L'odyssée sportive de Claire Jacquet : une vie au rythme des courants

Les origines et les premiers coups de pagaie en terre lorraine

La trajectoire de Claire Jacquet est intrinsèquement liée à la Lorraine. Native de Bar-le-Duc, cette athlète accomplie a passé les vingt-deux premières années de sa vie dans une petite bourgade voisine. C’est à Ancerville, sa ville d’enfance, qu’elle a découvert sa vocation au sein de son club de toujours : l’association d’Ancerville-Bar-le-Duc. Alors qu’elle n’a que huit ans, cette structure tente de recruter sa grande sœur, mais c’est Claire qui finit par s'imposer sur l'eau, une place qu’elle va vite vouloir usurper à son aînée. Au début, c’était un peu la guerre avec ses parents, mais ils ont rapidement compris qu’elle avait vraiment envie de faire du canoë-kayak, et tout s’est finalement bien passé.

À ses débuts, Claire prend énormément de plaisir en kayak. À l'époque, le canoë était peu recommandé chez les filles, notamment pour des raisons médicales liées à des problèmes supposés au niveau du bassin. Elle parcourt alors la région avec son club, et pagaie plus d’une fois sur le bassin de la Pucelle, à Metz. La connaissance intime des lieux constitue un atout indéniable. Elle connaît toutes les spécificités du bassin et s'y sent comme à la maison.

Une progression vers l’élite internationale

L’année 2011 marque un tournant, riche en émotions. Dominatrice en C1D depuis le début de la saison, elle intègre l’équipe de France et participe pour la première fois aux championnats d’Europe à Seu D’Urgell, en Espagne, du 9 au 12 juin. Claire y obtiendra une huitième place finale, après avoir obtenu le deuxième chrono en demi-finale. Ce résultat, bien que prometteur, laisse un sentiment mitigé. De toute façon, elle plaisante souvent sur le fait d'être la championne des podiums des qualifications et des demi-finales. Elle ne sait pas si c’est une question de stress, mais elle ne s’inquiète pas outre mesure, ayant beaucoup appris durant ce week-end de compétition.

Au-delà de cette performance, Claire regrette de ne pas côtoyer l’équipe de France à certains moments clés de préparation internationale. Le canoë monoplace dames ne constitue pas, pour le moment, une discipline olympique, ce qui est forcément décevant pour celle qui est la seule membre de l’équipe de France à ne pas y être. Championne de France en titre, elle a longtemps nourri le rêve que le Comité olympique statue en faveur de la discipline pour les Jeux de Rio, peut-être au prix d’une épreuve masculine.

La gestion d'une carrière au long cours

À bientôt 34 ans, après un quart de siècle à appréhender les eaux vives, Claire Jacquet aborde sa pratique avec une sagesse nouvelle. Si remettre un coup de pagaie n’offre plus tout à fait la même saveur qu’au premier jour, la médaillée de bronze par équipes du dernier Euro n'a pas pour autant redéfini ses tâches, mais a adopté une approche plus sensorielle de la discipline. Après une déception lors des sélections olympiques, elle a connu un relâchement naturel. Ayant besoin d'avancer professionnellement, elle est passée de 17 à 10 séances hebdomadaires. Toutefois, elle maintient un rythme soutenu : elle court, elle fait du vélo, et ses randonnées complètent sa condition physique. Son leitmotiv demeure inchangé : garder la caisse. Elle avance désormais plus à l’instinct.

Lire aussi: Prévention eau verte piscine

Lorsqu'on l'interroge sur le bilan de ses piges de sélection olympique, elle affiche une lucidité rare. Elle avait énormément travaillé, elle était archi prête et préparée à gérer la pression de cet événement. Cependant, il lui a manqué la réussite. Elle a fait quelques petites erreurs qui ont eu de grandes conséquences. C'est dommage, car elle était très bien au niveau de la vitesse, voire même au-dessus. Si elle reste forcément déçue, elle se dit également soulagée, car avec cette sélection qui a été repoussée, les athlètes étaient sur la brèche depuis trop longtemps.

L’adaptation constante aux défis techniques

L’approche au "feeling" de la compétitrice lorraine porte ses fruits. La manche inaugurale de Coupe de France, à Lannion, l’a encouragée dans cette voie. Là où l’attendue et favorite Lucie Baudu ratait sa manche, Claire Jacquet, troisième, validait son ticket pour les piges de sélection à Vaires-sur-Marne. Vaires-sur-Marne est un bassin au courant remontant, pas tout à fait le terrain d’expression favori de la Meusienne, mais grâce à la qualification décrochée à Lannion, elle a pu effectuer le stage préparatoire sans l’angoisse de l’inutilité.

À l'approche de nouvelles échéances, comme la manche de Coupe de France à Bizanos, dans la banlieue de Pau où vit la Barisienne depuis quelques années, elle peut envisager la compétition avec un certain détachement. Elle nuance toutefois : elle agit plus au feeling mais reste une compétitrice. Juste avant les piges de sélection, tout le monde a envie de bien faire, et même si, au final, elle pensait être retenue, le résultat de Lannion a été une surprise. Elle est désormais prête à refaire le coup.

Ces périodes de préparation impliquent des sacrifices logistiques importants. La jeune Lorraine a d’autres échéances en tête et des voyages à faire à bord de son break, sa « nouvelle maison pendant un mois ». Elle prépare notamment des départs à Metz pour sa spécialité, mais aussi pour le canoë biplace mixte et le kayak monoplace. À cela s'ajoute un stage à Bratislava, en vue des mondiaux qui se dérouleront dans la capitale slovaque.

#

Lire aussi: Biographie de Claire Ferchaud

Lire aussi: Claire Cano : Votre ostéopathe à Blagnac

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *