Le monde du plongeon de haut vol, illustré de manière spectaculaire par la Série mondiale Red Bull Cliff Diving, représente l'un des sommets les plus exigeants du sport extrême. À travers des compétitions mondiales où des athlètes comme Molly Carlson, Jessica Macauley et Aimee Harrison repoussent les limites humaines, une question fondamentale émerge derrière l'exploit : comment ces athlètes parviennent-ils à vivre de leur discipline et quels sont les enjeux financiers d'un sport aussi sélectif ?
La structure compétitive et le classement des athlètes
La performance au sein des World Series est le moteur principal de la carrière d'un plongeur. Molly Carlson a terminé deuxième avec 326.90 points lors de la sixième étape de la Série mondiale Red Bull Cliff Diving, prenant place au Lac Uri de Sisikon en Suisse. Les Canadiennes Jessica Macauley et Aimee Harrison étaient respectivement sixième et onzième, avec 292.60 points et 221.20 points. L’Australienne Rhiannan Iffland a terminé au premier rang avec un pointage final de 364.90 et sa compatriote Xantheia Pennisi a terminé troisième avec 325.40 points.
Carlson occupait le premier rang à l’issue des deux premiers plongeons samedi, obtenant le plus haut pointage de la journée pour son deuxième plongeon avec 86.70 points. Après six épreuves de la Red Bull Cliff Diving World Series, Carlson se situe toujours deuxième au classement général, cumulant 950 points, derrière Iffland avec 1160. Ces chiffres ne reflètent pas seulement le talent, mais une gestion constante du risque. Comme l'explique Carlson, « Je suis super contente, super fiers. J’ai essayé un nouveau plongeon sur lequel Stéphane (Lapointe) et moi travaillons depuis un moment cet été. Je ne l’ai fait que quatre fois dans ma vie! Ça ne s’est pas parfaitement déroulé, donc j’étais un peu frustré après le troisième tour. Je savais que si je pouvais réussir mon dernier plongeon, je pourrais conserver ma deuxième position au classement général que j’ai constamment obtenue tout au long de la saison. J’ai bien réussi mon plongeon retourné alors j’étais vraiment heureuse! »
La viabilité économique des sports extrêmes
Peu de sportives ont la chance de pouvoir vivre de leur sport. La plupart d’entre elles travaillent en plus de pratiquer leur passion. Seules les meilleures championnes de sport extrême arrivent à vivre de leur passion. Souvent, comme Géraldine Fasnacht, snowboardeuse freeride, base jumpeuse et pilote de wingsuit ou Stephanie Gilmore, une des plus grandes championnes de surf, ce ne sont pas leurs victoires en compétition qui leur rapportent le plus d’argent mais leur partenariats avec des marques. En effet, les compétitions ne représentent que 20% des revenus de la surfeuse australienne.
En tant que sportive de l’extrême, jamais Géraldine Fasnacht n’aurait cru pouvoir vivre de ses passions. C’est pourquoi elle a fait des études et a longtemps travaillé dans l’aviation en plus de ses compétitions de snowboard freeride. Ce n’est que bien plus tard qu’elle a pu quitter son travail et se consacrer au snowboard freeride et à ses autres sports à plein temps. Aujourd’hui, elle vit principalement grâce au sponsoring.
Lire aussi: Tout savoir sur la vidange de piscine 50 m³
Les primes de victoire varient en fonction des sports. Une skieuse peut espérer gagner entre 25 000 et 33 000 € par victoire. Le prize money pour la gagnante d’une compétition internationale de snowboard ou de ski freestyle est de 10 000 €. D’après les rumeurs, la gagnante des X Games, une compétition de sports extrêmes, remporte 50 000 dollars. Tandis que celle qui finit en dixième position ne peut espérer remporter que 1000 dollars. Si une sportive finit dans les dernières, elle ne gagnera rien. Toutes les disciplines ne rémunèrent pas les sportives et les sportifs de façon égale. Cependant, les fédérations internationales de ski et de surf font partie des rares à pratiquer la parité homme-femme. Une skieuse qui domine financièrement la discipline, c’est Mikaela Shiffrin. Le cliff diving est la discipline la plus inégalitaire.
La gestion du risque et la préparation intensive
Dans un sport qui met à l'épreuve même les athlètes les plus élites, l'expérience de Carlson est un parfait exemple de la façon dont la préparation, et l'intuition qui en découle, est une partie importante d'un filet de sécurité plus large dans les World Series. « En tant que plongeurs professionnels en falaise, nous travaillons sans relâche pour éviter le plus possible les blessures, nous sommes très calculateurs dans ce que nous faisons », explique Carlson. « Nous nous entraînons facilement plus de 20 heures par semaine, en mettant le travail de préparation physique dans la salle de musculation et en dehors de la plateforme. Nous travaillons beaucoup sur les techniques de préparation, de sorte que lorsque nous montons sur la plate-forme, nous sommes prêts à 100 % physiquement et mentalement. »
Le mois de septembre marque un tournant décisif dans les Red Bull Cliff Diving World Series 2025, avec des étapes consécutives à Mostar, en Bosnie-Herzégovine, et à Boston, aux États-Unis, qui clôturent une saison courte mais sans compromis. Avec seulement quatre événements au total, chaque plongeon a un poids immense, où un seul faux pas peut défaire des mois de préparation et où la différence entre la victoire et la déception peut être décidée par la plus petite des marges.
Le plongeon de falaise est une négociation constante entre le risque et la récompense, où la gestion des exigences physiques et l'adaptation à l'environnement font autant partie du défi que la recherche de la victoire. Les plongeurs frappent l'eau avec une force brutale, équivalente à celle que l'on ressent lors d'un accident de voiture. C'est pour cette raison que les Red Bull Cliff Diving World Series ne sont accessibles que sur invitation. Chaque plongeur de la tournée, qu'il soit permanent ou qu'il bénéficie d'une wildcard, a gagné sa place grâce à des années d'entraînement, de progression et de compétition.
La maîtrise par l'expérience : l'exemple de Gary Hunt
Pour Gary Hunt, le compétiteur le plus décoré du plongeon en falaise et un pionnier de la première heure qui a relevé le plafond de ce sport, cette capacité d'adaptation vient du contrôle et de la confiance en soi. « Je dois admettre que je ne me considère pas comme un amateur de sensations fortes », explique-t-il. « De mon point de vue, je ne prends pas de risques. Tant que je suis pleinement concentré, je suis persuadé que je maîtrise parfaitement la situation. »
Lire aussi: Conversions du Mille Nautique
Hunt choisit consciemment des plongées qui jouent sur ses points forts, en augmentant progressivement la difficulté et en ne tentant les manœuvres les plus difficiles qu'une fois que tous les facteurs ont été évalués. « En ce qui concerne la plongée en falaise, je suis rarement dans une position où je ressens un quelconque danger », admet-il. « Par exemple, après m'être écrasé en faisant un quadruple avant avec deux vrilles et demie en 2010, j'ai décidé de m'en tenir à des plongeons avec des triples sauts périlleux, et d'augmenter progressivement le nombre de vrilles plutôt que de me lancer dans des plongeons avec quatre sauts périlleux, sachant que dans des conditions difficiles, je serais toujours capable de bien plonger de manière cohérente. »
Le natif de Londres, mais naturalisé Français en 2021 s’est imposé en 2010, 2011, 2012, 2014, 2015, 2016, 2018, 2019, 2021 et 2022. Le Roumain Constantin Popovici et le Britannique Aidan Heslop ont été titrés en 2023 et 2024. En 2024, Gary Hunt avait décidé de se concentrer sur le plongeon à 10 mètres, pour participer aux Jeux olympiques, ou il a disputé l’épreuve du plongeon à 10 mètres synchronisé.
#
Lire aussi: Guide Prix Pikachu Surfeur