenal de la Manche à la nage, en 21 heures et 45 minutes. La brasse « Anglaise » se nage sur le côté avec les bras alternés. Le retour reste malgré tout sous-marin. En contrepartie, elle est vivement contestée sur le plan de la vitesse. Très vite, on abandonne la Brasse anglaise à quatre temps en faveur de la Brasse allemande à trois temps, beaucoup plus efficace. La française Cartonnet, elle, ramène les mains hors de l’eau vers 1935, dans le but de limiter les résistances. Les nageurs sortent tellement de l’eau, qu’ils n’y mettent même plus la tête ! Les nageurs cherchent de nouvelles solutions et aux JO de Rome les chronos de l’américaine Jastremski descendent grâce à une technique coudes hauts, genoux serrés. On passe alors d’un coup de pied qui ne propulse guère qu’avec la plante de pied, à un véritable ciseau avec les jambes en « W » (les talons sont plus écartés que les genoux). La propulsion se fait alors par l’intérieur des pieds et les tibias. À Munich, en 1972, les nageurs de l’ex-URSS introduisent un style ondulé en brasse. Rien ne l’empêche alors dans le règlement. Et dans ce cas, le règlement l’autorisera par la suite : l’immersion totale de la tête est autorisée en brasse en 1986.

Le Crawl : La Nage de la Vitesse et de l'Économie

La FINA ne réglemente pas le Crawl mais la nage libre. Au XIXe siècle, les marins reviennent des Antilles, de Somalie, des Îles Pacifique, avec de nouvelles techniques, empruntées aux populations indigènes. En respirant sur le côté en brasse, la nouvelle technique répond à l’objectif de vitesse. Mais la poussée des jambes en brasse devient incompatible avec l'inclinaison du corps et se transforme en ciseaux de jambes (dans un plan sagittal). C’est la technique de « l’english side stroke », inventée (ou importée) en 1840 environ. Jusqu’alors, comme en brasse, le retour des bras est réalisé sous l’eau. Cependant, on se rend compte que le retour sous-marin des bras produit une grande résistance à l'avancement. Dès lors, les bras auront une action alternée (semblable à la nage indienne) mais avec un retour du bras supérieur hors de l'eau. Vers 1880, Trudgen, après avoir observé les amérindiens, repositionne le nageur en nage ventrale pour permettre un retour alternatif des deux bras hors de l'eau. Le « trudgeon » est alors adopté, car bien plus rapide que « l’over arm stroke » sur les courses de vitesse. Puis la greffe des ciseaux de jambes de brasse sur sa technique donne naissance en Australie au « double over arm stroke ». En effet, cette technique permet plus facilement d’obtenir un ciseau de brasse, comme celui connu actuellement. En 1893, les frères Wickham prennent modèle sur les habitants de l’île Salomon du Pacifique. Ils transforment l’action des jambes en battement. Ce sont les frères Cavill qui rendront cette technique populaire. En 1902, Richard Cavill bat le record du monde du 100 yards en nageant l'épreuve de bout en bout en crawl. La technique du crawl est alors à la fois la plus rapide des nages et celle qui offre le meilleur rendement. Et puis, en 1906, un certain Tartakover impressionne en France. En compétition, il fait la démonstration de cette nouvelle technique à Joinville-le-Pont, près de Paris. « Tartakover » sera d’abord le nom accordé à cette technique, et plus tard elle deviendra le « crawl » reconnu actuellement.

À partir de 1900, il existe 3 épreuves en compétition : la brasse, le dos et la nage libre. En effet, le crawl n’a jamais été codifié. C’est ce qui explique que sa technique est en perpétuelle mutation. En 1922 sous la barre mythique de la minute au 100 mètres nage libre, son compatriote Johnny Weissmuller - le futur Tarzan - confirme la suprématie du crawl. Ensuite, Gertrude Ederle devient la première femme à traverser la Manche en 1926. Non seulement elle établit le record de la traversée, mais aussi, elle utilise le crawl pendant toute la durée de l’épreuve. Si le crawl est à la fois la nage la plus rapide et la plus économique, c’est parce qu’elle résout les problèmes respiratoires qui permettent de nager à plat sur des longues distances. Dans son livre Swimming the American Crawl, Johnny Weissmuller [1] donne sa conception sur ce point : "The instinctive thing for a beginner to do is to hold his breath." En France aussi, les nageurs savent nager en crawl en endurance, puisqu’en 1931, la française détient le record du monde du 400m nage libre, et Alex Jany le détiendra (ainsi que celui du 100m nage libre) en 1946 et 1947. En 1952, c’est le tour de Jean Boiteux d’être sacré champion Olympique du 400m nage libre à Helsinki. Il a d’ailleurs été le premier champion Olympique de la natation française. Plus tard, dans les années 1960, les coordinations se différencient entre le sprint (battements 6 temps) et le demi-fond (battements 2 ou 4 temps). En 1956, à l’image de Fraser qui deviendra la première femme sous la minute au 100m crawl quelques années plus tard (en 1962), les Australiens dominent les épreuves de crawl aux JO de Melbourne. Leur battement 2 temps, libère toute l’énergie sur les bras, le véritable moteur en natation. Malgré tout, la première à avoir nagé en battement 2 temps en crawl est elle aussi Australienne et se nomme Healey. En 1963, c’est la fin de l’obligation de toucher le mur avec la main qui provoque la chute des records. Grâce à sa culbute, l’américaine Schollender sera la première femme sous la barrière des 2 minutes au 200m nage libre. En sprint, en 1976 à Montréal, Montgomery devient le premier homme sous la barre des 50 secondes en crawl. Les techniques et coordinations du crawl se multiplient. Ian Thorpe sera le précurseur d’une coordination en semi-rattrapé avec un battement 6 temps sur les distances de demi-fond (200-400m). Sur les mêmes épreuves, Laure Manaudou nage en superposition avec un battement 2 temps. Alors que Michael Phelps plus tard, lui utilise une coordination appelée « crawl boiteux », avec un battement 4 temps, sur le 200m nage libre. Parallèlement, le corps ne doit plus rester à plat mais osciller autour de l’axe horizontal pour permettre l’augmentation de la longueur des trajets et par conséquence l’amplitude de nage ou la distance parcourue par cycle de nage (autour de 3 mètres à pleine vitesse pour les meilleurs nageurs). Et d’un autre côté, certains nageurs préfèrent laisser leur corps à plat sur l’eau. Récemment, depuis les années 2000, le traditionnel « S » du trajet du bras sous-marin, est parfois abandonné en crawl.

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Le Dos : Maintenir la Tête Hors de l'Eau, Puis Vaincre la Résistance

L'origine du Dos est probablement lointaine. Au départ, l’atout principal de cette nage était sa capacité à maintenir le visage émergé. En 1907, la première épreuve de Dos apparaît aux championnats de France ; la technique utilisée est alors celle du « Dos brassé ». La position est assise, avec action simultanée des bras et des jambes de Brasse. Aux jeux olympiques de Stockholm (en 1912), Hebner, un nageur américain, utilise une technique dorsale fortement inspirée du « Trudgen » ; le « Dos trudgen ». Positionné à plat, le nageur pédale et appuis bras tendus. Le retour des bras est aérien, alterné et fléchi. Le battement de jambes arrive au cours des années 20 notamment sous l'influence des nageurs japonais : c’est le « Dos crawlé » connu actuellement. Amster nage en position dorsale, avec une action alternée des bras, un retour aérien axé, et un battement de jambes. Et oui, en dos comme en crawl, les Japonais mettent le paquet sur les jambes. Les évolutions suivantes concerneront les oscillations (les épaules roulent sur l’eau pour rechercher des appuis plus profonds), et les virages. Avant 1920, les nageurs réalisent un retournement simple après avoir touché le mur à la main. Puis, dans les années 30, 3 techniques coexistent. Le virage japonais et le virage hollandais consistent en une translation horizontale plus ou moins en surface, en restant sur le dos à partir d’un appui de la main sur le mur, alors que le virage Kiefer, du nom de son inventeuse, est une technique de culbute. Elle réalise une sorte de culbute tout en conservant les épaules orientées vers le haut, pour rester sur le dos : le « cross over turn ». À croire que c’est une bonne technique puisque la nageuse américaine conservera son titre de championne du monde durant 17 années !! Et c’est une française qui la détrônera : Bozon, en détenant le record du monde du 100m dos. Les diverses techniques posent des problèmes de jugement, c’est pourquoi, en 1991, on laisse la possibilité de toucher le mur avec n’importe quelle partie du corps. Et, en 1994, on autorise le passage sur le ventre avant le déclenchement de la rotation. La culbute actuelle est alors inventée : « le roll over turn ». À Séoul, en 1988, Berkoff, le nageur américain et Suzuki, le japonais, réalisent d’excellentes performances sur leurs épreuves de dos grâce aux ondulations sous-marines qu’ils placent au début de la course et après les virages.

Le Papillon : Fruit d'un Règlement Mal Défini

Le Papillon est la dernière des 4 nages à avoir été reconnue par la FINA. Il est apparu grâce au manque de précision du règlement de la Brasse. Certains nageurs s’inspirent du « trudgen » pour inventer l’ancêtre du papillon : alors que la grande nouveauté du « trudgen » est de faire passer les bras alternés au-dessus de l’eau, les nageurs essaient de les faire passer de façon simultanée. Le mouvement est bien plus en adéquation avec le ciseau de jambes de brasse. Ainsi, en 1926, lors d'une course de brasse, l'Allemand Erich Rademacher termine l’épreuve en ramenant ses bras au-dessus de l'eau pour toucher le mur plus rapidement que ses adversaires. En prenant idée, c’est Myers qui systématise le retour aérien des bras comme la technique de « Brasse-Papillon ». Elle est de plus en plus utilisée dans les années 30 en compétition car elle est bien plus rapide que sa petite sœur, la brasse. Malgré tout, la « brasse-papillon » est aussi plus éprouvante que la brasse. C'est pourquoi on assiste pendant environ 25 ans (1920-1945) à des courses de Brasse mélangeant différentes techniques (Brasse sous-marine, Brasse, et Brasse-Papillon). En 1946, on imposa tout d'abord au nageur l'obligation de conserver le même style de nage pendant toute la course. La « brasse-papillon » trop fatigante sur les courses longues était alors parfois abandonnée. Mais pas toujours, car les nageurs arrivaient de mieux en mieux entraînés. Ainsi en 1952, aux jeux olympiques d'Helsinki, les 8 finalistes du 100 mètres Brasse nageaient en « Brasse Papillon ». En 1953, on sépare nettement la Brasse et le Papillon. En brasse, le retour de bras se fait obligatoirement sous la surface de l’eau, les mains ne peuvent dépasser la ligne des hanches. Aux JO de Rome, en 1960, Counsilman, de l’université Indiana aux USA, nagera en papillon avec 2 ondulations par mouvement de bras. En papillon aussi les coulées se prolongent, comme en dos à la fin des années 1980. Le russe, Pankratov, en est le roi avec ses 40m de coulée au départ des épreuves de papillon aux JO d’Atlanta en 1996.

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