Le Mosin-Nagant 91/30 Sniper et ses Mystères : Codes, Lunettes et Authenticité des Marquages Russes

Le fusil Mosin-Nagant, emblème de la puissance militaire russe et soviétique, continue de fasciner les collectionneurs et les amateurs d'armes historiques. Particulièrement recherchée, la version sniper du modèle 91/30 suscite de nombreuses interrogations concernant son authenticité, ses marquages et les spécificités de ses lunettes. L'acquisition d'un Mosin Nagant, qu'il s'agisse d'un Mosin Sniper remontage ou d'une pièce d'origine, plonge souvent l'acheteur dans un univers complexe de poinçons, de numéros de série et d'altérations historiques, qui nécessitent une connaissance approfondie pour être décryptés.

Introduction Historique du Mosin-Nagant 91/30

Le Mosin-Nagant est le fruit d'une nécessité militaire impériale. Le conflit russo-turc de 1877 à 1878, où les troupes russes étaient armées de fusils Berdan à un coup face aux fusils à répétition Winchester turcs, a souligné un besoin urgent de modernisation. En 1882, le ministère de l’armement russe décida de concevoir une arme alimentée par un chargeur de plusieurs cartouches. Après l’échec d’une tentative de modification du Berdan, une « commission spéciale pour l’expérimentation des fusils à chargeur » fut créée pour tester diverses conceptions. Cette période fut marquée par une révolution de la poudre sans fumée en Europe, conduisant à la conception de fusils emblématiques comme le Lebel, le Mannlicher M1895 ou le Lee-Metford.

En 1889, un jeune capitaine, Sergueï Mossine, soumit son projet de fusil de calibre 3 lignes (soit 7,62 mm, la ligne valant en Russie à l'époque 0,1 pouce et 2,54 mm), mis en concurrence avec le fusil à 3,5 lignes de Léon Nagant, d'origine belge. Bien qu'initialement les testeurs aient préféré le fusil de Nagant, la Commission vota finalement pour un compromis : les fusils Mosin seraient utilisés avec le système d’approvisionnement de Nagant. La production commença dès 1892 dans les usines des arsenaux de Toula, de Sestroretsk et d’Ijevsk.

Entre l’adoption en 1891 et 1910, plusieurs variantes et modifications furent apportées aux fusils existants. Cela incluait le changement des organes de visée, l’implantation d’une culasse renforcée, une modification rendue nécessaire par l’adoption d’une balle de 147 grains, la suppression de certains doigts d’acier derrière le pontet, un nouveau canon et l’installation d’un montage à galets. Avec l’entrée en guerre de la Russie en 1914, la production fut restreinte aux modèles M1891 cavalerie et M1891 infanterie, par souci de simplicité. Un grand nombre de Mosin-Nagant capturés par les forces allemandes et austro-hongroises ont été vus en service dans les lignes arrières du front et dans la marine allemande.

Pendant la guerre civile russe, les versions cavalerie et infanterie restèrent en production, quoique en nombre extrêmement réduit. Après la victoire de l’Armée rouge, un département fut créé en 1924 pour moderniser le fusil. Cette initiative lança le développement du modèle 1891/30, basé sur la conception du modèle cavalerie original, qui allait être utilisé pendant trente années supplémentaires. Les changements majeurs comprenaient la réintroduction d’organes de visée arrières plats, le rééchelonnement de la hausse en mètres à la place de l’antique archine des armes du tsar, et le raccourcissement du canon de 9 cm. De plus, une nouvelle baïonnette à ressort fut conçue pour ce nouveau modèle. Respectant la doctrine russe du combat d'infanterie, la mise à zéro était effectuée avec la baïonnette déployée, permettant des tirs de précision lorsque celle-ci était fixée sur le canon du fusil.

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L'Émergence du Mosin-Nagant en tant que Fusil de Précision

Dans les années 1930, le Mosin-Nagant connut une évolution majeure avec l'introduction d'une version de précision en 1932. Ce fusil de sniper, désigné comme le "fusil dit de sniper, sniperskaïa", fut massivement utilisé par les tireurs d’élite soviétiques pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a notamment servi pendant la bataille de Stalingrad, transformant des figures comme Vassili Zaïtsev, Lioudmila Pavlitchenko ou Roza Chanina en héros nationaux. Ces fusils étaient réputés pour leur résistance, leur fiabilité, leur précision et leur facilité d’entretien, des qualités essentielles dans les conditions extrêmes du front de l'Est.

Après la guerre, l’Union soviétique arrêta la production de tous les Mosin-Nagant pour les remplacer progressivement par la série des SKS et des AK. Malgré cette transition, le Mosin-Nagant continua d'être largement utilisé dans le bloc de l'Est et dans d'autres régions du monde pendant plusieurs décennies, notamment pendant la guerre froide au Vietnam, en Corée, en Afghanistan et tout le long du rideau de fer. Récemment, une grande quantité de Mosin-Nagant a été retrouvée sur les marchés américains d’antiquités et de collectionneurs. Il est aujourd'hui apprécié comme une arme fiable pour la chasse, assez précise et souvent bon marché, ce qui en fait un objet de collection prisé et un fusil pratique pour les tireurs sportifs.

Identification et Authentification des Mosin-Nagant Snipers: Le Défi des Marquages

L'un des défis majeurs pour les acquéreurs de Mosin-Nagant, et en particulier des versions sniper, réside dans l'identification précise de leur origine et de leur authenticité. Le marché est "complètement innondé de modèles Sniper", ce qui a conduit à la prolifération de "remontages" ou "bidouillages" de Mosin-Nagant standards en versions sniper. L'extrême majorité des PU sniper sont des remontages, dont une petite partie seulement sont des ex-snipers tel que celui présenté. Les vrais full mono-matricule sont rarement rencontrés, ce qui complexifie la tâche d'authentification pour le collectionneur.

Les marquages jouent un rôle crucial dans ce processus. Un des points les plus déroutants est le numéro de la lunette marqué sur le boîtier, qui est parfois barré. Ce marquage barré sur le côté gauche à l'avant du tonnerre signale le matricule de la lunette qui était montée à l'origine sur cette arme. Cette méthode de marquage est spécifique aux sniper PU Izhevsk. L'autre marquage non barré, souvent situé sur la droite de celui barré, est généralement une falsification postérieure tentant de rendre l'arme "mono-matricule" avec le nouveau montage. Ce qui est stupide, comme cela a été noté, c'est qu'ils ont réutilisé le matricule de l'arme, ce qui n'est jamais le cas pour un marquage d'arsenal correct.

Pour un sniper PU correct, les règles de marquage sont claires :

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  • Un même numéro doit figurer sur le centre du tonnerre sous l'emblème de la fabrique ET sur la culasse.
  • Pour les fusils d'Izhevsk : Un même numéro doit être visible sur la gauche du tonnerre ET sur l'optique, et ce numéro doit être DIFFERENT de celui du tonnerre/culasse.
  • Pour les fusils de Tula : Un marquage cyrillique s'apparentant à un "CN" ou "CH" doit se trouver autour de l'étoile de la Tula. Le numéro de l'optique ne figure pas sur l'arme.
  • Il n'y a pas nécessairement de marquage sur le montage lui-même.

La présence d'un marquage au stylo électrique sur le montage identifie à coup sûr un remontage. Le C entouré peut aider, mais il est si souvent et si facilement falsifié qu'il ne constitue pas une preuve suffisante à lui seul. L'observation d'un "made in Russia" gravé au laser implique que l'arme est passée par un intermédiaire civil avant d'être exportée dans l'UE, car l'armée russe ne s'amuse pas à ce genre de fantaisie. Cela soulève la question de savoir si elle n'aurait pas été "bidouillée" à cette occasion par un apprenti-faussaire qui ignorait qu'elle avait déjà les bons marquages. La date ou l'endroit de la bidouille est moins important que la nature de l'altération elle-même.

Un cas particulier est celui où un deuxième numéro, correspondant au numéro de la lunette actuelle, est également barré. Cela peut être "perplexe". Si c'était un remontage en arsenal, c'est effectivement ce numéro qu'il aurait fallu ajouter, mais normalement pas à cet endroit. Le choix de barrer un numéro qui était juste et d'ajouter le numéro de l'arme, qui est faux et n'est définitivement pas un marquage d'arsenal, n'a pas de sens pour un arsenal. Cependant, il a été observé que ce type de marquage "bidouille" se retrouve sur d'autres remontages de PU sniper, même sur des fusils d'Izhevsk de la même série GI qui ont aussi le "made in Russia".

Il arrive également que le numéro de série de la lunette soit meulé sur le tonnerre. Des lots d'ex-snipers PU exportés, notamment d'Ukraine, ont pu présenter des Izhevsk avec le numéro de la lunette meulé. Si la zone du marquage est meulée, cela ne peut qu'indiquer que le numéro de la lunette y figurait. La perception d'un résidu de marquages, parfois visible uniquement avec une bonne lumière rasante, ou un changement subtil dans la courbure de l'arête du tonnerre à hauteur des marquages peut trahir ces altérations. Une autre indication pour reconnaître un ancien sniper reconverti en standard puis re-sniperisé est la présence de trous rebouchés à l'intérieur de la paroi gauche du boîtier, indiquant les trous de l'ancien montage.

La Diversité des Modèles et l'Influence des Arsenaux Russes

Le Mosin-Nagant a connu une grande variété de modèles et de variantes, chacun adapté à des besoins spécifiques au sein de l'armée impériale puis soviétique. La distinction entre ces modèles est fondamentale pour les collectionneurs et les historiens.

Parmi les principaux modèles russes et soviétiques, on distingue :

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  • Fusil d’infanterie modèle 1891 (nom russe : пeхoтнaя винтовка образца 1891-гo года) : Le modèle de base, largement produit et utilisé.
  • Fusil de cavalerie (nom russe : драгунскaя) : Destiné à équiper la cavalerie, plus court que le modèle d'infanterie.
  • Fusil Cosaque (nom russe : казaчья) : Une variante également plus courte, souvent associée aux unités cosaques.
  • Carabine modèle 1907 : Plus courte et plus légère (0,95 kg) que le M1891, ce modèle était excellent pour la cavalerie, les sapeurs et les artilleurs. Il ne pouvait pas recevoir de baïonnette.
  • Modèle 1891/30 (nom russe : винтовка образца 1891/30-гo года, винтовка Мосина) : La version la plus courante du Mosin-Nagant, produite et distribuée à l’armée soviétique entière de 1930 à 1945.
  • Fusil dit de sniper, sniperskaïa : Trois variantes au moins existent avec trois lunettes différentes et des montages différents.
  • Carabine modèle 1938 : Un fusil basé sur les plans du M1891/30. Il fut en service de 1938 à 1945, bien que les exemplaires produits en 1945 soient assez rares.
  • Carabine modèle 1944 : Mise en service fin 1943 et resta en production jusqu’en 1948. Ses spécificités sont très semblables au M1938, à l’exception de la baïonnette fixée en permanence sur le modèle 44, une baïonnette à lame quadrangulaire de 430 mm.
  • Carabine modèle 1891/59x : Des M1891/30 existants qui furent raccourcis à la longueur d’une carabine. Moins d'informations sont disponibles à leur sujet.

Les arsenaux d'Izhevsk et de Tula étaient les principaux centres de production, chacun avec ses propres spécificités de marquages, comme détaillé précédemment pour les versions sniper. Les Mosin Nagant originels avaient tous un tonnerre octogonal. Le changement vers un tonnerre rond semble s'être produit pour le 91/30, mais il est possible que des anciens fusils aient été modifiés pendant la guerre.

Le Mosin-Nagant à Travers le Monde: Adaptations et Utilisations Internationales

Le Mosin-Nagant, de par sa robustesse et sa disponibilité, a eu une portée internationale considérable, étant utilisé, modifié et même produit dans de nombreux pays.L’Empire austro-hongrois captura une grande quantité de Mosin-Nagant pendant la Première Guerre mondiale. Quelques-uns furent modifiés pour tirer la cartouche autrichienne en service, la 8x50r mm.

Des pays comme la Bulgarie, la Tchécoslovaquie, l'Estonie, la Hongrie, la Pologne, la Roumanie et la Serbie ont tous utilisé le Mosin-Nagant à un moment ou à un autre durant le XXe siècle. Les Mosin dans ces pays subirent souvent des modifications, et furent fréquemment utilisés dans les années 2000-2006 comme fusils d’entraînement. Beaucoup de ces fusils furent encore produits localement pendant les années de la Guerre Froide. La Hongrie, par exemple, a produit à des fins commerciales des copies de haute qualité des carabines M44, des modèles 91-30 et 91-30 avec lunettes PU.

Durant les années 1920 et 1930, les forces communistes de Chine reçurent des Mosin-Nagant de l’URSS pour contrer les forces nationalistes pendant la guerre civile chinoise. La Chine commença même à fabriquer des M1944 sous l'appellation de Carabine Type 53. Les machines utilisées pour les produire étaient fournies par l’Union soviétique au début des années 1950. Ces modèles chinois différaient quelque peu des modèles soviétiques, la Carabine Type 53 étant équipée d'un manchon lance-grenades amovible, une caractéristique que reprendra la Carabine Type 63 (Corée du Nord). Elles furent remplacées dans l’armée principale chinoise vers 1957, mais continuèrent à rester en service dans les milices provinciales jusqu’après 1970.

Après avoir conquis son indépendance, la Finlande acheta de nombreux Mosin à l’étranger, essentiellement des fusils autrichiens et allemands capturés aux Russes pendant la Première Guerre mondiale. Ces fusils, plus anciens, étaient ordinairement rénovés, ce qui pouvait être aussi minime que l'ajout des poinçons de l’armée finlandaise (SA) et une nouvelle bretelle, ou très important comme une refonte totale avec de nouveaux montages, organes de visée, détentes et un canon plus précis en diamètre .308 et non .311. L’armée finlandaise ainsi que la Garde Civile conçurent et produisirent plusieurs nouveaux modèles de Mosin-Nagant, utilisant les chargeurs français, russes et américains. La Finlande n’a jamais produit de chargeurs et prenait ceux des stocks de fusils achetés ou capturés. Pendant la guerre d'Hiver (1939-1940) et jusqu’en 1944, la Finlande captura des quantités gigantesques de Mosin à l’ennemi. Elle acheta aussi des fusils restants de la guerre civile d'Espagne et des stocks de l’Allemagne nazie. Les Mosin-Nagant finlandais sont réputés pour leur précision et leur fiabilité. Le modèle M39 est souvent considéré comme le Mosin le plus abouti, tant par son ergonomie (crosse pistolet) que par sa qualité de finition et sa précision. Ses organes de visée sont équivalents aux meilleurs fusils de l'époque (comme le K31 suisse), finement réglables en tous sens, et sa détente offre une franchise parfaite.

L’Empire allemand captura également une grande quantité de Mosin-Nagant durant la Première Guerre mondiale. Ceux-ci reçurent des modifications variées, notamment un recalibrage en 8x57S Mauser. Beaucoup étaient équipés d’un montage adapté pour recevoir une baïonnette-lame allemande. Ces fusils étaient distribués en seconde ligne et à la Kriegsmarine. Les versions de tireur d'élite furent utilisées avec succès par les Allemands, car ils étaient très fiables et plus précis, étant plus faciles à régler au-delà de 400 mètres. Quelques-uns furent vendus à la Finlande, et beaucoup furent utilisés pour l’entraînement, les tours de garde et dans les territoires occupés.

L’Union soviétique et la république populaire de Chine fournirent un nombre important de Mosin-Nagant à la Corée du Nord pendant la guerre de Corée. Cependant, la politique d’autarcie, encore en effet aujourd’hui, fit que la Corée du Nord produisit ses fusils elle-même.

Dans les années 1920, la Pologne recalibra environ 77 000 Mosin-Nagant en 8 mm Mauser (8x57S). De nombreuses modifications furent effectuées : les canons furent rechambrés en 8 mm et raccourcis à 23 pouces de longueur. D’autres modifications furent apportées aux culasses et aux chargeurs pour permettre l’utilisation des lames-chargeurs et assurer un approvisionnement correct. La hausse fut modifiée pour s’adapter à la trajectoire de la balle de 8x57S. La crosse fut raccourcie et on lui ajouta un support pour baïonnette type Mauser pour accueillir les lames produites par Perkun. Ces fusils étaient appelés Karabinek wz. 91/98/23 ou wz. 91/98/25. Les Wz. 91/98/25 équipaient des unités de cavalerie et d’artillerie à cheval dans l’armée régulière jusqu’à ce que des Mauser de fabrication polonaise soient disponibles. Les fusils sont marqués d’un petit aigle polonais et du calibre de l’arme sur l’arrière du fusil. L’aigle et le numéro de série sont aussi frappés sur le côté gauche du magasin et sur toutes les parties de la culasse. Après la Seconde Guerre mondiale, la Pologne a produit une grande quantité de carabines M-44 (Kb. wz M48) à l’arsenal de Radom. Beaucoup d’entre elles n’ont pas été directement en service, mais ont plutôt été stockées dans des entrepôts en attendant qu’on en ait besoin. Ces Mosin-Nagant peuvent être identifiés par un 11 inscrit dans un cercle frappé sur le magasin du fusil, cette marque étant leur « code de pays » identifiant le pays d'Europe de l'Est qui l'a fabriqué.

Tout comme l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie, l'Empire ottoman captura beaucoup de Mosin-Nagant pendant la Première Guerre mondiale. Un grand nombre fut alors acquis grâce à des aides allemandes, ou lorsque l’armée blanche cherchait un refuge après la guerre civile russe.

Les États-Unis et les forces militaires alliées ont rencontré des fusils et des carabines Mosin-Nagant en action dans les mains de la guérilla Viet Cong et des soldats de l’armée nord-vietnamienne. Un certain nombre de M-1944 russes et de Type 53 chinois furent utilisés comme fusils lance-grenades avec des copies locales du lance-grenade US M7. Des fusils de sniper PU-scoped M91/30 furent aussi aperçus. Quelques fusils furent même utilisés par les États-Unis. Quand le tsar fut détrôné en 1917, le gouvernement américain annula le contrat originellement signé par la New England Westinghouse et par la Remington Arms. Plutôt que de livrer le restant aux bolcheviques, tous les fusils en transit furent achetés par l’armée américaine. Les fusils restés en Grande-Bretagne équipèrent les forces expéditionnaires américaines et britanniques envoyées en Russie du Nord en 1918-1920. Ceux encore en Amérique finirent par être principalement utilisés pour l’entraînement au tir de l’US Army et, dans certains endroits, pour équiper les unités de la Garde Nationale des États-Unis ou du SATC et du ROTC sous la désignation « Rifle, 7,62 mm, Model of 1916 ». Après la Première Guerre mondiale, les fusils restants furent déclarés surplus et vendus aux membres de la National Rifle Association of America pour seulement 3,34 $ chacun.

Pratiquement tous les pays qui reçurent une aide militaire de la vieille Union soviétique utilisèrent le Mosin-Nagant à un moment ou à un autre. Les Républicains espagnols achetèrent des dizaines de milliers de Mosin de tous types pendant la guerre civile espagnole. Le Mosin-Nagant a aussi été vu en action dans les mains des moudjahidins en Afghanistan durant l’occupation de l’URSS dans les années 1970-80. Ces armes servirent également aux forces de l’Alliance du Nord dans les années 1990 et au début du XXIe siècle. Comme Martin J. Dougherty l'indique dans son "Encyclopédie visuelle des Armes à feu", le Mosin-Nagant a eu une histoire militaire des plus riches.

Les Lunettes de Visée pour Mosin-Nagant: Types, Caractéristiques et Authenticité

La lunette de visée est un élément essentiel des Mosin-Nagant sniper, et son authenticité est tout aussi scrutée que celle du fusil lui-même. Deux principaux types de lunettes d'origine sont mentionnés : une 4x, souvent d'origine Zeiss (code PT), et une 3.5x (code PU). D'autres lunettes existent, mais sont beaucoup plus rares. La lunette d'origine est considérée comme "rustique" pour le réglage, sans clics de correction.

L'identification des lunettes peut être complexe, notamment en raison de la présence de nombreuses copies. Une lunette russe PEM, parfois confondue avec celles des SVT40, est également citée. Une originale complète avec l'ensemble du système de fixation peut valoir entre 500 et 600 euros. Cependant, il faut être très vigilant, car il existe énormément de copies chinoises. Un détail distinctif pour les originaux réside dans la forme des têtes de vis sur la lunette, qui sont bombées sur les modèles originaux, alors que les copies présentent des têtes plates. Les lunettes doivent en aucun cas avoir été attachées à une arme et ne doivent pas porter de marques si elles sont soumises à un droit de rétractation.

Considérations pour l'Acquisition d'un Mosin-Nagant: État, Prix et Conseils Pratiques

L'achat d'un Mosin-Nagant, et particulièrement d'un modèle sniper, demande une attention particulière. Le marché est "complètement innondé de modèles Sniper", mais "les VRAIS 91/30 sniper sont rares". Par conséquent, "on trouve passablement de modèles 'sniperisés', qui sont loins, très loin de la précision requise sous cette appellation." Le fantasme d'un 91/30 ou d'un K98 sniper, souvent lié à des événements comme Stalingrad, est fort, mais la réalité du marché est que "neuf fois sur dix, l'arme est un remontage d'après-guerre destiné à faire du fric."

Pour un Mosin-Nagant standard, le prix peut être "limite donné". Des prix d'environ 300 € pour l'occasion et 230/250€ sont mentionnés pour des modèles en excellent état. Pour une version sniper, les prix peuvent atteindre 950 € (neuf). Un remontage ne devrait pas dépasser 650 €, compte tenu d'un coût estimé de 400 € pour une lunette, un montage et un levier coudé. Il est souvent suggéré que si l'objectif n'est pas la collection ou l'histoire, une version standard avec une crosse synthétique et un montage de lunette actuelle coûtera moins cher qu'un sniper, tout en offrant une arme efficace.

L'une des particularités du Mosin standard est que le levier du verrou se relève à la verticale, rendant le montage d'une lunette difficile, voire impossible, sans modification ou remplacement par un verrou coudé de modèle sniper. Une alternative est le montage de type "scout", qui permet de monter la lunette plus en avant sans modifier le verrou.

Lors de l'achat, il est conseillé de privilégier l'achat d'une arme des années 1943/44, souvent de bonne qualité et entreposée neuve. Il est également recommandé d'éviter les armes prises par la Finlande ou de fabrication tsariste si l'on recherche un modèle russe standard sans modifications spécifiques. De nombreux fusils que l'on trouve sont des fusils d'arsenal de l'époque où l'URSS faisait des "stocks abominables", beaucoup n'ayant jamais servi et étant couverts de graisse de conservation.

Plusieurs armureries sont citées pour l'acquisition de Mosin-Nagant, comme Parthoens, Cornet, Lengelé en Belgique, ou Raoul Cloos au Luxembourg. Cependant, l'achat au Luxembourg implique des coûts supplémentaires, tels que deux voyages, les frais de chancellerie luxembourgeoise et le passage au banc d'épreuves belge, ce qui peut annuler les économies potentielles.

Il est difficile de trouver un Mosin sniper 100% aux numéros, ou en tout cas, de manière modeste. Des fusils plus modernes, comme le Zastava M76 serbe, sont parfois mis en avant comme des alternatives plus précises, ayant servi durant la guerre de Yougoslavie et présentant des numéros de série concordants, y compris sur la lunette militaire, et ce, à un prix inférieur à celui demandé pour certains "ersatz" de Mosin.

Le rechambrage d'un Mosin en calibre 30-284, pour le faire passer de la première à la cinquième catégorie, est une modification qui peut poser des problèmes. Après le rechambrage, les douilles en 30-284 peuvent s'extraire mais ne pas s'éjecter, nécessitant une extraction manuelle ou un autre "bidouillage".

Pour les novices, l'occasion peut être intimidante, d'où l'importance de s'informer sur l'état de l'arme. Un Mosin en bon état aura un bois impeccable sans coup, souvent revernis et refait, avec une mécanique propre et sans griffe. L'identification de l'origine et de la date est essentielle. Les premiers numéros correspondent généralement à l'année de fabrication. Sur les Mosin sniper originaux, le renfort de carcasse est visible de l'intérieur.

En définitive, l'acquisition d'un Mosin-Nagant sniper authentique est un parcours semé d'embûches. La maxime "C'est du russe, y'a rien de régulier…" résume bien la complexité des marquages et des variations rencontrées. Cependant, l'attrait de cette arme réside aussi dans son "côté brut, taillé un peu à la serpe, simple, rustique et chaude", une arme qui a une histoire et qui tire "velu".

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