Les Nageurs de Combat : L'Élite Subaquatique de la Marine Nationale et la Maîtrise de l'Environnement Aquatique

L'univers des forces spéciales est souvent teinté de mystère et d'exigences extrêmes, et parmi elles, les nageurs de combat de la Marine Nationale française se distinguent comme une véritable élite de l’armée française. Leur appellation seule évoque des missions audacieuses, souvent invisibles, menées dans les profondeurs silencieuses ou les zones côtières les plus hostiles. Ces hommes, hautement entraînés, sont les fers de lance d'opérations subaquatiques et amphibies, capables d'opérer avec une discrétion et une efficacité redoutables. Devenir un nageur de combat n’est pas à la portée de tout le monde ; c'est le fruit d'une sélection drastique et d'une formation impitoyable, destinée à forger des opérateurs dotés de capacités physiques et mentales hors du commun. Leurs missions, qu'elles soient à caractère offensif, de renseignement, de contre-terrorisme maritime (CTM), ou de destruction d'objectifs stratégiques, exigent une maîtrise parfaite de l'environnement aquatique, une résilience psychologique infaillible et une expertise technique de pointe.

I. Une Élite aux Origines Historiques Profondes et aux Missions Élargies

L'histoire des nageurs de combat, bien que leur rôle ait évolué de manière significative au fil des décennies, puise ses racines dans des conflits majeurs. Les premiers nageurs de combat sont apparus lors de la Première Guerre mondiale en Italie, illustrant déjà leur potentiel de nuisance considérable. Un jalon historique majeur fut le sabotage du navire austro-hongrois Viribus Unitis dans le port de Pola en 1918, une opération audacieuse qui démontra l'efficacité de cette nouvelle forme de guerre subaquatique. Leurs missions se sont développées considérablement lors de la Seconde Guerre mondiale, période durant laquelle les belligérants ont pris conscience de l'avantage stratégique que conférait la capacité à opérer discrètement sous la surface. Après ces conflits dévastateurs, ils ont connu une renaissance dans les années 50-60, période où de nombreuses armées ont commencé à structurer et professionnaliser ces unités spéciales.

En France, ce nouveau genre de combattant subaquatique, doté d’une capacité de nuisance considérable au prix d’un entraînement intensif, fait son apparition au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Initialement issus soit du "Choc", soit des commandos-marine, ces pionniers ont progressivement donné naissance à une force spécialisée. C’est le Commando Hubert qui est choisi comme unité d'accueil pour ces spécialistes, et qui intègre le Commando Hubert. L’unité est désormais l'entité au sein de laquelle la plupart des nageurs de combat français opèrent, spécialisée dans les interventions sous-marines les plus sensibles. Leurs tâches englobent un large éventail d'opérations : du contre-terrorisme à la libération d’otages, en passant par le renseignement discret ou la destruction ciblée d’objectifs ennemis. Un exemple de leur efficacité opérationnelle, bien que la discrétion soit de mise, a été mentionné pour une mission "contre un cargo ancré au large de Sète", ou encore une opération "téléphonique", dont le succès a été noté. Ces missions, souvent classifiées, sont la quintessence de l'action discrète et décisive, visant à réduire à l'impuissance la plus robuste coque de guerre là où elle est la plus vulnérable, sous la ligne de flottaison.

Les nageurs de combat s'inscrivent dans une lignée de forces spéciales maritimes, souvent désignées comme des "commandos (FORFUSCO)" ou "Groupement Amphibie". Leur domaine d'expertise s'étend aux opérations spéciales sous-marines et à la protection des intérêts nationaux en mer et depuis la mer. Ce sont des agents des SDECE (Colonel Morlane), aujourd'hui DGSE (Direction générale de la Sécurité extérieure) pour certains, démontrant la polyvalence et l'importance stratégique de leurs compétences.

II. Le Parcours Exigeant Vers l'Excellence Subaquatique : Prérequis et Sélection

Le chemin pour devenir nageur de combat est semé d'embûches et n'est accessible qu'à une infime minorité. Il exige une combinaison rare de qualités physiques exceptionnelles et d'une force mentale inébranlable. En plus d’être doté de certaines qualités physiques, il faut aussi faire preuve de force mentale, de maîtrise de soi, d’une grande volonté et de persévérance. Ces attributs psychologiques sont aussi cruciaux que l'endurance ou la puissance musculaire, car la formation et les missions soumettent les individus à des pressions extrêmes et à des environnements hostiles.

Lire aussi: Tout savoir sur la vidange de piscine 50 m³

Les critères d'éligibilité sont stricts :Pour pouvoir intégrer la formation en France, le candidat doit d’abord être officier de l’École Navale (ou admissions parallèles) ou officier-marinier de l’École de Maistrance. Il doit être obligatoirement de nationalité française et engagé dans la Marine Nationale. La plupart ont déjà derrière eux 5 à 7 ans d’expérience au sein des commandos marine et sont devenus chef d’équipe commando dans leur unité. Une expérience préalable significative au sein des commandos est souvent un atout majeur, voire une condition tacite, car elle atteste d'une première sélection par l'épreuve et d'une familiarité avec l'environnement militaire exigeant. Tous sont certifiés Plongeurs de bord, ce qui constitue une base indispensable de compétences subaquatiques, et ont au maximum 30 ans. Un entretien psychologique est également passé avec succès pour déterminer leur aptitude à gérer le stress, la solitude et les défis moraux inhérents à ces missions. Certains, venus de l'Armée de terre, se destinent à une carrière dans la DGSE, élargissant le spectre des profils.

Les tests de présélection : un premier filtre impitoyableS’il répond à tous les prérequis, le candidat suivra ensuite toute une série de tests pendant 12 jours pour juger ses capacités physiques et psychologiques. Ces tests préliminaires sont conçus pour évaluer non seulement l'endurance physique, mais aussi la capacité de l'individu à fonctionner sous stress et à prendre des décisions rapides et éclairées dans des conditions difficiles. Si la candidature est retenue après cette première étape, il faut passer des tests de présélection pendant 2 semaines au sein de l'école de plongée de Saint Mandrier.

Au programme de ces deux semaines, des plongées à l’air et de la théorie sont combinées à des tests physiques classiques chez les commandos. Une première familiarisation avec le FROGS, appareil respiratoire en circuit fermé à l’oxygène pur fabriqué par Aqua Lung, est également introduite. Cet équipement deviendra, s’ils continuent, leur équipement d’intervention principal. « Le but, explique le lieutenant Sébastien, instructeur, est d’évaluer avant tout leur capacité physiologique à l’utilisation intensive de l’équipement ». La pression est permanente, et la capacité à s'adapter et à maîtriser rapidement de nouveaux équipements est essentielle. Mais seule la moitié d’entre eux, au terme de ces deux semaines de présélections, seront choisis pour intégrer la formation complète. La sélection est impitoyable, garantissant que seuls les plus prometteurs et les plus résistants poursuivent l'aventure.

Il est important de noter la différence de niveau entre les tests de sélection pour les nageurs de combat et les évaluations aquatiques de base des fusiliers marins ou de la Marine Nationale en général. Un commentaire d'expert souligne que les tests d'entrée de l'écofus (école des fusiliers marins) sont comme du "pipi de chat" comparés à ceux des nageurs de combat. Pour l'EcoFus, tout marin doit savoir faire 100m + 10m d'apnée. Il y a un chrono pour la note : si un candidat fait cela en 10 minutes, il aura 10/20. Pour obtenir 20/20, il faut le faire en 1'40". Cette épreuve peut être vécue de deux manières : certains y vont "pépère" et réussissent, tandis que d'autres "foncent" et, mal préparés ou manquant de gestion de l'apnée, finissent par échouer, comme l'illustre l'exemple d'un candidat ayant "bourré comme un porc" pour atterrir à 20 cm de la ligne et recevoir un "échec". Les nageurs de combat ne sont pas forcément des "champions olympiques du 50m nage libre", mais leur endurance, leur technique de nage en surface et en immersion, et leur capacité à opérer en environnement hostile sous-marin dépassent de loin ces standards initiaux. Les épreuves des nageurs de combat évaluent bien plus que la simple performance chronométrée ; elles mesurent la capacité à durer, à résister, et à opérer efficacement en milieu subaquatique, souvent avec un équipement lourd et dans l'obscurité.

III. La Formation Impitoyable des Nageurs de Combat : Une Progression Modulaire et Intense

Chaque année, ils ne sont finalement qu’une douzaine à être choisis pour rejoindre au mois de décembre l’École de plongée de Saint-Mandrier, marquant la date d'ouverture du CNC (Cours de Nageur de Combat). Ils entament alors une formation de sept mois constituée de différents modules, en sachant qu’ils peuvent en être exclus à tout moment. La pression est permanente, un état constant qui teste la résilience des stagiaires. La formation est plus que difficile et la moitié d’entre eux ne parviennent pas à son terme, un témoignage de l'intensité et de l'exigence du programme.

A. Les Fondations Techniques et la Maîtrise du Milieu

Si les premières semaines sont essentiellement consacrées à l’obtention des permis côtiers et hauturiers - des prérequis pour la navigation en surface qui complètent le "permis bateau côtier" qu'ils auront déjà passé -, on entre ensuite très vite dans le vif du sujet. Dès janvier, les élèves entament ce que l’on appelle la phase technique. « À son terme, explique l’enseigne de vaisseau Sébastien, ils devront parfaitement maîtriser aussi bien leur équipement de plongée que leur armement. » Cette période est marquée par des plongées bien sûr tous les jours, la multiplication des exercices de nuit et des sessions en bassin. Le but est de graver dans leurs gestes la mécanique de la plongée et l'utilisation de leurs outils, quelles que soient les conditions de visibilité ou l'environnement.

Un aspect fondamental et une garantie de sécurité pour eux est d'apprendre à travailler en binômes. Les plongeurs sont souvent sanglés l’un à l’autre, renforçant la cohésion et l'interdépendance vitale en milieu hostile. Les plongées, que ce soit en formation ou en opérations, s’effectuent toujours en binôme. Cette interconnexion physique et tactique est cruciale pour la survie et le succès des missions.

Lire aussi: Conversions du Mille Nautique

B. Le Perfectionnement Tactique et l'Endurance Opérationnelle

Le rythme soutenu s’accélère encore au mois de mars, lorsqu’ils entrent dans la phase dite de perfectionnement. Dans un premier temps, il s’agit pour les élèves de commencer à apprendre comment monter des projets d’attaque, à atteindre des objectifs situés à plusieurs kilomètres, tout en affinant vitesse de palmage et angle de progression, en toute discrétion et avec efficacité. Ils jouent des scénarios dictés et encadrés par les instructeurs, avant de passer à ce que l’on appelle la phase PROAT (Préparation et Reconnaissance d'Opérations Amphibies et Terrestres), où ils apprennent à planifier sur papier, puis à réaliser en conditions réelles, des plans d’attaque.

Le travail en binôme est constamment mis à l'épreuve, comme lors des exercices face à un filet anti-sous-marin, à l’école de plongée de Saint-Mandrier. De jour comme de nuit, ils multiplient également les raids en kayak et les séances de palmage, parcourant jusqu’à 15 kilomètres à l’issue desquels ils entament une plongée. Les élèves progressent vers un nouvel objectif lors d’une nage de 15 kilomètres, par exemple. Le raid en kayak est l’une des épreuves historiques du cours nageur de combat. Les élèves parcourent en deux jours les 100 kilomètres qui les séparent de leur objectif final, une épreuve d'endurance extrême. Si son usage en opération est moins courant aujourd’hui, le kayak possède encore des qualités tactiques inégalées. Basse sur l’eau, effilée et démontable, l’embarcation est d’une grande discrétion. Sur le fleuve, « à bras fermes », les élèves franchissent les obstacles. C’est aussi une école de la volonté ; plusieurs heures de navigation usent les corps et les nerfs des plus aguerris. Au cours du raid, il arrive parfois, malgré leurs efforts de discrétion, que les élèves surprennent les pêcheurs.

Un autre aspect crucial est la maîtrise des explosifs. Ils partent également se former dans un centre de l’armée de terre pour être aptes à mettre en œuvre tous types d’explosifs, une compétence vitale pour leurs missions de destruction.

C. La Synthèse Opérationnelle et l'Adaptation à Tous les Théâtres

Vient ensuite un raid en kayak de 100 kilomètres, clôturant une période déjà très éprouvante. Après 5 mois d’efforts constants, il leur faut encore trouver des ressources supplémentaires pour affronter ce que l’on appelle les phases de synthèse. Ces phases représentent l'application, en conditions aussi réelles que possible, de tout ce qu’ils ont appris. Il s’agit, à travers des simulations d’interventions (infiltration/destruction, infiltration sous voile après un saut en ouverture automatique, mission d'exfiltration en Méditerranée, mission d'infiltration de nuit), de tout mettre en œuvre, de s’organiser pour accomplir leur mission. Et quoi que soient des entraînements, ils doivent travailler exactement comme s’il s’agissait d’une intervention réelle, ne laissant rien au hasard et en étant capables de mener à bien la mission sans aide d’aucune sorte de la part de leurs instructeurs. Infiltrés sur un îlot, dilués dans le monde civil et dissimulés par la végétation, les élèves élaborent le projet d’attaque de leur nouvelle mission. Sur un îlot en Méditerranée, les élèves préparent leur moyen d’infiltration privilégié : le kayak.

Les élèves partent également pour Brest se frotter à d’autres conditions météo, à des lieux inconnus, s'entraînant autour de l'Atlantique, autour de Brest, par exemple, pour acquérir une polyvalence géographique indispensable. Leur cursus est complété par une formation de parachutiste et, pour certains, un passage par le CESSAN, avec son stage d’évacuation d’hélicoptère. Ils réalisent par exemple quatre sauts en parachute à ouverture automatique à plus de 300 mètres d’altitude. Juste avant de toucher la surface, le parachutiste doit se libérer de son harnais et se laisser chuter. Ils apprennent, là aussi, à atterrir dans l’eau avec tout leur matériel et à se débarrasser de leur parachute. Une technique qui, même pour des parachutistes aguerris, ne s’improvise pas, d’autant plus que sur le terrain ce sera souvent de nuit, dans des conditions météo pas nécessairement favorables, qu’il faudra effectuer les mêmes gestes. De retour à Saint-Mandrier, ils apprennent aussi quelques techniques de travaux sous-marins, élargissant encore leur palette de compétences.

Lire aussi: Guide Prix Pikachu Surfeur

À la confluence du fleuve et de la rivière, les élèves doivent parfaitement maîtriser ce passage de l’élément liquide à la berge qu’ils appellent « le changement de milieu ». Mais les nageurs de combat apprécient modérément la terre ferme sur laquelle ils sont tactiquement plus vulnérables. Sobriété du geste, économie du verbe : les élèves disparaîtront de la surface aussi discrètement qu’ils sont arrivés. Pour remplir sa mission, le nageur de combat doit s’orienter sans jamais refaire surface, et conserver une parfaite maîtrise du temps et de sa profondeur d’immersion. Mais une fois sous l’eau, pas question de GPS ou d’objets connectés. Le chef de mission possède une planchette de navigation équipée d’un compas et d’un profondimètre. Quant au coéquipier, il est le « gardien du temps ». La mémoire des hommes en noir fait le reste : ils naviguent sous la surface en retenant des dizaines de caps et de temps différents.

D. Les Défis et l'Exclusion : Une Résilience Éprouvée

La formation est impitoyable. « Cependant, explique l’enseigne de vaisseau Sébastien, il est très rare que l’un d’eux abandonne parce qu’il ne tient pas le coup mentalement. Cette éventualité-là, en général, nous l’avons détectée avant, lors des présélections. » Cela souligne l'efficacité des tests psychologiques initiaux. En revanche, aucun d’entre eux n’est à l’abri d’une blessure qui peut mettre un terme à sa formation. Mais ce sont surtout ce que nous appelons les fautes de sécurité qui peuvent aboutir à une exclusion, en fonction de l’appréciation d’un conseil d’instruction mis en place quand le problème se pose. La discipline et le respect strict des procédures de sécurité sont non négociables dans un environnement où la moindre erreur peut être fatale.

La gestion du stress est une compétence essentielle : « Ce qui m’a paru le plus dur, c’est de savoir gérer mon stress tout au long de la formation. Il y a énormément de choses à assimiler, on ne peut pas se permettre de ne pas maîtriser un geste technique et, dans ce sens, les deux premiers mois sont, à mon avis, les plus éprouvants. » C’est vraiment l’endurance qui prime. Il faut être en permanence à 100 %, tout en étant capable de donner encore plus. Le fait de travailler dans des conditions climatiques très difficiles, comme le vent, la pluie, ou le froid, teste également les limites physiques et mentales.

IV. L'Équipement Spécifique du Nageur de Combat : Technologies de Pointe et Fiabilité

Pour mener à bien leurs missions critiques, les nageurs de combat sont dotés d'un équipement de pointe, spécifiquement conçu pour l'environnement subaquatique et les exigences opérationnelles. Cet arsenal technologique leur permet d'opérer avec discrétion, efficacité et sécurité dans des conditions extrêmes.

Appareils respiratoires : la discrétion avant toutAu cœur de leur équipement se trouvent les appareils respiratoires à circuit fermé, essentiels pour éviter les bulles et garantir une discrétion maximale. Parmi eux, les modèles OXYGERS 57 et F.R.O.G.S (Future Rebreather for Operational Greatness and Secrecy) sont mentionnés. Le FROGS, en particulier, est un appareil respiratoire en circuit fermé à l’oxygène pur fabriqué par Aqua Lung, qui devient leur équipement d'intervention principal après la familiarisation lors des présélections. Ces appareils permettent des immersions prolongées sans détection par les systèmes acoustiques ennemis. Ils sont également formés à l'utilisation du DC-55 avec un mélange à 60% d'oxygène, une autre configuration pour des missions spécifiques.

Tenue et accessoires : protection et furtivitéLa combinaison de plongée est un élément clé de leur tenue. Elle peut être une combinaison en néoprène, ou une combinaison étanche, souvent à 3 épaisseurs pour l'isolation thermique, avec collerette seul et manchons d'étanchéité, et de type centre-europe pour s'adapter à diverses conditions. Pour la vision, un masque en silicone avec des fixations renforcées assure l'étanchéité et la résistance. Un tuba avec embouchure en silicone et tube en PVC est utilisé pour la respiration en surface discrète. Le port de palmes puissantes, souvent avec un design ventral qu'elles recouvrent en partie, est crucial pour l'efficacité du palmage et la vitesse de déplacement sous l'eau. Une boussole de poignet fluide permet une navigation précise. Un couteau robuste est un outil indispensable pour de multiples usages.

Pour le transport de matériel, un sac à dos flottabilité, gonflable à flottabilité positive permanente, résistant aux U.V. et à l'eau de mer, est utilisé. Les nageurs de combat portent des vêtements en KERMEL ininflammable de couleur bleu marine, une protection contre les risques d'incendie, notamment lors d'opérations impliquant des explosifs ou à bord d'embarcations. Un casque d'intervention avec visière pare-balles, tel que celui en service au GCMC (Groupe de Commandos Marine) et au GIGN, peut être intégré pour des phases terrestres ou des actions nécessitant une protection balistique.

Navigation sous-marine : l'art de l'orientation sans repères visiblesLa navigation sous-marine est un art complexe. Le chef de mission possède une planchette de navigation équipée d’un compas et d’un profondimètre. Ces instruments analogiques sont fiables et indétectables. Quant au coéquipier, il est le « gardien du temps », veillant à la durée des immersions et à la synchronisation. La mémoire des hommes en noir fait le reste : ils naviguent sous la surface en retenant des dizaines de caps et de temps différents, une prouesse cognitive rendue nécessaire par l'absence de GPS ou d'objets connectés sous l'eau pour ces opérations sensibles. Des planches spéciales sont utilisées pour écrire et consigner des informations.

Armement et charges explosives : des outils de destruction cibléePour la défense et l'attaque sous-marine, le pistolet sous-marin SPP-1 est un exemple d'armement spécifique. Des flèches électriques de mise à feu, chacune d’un dard en tungstène de 5mm, sont utilisées pour des neutralisations précises. La poignée étanche assure la fiabilité de l'arme en immersion. Les charges explosives jouent un rôle central dans leurs missions de destruction. Elles sont composées de tolite d'aluminium, un explosif puissant, et des charges et gaines EL 20 en ouverture automatique sont utilisées, notamment une à Toulon et l'autre autour de Porquerolles pour les exercices. Les nageurs de combat sont également formés à l'utilisation de ballons, à la photographie et vidéo sous-marines, ainsi qu'à des méthodes de recherches diverses pour le renseignement.

Moyens d'infiltration : discrétion et polyvalenceLe kayak reste un moyen d'infiltration privilégié. Basse sur l’eau, effilée et démontable, l’embarcation est d’une grande discrétion, permettant des approches silencieuses. Les élèves apprennent à l'utiliser en binôme pour des raids, à franchir des obstacles et à l'intégrer à leurs plans d'attaque. Ces équipements, combinés à l'entraînement rigoureux, placent les nageurs de combat parmi les forces spéciales les plus sophistiquées et redoutables du monde. Leurs compétences techniques, tant sous-marines que terrestres, leur permettent d'opérer avec une efficacité redoutable dans les environnements les plus hostiles.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *