La fascination humaine pour l'océan trouve son expression la plus radicale dans le surf de grosses vagues. Cette discipline, où l'énergie de l'eau se confronte à la détermination de l'athlète, exige une préparation physique et mentale hors du commun. Le surf de grosses vagues est bien une discipline extrême avec toujours la présence du danger. Pour le Portugais, chuter ne veut pas dire échouer, au contraire. « Quand on chute, on apprend et on progresse ».
La réalité du risque et les mécanismes de survie
La réponse est une évidence, c’est risqué, très risqué. Les surfeurs de grosses vagues connaissent la peur et se préparent pour pouvoir garder le contrôle et maîtriser le danger. La balance euphorie/risque doit être calculée à chaque session. Il faut se sentir prêt, en confiance, déterminé dans les moments importants.
Le « wipeout » (chute) est une étape inévitable dans le parcours d'un surfeur. « C’est presque comme si vous rouliez à 130 km/h en voiture sur l’autoroute et que vous heurtiez un mur de briques… », raconte le surfeur de 20 ans, suite à son impressionnante chute sur le spot de Peʻahi. Pour Benjamin Sanchis, il faut être passionné par les grosses vagues, quelque part casse-cou aussi. Il y a souvent un prix à payer. Pour Sancho, blessure au niveau du visage après un impact sur le reef aux Mentawai, suture sur le bateau. Teahupoo 2013, Benjamin est repêché par la patrouille, inconscient après un choc sur le récif.
La sécurité moderne a toutefois évolué. L’équipement individuel comprend les gilets de sécurité gonflables (cartouches CO2). À Nazaré le 5 janvier 2023, décès par noyade du big-wave rider brésilien Marcio « Mad Dog » Freire. Il portait un gilet de sécurité mais pas le gilet gonflable de survie qui permet de remonter plus rapidement à la surface après une chute. L’entraide entre les participants est exemplaire. La sécurisation des spots est faite par les équipiers en jet-skis avec utilisation de drones pour mieux repérer et secourir les surfeurs.
La gestion du milieu extrême
La préparation physique est primordiale. La préparation est aussi mentale avec des techniques de visualisation. L’énergie de l’océan se confronte à l’énergie des surfeurs, pour établir une relation symbiotique, un rythme entre le surfeur et la vague. Tout se fait au feeling. Justine Dupont explique que l’on ne maîtrise pas la nature et les éléments.
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Le port du casque devient une norme de survie. « C’est la première fois que je portais un casque à Pipeline », raconte sur Instagram la star hawaiienne du surf de grosses vagues. Victime d’une chute jeudi dernier alors qu’il participait au DaHui Backdoor Shootout, il ne doit certainement son salut qu’à son casque… fendu en deux.
En cas de chute imminente, la technique est vitale :
- Le plongeon en surface : dans une vague avec peu de profondeur, plongez à plat, mais pas la tête la première au risque de faire très vite connaissance avec le fond !
- Le plongeon en profondeur : dans une vague au large, imposante et puissante, plongez profond pour échapper à la force de la vague.
- Le saut à plat dans la mousse : sur un fond rocheux ou corailleux, préférez tomber à plat.
- Par-dessus la vague : si vous sentez que votre vague va fermer sur votre trajectoire, mieux vaut anticiper le wipeout.
Géographie et puissance : Les spots mythiques du globe
Depuis la nuit des temps, l'humanité a été fascinée par la mer et ses mystères. Parmi ces merveilles, certaines vagues atteignent des hauteurs spectaculaires.
Nazaré (Portugal) : la reine mondialeC’est le spot le plus propice aux records du monde. Le record officiel est détenu par Sebastian Steudtner à 26,21 mètres en 2020. Le canyon sous-marin amplifie la houle atlantique. Sa dangerosité est extrême : ses vagues puissantes et chaotiques génèrent de forts courants et un shore break brutal.
Jaws (Peʻahi, Hawaï) : la vague mythiqueSitué sur la côte nord de Maui, ce spot peut atteindre entre 20 et 25 mètres. Il est surfé depuis les années 1990, notamment grâce au tow-in. La dangerosité est marquée par un récif peu profond.
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Cortes Bank (Californie, USA) : la vague du grand largeÀ 160 km au large, cette « vague fantôme » surgit sur un haut-fond. Les risques sont liés à l'isolement total, à la possible présence de grands requins et aux difficultés de secours.
Mavericks (Californie, USA) : le monstre de la côte nordDécouvert par Jeff Clark, ce spot fonctionne de novembre à mars. L'eau glaciale et la présence fréquente de grands requins blancs rendent chaque session risquée.
Teahupoo (Tahiti) : la dangerosité ultimeAvec ses tubes massifs déferlant sur un récif de corail tranchant à quelques centaines de mètres du rivage, Teahupoo est une vague légendaire qui a malheureusement coûté la vie à certains.
Belharra (Pays Basque, France) : le géant européenSitué à 2,5 km au large de Saint-Jean-de-Luz, ce récif ne s'active que lors de houles spécifiques. Sa lèvre très épaisse rend chaque chute particulièrement risquée.
Waimea Bay (Hawaï) : le berceau historiqueC'est ici que le surf de grosses vagues moderne a débuté dans les années 1950. La présence de rochers appelés « Pinballs » et le courant sortant complexifient la pratique.
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Punta de Lobos (Chili) : la pépite sauvageClassé Réserve Mondiale de Surf, ce spot est célèbre pour ses deux rochers, les « Los Morros ». En cas de chute, les surfeurs risquent de dériver vers les falaises.
Mullaghmore Head (Irlande) : l'Atlantique NordUne destination froide et extrême, révélée au début des années 2000, capable de produire des vagues de près de 18 mètres.
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