Combien Gagne un Nageur Professionnel : Salaire, Facteurs et Perspectives

Il est légitime de s'interroger sur les revenus des professionnels de la natation, qu'il s'agisse des maîtres-nageurs sauveteurs qui assurent la sécurité des baigneurs ou des athlètes de haut niveau qui visent les podiums internationaux. Cet article se propose d'examiner en détail les différents aspects de la rémunération dans le monde de la natation, en tenant compte des spécificités de chaque profession et des facteurs qui influencent les salaires.

Le Salaire d'un Maître-Nageur Sauveteur : Une Profession aux Multiples Facettes

Le métier de maître-nageur, axé sur la sécurité et l’éducation aquatique, est une profession passionnante. Il n’est pas toujours facile de déterminer le salaire moyen d’un maître-nageur car cela dépend de nombreux critères tels que les responsabilités, les activités et l’employeur. Il n’est pas facile d’évaluer le salaire d’un maître-nageur car cela dépend de nombreux critères tels que le diplôme, les responsabilités, les activités mais aussi l’employeur. Que vous travailliez dans le public ou le privé, les conditions seront bien évidemment très différentes. En France, environ 20 000 maîtres-nageurs sauveteurs sont en activité, selon les chiffres du gouvernement. Toutefois, le ministère des Sports précise sur son site internet avoir constaté « une baisse du nombre de professionnels en exercice (…) depuis plusieurs années qui constitue un sujet majeur de sécurité et de santé publiques ». D’après une enquête menée par les professionnels du secteur en 2022, 10 % des postes de surveillants saisonniers sont restés vacants dans le courant de l’été 2021. « C’est un métier en très forte tension », rapporte Axel Lamotte, maître-nageur et secrétaire général du syndicat des maîtres-nageurs (SNPMNS).

Salaire de base et expérience

Si l’on se réfère aux statistiques et aux différentes études, le salaire de base d’un maître-nageur débutant serait de 1458 euros brut par mois. Mais avec l’expérience, les responsabilités et l’ancienneté, il est possible de gagner beaucoup plus. Pour un maître-nageur sauveteur, comptez entre 1450 et 2300 euros par mois. Le chef de bassin peut prétendre à un salaire compris entre 1550 et 2700 euros. Pour un emploi saisonnier de maître-nageur sauveteur, comptez environ 1500 euros net par mois.

Le secteur public et le secteur privé

Le salaire d’un maître-nageur dépend également de l’employeur pour qui il travaille. Dans la fonction publique, le maître-nageur occupe un poste de catégorie B. Son salaire augmente en fonction du grade et de l’échelon. Plus vous avez d’ancienneté et plus votre salaire est élevé. Vous pouvez aussi ajouter les indemnités et les éventuelles primes qui dépendent de votre lieu d’exercice ou de la taille de votre famille. Dans le privé, les conditions sont très différentes puisque cela dépend de votre employeur. C’est à vous de vendre vos compétences et votre expérience afin d’obtenir le salaire que vous souhaitez.

Compléments de revenus

Dans le métier de maître-nageur, il est rare de se cantonner à 35 heures par semaine et il est habituel de cumuler différents emplois ou fonction pour arrondir ses fins de mois. Les cours particuliers de natation sont un bon complément de salaire ainsi que les cours d’aquagym ou d’aquajogging par exemple. Il est aussi possible de devenir chef de bassin ou directeur adjoint de piscine pour voir votre salaire augmenter. Certains maîtres-nageurs cumulent avec des fonctions d’entraîneur et encadrent des groupes de compétition après leur journée de travail.

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Le statut de fonctionnaire

Les maîtres-nageurs peuvent également avoir le statut de fonctionnaire. Ils doivent passer au choix : le concours d’éducateur territorial des activités physiques et sportives (ETAPS), de catégorie B, le concours de conseiller territorial des activités physiques et sportives (CTAPS), de catégorie A. La grande majorité des éducateurs territoriaux des activités physiques et sportives sont des maîtres nageurs sauveteurs, environ 80%. Et 95% des maîtres-nageurs sont en catégorie B. Ils peuvent être fonctionnaires titulaires ou contractuels. La rémunération dépendra donc de l'échelon et du grade du maître-nageur.

Évolution de la rémunération dans la fonction publique

La grille indiciaire du maître-nageur n'est pas la même selon son cadre d'emplois : éducateur territorial des activités physiques et sportives ou conseiller territorial des activités physiques et sportives. Elle évolue donc différemment. La grille indiciaire d’éducateur principal de deuxième classe concerne les maîtres-nageurs sauveteurs (MNS) les plus expérimentés. Ici, la rémunération sera comprise entre 1 850,97 euros brut et 2 653,38 euros brut. Enfin, la grille indiciaire pour l’éducateur sportif principal de première classe ne s’appliquera qu’au maître-nageur en fin de carrière, aux chefs de bassins ou directeurs de piscines. Pour ce grade, le traitement indiciaire est compris entre 1 954,34 euros et 2 914,29 (échelon 11).

Il existe également des maîtres-nageurs fonctionnaires de catégorie A, ce sont les conseillers territoriaux des activités physiques et sportives. Ces agents exercent leurs fonctions dans des communes de plus de 2 000 habitants et ont sous leur responsabilité une équipe de maîtres-nageurs. Leur rémunération débute à 1 944,50 euros brut et peut grimper pour le dernier échelon du dernier grade à 4 066 euros brut (réservé aux niveaux les plus expérimentés et souvent en fin de carrière).

Primes et indemnités dans la fonction publique

Les maîtres-nageurs fonctionnaires, soit éducateurs ou conseillers des APS territoriaux, sont éligibles à plusieurs primes et indemnités. Ils sont placés sous le régime indemnitaire qui tient compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel (Rifseep). Ils sont à la discrétion de l'organe délibérant comme les collectivités territoriales. Ce régime remplace d’anciennes primes comme les indemnités de logement.

Salaire d'un maître-nageur auto-entrepreneur

Les tarifs pratiqués dépendent du maître-nageur lui-même et de l’activité. En moyenne, les services d'un maître-nageur auto-entrepreneur - comme la surveillance ou les leçons de natation, cours de sport - sont facturés entre 15 et 40 euros de l’heure. Toutefois, ces prix peuvent augmenter en fonction de la demande. Dans certains cas, notamment pour des groupes plus importants, les tarifs les plus élevés peuvent parfois atteindre entre 60 et 100 euros de l’heure, même si cela reste rare.

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Le Salaire d'un Nageur Professionnel de Haut Niveau : Entre Primes, Sponsoring et Reconversion

Les nageurs du monde entier seront les stars de la première semaine des Jeux olympiques de Paris, la natation étant, avec l’athlétisme, le sport phare de la quinzaine. Pourtant, il reste encore très difficile en France de vivre de la natation. L’économie de la natation est construite sur plusieurs axes. Le premier se situe dans les clubs, où l’argent ne coule pas à flot. Très peu de nageurs possèdent des contrats avec leur structure d’accueil et ceux qui en ont un ne roulent pas sur l’or (2 000 € par mois en moyenne).

Un système de financement complexe

« De moins en moins de clubs ont la volonté et la capacité financière d’aider les athlètes. Concrètement, les nageurs qui ne montent pas sur des podiums mondiaux doivent sans cesse trouver des solutions pour financer leur saison. C’est le cas d’Assia Touati. La nageuse a participé aux JO de Tokyo (8e avec l’équipe de France sur 4x200 m) et à plusieurs grands championnats. Mais cela ne suffit pas et cela l’a poussée à arrêter sa carrière à la fin de saison. « Ce n’est pas un sport professionnel, je ne vis pas de la natation, lance-t-elle. À 28 ans, ce sont mes parents qui m’aident à payer mon loyer, c’est assez dur mentalement de devoir accepter ça. Ils sont à la retraite normalement, mais mon père continue de bosser pour pouvoir me payer un logement. Je n’ai pas de sponsors, pourtant j’ai vraiment essayé d’en trouver. Financièrement, c’est un gros point qui m’a fait me dire que ça devrait s’arrêter. »

Les pouvoirs publics tentent pourtant d’aider les sportifs, encore plus depuis que l’objectif Paris 2024 est dans le paysage. L’Agence nationale du sport finance des sportifs, via notamment son programme visant à ce que chaque athlète de haut niveau gagne au minimum 40 000 € par an, mais cela ne concerne qu’un cercle restreint d’individus (environ 600 toutes disciplines confondues). Lorsque l’on se trouve dans un entre-deux entre le haut niveau français et le bas niveau mondial, difficile de s’y retrouver. Et cela existe depuis toujours. « C’est une Fédération amateure, pas un sport pro, confie Romain Barnier, manager général du CN Marseille et ex-nageur. Peu d’athlètes gagnent de quoi vivre et s’entraîner. Je ne crois pas que la situation a fondamentalement changé par rapport à mon époque. En revanche, les clubs vivent dans une réalité économique pas facile, la subvention publique diminue et le coût de la vie a augmenté.

Primes de résultats et sponsoring

Les clubs de haut niveau peuvent notamment trouver des financements pour des stages, certains nageurs ont la possibilité d’aller à l’Insep où les conditions d’entraînement sont excellentes. Mais pour commencer à gagner de l’argent, il faut remporter des courses. Par le biais des primes, d’abord. Lors des derniers championnats du monde à Fukuoka en 2023, tous les finalistes en touchaient une : 20 000 $ pour le champion du monde, 15 000 $ pour le deuxième et ainsi de suite… Pour un record du monde battu, le nageur empochait une prime supplémentaire de 30 000 $. Avec ses trois titres et un record du monde lors de cette édition, Léon Marchand a, par exemple, empoché 90 000 $. Lors des Jeux olympiques, le pactole est encore plus intéressant. L’État français versera 80 000 € pour une médaille d’or, 40 000 pour l’argent et 20 000 pour le bronze.

À leur grande époque, les plus grandes stars de la natation française touchaient des revenus à six chiffres, via leurs performances et leurs contrats publicitaires surtout. Certains ont chiffré les revenus de Camille Lacourt à 700 000 € annuels en 2015, entre 300 000 et 400 000 € pour Florent Manaudou. Un nageur qui gagne devient vite bankable.

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L'exemple de Léon Marchand

Le nageur français n’en finit pas de briller en or. Aux championnats du monde de natation qui se déroulent à Singapour jusqu’au 3 août, Léon Marchand enchaîne les recors et les titres en or ! Une réussite éclatante qui se ressent aussi sur le salaire du jeune champion âgé de 23 ans. En s’imposant sur le 200 mètres 4 nages, Léon Marchand a décroché un nouveau record du monde avec un temps de 1 minutes 52 secondes et 69 centièmes, soit une seconde et demie en dessous du précédent record. Cet exploit va lui permettre d’empocher une somme d’argent de près de 30 000 dollars soit 26 000 euros. Ses exploits aux Jo de Paris 2024 lui avait déjà permis de devenir demi-millionnaire ! L’an dernier, selon plusieurs sources, le jeune champion de natation aurait empoché près de 80 000 euros pour chaque médaille d’or remporté aux Jo de Paris 2024. Aussi, il aurait déjà gagné près de 340 000 euros de salaire rien qu’avec ces succès olympiques. De plus, en octobre 2024, il a concouru aux championnats du monde en Asie, ce qui lui a permis de remporter près de 150 000 euros de plus.

La nécessité d'une reconversion

Les champions de natation doivent ainsi, tous sans exception, réfléchir à une reconversion, car les seuls revenus générés pendant leur carrière ne suffisent pas, à l’inverse de nombre de footballeurs, basketteurs… « Je pense à Mélanie Hénique, qui a un parcours remarquable (une fois championne du monde en petit bassin, trois fois championne d’Europe, douze fois championne de France). Les plus grands noms ont tous travaillé dans leur après carrière. Camille Lacourt se démultiplie en tant que consultant et ambassadeur. « Je fais des conférences en entreprise, où je fais le parallèle entre l’exigence du sport de haut niveau et celle en entreprise, sur tous les points qui nous rassemblent. Que ce soit le travail, l’esprit d’équipe, l’échec, la réussite », confie-t-il. Alain Bernard est, lui, entrepreneur, consultant TV et garde un contrat de partenariat avec EDF. Roxana Maracineanu fait de la politique, Clément Lefert est dans la finance, Grégory Mallet en reconversion dans la préparation mentale ou encore Hugues Duboscq est devenu gendarme au Havre.

Parcours et formation d'un nageur professionnel

Le nageur professionnel a pour mission principale de gagner des compétitions. D’un niveau de plus en plus élevé au fil de sa progression, elles deviennent peu à peu des compétitions professionnelles. Après un apprentissage de la natation dès un très jeune âge, le jeune nageur peut intégrer au collège une section Sport-Etudes orientée natation. Il y mènera des études normales, mais suivra également des leçons régulières ainsi que des compétitions intensives afin de constamment se dépasser, se motiver, pour toujours progresser. C’est un apprentissage rigoureux, qui inclut des séances de piscine en plus des cours classiques de natation, et aussi de la musculation, de la course, de l’endurance, du cardio-training… Avec un rythme de deux à trois fois par semaine durant toute la scolarité, jusqu’au bac.

Au cours de ses études, ou d’une compétition surtout, l’enfant/adolescent peut être repéré par un directeur technique sportif national toujours à la recherche de jeunes talents. Se distinguer devant ces personnes permet à l’enfant de faire sa scolarité dans l’un des 13 pôles espoirs des centres de ressources, d’expertise et de performance sportive (CREPS). L’enfant/adolescent entrera alors dans un tourbillon d’entraînements et de compétitions de plus en plus intensifs jusqu’au niveau national, ce qui demande bien sûr une grande préparation physique. Idéalement, il sera encore repéré et pris sous l’aile d’un entraîneur si son niveau et ses talents se révèlent excellemment prometteurs. L’entraîneur effectuera avec le jeune nageur un travail continu et quotidien, afin de le guider jusqu’à ses premières récompenses, jusqu’aux premières compétitions d’un niveau professionnel.

Qualités et compétences requises

Des qualités sont nécessaires au jeune nageur afin de toujours progresser : résistance au stress, sang-froid, détermination, volonté, esprit compétitif, perfectionniste. Mais également, des compétences sont requises pour réellement devenir nageur professionnel : patience, compétences relationnelles, sens de l’observation et surtout : une bonne condition physique et nerveuse.

Formation après le bac

Après le bac, le futur nageur professionnel peut continuer ses études en licence Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives (STAPS), où il pourra choisir une spécialisation en : éducation, motricité, management sportif, activités physiques et mouvements du handicap et des personnes âgées, ergonomie, entraînement sportif. Ou alors, pour une professionnalisation plus rapide, il peut faire une licence pro STAPS. Ensuite, il sera également possible pour le nageur professionnel de faire un master STAPS. Ces formations sont également possibles en alternance. Il pourra ainsi viser le perfectionnement de sa discipline.

Évolution de carrière

Les évolutions du nageur professionnel se font surtout au fur et à mesure qu’ils passent les étapes des compétitions : des régionales, aux nationales, aux internationales, aux Jeux Olympiques… Ainsi, bien sûr qu’aux médailles rapportées.

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